Littérature québécoise Volume 144 : version 0 Journaliste, essayiste, conférencier, avocat, député, puis secrétaire d’État à Ottawa, Étienne Parent a été de nombreuses années directeur du journal Le Canadien,








télécharger 0.83 Mb.
titreLittérature québécoise Volume 144 : version 0 Journaliste, essayiste, conférencier, avocat, député, puis secrétaire d’État à Ottawa, Étienne Parent a été de nombreuses années directeur du journal Le Canadien,
page1/20
date de publication20.01.2018
taille0.83 Mb.
typeLittérature
c.21-bal.com > documents > Littérature
  1   2   3   4   5   6   7   8   9   ...   20


Étienne Parent

C
onférences


BeQ

Étienne Parent

(1802-1874)

Conférences

La Bibliothèque électronique du Québec

Collection Littérature québécoise

Volume 144 : version 1.0

Journaliste, essayiste, conférencier, avocat, député, puis secrétaire d’État à Ottawa, Étienne Parent a été de nombreuses années directeur du journal Le Canadien, auquel il assigne comme devise : « Nos institutions, notre langue et nos lois ». Patriote, il s’opposera pourtant au radicalisme de Papineau et de ceux de 37-38. Ce qui n’empêchera cependant pas qu’il sera emprisonné, pour « menées séditieuses ». De 1846 à 1852, il se fait conférencier.

L’industrie considérée comme moyen de conserver la nationalité canadienne-française


(Conférence prononcée à l’Institut canadien

de Montréal le 22 janvier 1846.)

Messieurs, – Si j’ai bien compris le but de cet Institut, il est tout national. Il a été formé pour offrir, au sein de la nouvelle capitale, aux hommes actifs et intelligents de notre origine, un point de réunion, un foyer de lumières, un centre d’action, au profit de ce que, faute d’un autre mot, nous sommes convenus d’appeler notre nationalité, la nationalité canadienne-française.

Ce devra donc être un sujet intéressant pour vous, et partant propre à mériter votre indulgence sur la manière dont il sera traité, que de vous entretenir d’un moyen de raffermir et de conserver cette nationalité, qui nous est si chère et à juste titre, non seulement sous le rapport du sentiment et de l’honneur, mais encore sous celui de l’intérêt de notre race.

Je sais qu’il y a malheureusement des hommes qui, soit par peur de la lutte que nous aurons à soutenir, soit pour n’avoir pas su apprécier les chances de salut qui nous restent encore, soit enfin parce que la marche à suivre répugne à leurs penchants ou prédilections politiques, – je sais, dis-je dans toute l’amertume de mon cœur, qu’il y en a qui ont perdu la foi dans la conservation de notre nationalité, et qui, comme ces Romains d’autrefois, désespérant du salut de la patrie, se sont placés dans leurs chaises curules, et attendent stoïquement, je ne dirai pas avec indifférence, que l’ennemi victorieux vienne fouler aux pieds leurs dieux pénates et renverser les autels de la patrie. Ce n’est pas à eux que je m’adresse aujourd’hui, mais bien aux vrais et fermes croyants, qui, je le crois sincèrement, forment la grande masse de notre origine. Si je n’avais cette croyance, je me tairais, et je me bornerais à pleurer en silence sur la destruction d’une espérance qui a fait ma joie dans les temps heureux, mon appui dans les temps de malheur, mon guide dans les temps difficiles et orageux. En effet, quels sacrifices, quel dévouement demander à des gens qui ne croient pas ? Et l’on ne s’imagine pas, sans doute, que nous maintiendrons notre nationalité sans quelques efforts, sans quelques sacrifices, sans dévouement, surtout situés comme nous le sommes, environnés, étreints de toutes parts, imprégnés même sur plusieurs points importants du dissolvant d’une nationalité étrangère.

Ici, messieurs, pour prévenir toute fausse interprétation de notre pensée, disons que nous ne nourrissons aucun sentiment de haine ou de jalousie contre cette nationalité étrangère, dans laquelle je ne comprends pas seulement la population anglo-saxonne du Canada, mais aussi celle des pays voisins qui, à mon avis, est encore plus menaçante que l’autre. Par le cours d’événements providentiels, les deux nationalités se sont trouvées jetées dans ce quartier du globe ; et il est pareillement dans l’ordre de la Providence, dans la nature des choses humaines, que chacune fasse tout ce qui sera en elle pour se maintenir et s’étendre. Des deux côtés on aurait tort de s’en vouloir du mal ; car de part et d’autre on est des instruments entre les mains de Dieu. C’est à chacun de faire ce que le devoir, l’honneur et son intérêt légitime lui commandent, toujours en respectant les règles sacrées de la morale publique ; de remplir le mieux qu’il pourra le rôle que le dramaturge suprême lui a donné dans le grand drame du monde, et d’attendre avec confiance, et en toute charité chrétienne envers les autres acteurs, le dénouement qui doit terminer la pièce, et dont la nature est le secret de l’avenir. Et s’il y en avait qui vissent dans l’attachement que nous avons pour notre nationalité de la désaffection pour notre mère-patrie, il nous serait facile de les convaincre par les faits du passé, par les symptômes du présent, comme par les présages de l’avenir, que la meilleure et la plus forte garantie de permanence qu’ait la souveraineté britannique sur cette partie du continent américain, gît dans la conservation de la nationalité canadienne-française. Au reste, notre nationalité c’est notre propriété : en cherchant à la conserver, nous ne faisons qu’user de notre droit, d’un droit que nous tenons de l’auteur même de toutes choses. Ainsi : Dieu et mon droit, et Honni soit qui mal y pense.

