Le dopage est inefficace : «Dans mon sport, cette pratique n’existe pas car elle ne sert à rien» : faux








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Le dopage est inefficace : « Dans mon sport, cette pratique n’existe pas car elle ne sert à rien » : FAUX
Se poser encore la question de savoir si telle ou telle spécialité sportive est touchée par le dopage, relève d’une démarche intellectuelle totalement dépassée.

L’usage de produits dopants existe depuis la nuit des temps, au même titre que le vol, le mensonge, la tricherie et fait partie de la nature humaine et non d’un sport en particulier.
Le dopage est inefficace – Quelques experts convaincus
1966 - Dr Pierre Dumas (FRA) médecin du Tour de France (1955-1967) et de la lutte antidopage - « Neuf fois sur dix rien »

1. « Le doping rapporte peu en regard des servitudes qu’il implique. Il peut apporter une euphorie en course, un effacement de la fatigue qui ne fera cependant pas mieux marcher un « tocard ». J’ai fait des expériences sur moi-même et sur les étudiants volontaires de l’École Nationale Supérieure d’Éducation Physique dont je suis le médecin. Nous avons pris ce qui se fait de mieux dans le genre et fait du footing après. Nous ne nous sommes pas métamorphosés en champions. En fait, cela ne nous a rien apporté, comme cela n’apporte, neuf fois sur dix, rien au coureur qui continue de se doper par peur de craquer. » [Le Miroir des Sports, 06.07.1966, p 24]
2. Question de Christophe Penot au journaliste Pierre Chany, référence en matière de cyclisme : « Ancien médecin du Tour de France, le docteur Dumas se plaignait souvent que la presse et les officiels ne le soutenaient pas dans la lutte qu’il menait contre le dopage « Le dopage ne marche pas ! » jurait-il. Pourquoi ne vous trouvait-il pas à ses côtés .

Pierre Chany : Parce que je n’ai jamais voulu être complice d’une immense connerie ! Depuis des années, les médecins répétaient que le dopage ne marchait pas... C’était faux ! Le cas Popof mis à part, le dopage marchait très bien ! D’ailleurs, les sportifs, je dis : les sportifs, car on vérifie, aujourd’hui, que le dopage est plus ou moins présent dans toutes les disciplines sportives, les sportifs ont toujours su que le dopage marchait bien. Et moi aussi je le savais ! Le soir, à l’hôtel, j’en parlais suffisamment avec les principaux intéressés... Par parenthèse, c’est à cette époque que les médecins chantaient sur les toits que le dopage était un leurre. « Vous vous trompez. Les amphétamines vous euphorisent mais vous n’êtes pas meilleurs pour autant... » disaient-ils. Évidemment, dans le peloton, c’était l’éclat de rire général. Voilà comment les médecins, voulant trop bien faire, mais incapables de comprendre la psychologie des coureurs, ont perdu leur crédit. » [Penot Ch. .- Entretiens avec Pierre Chany l’homme aux 50 Tours de France. - Saint-Jean-Le-Blanc, éd. Cristel, 1996. - 248 p (p 48)]

1967- Dr René Guillet (FRA) médecin de la délégation française aux JO de Tokyo en 1964 : « Je n’ai trouvé nulle part la démonstration scientifique de l’efficacité du doping »

« Vous m’excuserez de revenir une fois encore sur ce problème du doping, car je viens de lire L’Équipe avec les « révélations » de Roger Rivière. Il affirme : « Le doping est efficace et indispensable. » J’ai fait de nombreuses recherches bibliographiques sur ce sujet lors d’une thèse que j’avais confiée à l’un de mes élèves, et pour publier un ouvrage sur le doping ; j’affirme que je n’ai trouvé nulle part la démonstration scientifique de l’efficacité du doping et, plus particulièrement, des amphétamines.

Que ces drogues puissent procurer à ceux qui les utilisent une impression d’euphorie, c’est fort possible ; qu’elles empêchent le sommeil, c’est certain ; mais qu’elles améliorent la qualité d’une performance sportive, voilà qui n’est absolument pas démontré. » [L’Équipe, 27.10.1967]
1976 - Dr Robert Andrivet (FRA) médecin chef du service médical de l’Institut National des Sports - Très sceptique

« Vous pensez donc que tout ce que l’on dit sur les pratiques des Allemands de l’Est par exemple, est sans fondement ?

