Mes premières impressions sur ces jeunes qui ont la parole








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JOP LOUVRE SAISON 2012. « Que vois-tu ? »
L3Arts Plastiques (AP) et L3 Métiers des Arts et de la Culture (MAC).

Université Paris 1, UFR 04 Arts
Première soirée, premières impressions

vendredi 23 Novembre 2012.
Françoise Julien-Casanova (dir.)

Alves, Jordan, MAC

Nous, le Louvre.
Bras croisés, le programme dans la main, l'index tendu sur la bouche, lunettes légèrement baissées, l'oeil vif, un hochement systématique de la tête et l'oreille ouverte : en ce vendredi de novembre, le visiteur du musée du Louvre est sur le qui-vive. Il est plus que jamais sollicité. Nouveau venu, habitué des lieux ou non, amateur émérite ou spécialiste averti, cette première nocturne des Jeunes Ont la Parole lui permet d'entrer en contact avec de jeunes médiateurs autour des oeuvres. Les discussions sont passionnées et les échanges s'animent à grand renfort de gestes dans l'espace. Ce soir, il n'est pas question de donner une leçon d'histoire de l'art ou d'imposer un point de vue. Ce soir, c'est autour de cet amour commun de l'Art que les personnes discutent et se rencontrent. Depuis la Grande Galerie jusqu'à la Galerie d'Apollon, de l'aile Sully jusqu'à Richelieu, le Louvre s'est animé pour quelques heures de dispositifs ingénieux et d'étudiants éclairés, pour encore une fois ravir son public.
Amir Hassan Khani, Sarah, AP

Mes premières impressions sur ces jeunes qui ont la parole



La Nocturne « les jeunes ont la parole » au musée du Louvre a été l'occasion pour moi de rencontrer des étudiants en art de sections différentes au travers de leurs travaux et des dispositifs de médiation. J'ai pu non seulement profiter du cadre qu'offre le Louvre mais aussi des oeuvres, dont certaines étaient justement expliquées par ces médiateurs. J'ai apprécié le fait d'avoir différents discours relatifs à une oeuvre, d'une part un aspect plus historique grâce aux élèves étudiants en histoire de l'art, d'autre part, un avis plus artistique qui répond à des problématiques plastiques. Par ailleurs, j'ai apprécié le fait de recevoir des informations d'étudiants venant de sections que je connais moins telle la scénographie. Ce fut plaisant de suivre un cheminement au sein du Louvre, à la recherche des étudiants, de porter un oeil qui soit en même temps et celui d'un visiteur et celui d'un critique. 
Belhamou, Hakim, AP
Certains sont à l’aise, d’autres ne le sont pas
Débutant notre déambulation dans l'espace réservé aux peintres flamands, un jeune étudiant, nous propose l’analyse d'un tableau de Rembrandt, "le bœuf écorché". Il se lance dans une approche formelle et relativement fluide ponctuée de considérations souvent pertinentes sur la composition ou les intentions du peintre. Sans être dirigiste, le médiateur se montre convaincant. Avec beaucoup d'éloquence, il évite soigneusement de débiter un discours appris par cœur, et tente véritablement d’interpeller son auditoire. Il nous présente en parallèle la production plastique de « sa binôme », en relation avec l'œuvre. Une boîte garnie de tissus déchirés évoquant les viscères de l’écorché mis à nu. Un travail sensible qui aurait mérité de gagner en visibilité plutôt que d'être posé au sol. Il est difficile cependant de lui en vouloir, n’oublions pas que nous nous trouvons dans une salle du Louvre et que les possibilités matérielles sont réduites. Nous ne monopolisons pas davantage le jeune étudiant, mais hélàs, le reste de la visite se montre moins engageant. Nous nous arrêtons devant un tableau qui nous est peu familier : « Le Triomphe de l'Amour avec entourage de fleurs » de Daniel Seghers et Domenico Zampieri. Deux médiatrices sont postées devant. Après quelques échange de regards, l'une d'elles initie une prise de parole hésitante, un peu gauche, la médiatrice est de toute évidence embarrassée, elle ne connaît pas son sujet. Sentant le malaise, nous décidons de mettre un terme au fiasco discursif et nous penchons sur ce qui semble être une proposition plastique également en rapport avec l'œuvre. Nous apprendrons plus tard par le biais d'une étudiante de l'école du Louvre (beaucoup plus à l'aise avec Poussin) les problèmes de coordination entre les binômes formés par un médiateur et un plasticien, ainsi que les nombreux enjeux relatifs a ce type d'exercice.
Bellocq Fanny, MAC 