Maintenant, venons-en plus directement à notre sujet.

Les moyens de maintenir notre nationalité peuvent se diviser en trois classes : moyens religieux, moyens politiques, moyens sociaux. Religieux et politiques, en tant qu’ils sont mis en œuvre par les chefs religieux ou les chefs politiques, et tiennent à l’ordre religieux ou à l’ordre politique proprement dits, et sociaux en tant qu’ils sont l’œuvre des particuliers composant la société civile, et en dehors du mouvement politique ou de l’action religieuse.

Mon intention n’est pas de vous parler des moyens religieux ni des moyens politiques ; ma tâche serait trop longue et peut-être trop délicate. D’ailleurs, notre clergé en général a si bien compris sa position, il s’est montré si dévoué, si national, il a tant fait déjà pour la cause commune, que l’on peut être assuré qu’il ne reculera pas plus devant les exigences de l’avenir qu’il ne l’a fait devant celles du passé. On peut en dire autant de nos chefs politiques des différentes nuances ; le dévouement, les sacrifices, les efforts ne leur ont point manqué. Si quelquefois il a pu arriver qu’ils eussent pu, selon quelques-uns, faire mieux qu’ils n’ont fait, jamais on n’a pu, je crois, leur supposer avec droit de mauvaises intentions. Ils ont pu se tromper comme les plus grands politiques de tous les pays l’ont fait ; mais leur réputation de bons patriotes ne doit pas en souffrir. Bornons-nous donc à espérer qu’ils continueront, eux et ceux qui leur succéderont, leurs efforts et leur dévouement pour la cause commune. Prions-les surtout de ne pas nous épargner les sacrifices d’amour-propre. Ce sont ceux dont nous avons le plus besoin peut-être de la part de tout le monde, dans notre position actuelle, et ce sont aussi ceux qui se font le plus difficilement. Et la raison en est bien simple : les hommes politiques sont toujours portés, et plus ils sont consciencieux dans leurs convictions, plus ils sont entraînés à s’identifier avec la cause publique, à confondre leur cause avec celle du pays. Il leur est alors très difficile de distinguer les sacrifices personnels, qu’ils feraient très volontiers, des sacrifices de principes politiques, qu’ils savent ne pouvoir point faire. L’histoire de tous les peuples est remplie d’exemples à l’appui de cette observation et des malheurs incalculables qu’ils ont produits.

Eh ! messieurs, ce n’est qu’hier encore que l’on a vu rentrer en France tout ce qui lui reste des trésors et des flots de sang qu’elle versa, pendant vingt ans, sur les pas du plus grand politique comme du plus grand capitaine de notre temps... et c’était un peu de cendres et un cercueil : cendres et cercueil environnés de gloire, si vous voulez. Il en eût été bien autrement si cet homme prodige n’eût pas trop souvent pris les inspirations de sa propre gloire pour celles de la gloire et des intérêts de la France. Ainsi, dans toutes nos courses périlleuses dans le domaine de la politique, que la pensée de notre nationalité soit toujours présente à notre esprit ; qu’elle soit pour nous un moyen de salut, comme autrefois la vue du serpent d’airain pour les Hébreux ; ayons constamment l’œil fixé sur elle, de peur qu’au retour nous ne trouvions d’elle... pas même une tombe glorieuse à arroser de nos larmes.

Encore une fois, prions nos hommes publics, qu’ils soient au pouvoir ou qu’ils en soient dehors, de se tenir toujours prémunis contre cette illusion ; car si, comme quelqu’un l’a remarqué, il faut que nous ayons deux fois raison pour avoir justice, nous aurons toujours deux fois tort lorsqu’il nous arrivera de nous tromper.

Et voulons-nous ne nous tromper que le moins souvent possible, que l’idée de notre nationalité soit toujours notre phare, notre boussole, notre étoile polaire, au milieu des écueils dont est semée la mer orageuse de la politique. Soyons bien persuadés que ce qu’il y a de plus menacé, de menacé avant tout, pour nous, ce n’est pas la liberté politique, qui est pour ainsi dire indigène à ce continent, mais bien notre nationalité. C’est donc de ce côté que doit principalement se tourner notre attention. Lorsque dans un mouvement, dans une démarche quelconque, il y aura clairement à gagner pour notre nationalité, ne nous inquiétons du reste que secondairement. Notre nationalité pour nous, c’est la maison ; tout le reste n’est que l’accessoire, qui devra nécessairement suivre le principal. Soyons nationalement ou socialement forts et puissants, et nous le serons politiquement. Au contraire, si nous négligeons le soin de notre nationalité, les occasions de raffermir, soyons bien sûrs que personne ne viendra nous tendre la main au moment du besoin ou du danger.

