1975-04-12/13. Discours d’ouverture des journées de l’École freudienne de Paris. Les concepts fondamentaux et la cure








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1975-04-12/13. Discours d’ouverture des journées de l’École freudienne de Paris. Les concepts fondamentaux et la cure.


Journée des cartels à la Maison de la Chimie à Paris, les 12 et 13 avril 1975. (La séance plénière est ouverte à neuf heures cinquante). Lettre de l’École Freudienne de Paris, 1976, n° 18, pp. 1-3.

(1)Jacques Lacan – Je dois d’après le programme dire un petit mot d’ouverture.

Je ne peux pas dire que je sois insensible à ces Journées, je veux dire à cette réunion pour laquelle c’est moi qui ai choisi la date. J’ai choisi cette date parce qu’il s’est trouvé que ça tombait dans un week-end, il est évident que je n’aurais rien forcé autrement, si ça n’avait pas été le cas, mais il s’est trouvé qu’un dimanche, le 13, demain, c’est un jour évidemment particulièrement pesant pour moi puisque c’est le jour de mon anniversaire. Naturellement il n’a pas toujours été pesant, il n’est pesant que depuis… vers la cinquantaine. Et la cinquantaine, je l’ai atteinte il y a une paye, très exactement depuis le temps où je peux dire que j’ai commencé mon séminaire. Comme vous le savez peut-être – certains le savent – je l’ai commencé chez moi avant de le commencer à Sainte-Anne.

Ces quelques mots, je viens de les préparer à l’instant parce que je n’ai pas l’intention de vous faire un séminaire pour l’ouverture de ces Journées.

C’est pour vous dire en somme, c’est là que j’en suis, une bonne surprise ; bien sûr il y a des surprises que je me prépare à moi-même puisque c’est le cas de ces Journées d’avril, mais quand même la surprise, d’abord c’est votre présence, et ensuite c’est qu’hier soir, j’ai lu un certain nombre de papiers qui ne sont pas tous sur le même sujet, puisque nous avons trois thèmes à ces journées, nommément les rapports des concepts fondamentaux et de la cure, la question des psychoses et de leurs rapports avec la forclusion et enfin l’éthique ; ce qui m’a particulièrement touché, c’est la suite de papiers que je n’ai lue, et je m’en excuse, qu’hier soir, il est certain que pour l’instant je suis très préoccupé par la suite de ce que j’ai à vous dire dans mon séminaire, et je peux même dire que ça m’occupe beaucoup, c’est donc hier soir que j’ai eu la bonne surprise de lire les papiers sur l’éthique de la psychanalyse ; j’en ai été bouleversé, parce que vous savez que ce séminaire n’est pas paru : il n’est pas paru, je dirais par ma volonté expresse, parce qu’il y a un certain moment, critique, qui s’est passé il y a plus de dix ans, où quelqu’un nommément de mes élèves tenait beaucoup à ce que ça paraisse dans une ré-articulation que quelqu’un avait fait, nommément Moustafa Safouan, mais ça ne m’avait pas paru opportun. C’était le moment en effet où l’International Association que vous connaissez se séparait de moi. Ça ne me paraissait pas le moment le plus opportun pour faire sortir cette Éthique de la Psychanalyse.

Et voilà qu’il m’arrive cette somme de papiers sur le thème de mon séminaire – car il s’agit bien de lui, puisque le texte de ce que j’ai émis à cette époque, si j’en crois les dates…(2)1959-60, sont évidemment la preuve que c’est sur mon texte qu’on a travaillé et pas sur le texte de ce cher Safouan puisque j’ai empêché qu’il ne paraisse, j’ai décliné cet honneur auquel les Presses Universitaires, je dois le dire, tenaient beaucoup ; en attendant manifestement, vu le contexte, un succès de librairie ; je n’ai jamais, je dois le dire, favorisé ces sortes de combinaisons éditrices ; je n’ai jamais rien fait pour obtenir des effets de choc, ce n’est pas ma façon de procéder ; l’inouï, c’est que bien sûr ça se produit d’autant plus qu’on le veut moins ; c’est comme ça que je m’aperçois quand même de quelque chose qui est un effet : il se trouve que grâce à ceci que je ne l’ai jamais cherché, il se trouve qu’il y a des effets de génération. Je veux dire que par exemple, sur ce séminaire sur l’éthique de la psychanalyse, quelqu’un pour qui je ne peux pas dire que j’ai vraiment les sentiments qui conviennent, ni en dessus ni en dessous, pour qui je dois dire que j’ai laissé la trace dans mes Écrits de quelque chose qui s’adresse à lui, et c’est une trace que je n’effacerai en aucun cas, quelqu’un qui s’appelait Lagache, un jour m’a dit, justement à cette date (il faut dire qu’il ne venait jamais écouter ce que je disais à Sainte-Anne, j’aurais préféré, bien sûr, qu’il vienne, ça lui aurait peut-être un peu ouvert l’entendement) mais c’est un fait qu’il ne venait jamais et que non seulement il ne venait jamais mais qu’il subissait mes titres avec un agacement croissant, ce qui s’est manifesté justement à la fin de cette année-là par cette remarque : « Tu as fait l’éthique de la psychanalyse cette année, est-ce que l’année prochaine tu vas faire l’esthétique ? »