Nuit fructueuse


 

Me voici entraînée dans le tourbillon des nocturnes du Louvre, à l’occasion de la manifestation « Les Jeunes ont la Parole » (JOP). Ce soir, l’ambiance est très vivante. J’accède à l’aile des peintures italiennes, non loin de la Joconde. Une étudiante portant le fameux tee-shirt orange et noir « JOP », se trouve à côté de « La diseuse de bonne aventure », de Caravaggio (vers 1595-1598). Elle commence la conversation par « My French is very bad ». Je comprends qu’elle vient de l’American University of Paris et lui propose de me parler du tableau dans sa langue maternelle. Malheureusement, l’explication pourtant très intéressante s’arrête trop vite. Je continue ma promenade dans ce musée si vaste. Au loin, un air de violoncelle m’attire. Un étudiant du Conservatoire National de Paris joue en attendant que des curieux s’intéressent au tableau qu’il présente, « Saint François en extase avec Saint Benoît et un ange musicien », du Guerchin (1620). Je m’approche : l’étudiant me décrit l’œuvre, la replace dans son contexte historique, et me parle de la vie du peintre. Son explication est plus complète que la précédente. Mais le meilleur reste à venir. Depuis le début, je cherche une œuvre qui me plaît particulièrement : « Le radeau de la méduse », de Théodore Géricault (1819). Après mes déambulations dans le musée, je la trouve enfin : elle se dresse face à moi, gigantesque, merveilleuse. Je me précipite vers une étudiante et écoute sa médiation, déjà commencée. Contrairement au médiateur de tout à l’heure, elle m’inclut tout de suite dans le groupe. Elle parle d’une voix forte, regardant tantôt la toile, tantôt ses spectateurs. J’apprends beaucoup de choses. Je pose des questions, elle me répond. Enfin, nous abordons ensemble une réflexion sur l’œuvre. Un véritable échange vient de se produire.
Brun, Marine, MAC

Impressions Pays-Bas XVIe siècle

Aller au musée du Louvre un vendredi soir c'est comme affronter un métro en heure de pointe, nous sommes craintifs et agissons de mauvais gré. Une fois à l'intérieur, l'oppression se fait d'abord sentir dans le Carrousel du Louvre qui présente une multitude de vitrines somptueusement ostentatoires. Ce sentiment grandit à l'accueil du musée où nous sommes abasourdis par le brouhaha qui résonne sous la pyramide. 

Pourquoi une telle appréhension ? Est-elle la conséquence d'une intimidation engendrée ou produite par l'institution muséale, voire par le lieu lui-même ? Ou son origine est-elle autre ?

Pour le savoir, nous prenons notre courage à deux mains et décidons d'entrer dans les entrailles de cette usine à tableaux. Nous gardons l'espoir de trouver une âme amicale, capable à cette heure-ci de consoler notre état anxieux. Direction Aile Richelieu, 2e étage, Pays-Bas XVIe siècle ! 

Après une montée plus ou moins périlleuse des étages, nous traversons avec rapidité les couloirs successifs à la recherche de notre chemin. "Rubens est-il dans cette salle? Par ici peut-être ? … Mais où est donc Rubens ? !" Moment de panique : nous nous arrêtons plusieurs fois devant les plans, essayons de comprendre le sens de circulation, nous tournons dans les mêmes salles, nous sommes perdus. Cet instant de solitude ne dure que peu de temps car une médiatrice des JOP (Jeunes ont la parole) prévue pour l'occasion nous guide sur le chemin à prendre. Au fur et à mesure de notre escapade muséale, nous  commençons à éprouver du plaisir en nous prenant au jeu de l'enfant dans un labyrinthe. Nous reconnaissons les tableaux des grands maîtres : nous passons devant un Poussin, un Clouet jusqu'à voir apparaître le cher Rubens. Et la chère amie médiatrice que nous recherchions. 