De cette vérité que nous n’avons rien à attendre du dehors, résulte pour nous la nécessité, le devoir d’éviter, autant que possible, l’aigreur et l’animosité dans les discussions, lorsqu’il s’en élève au milieu de nous, je dirai même entre nous et ceux de l’autre origine, car la passion ne fait jamais de bien à une cause. Toutes nos haines, toutes nos disputes tourneront nécessairement, en nous affaiblissant, au profit de la nationalité rivale. Discutons avec vigueur, avec chaleur même, mais ne trempons jamais notre plume dans le fiel et le poison ; et que, lorsque l’opinion de nos compatriotes se sera prononcée pour un côté ou pour l’autre, le parti vaincu, loyalement vaincu, fasse comme ce citoyen de Sparte qui, en arrivant chez lui d’une élection populaire où il avait succombé, s’écria : Rendons grâces aux Dieux, il s’est trouvé dans Sparte trois cents citoyens valant mieux que moi.

Mais j’ai dit que je ne voulais pas vous entretenir des moyens politiques de conserver notre nationalité. Pardonnez-moi donc ce petit écart ; pardonnez-le à une crainte qui s’est plus d’une fois emparée de mon esprit, au milieu de nos discussions politiques ; c’est que si notre nationalité succombe un jour, la politique avec ses entraînements et ses passions aura sa bonne part dans ce déplorable événement !

Venons-en donc aux moyens que j’appelle sociaux, c’est-à-dire, à ceux que les particuliers, en tant que membres de la société, peuvent employer en dehors de l’action religieuse ou politique.

Si nous voulons conserver notre nationalité, il faudra nous assurer une puissance sociale égale, pour le moins, à celle qui lui sera opposée. En vain nous retrancherions-nous derrière des traités ; en vain nous ferions-nous un rempart de tous les principes de la morale publique, du droit naturel et du droit des gens ; il est un droit qui, dans le monde et surtout entre peuples, l’a presque toujours emporté sur tous les autres droits, et ce droit est celui du plus fort, ou, ce qui presque toujours revient au même, le droit du plus habile. Or, s’il est des moyens d’augmenter ou de maintenir notre puissance ou notre importance sociale, nous nous empresserons, n’est-ce pas, de les employer ; et s’il existe des préjugés qui s’opposent à l’emploi de ces moyens, nous nous efforcerons individuellement et collectivement de les détruire. C’est ce que je vais vous demander en vous sollicitant d’ennoblir la carrière de l’industrie, en la couronnant de l’auréole nationale ; et cela dans un but tout national : car de là je veux tirer un moyen puissant de conserver et d’étendre notre nationalité. Je viens vous supplier d’honorer l’industrie ; de l’honorer non plus de bouche, mais par des actes, mais par une conduite tout opposée à celle que nous avons suivie jusqu’à présent, et qui explique l’état arriéré où notre race se trouve dans son propre pays.

Non, messieurs, l’industrie n’est pas suffisamment honorée parmi nous : elle ne jouit pas de ce degré de considération qu’elle devrait avoir dans l’intérêt de notre nationalité. Oui, nous avons encore des restes de ce préjugé qui régnait autrefois chez la nation dont nous descendons contre le travail des mains, voire même contre toute espèce de travail ou d’industrie, où un noble cachait son écusson, lorsqu’il se trouvait obligé de s’occuper de quelque négoce, où la robe même avait peine à trouver grâce. Maintenant et chez nous, on ne peut plus, Dieu merci, viser à la noblesse ; mais l’on veut être homme de profession ; c’est encore l’amour des parchemins. Disons-le, on méprise l’industrie. S’il en était autrement, verrions-nous tous les jours nos industriels aisés s’épuiser pour faire de leurs enfants des hommes de profession médiocres, au lieu de les mettre dans leurs ateliers ou dans leurs comptoirs, et d’en faire d’excellents artisans ou industriels ? Verrions-nous ceux d’une classe plus élevée préférer voir leurs enfants végéter dans des professions auxquelles leurs talents particuliers ne les appellent pas, ou, ce qui est pis encore, leur préparer une vie oisive, inutile à eux et à leur pays, au lieu de les mettre dans la voie de quelque honnête et utile industrie ? Et qu’arrive-t-il de ce fol engouement pour les professions libérales ? C’est que ces professions sont encombrées de sujets, et que la division infinie de la clientèle fait perdre aux professions savantes la considération dont elles devraient jouir. Ainsi l’on manque le but qu’on avait en s’y portant en foule. Ce dernier résultat n’est guère à regretter cependant, s’il peut amener le remède au mal dont je me plains. Mais qu’arrive-t-il encore de ce funeste préjugé qui fait qu’on a honte d’une honnête industrie ? Il arrive, messieurs, – et c’est ici que le mal prend les proportions d’un mal national, – il arrive, en général, que les sujets que nous jetons, pour ainsi dire, à l’industrie, cette force des nations modernes, sont toujours, à de rares exceptions près, bien inférieurs à ceux qui sortent du sein de la population nouvelle.