- Oui ! Il n’y a pas de preuve. Quant aux traitements par hormones mâles que l’on ferait suivre aux nageuses, permettez-moi de rester très sceptique. Que faut-il penser ? Qu’un secret a été découvert par les Américains pour les hommes et par les Allemands de l’Est pour les femmes ? On parle de musculature énorme des Allemandes de l’Est. Mais vous avez la mémoire courte car je crois bien que des Françaises ont étalé les mêmes caractéristiques. En réalité, l’explication du rendement de l’Allemand de l’Est provient d’un système social. Il ne m’appartient pas d’en parler. » [L’Équipe, 31.07.1976]
1978 - Dr Ludwig Prokop (AUT) médecin de la commission médicale du Comité International Olympique - « Dangereux et absolument inutile »

« N’est-il pas paradoxal et tragiquement ironique, lors de tests doubles pratiqués, que plusieurs expériences effectuées avec des substances de dopage et des substances factices sans effet, aient montré que le mécanisme de la réaction est presque exclusivement autosuggestif. L’emploi de substances toxiques utilisées d’habitude comme dopage est donc non seulement dangereux mais, à quelques exceptions près, absolument inutile. » [Prokop L. .- La contribution de la médecine sportive à l’amélioration des performances. - Rev. Olympique,

1978, n° 123, janvier, pp 46-51 (p 50)]

Or, d’un aveu unanime, les présidents, médecins et joueurs affirment : « Il n’y a pas de dopage dans mon sport » et avancent comme argument à la soi-disante inefficacité des pilules de l’effort : On ne connaît pas à l’avance la durée du match et elles perturbent la précision du geste. »
Aucun sport n’est épargné
Cet avis est loin d’être partagé par le physiologiste François Ruff : « Le dopage n’épargne aucun sport en principe. Qu’il soit d’adresse ou non, qu’il soit ou non de durée variable. Car on peut prendre un dopage à la carte, par doses successives et en mélangeant les produits suivant les effets qu’on en attend. »

On se dope pour lever de la fonte en haltérophilie comme pour presser la détente d’un pistolet; on se dope pour ne pas sentir la fatigue ou pour éviter la peur, pour se tranquilliser comme pour s’exciter ou pour se placer dans un état euphorique. Les faits démentent les présidents, les médecins, les joueurs qui affirment : « Dans notre sport, la précision du geste est incompatible avec le dopage »

Prenons l’exemple du basket-ball. Le Dr Jacques Huguet, médecin fédéral, déclare : « Le geste terminal du basket étant d’une extrême précision et, comme l’a dit M. Jones, un geste cybernétique, l’excitation et les troubles locomoteurs engendrés par le doping vont à l’encontre de la précision de l’acte final. »

Argumentation reprise par Jean-Michel Sénégal lors de l’affaire de Berck, en 1976 : « Non, ce n’est pas possible (le dopage) dans un sport où tout se joue sur des centimètres. Il n’y a pas à ma connaissance de produits capables d’exciter des basketteurs sans diminuer leur adresse. Il n’est pas possible d’être dopé et de jouer vingt minutes tout en faisant des tirs à huit mètres… »
L’important c’est le dosage
Ce n’est pas, semble-t-il, le cas des basketteurs professionnels américains !

Dans les sports encore « épargnés », la seule certitude est qu’ils sont surtout épargnés par le contrôle. À l’heure actuelle, un soigneur sans scrupules peut garantir à n’importe quel sportif un effet dopant, surtout si l’absence de contrôle lui laisse l’embarras du choix. Il pourra jouer à volonté sur la gamme de produits ainsi que sur leur dosage, ce dernier faisant justement la différence entre l’effet « bénéfique » et les troubles dus à l’abus. Qui peut affirmer que le dopage est impossible en Formule 1, par exemple, là où tout se joue de plus en plus vite et où l’on murmure de façon insistante que certains euphorisants pourraient aider les pilotes à vaincre l’appréhension ? En rugby où l’équipe représente, selon Giroudoux, la somme des qualités humaines : puissance pour les avants, clairvoyance pour les demis, vélocité pour les lignes arrières et courage pour tous lorsqu’il s’agit de plonger sur un ballon brûlant ? Tout l’arsenal dopant peut être utilisé - des anabolisants aux euphorisants - en passant bien entendu par les amphétamines ! Si cela n’est pas généralisé, fassent au moins les dirigeants concernés que cela n’arrive pas.