Notre angoisse s'évapore peu à peu en lui parlant. Puis, nous décidons de parcourir les espaces qui nous entourent. Une salle retient notre attention, la salle 18. Notre regard est happé par les tableaux qui envahissent les murs et par la lumière douce de la pièce. 

Affronter nos peurs du monumental, c'est avant tout devoir se confronter à une réalité et accepter d’abandonner le contrôle que nous avons sur nous-même.

S'accoutumer au lieu, l'habiter entièrement peut s'avérer très bénéfique et permet d'apprécier les moments de notre visite. Nous appartenons à cette salle et cette salle nous appartient. Depuis notre banc en cuir noir, nous observons les visiteurs qui nous sont proches et les dessinateurs concentrés sur leur papier. Une mouvance frénétique se fait sentir par la présence d'une dizaine de médiateurs dont certains sont musiciens, comédiens et designers. L'une d'entre eux s'approche, une jeune médiatrice au langage limpide et à la gestuelle vive. Face à nous, et à L'instruction de la Reine de Rubens, elle partage son savoir sur le tableau et nous commentons la composition. Enfin, nous contemplons ensemble les vingt-quatre tableaux qui retracent symboliquement la vie de la reine de France, Marie de Médicis, femme d’Henri IV. 

En écoutant attentivement son discours, nous pouvons écouter les sons mélodieux du violoncelle, le bruit continu des paroles de l'ensemble des visiteurs et médiateurs. La pièce devient de plus en plus calme et les médiateurs deviennent silencieux. La lumière laisse pressentir dans l'atmosphère l'émanation des esprits érudits s'envolant vers le plafond à caissons du lieu. Désormais, le monde s'arrête. Notre concentration s'échappe et notre pensée se perd dans les mots de nos émotions. Nous nous retrouvons seuls avec la salle 18 et une interaction inattendue s'opère. Nous devenons la salle 18 et la salle 18 nous devient. 
Delor, Marie, MAC

Les Jeunes Ont la Parole, mais comment l’utilisent-t-ils ?


 

Vendredi 23 novembre 2012 : première fois que j’assiste aux JOP organisées dans le musée du Louvre. Les intérêts pour moi sont multiples : l’interprétation des œuvres grâce à un dispositif de médiation, mais également la découverte de l’exercice qu’il me sera donné de faire dans un an.  Je m’apprête donc à vivre cette première JOP avec un regard curieux et critique.

La visite débute, et la première médiation à laquelle j’assiste a lieu sur un tableau de Corot où deux étudiantes éveillent ma réflexion, ma curiosité et m’entraînent dans l’univers du tableau… ça commence bien ! En revanche, déception pour la seconde médiation (là encore sur un tableau de Corot) ! Il faut aller chercher l’étudiant qui semble presque étonné qu’on vienne le déranger. Ces deux premières expériences me montrent déjà les inégalités frappantes entre les médiations proposées, et ce constat ne sera que confirmé par les dix autres médiations auxquelles j’assiste.

Ce qui me semble finalement le plus important après ces premières JOP n’est pas réellement le discours que produisent les étudiants sur les œuvres, mais leur attitude, leur regard, leur sourire, c'est-à-dire le comportement qu’ils ont par rapport à moi et qui fait que la médiation devient un réel échange entre le médiateur, l’œuvre et son interlocuteur.
Denizart, Lisa, AP

Jeux de médiation


 

Cette année, des étudiants de Design Textile, Matériaux, Surface accompagnent en binômes les étudiants de Médiation dans le cadre des nocturnes « Les Jeunes ont la Parole » au Louvre. La plupart de ces binômes que j’ai observés étaient assez complémentaires. Les étudiants quelle que soit leur formation se placent sur un pied d’égalité, le dispositif des étudiants de Design étant même parfois en adéquation parfaite avec le point de vue exploité dans le commentaire de l’élève de médiation. Ce relais entre les deux élèves se fait de manière assez naturelle, et donne à cette médiation de l’œuvre d’art un côté parfois ludique et la plupart du temps assez attractif. Le point de vue sensible et créatif de l’élève de Design apporte une proximité entre l’œuvre et le spectateur, mais aussi entre les deux élèves et ce même spectateur. Dans certains cas, et notamment lorsqu’il n’y a pas cet équilibre entre la médiation et le dispositif, et que le binôme est constitué de deux élèves de même formation, cette configuration à deux ferme l’ouverture vers le spectateur : de ce fait l’accessibilité est difficile.
Dreschmann, Alexia, MAC