L’on pense bien que je n’entends pas confesser ici l’infériorité de notre race à aucune autre race au monde. Non, certes : loin de là. Sans parler de la vieille France qui marche depuis plusieurs siècles à la tête de la civilisation, qui bat la marche aux idées, qui est le souverain arbitre du goût pour tout le monde civilisé ; en nous bornant à parler de ce scion qu’elle a laissé orphelin dans ce coin reculé du globe, on peut dire avec orgueil qu’un petit peuple qui dans les professions libérales, depuis moins d’un demi-siècle qu’il a pris l’élan, a produit des hommes comme les Papineau, père et fils, les Bédard, père et fils aussi, les Viger, les Rolland, les Vallières, les Moquin, les Plamondon, les Quesnel, les Caron, les Cherrier, les Morin, les Duval, les Girouard, et nombre d’autres hommes distingués que l’on pourrait citer, et d’autres que l’on pourra citer, lorsqu’ils auront eu le temps ou l’occasion de faire leurs preuves, sans excepter ceux qui se sont acquis une juste considération dans d’autres branches, – on peut, dis-je, proclamer tout haut qu’un pareil peuple, avec tous les obstacles qu’il a rencontrés, peut avoir la prétention de ne se croire inférieur à aucun autre sous le rapport de l’intelligence. Si, de fait, il se trouve dans une position inférieure sous le rapport de l’industrie, cela est dû en grande partie à un préjugé que mon objet, ce soir, est d’aider à détruire ; qu’il est de notre intérêt comme peuple de déraciner d’au milieu de nous : il y va de notre nationalité, messieurs.

Une nationalité, pour se maintenir, doit avoir pour point d’appui des hommes réunis en société, et ces hommes doivent posséder une importance sociale égale, pour le moins, à toute force dénationalisatrice qui agit soit au dedans, soit du dehors. Or, qui fait la puissance sociale surtout en Amérique ? Il n’y a pas à s’y méprendre, c’est l’industrie. Il ne pouvait en être autrement dans ce monde que l’on appelle nouveau, où le plus grand obstacle à surmonter pour les Européens qui y abordèrent, était une nature vierge et sauvage qu’il s’agissait de réduire en servage. Qu’avions-nous besoin, quel besoin avaient nos pères de ces preux de la féodalité qui autrefois s’asservirent l’Europe ? Ce n’était pas des guerriers qu’il leur fallait, mais de paisibles et vigoureux artisans ; la hache et non l’épée, voilà l’arme qui a fait la vraie conquête de l’Amérique. C’est donc l’industrie qui est la fondatrice des sociétés civilisées d’Amérique, et si les fondateurs des sociétés européennes furent, et si leurs descendants sont encore les nobles d’Europe, les industriels, les hommes du travail manuel dirigé par l’intelligence, voilà les nobles d’Amérique.

Le préjugé qui ravalait le travail des mains et l’industrie en général, quoique bien absurde aux yeux de la raison, se conçoit dans les sociétés européennes, où pourtant il s’affaiblit de jour en jour ; il se conçoit, dis-je, dans les sociétés fondées dans l’origine sous les auspices ou par l’épée de la féodalité. Mais en Amérique, il est plus qu’absurde, il est contre nature ; et dans le Bas-Canada, il est suicide. Il est contre nature, parce qu’il nous fait renier nos pères, qui étaient tous des industriels ; il est suicide, parce qu’il tend à nous affaiblir comme peuple, et à préparer notre race à l’asservissement sous une autre race. Arrêtons-nous un peu à cette considération.

L’intelligence est une puissance sans doute ; mais elle l’est à la condition de s’appliquer à des choses qui peuvent donner de la puissance. Or, fussiez-vous le peuple le plus intelligent du monde, si vous n’exercez pas utilement votre intelligence, elle ne vous rapportera rien, pas plus que la flèche que vous lanceriez dans le vide. À quoi vous servira votre intelligence si vous la laissez oisive, ou si vous vous jetez dans une carrière déjà encombrée, où les chances de succès doivent être nécessairement fort minimes, et où par conséquent l’insuccès et la ruine attendent le plus grand nombre ? Mais c’est sous le rapport national que je veux considérer la question. Quelle puissance sociale conserverons-nous, acquerrons-nous, si nous continuons à user notre énergie dans des luttes ingrates, tandis que nous laissons à une autre origine la riche carrière de l’industrie ? Nous avons bien nos hommes de peine, nos artisans mercenaires ; mais où sont nos chefs d’industrie, nos ateliers, nos fabriques ? Avons-nous dans le haut négoce, la proportion que nous devrions avoir ? Et nos grandes exploitations agricoles, où sont-elles ? Dans toutes ces branches nous sommes exploités ; partout nous laissons passer en d’autres mains les richesses de notre propre pays, et partant le principal élément de puissance sociale. Et la cause de cela, c’est que les hommes que nous mettons en concurrence avec ceux de l’autre origine, leur sont inférieurs et sous le rapport de l’instruction et sous celui des capitaux employés. Et cela, parce que ceux des nôtres qui auraient pu soutenir cette concurrence avec avantage, ont dédaigné de se livrer à telle ou telle industrie, préférant végéter avec un maigre parchemin dans leur poche, ou dissiper dans l’oisiveté un patrimoine qu’ils auraient pu faire fructifier à leur profit et à celui de leur pays.