Ce qu’il y avait de bien à cette époque, c’est qu’on ne peut pas dire que la mutation de générations s’était faite, dont je me trouve en somme, à mon grand étonnement, responsable. Il faut bien que je reconnaisse que, comme on me l’a dit, même la façon d’écrire, – on me le dit sur des modes divers, qui sont des modes quelquefois grinçants, mais ça n’empêche pas que je reconnaisse – c’est un fait – qu’on n’écrit plus en 1975 comme on écrivait vingt-cinq ans avant, et que, disons, j’en suis un petit peu responsable ; d’où le fait que quelqu’un, auquel il se trouve que j’ai donné (c’est lui qui me l’a dit, qui en a témoigné) la vibration d’où est partie, à lui, son écriture, je cite quelqu’un dont je ne pense pas que vous connaissiez tous le nom, mais qui n’est pas du tout un écrivain négligeable, qui s’appelle Jean Roudaut, quelqu’un donc est venu me dire ça et il voulait qu’on fasse quelque chose sur cet aspect particulier qui n’est pas l’aspect majeur de mon enseignement, c’est plutôt sur le plan de la vibration scientifique que je préférerais avoir marqué ma trace, mais enfin il paraît qu’incidemment je l’ai marquée aussi dans l’écriture. Enfin c’est quand même une très bonne surprise, et qui m’arrive sur le tard, que je n’ai pas parlé pour rien.

Elle ne m’empêche pas de penser que ce n’était pas tout à fait ce que j’aurais attendu quand je me suis attaché à ce sujet de ce que comporte l’entrée en exercice de la pratique psychanalytique. J’aurais plutôt attendu que ça intéresse les psychanalystes. Il est vraiment très difficile d’imaginer ce que pouvait être un psychanalyste il y a trente ans, disons. Je ne vais pas essayer d’en donner même ici l’indication, mais enfin c’était quelqu’un qui était quand même très accroché à sa position.

Pourquoi a-t-il fallu qu’ils se sentent menacés dans leurs positions par ce que j’énonçais ? C’est un mystère. Je pense que, pour ce qui est de cette génération, leur position serait bien meilleure s’ils avaient un peu entendu ce que j’en disais, parce qu’après tout, c’était tout à fait central de les rappeler à la thématique de l’éthique qu’ils se trouvaient instaurer par leur seule présence. Naturellement, ce n’était pas du tout une sorte d’extrême ni d’invention en pointe ; cette éthique de la psychanalyse, je l’avais énoncée depuis bien avant la dernière guerre ; je veux dire que j’en avais promis à Jean Paulhan quelque chose, et si on regarde les dos des Nouvelle Revue Française (qui n’étaient pas encore la Nouvelle Nouvelle), d’avant-guerre, on y verra annoncé ce que j’appelais (j’avais mes raisons de changer aussi le premier mot), ce que j’avais appelé à ce premier moment Morale de la Psychanalyse, parce que quand même je ne suis pas psychanalyste depuis toujours, je l’ai été juste un peu avant la guerre, il y a déjà quelques piges ; je n’ai jamais donné bien sûr cet article parce que je ne suis pas, justement très porté à me pousser dans le littéraire, quelles que soient mes incidences sur l’écriture. Alors finalement je n’avais pas donné cet article à Jean Paulhan, mais j’avais tout de suite vu que c’était vraiment là l’axe, le centre, l’événement de la psychanalyse : une éthique.

(3)Ça ne valait pas la peine d’en déduire que je ferais aussi une esthétique, car à la vérité, je n’y ai jamais songé. Mais enfin pour quelqu’un comme pour mon interlocuteur que j’ai évoqué tout à l’heure, « éthique », ça devait résonner en « esthétique ». C’est comme ça. C’est des histoires de discours universitaire, comme je dis, comme je dis d’ailleurs d’une façon qui n’est pas pour du tout déprécier le discours universitaire, puisqu’au contraire c’est lui donner un statut, mais avec ce léger déplacement qui dit bien que c’est du discours analytique que le discours universitaire se cristallise dans son statut.

Enfin c’est des choses que j’ai faites depuis. Parmi les papiers qui m’ont fait cet effet plus qu’heureux, qui m’ont donné cet effet de baume hier soir, il y en a plus d’un, et c’est au point que je ne peux pas citer tous leurs signataires. Et il y a quand même plus d’une, disons, plus d’une femme, ce qui n’est évidemment pas pour m’étonner parce que malgré tout, des femmes, j’en parle beaucoup pour l’instant, je me réfère à ce que la femme a de réel, quoiqu’elle n’existe pas ; enfin ceci pour ceux qui viennent quelquefois écouter mon séminaire ; même pour le papier qui, sur l’éthique de la psychanalyse, a le plus de corps, je soupçonne qu’il y en a qui y ont collaboré.

Il y a aussi un papier sur le rêve et le réel qui me paraît important, et qui est à la limite, à la frange de ce que nous nous sommes donné comme programme.

Je vous laisse la parole maintenant, en vous remerciant de m’avoir donné ce – tardif sans doute mais il n’est jamais trop tard – ce tardif réconfort.




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