Une nouvelle approche des JOP

Les dix-huit heures sont passées, armée d’un plan je déambule dans les salles du Louvre. Quelques cartes posées au sol attirent mon attention. Il s’agit de pictogrammes : un collier, un chapeau, une coiffe dessinés à l’encre noire sur des carrés blancs plastifiés… Ma curiosité s’éveille. Une jeune fille à la manche orange s’approche et m’invite à jouer. Je sais que les JOP du Louvre ont commencé. Pourtant, c’est une approche nouvelle de la médiation qui est mise en place cette année. Pour qui est friand de ces rendez-vous annuels où la jeunesse prend la parole, c’est l’agréable surprise de découvrir la mise en place de binôme finement composé. Ils sont tous en effet, formés d’un étudiant des Ecoles Supérieurs d’Arts Appliqués permettant une approche spatiale, auditive ou visuelle, qui vient compléter l’approche historique et l’analyse plastique que peuvent opérer les étudiants du Louvre ou de Paris 1, et qui a fait le succès des Nocturnes jeunes depuis leur création (1995).


Car si dans un premier temps je suis amenée ainsi à observer la muséologie du musée et les détails des tableaux qui pourraient échapper aux spectateurs, bien vite une musique m’attire dans le couloir. Un jeune homme m’interpelle et stoppe mon élan, il désire me parler de la jeune fille qu’il a rencontrée via internet. Il tient à la main un encadrement doré qui entoure une image présentant la copie d’écran d’un site de rencontre, avec inclus la photographie de la jeune fille qui l’a bouleversé. Rapidement son binôme prend le relais et m’explique habilement comment le roi Henri V a pu se laisser désarmer par amour en recevant le portrait de Marie de Médicis.

Si cette première soirée sert de rampe d’essai pour ces duos fraîchement formés et si l’on déplore qu’il faille aller chercher certains médiateurs pour découvrir le tableau auquel ils se sont intéressés, les soirées des JOP édition 2012 permettent une approche de la médiation qui invite tous les sens des spectateurs, et rappellent qu’une œuvre ne s’appréhende pas uniquement et exclusivement dans son approche visuelle et verbale.
Dubchinskaya, Polina, AP

Un musée en mouvement



La visite des nocturnes JOP au Louvre, au bout du compte, m’a laissé l’impression que la médiation culturelle actuelle participe aussi de l’art contemporain. En effet, les interventions des participants m’ont portée à des émotions fortes et à des réflexions sur la nature de l’art. Les médiateurs étaient inégalement actifs. Soit ils attendaient les visiteurs sans rien faire, soit ils parlaient entre eux, soit ils invitaient les visiteurs à converser. Parmi les « médiateurs conférenciers », certains étaient plus intéressants que d’autres. J’ai particulièrement noté le couple formé par un garçon médiateur et une fille designer d’espaces muséaux. Ils présentaient l’oeuvre « The Ceiling » de Cy Twombly, ce plafond peint par l’artiste contemporain et directement associé à la Grèce antique. La démarche de Twombly est impressionnante, la qualité de la réalisation également. Par exemple, la façon dont le point de fuite est parfaitement accordé au format de la salle.  

D’autres médiateurs réalisaient non pas la présentation mais l’interprétation des oeuvres. Par exemple une lycéenne a proposé l’animation digitale avec la danse potentielle des Trois Grâces susceptible d’anticiper la mise en scène en marbre.

Tous les spectateurs ont été charmés et ont goûté le son du violoncelle joué par un étudiant du Conservatoire de musique et de danse. Il se tenait à côté de tableau « Saint Francois en extase avec Saint Benoît et un ange musicien ».

La semaine prochaine nous voulons aussi trouver les musiciens pour écouter la musique dans ce contexte unique.

J’ai beaucoup aimé l’idée de plonger dans un tableau avec les yeux bandés sans quitter l’espace du musée. Les visiteurs étaient suivis des étudiantes provenant de l’école Boule, à côté du tableau d’Eugène Delacroix,  « Dante et Virgile aux Enfers ». Pour renforcer leurs propos, les étudiantes ont proposé aux visiteurs des écouteurs avec un extrait de la Divine Comédie.