Qu’on me permette ici de rapporter une anecdote dont les personnages sont encore vivants, et que je pourrais nommer. Un riche industriel de Québec ayant fait faire un cours complet d’études à son fils, lui tint à peu près ce langage, à propos du choix d’un état :

« Eh bien ! mon fils, parmi tous les états, il faut en choisir un. Ils te sont tous ouverts ; car, grâce à Dieu, ma fortune me permet de te laisser libre, et les dépenses, quelles qu’elles soient, ne me coûteront pas. Mais avant de te décider, jette les yeux sur ce relevé de mes affaires de l’année, et vois quels profits me reviennent. Considère, quelle que soit la profession que tu prennes, si, après bien des années d’études et de travail, tu peux jamais te flatter d’en réaliser seulement la moitié. Considère aussi s’il te sera bien facile d’acquérir la considération dont je puis me flatter de jouir dans la société. »

Le fils réfléchit, et prit une résolution que je désirerais bien voir prendre par un grand nombre de mes jeunes compatriotes au sortir du collège : il ceignit le tablier de son père, et il est aujourd’hui à la tête d’une des premières boutiques de Québec. Ce brave père et ce fils digne de lui appartiennent à l’origine bretonne. Ils ont assuré dans leur famille la continuation d’une source de richesses, et à leur origine une source d’influence sociale. Dites-moi, ces deux hommes n’ont-ils pas bien mérité de leurs compatriotes ?

L’anecdote que je viens de rapporter me mène tout naturellement à vous parler d’une chose qui entre parfaitement dans notre cadre, savoir : le peu de soin que l’on prend généralement parmi nous de perpétuer, de génération en génération, les maisons de commerce et autres, que réussissent quelquefois à établir nos compatriotes actifs et intelligents. Cela contribue plus qu’on ne pense à l’état d’infériorité relative dans lequel nous nous trouvons sous le rapport de l’industrie. Il n’y a que ceux qui ont formé une maison prospère qui peuvent vous dire ce qu’elle a coûté de travail, de soucis, de vigilance et d’économie ; ce qu’elle a exigé d’intelligence, de constance et de régularité. Et cependant, chose inconcevable, l’on voit tous les jours de nos compatriotes qui, sans chagrin, j’allais presque dire sans remords ferment eux-mêmes ou laissent finir avec eux une maison qui eût été un instrument de fortune tout monté pour un autre. Une clientèle nombreuse, des relations, des correspondances sûres sont formées, un crédit considérable est établi, il faudra des années pour créer tout cela, et tout cela on le sacrifie comme si rien n’était. On n’a pas d’enfants, ni de parents ; mais n’a-t-on pas des compatriotes, à qui on puisse épargner des années de labeur et de lutte aux premiers échelons de l’échelle industrielle, pendant lesquelles peut-être des étrangers ayant quelque avantage sur eux, – et ils en ont beaucoup sur nous, on le sait par expérience, – viendront élever à leur côté une concurrence inégale, désespérante et ruineuse. Oh ! messieurs, que du sein de cet Institut s’élève une voix et que cette voix soit assez forte pour réveiller l’écho dans toute la chaîne des Laurentides, et que cette voix proclame bon et excellent patriote et méritant la couronne civique, celui d’entre nous qui aura eu le talent de former une bonne maison, et qui, au prix même de quelques sacrifices, aura le patriotisme de la remettre aux mains de quelque Canadien industrieux. Cela nous aidera à créer avec le temps une industrie canadienne, qui pourra se mesurer en tout et sur tous les points avec l’industrie de l’autre race, et qui nous attirera l’estime et le respect de cette dernière. Alors il y aura entre les deux races une noble émulation, laquelle exploitera avec le plus de succès les immenses ressources de ce vaste et beau pays.

Ces souhaits, messieurs, adressons-les spécialement à la classe des marchands canadiens, qui, soit dit à son honneur, a pris depuis quelque temps un essor tout à fait encourageant pour les autres branches d’industrie. Jusqu’à tout récemment, on ne saurait s’empêcher de l’avouer, nos marchands en général n’étaient guère que les agents secondaires des marchands bretons pour l’écoulement de leurs marchandises parmi la masse du peuple. Mais depuis peu, ils semblent vouloir s’émanciper d’une tutelle peu honorable et peu profitable à la fois. Plusieurs d’entre eux se sont mis en rapport direct avec les manufacturiers et les marchands des îles Britanniques ; leurs efforts et leurs talents promettent d’être couronnés de succès ; d’heureux symptômes de prospérité se sont déjà manifestés chez plusieurs, et il faut espérer que leur exemple sera contagieux. Mais que ceux qui réussiront se rappellent ce que leur aura coûté l’établissement de leur maison, et qu’avant de se retirer des affaires, ou du moment qu’ils sentiront leur activité s’affaiblir, ils assurent la continuation de leur maison. Ce sera mettre de jeunes compatriotes sur la voie d’une fortune assurée sans qu’il en coûte beaucoup. Ce sera en même temps le moyen d’assurer à notre race la part qui lui appartient dans l’industrie et la richesse du pays, et partant la part d’importance sociale sans laquelle nous espérerions en vain de conserver notre nationalité.

Si je ne craignais d’abuser de votre patience, je pourrais vous présenter une foule d’autres considérations sur plusieurs autres points qui se rattachent étroitement à notre sujet. Par exemple, il y aurait beaucoup à dire sur les moyens à prendre pour imprimer l’élan à l’industrie canadienne dans ses différentes branches, et surtout dans la plus importante de toutes, l’agriculture. Oui, messieurs, l’agriculture qui, dans nos anciens établissements, se traîne ignoblement dans l’ornière d’une routine surannée, et qui, pour cela même et par d’autres causes, ne fait que de lents et timides progrès vers la conquête du sol vierge qui nous environne de toutes parts. Hélas ! je vous le demande, qu’a-t-on fait pour l’avancement de notre agriculture ? On a voté beaucoup d’argent, il est vrai, pour aider les sociétés d’agriculture à donner des prix... Des prix à qui ? À des gens qui ne connaissent que les procédés d’une vieille routine. Autant vaudrait offrir des prix à des écoliers de 36PPPPPe PPPPPpour des thèses de philosophie. Faites donc d’abord des agriculteurs, et ensuite vous entretiendrez l’émulation en donnant des prix aux plus méritants.

Qu’a-t-on fait aussi pour étendre à notre avantage le défrichement des terres incultes dont notre pays abonde ? Où sont nos sociétés pour faciliter l’accès à ces terres à la surabondance de notre population agricole, dans les anciens établissements, et lui fournir les moyens de s’y fixer et de s’y étendre, comme on le fait pour les colons de l’autre origine ? On a laissé faire, on a laissé aller les choses à cet égard comme à beaucoup d’autres. Eh ! messieurs, sommes-nous bien dans un siècle et dans des circonstances où l’on puisse impunément laisser faire, laisser aller les choses ? Nous sommes dans un monde où tout se meut, s’agite, tourbillonne. Nous serons usés, broyés, si nous ne remuons aussi. Il y a une quarantaine d’années, le navigateur de notre beau fleuve Saint-Laurent s’en rapportait uniquement aux vents et aux courants, – il laissait faire. Aujourd’hui que la navigation attache à ses vaisseaux ses centaines de bouillants chevaux de vapeur, elle marche, vole en dépit des vents et des flots, chassant devant elle l’ancien cabotage partout où elle apparaît. Voilà, messieurs, l’image du laisser-aller et du mouvement industriel. Que cette révolution qui s’est opérée de nos jours, sous nos yeux, ne soit pas perdue pour nous, et qu’elle nous apprenne que l’empire du monde moderne a été donné au mouvement, à l’activité, à l’action vive, constante de l’homme sur la matière.

Mais encore une fois, je ne veux pas abuser de votre indulgence, et je dois laisser à votre intelligence le soin de suppléer aux lacunes qui se trouvent dans cette lecture, comme je vous laisse celui de corriger les imperfections qui s’y rencontrent. Avant de finir, cependant, je vous prierai de me prêter votre attention quelques moments de plus, pour entendre quelques explications, qui entrent bien dans mon sujet, mais qui auraient interrompu le fil des idées principales, si je les eusse données à l’endroit auquel elles se rapportent.

Lorsque dans le cours de cette lecture, j’ai déploré la manie, le préjugé qui fait que les pères de toutes conditions poussent leurs enfants vers les professions libérales, l’on pourrait penser, de quelques expressions un peu vagues ou trop générales, que ceux que je destine à l’industrie occupent dans mon esprit, ou doivent occuper dans celui des autres, sous le rapport de l’intelligence, un rang inférieur à ceux que je voudrais seuls voir dans les professions libérales, – ce qui serait prononcer contre les classes industrielles un jugement d’infériorité intellectuelle. Rien n’est plus loin de ma pensée, et rien, à mon sens, ne serait plus loin de la vérité. En fait d’intelligence, il en faut très souvent, pour atteindre à l’éminence dans la carrière de l’industrie, plus que pour exercer avec succès une profession libérale. Ce seront, si vous voulez, des facultés intellectuelles différentes appelées en exercice dans l’un et l’autre cas, mais la somme d’intelligence requise pourra être aussi forte dans un cas que dans l’autre. Et qui a jamais été chargé de régler les titres de noblesse et de préséance entre les différentes facultés intellectuelles de l’homme ? L’homme donc qui s’élève par l’industrie doit avoir autant de droit à notre considération que celui qui brille dans une profession quelconque. Que l’industriel connaisse bien son droit à cet égard, et qu’il sache le faire respecter dans l’occasion. Qu’il ne craigne pas de lever la tête, il est le père de l’Amérique civilisée ; sans lui nous ne serions pas. C’est à toi surtout, homme des champs, à te redresser devant tous les autres, toi le nourricier de l’État ! Le plus grand poète de Rome a chanté tes travaux ; le plus grand monarque du monde en donne le signal chaque année et s’y associe, proclamant ainsi à trois cent millions d’hommes que ton état est le premier entre tous. Il y a plus, l’Égypte nous confond par les prodiges éternels de sa mécanique ; la Grèce et Rome ont poussé les beaux-arts à un point qui fait le désespoir des modernes ; elles ont eu dans tous les genres des hommes que nous sommes forcés d’appeler encore grands auprès de nos grandeurs ; mais le grand agriculteur, elles n’ont pu le produire. Ce n’est que la science moderne qui nous a appris que l’agriculture était la première des sciences, comme sous le rapport industriel elle était reconnue depuis longtemps comme la première des industries. Il a donc fallu à l’intelligence humaine travailler pendant quatre mille ans pour former le grand agriculteur. Voilà, messieurs, ce me semble, pour l’agriculture un titre de noblesse passablement respectable, et qui vaut bien les parchemins et les diplômes dont s’enorgueillissait certaine classe de la société.