 Nombreuses étaient les autres présentations et interventions créatives passionnantes. Toutes ces actions médiatiques contribuaient à faire du Louvre, le Musée classique par excellence, un musée nouveau parce qu’en « mouvement."

 

El Zeki, Alexandra, MAC

Un rendez-vous avec Fragonard



Je traverse sans trop y prêter attention les peintres de la section Flandres du XVIIème siècle et me dirige vers les peintures françaises du XVIIIème. Je n'ai qu'une seule toile en tête : « le Verrou », de Fragonard. J'ai envie de la voir. Cela fait longtemps... une éternité que je ne suis pas venue lui rendre visite. Des étudiants empêchent le passage. Non, impossible. Je n'ai pas le temps, je reviendrai plus tard. Pour l'instant, il faut que je la vois. J'ai un rendez-vous. La salle suivante, et un étudiant m'interpelle, que je ne peux esquiver cette fois. Un coussin de soie dans les mains, il me demande de fermer les yeux... Étrange pour un musée où tout est à regarder. Cela m'amuse. J’obéis, séduite par ce jeu. Le garçon rapproche le coussin de mes narines et une fragrance musquée envahie mes narines et ma gorge. « Que vois-tu ? »,  me dit-il. « Je vois des femmes, des parures,.., oui, je vois de belles femmes, en Orient... ». J'ouvre les yeux, et il m'amène dans une autre salle, celle des peintures orientalistes. Je découvre alors le visage de Desdémone. Qu'elle est belle ! Et pourtant, je ne l'aurais pas remarquée toute seule...

Là, on m'explique que cette petite toile est une illustration du coucher de Desdémone – elle porte d'ailleurs ce titre – et qu'elle s'inspire de la célèbre pièce Othello, de Shakespeare. Desdémone va mourir, et elle le sait. Dans son regard il y a cette lucidité effrayante de qui voit son terme arrivé. La médiatrice dirige mon regard sur la toile, si petite pour autant de beauté. De son doigt, elle me fait parcourir le tableau en expliquant les détails de l'œuvre, avec application et méthode. Son discours semble parfois convenu, voire trop terre-à-terre, mais elle semble bien documentée. Jamais elle ne parle d'Elle, Desdémone, et de son regard si absorbant. Pourtant c'est ce qui retient mon regard sans que je puisse le détacher. Voilà, ça y est, je ne regarde plus les mains de la parleuse et j'écoute à peine ses mots. Desdémone et moi sommes ailleurs.

Puis, d'un seul coup je reviens parmi les terriens. La médiatrice m’explique que Desdémone s'apprête à s'allonger sur son lit de mort, et c'est comme si je redoutais le moment d'après. Finalement, je suis heureuse que mon chemin ait été perturbé ; d’avoir profité de l’arrêt pour entendre l'histoire – si dramatique – de cette œuvre à peine remarquable, flanquée dans un coin de la salle. Certes, je suis loin d’avoir tout écouté, peut-être l'attention est-elle difficile à capter face au regard de Desdémone... Je ne sais pas.

Quoiqu'il en soit, j'ai fait une belle rencontre. Et rien que pour cela, je ne regrette pas mon rendez-vous manqué.
Fernandes Nery, Alya, MAC

En écoute de soirée.

Des sons, des voix et des cimaises



Ce soir a lieu la première soirée JOP/Louvre de l'année, pour découvrir les jeunes étudiants de plusieurs écoles de Paris qui proposent des médiations devant les oeuvres de leurs choix. Je suis arrivée au musée au début de la soirée, mais il m'a fallu attendre cinquante minutes pour trouver une « manche-orange » prête à commencer. 

Dans l'Aile Denon, moi et ma camarade Lucie avons remarqué un jeune homme avec un étui de violoncelle à son coté ; il n'avait pas de chaise disponible pour s'asseoir avec son instrument et jouer, il semblait un peu perdu. Nous sommes parties et puis sommes retournées quelque minutes après, quand il avait finalement trouvé un siège. Devant l'oeuvre du Guercin « Saint François en extase avec Saint Benoît et un ange musicien, » il a fait vibrer son violoncelle. En écoutant la musique, assise sur le sol du Louvre, je contemplais la peinture de l'homme saint en extase. Cet étudiant du Conservatoire National de Paris a fait un très beau duo avec l'ange qui jouait du violine dans la peinture, il m'a permis d'écouter le tableau.

Je suis allée vers d'autres médiateurs, la grande majorité s’en prenait aux aspects biographiques des artistes, mais d'autres avaient des dispositifs beaucoup plus intéressants. Telles ces deux étudiantes de Design Typographique devant le tableau de Paul Delaroche, Jeune martyre. Elles proposaient trois brèves versions imprimées sur papiers colorés pour raconter l'histoire du tableau et il était possible de choisir sa version préférée.

J'ai ressenti cette soirée comme une première expérience de l’ensemble des dispositifs mis à disposition du public. Nombre d’étudiants ont déclaré qu'ils introduiront des changements d’ici vendredi prochain. L'atmosphère très particulière du Musée du Louvre, avec ses grands murs richement décorés et couverts de tableaux, rendra probablement les prochaines versions des JOP encore bien plus intrigantes.
Ferré, Margot, AP

Un moment d’échange et de partage.
C’est au deuxième étage, dans le bâtiment Richelieu et une partie du bâtiment Sully, que nous nous sommes intéressés à dix tableaux commentés par quelques étudiants venant de différentes écoles : l’Université Paris I, l’Ecole du Louvre, l’université de Cergy, l’Ecole Duperré et le Conservatoire de Musique de Paris.

Pour les étudiants seuls, on peut constater trois différentes manières d’assurer  la médiation de la toile qu’ils ont choisie. Il y a l’étudiant qui nous invite à l’observation du tableau en nous posant des questions. Cette façon de faire crée ainsi une vraie interaction entre le public et le médiateur, tandis que d’autres se contentent seulement d’expliquer l’histoire et la symbolique de l’oeuvre, sans laisser place à la réflexion du spectateur. Seul un étudiant médiateur, sur tous ceux rencontrés, n’a pas émis un seul mot sur la symbolique supposée de son tableau.

Pour les personnes en binôme avec des étudiants en design, on peut noter deux cas de figure. Il y a le binôme qui se complétae parfaitement. Le médiateur s’occupe de l’explication permettant la compréhension du tableau, et l’étudiant en design présente ensuite son projet en rapport avec l’analyse qu’il a pu lui-même réaliser, en collaboration avec son partenaire. Certains binômes ne s’accordent pas. L’étudiant en design ne s’intéresse qu’à la picturalité du tableau et présente donc un projet peu convainquant eu égard à l’intérêt de la toile.

Dans l’ensemble, durant cette première soirée, il a régné une ambiance conviviale et détendue. Les échanges ont été riches et la plupart des étudiants avaient travaillé leurs analyses et leurs présentations. 
Freytet, Marion, AP

Ouvrez les yeux... et les oreilles



Vendredi soir, rendez-vous au Louvre pour les "Jeunes Ont la Parole". Écouter des discours interminables truffés de dates et de mots savants sur des oeuvres vues et revues un million de fois... Bon, allons voir tout de même. Et c'est parti pour trois heures dans l'aile Sully. De nombreuses marches plus tard apparaissent les fameux T-shirts noirs aux inscriptions oranges. "- Bonjour, je vais vous parler de la statuette Pégase... - Quoi ce tout petit truc ? Que peut-il bien y avoir à dire à son propos ? – Ah, mais laissez-moi vous raconter...". "- Nous sommes étudiantes en architecture et nous allons vous parler... du plafond ! – Oh, je n'avais même jamais levé les yeux dans cette salle !" ."- Asseyez-vous et écoutez ce qui va passer dans ce casque audio... - Ah non, pas un audio-guide ! – Non, c'est un musicien contemporain, Arnaud Le Mindu : vous connaissez ? - Euh,, ben non. - Et maintenant, avant même de parler, dessinez-moi ce que vous ressentez devant ce tableau..."

Il est 21h30 et mon regard s'est transformé : les JOP sont une bonne surprise. Une surprise où, plutôt que d'arpenter de long en large l'immensité du Louvre en apercevant quelques tâches de couleur, les jeunes nous proposent de regarder ensemble une oeuvre qui les a touchés afin que peut-être à notre tour nous ouvrions les yeux.

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