Voulez-vous que je vous donne un petit aperçu historique de la science agronomique chez les anciens ? Je vous dirai que le premier agronome que cite l’histoire, est Caton l’Ancien, qui vécut dans le IIIPPPPPePPPPP siècle avant Jésus-Christ, et qui a laissé un tout petit traité d’agriculture. Dans le siècle suivant, Magon, Carthaginois de naissance, qui écrivit vingt-huit livres sur l’agriculture, et Varron, dans le premier siècle avant Jésus-Christ, qui laissa un écrit sur le même sujet, sont les seuls noms de l’ère ancienne qui se trouvent associés aux études agronomiques. Dans le premier siècle de notre ère, on rencontre Columelle, qui fut le plus grand agronome de l’Antiquité, et de là il faut sauter jusqu’au cinquième siècle pour trouver un agronome, Palladius. Puis, il paraît que la science agronomique resta endormie dans toute l’Europe jusqu’au treizième siècle, pendant lequel Crescenzi, natif de Bologne, mérita par ses études le titre de restaurateur de l’agriculture. Mais ceux qui ont pu apprécier l’importance, pour l’agriculture, des progrès de la chimie, qui est une science toute moderne, savent combien loin derrière eux les agronomes modernes ont laissé les anciens, sous une infinité de rapports. Le nombre seul des agronomes notables depuis le commencement du dernier siècle, – lequel dépasse le nombre de cent, – suffit pour démontrer combien il restait à ajouter aux travaux des anciens. Remarquons en passant que Chaptal en France, et sir Humphrey Davy en Angleterre, le premier mort en 1832, l’autre en 1839, – deux des plus célèbres chimistes du siècle, – ont laissé chacun dans sa langue un excellent ouvrage sur les applications de la chimie à l’agriculture. Ce sont, que je sache, les deux premiers ouvrages de ce genre qui aient jamais été publiés.

Enfin, messieurs, résumons. J’ai dit plus haut, – et je l’ai démontré, il me semble, – que l’industriel est le noble de l’Amérique ; et ses titres valent mieux et dureront plus longtemps que ceux des nobles du vieux monde. Les revers ni les révolutions ne les détruiront.

Ce sont des cités sans nombre et des empires que l’industriel a conquis sur la nature sauvage, non plus avec l’épée et le sang d’autres hommes, mais bien avec la hache et les sueurs de son propre front. Honorons donc l’industrie, messieurs, non pas seulement de gestes et de paroles, mais par nos actes. Si nous avons des enfants qui montrent du talent pour quelque genre d’industrie, encourageons-les à s’y livrer. Le plus souvent nous consulterons leur intérêt, et nous mettrons l’industrie en honneur parmi nous, et nous assurerons à notre nationalité la garantie de permanence la plus forte que nous puissions lui procurer. Les moyens d’instruction ont été rares parmi nous jusqu’à présent, et si ceux qui ont assez de fortune pour faire donner une bonne éducation à leurs enfants, méprisent l’industrie, elle nous échappera pour passer irrévocablement en d’autres mains, et la masse de notre population passera corps et âme sous la domination et l’exploitation d’une autre race. Et ce n’est pas de moi que vient cette idée ; elle vient de cette race-là même. C’est ce qu’elle a voulu dire, lorsque voyant notre répugnance pour la carrière industrielle, elle nous a jeté cette prédiction sarcastique : que nous étions destinés à lui servir de charrieurs d’eau et de scieurs de bois. – C’est aussi ce que voulait dire un écrivain américain, en nous donnant l’avis charitable, qu’ils nous balayeraient de la surface du globe : – We will reform them out of the face of the earth. – Telles étaient ses expressions mêmes, si je me le rappelle bien.

Oh ! messieurs, nous les ferons mentir, n’est-ce pas, ces prophètes de malheur ; nous ne permettrons pas que les descendants des héroïques pionniers de la vallée du Saint-Laurent en deviennent les parias. Vous empêcherez l’histoire d’avoir un jour à parler ainsi : – « La partie inférieure du Canada, faisant partie de ce qu’on appela dans l’origine la Nouvelle-France, fut d’abord colonisée par des colons venus de France. Cette population sut se maintenir quelque temps par sa masse après la cession du pays à l’Angleterre. Les moyens d’instruire le peuple, soit par calcul ou autrement, furent longtemps négligés à la suite de cet événement, et il en résulta que les émigrés de la nouvelle métropole, ayant l’avantage d’une instruction industrielle supérieure, mus d’ailleurs par l’esprit d’industrie qui caractérise leur race, réussirent avec le temps à s’emparer de toutes les ressources du pays. Bientôt la nouvelle race obtint un ascendant marqué sur la société, et finit par lui imprimer son cachet particulier ; de sorte que aujourd’hui l’élément français de la société canadienne a été ou absorbé ou étouffé. C’est à peine si dans quelques coins reculés du pays se trouvent encore, sans mélange, quelques restes d’un peuple qui fut renommé par sa bravoure dans les combats, par son activité dans les courses aventureuses du Nord-Ouest, autant que par ses qualités aimables dans la société, à tel point qu’il fut nommé le peuple gentilhomme. Si l’on en croit les mémoires du temps, la principale cause de la décadence d’un peuple aussi intéressant fut l’éloignement des classes aisées, les seules qui pussent se procurer de l’éducation alors, pour toute espèce d’industrie. Cela se conçoit en effet dans un pays où l’industrie était la seule source de richesse, et où la richesse était le plus grand sinon le seul moyen d’acquérir de l’importance sociale. La masse du peuple dut être livrée à l’influence et à l’action dénationalisatrice des chefs d’industrie de la race rivale, et perdre ainsi avec le temps son caractère national. »

Voilà, messieurs, ce que dira l’histoire, bien mieux assurément, mais enfin, voilà ce qu’elle dira si les classes aisées parmi nous ne sentent bientôt l’importance de leur mission, et ne se mettent à la hauteur des exigences de notre position sociale. Mais chacun fera ce que la patrie, ce que notre postérité attendent de lui. Et aujourd’hui peut-être suis-je moins le provocateur que l’interprète d’un sentiment qui fermente et germe déjà au cœur de notre population, et qui bientôt produira des fruits abondants, manne fortifiante dont notre nationalité s’alimentera, et qui nous mettra en état de transmettre intact à nos enfants l’héritage le plus précieux que nous ayons reçu de nos pères.
  1   2   3   4   5   6   7   8   9   ...   20

similaire:

Littérature québécoise Volume 144 : version 0 Journaliste, essayiste, conférencier, avocat, député, puis secrétaire d’État à Ottawa, Étienne Parent a été de nombreuses années directeur du journal Le Canadien, iconLittérature québécoise Volume 543 : version 0 Le grand sépulcre blanc...

Littérature québécoise Volume 144 : version 0 Journaliste, essayiste, conférencier, avocat, député, puis secrétaire d’État à Ottawa, Étienne Parent a été de nombreuses années directeur du journal Le Canadien, iconLittérature québécoise Volume 551 : version 0 Emparons-nous de l’industrie...
«Je me rallie sans réserve aux hommes honnêtes de tous les partis qui désirent sincèrement avec la gloire de leur pays, le bien-être...

Littérature québécoise Volume 144 : version 0 Journaliste, essayiste, conférencier, avocat, député, puis secrétaire d’État à Ottawa, Étienne Parent a été de nombreuses années directeur du journal Le Canadien, iconLittérature québécoise
Pierre-J. O. Chauveau est né à Québec, le 30 mai 1820. IL fut avocat, député, surintendant de l’Instruction publique, premier ministre...

Littérature québécoise Volume 144 : version 0 Journaliste, essayiste, conférencier, avocat, député, puis secrétaire d’État à Ottawa, Étienne Parent a été de nombreuses années directeur du journal Le Canadien, iconLittérature québécoise
Votre secrétaire ayant refusé de nous annoncer, nous nous voyons obligés de repartir immédiatement pour Londres, et de rapporter...

Littérature québécoise Volume 144 : version 0 Journaliste, essayiste, conférencier, avocat, député, puis secrétaire d’État à Ottawa, Étienne Parent a été de nombreuses années directeur du journal Le Canadien, iconAdresse : 53 rue de Rosny, 94120 Fontenay-sous-Bois
«mécanismes de réduction des prix» installée par Christine Lagarde, ministre de l’Economie, Luc Chatel, secrétaire d’Etat à la consommation,...

Littérature québécoise Volume 144 : version 0 Journaliste, essayiste, conférencier, avocat, député, puis secrétaire d’État à Ottawa, Étienne Parent a été de nombreuses années directeur du journal Le Canadien, iconCe document a été écrit par Tsonghi Lee du Caarud de aides à Besançon au printemps 2014
«molécules de recherches», sont des drogues apparues dans les années 90 dans des milieux très fermés puis de plus en plus popularisées...

Littérature québécoise Volume 144 : version 0 Journaliste, essayiste, conférencier, avocat, député, puis secrétaire d’État à Ottawa, Étienne Parent a été de nombreuses années directeur du journal Le Canadien, iconLittérature québécoise
...

Littérature québécoise Volume 144 : version 0 Journaliste, essayiste, conférencier, avocat, député, puis secrétaire d’État à Ottawa, Étienne Parent a été de nombreuses années directeur du journal Le Canadien, iconLittérature québécoise

Littérature québécoise Volume 144 : version 0 Journaliste, essayiste, conférencier, avocat, député, puis secrétaire d’État à Ottawa, Étienne Parent a été de nombreuses années directeur du journal Le Canadien, iconLittérature québécoise

Littérature québécoise Volume 144 : version 0 Journaliste, essayiste, conférencier, avocat, député, puis secrétaire d’État à Ottawa, Étienne Parent a été de nombreuses années directeur du journal Le Canadien, iconLittérature québécoise








Tous droits réservés. Copyright © 2016
contacts
c.21-bal.com