Au début des années 1960, dans la revue Médecine, Education Physique et Sport, l’organe officiel de la médecine du sport, on pouvait trouver dès la deuxième page, une publicité qui incitait les médecins à prescrire à leurs patients sportifs du Durabolin® (nandrolone) - un stéroïde anabolisant.
De simples vitamines !
Depuis 35 ans, ce dérivé de l’hormone mâle est l’un des deux ou trois dopants les plus consommés par la gent athlétique. A cette époque, les experts de la chose médicale pensaient tout simplement que les hormones en général et les anabolisants en particulier, s’apparentaient à de simples vitamines.

Le sprinteur canadien Ben Johnson, en remportant avec facilité le 100 m des Jeux olympiques de Séoul en 1988, a démontré que les anabolisants n’étaient pas que de « simples vitamines » mais de très efficaces dopants de la performance. Après avoir purgé sa suspension de deux ans, lors de son retour sur les pistes en 1990, il était devenu un honnête sprinter, sans plus. En 1991, voulant retrouver son niveau antérieur, il replonge dans la pharmacie aux anabos, rejoint les meilleurs et se fait pincer à nouveau.

De même, pendant la grande période des amphétamines, de la fin de la 2e guerre mondiale et jusqu’au début des années 1970, les sportifs - notamment les cyclistes - en consommaient régulièrement et pourtant de nombreux scientifiques d’alors en niaient l’effet positif sur la performance. On a su plus tard, avec des travaux plus rigoureux, qu’elles étaient réellement des dopants et provoquaient des lésions cérébrales graves.
Le corps médical a plusieurs longueurs de retard
Les écrits de ce médecin spécialiste du dopage, le docteur Jean-Jacques S’Jongers, démontrent que le corps médical a souvent eu plusieurs longueurs de retard par rapport à la réalité des vestiaires et du terrain : « La prévention apparaît comme la seule voie possible de lutter contre le dopage : chacun doit savoir que les dopants actuels sont inefficaces et qu’ils présentent un danger majeur pour la santé de ceux qui les utilisent. »

En dehors des médecins et dans le but de défendre l’image de sport sain, non contaminé par la société ambiante, l’affirmation globale de l’inefficacité du dopage est souvent mise en avant par les dirigeants de la majorité des fédérations. Par exemple, le monde du football certifie sans sourcilier : « La multiplicité et la complexité des habiletés psychomotrices mises en jeu dans notre discipline sont incompatibles avec le dopage. »

Souvent, pour asseoir leur jugement péremptoire, ils mettent en avant certains travaux scientifiques qui nient la pertinence de telle ou telle substance dopante. Afin de permettre à chacun d’aiguiser sa réflexion sur la fiabilité des études scientifiques, nous leur soumettons les résultats d’un cas exemplaire : douze volontaires, conducteurs d’automobiles expérimentés, se sont prêtés à une intéressante expérience : ils ont reçu soit un placebo, soit un antihistaminique à des doses de 25, 50 et 100 mg. En fait, ils ont fait tout cela deux fois, soit dans des conditions de laboratoire et on les a soumis à divers tests de performance et de vigilance; soit dans des conditions normales et ils devaient alors conduire sur un circuit. Leurs performances ont été beaucoup plus altérées au laboratoire que dans les conditions réelles de conduite.
Des tests de laboratoire sans garantie
Cela signifie qu’en choisissant bien ses tests, plus ou moins sensibles, on peut prouver ce que l’on veut... méfiance donc, avant d’interpréter des résultats de laboratoire, positifs ou négatifs, concernant les effets d’une substance sur la performance sportive.
Cyclisme : l’illustration éculée du « cheval de bois »  insensible aux pilules d’énergie
Pendant des décennies, l’argument n°1 des sportifs, et notamment des cyclistes, était – afin de préserver l’image positive de leur performance – de nier l’efficacité des dopants en utilisant la métaphore du cheval de bois qui ne peut se transformer en pur-sang grâce à la magie d’un quelconque orviétan.

En effet, depuis 1965 et la loi antidopage française, le dopage s’apparente à une tricherie et, bien sûr, aucun sportif ne veut admettre que ses succès trouvent leurs sources dans la chimie. Selon certains ‘’pseudo-experts’’, le dopage ne changeait pas véritablement la hiérarchie. En contradiction avec l’avis pro domo des défenseurs de l’inefficacité des pilules d’énergie, deux personnages emblématiques – Jacques Anquetil, quintuple lauréat du Tour et Félix Lévitan, patron du Tour de 1962 à 1986 – vont s’inscrire en faux face à ce discours lénifiant. Le premier dans le Miroir des Sports du 14 août 1961 met les pieds dans le plat : « Le doping ? Il change un cheval de labour en pur-sang d’un jour ». Lévitan dans le même hebdo, quatre ans plus tard, le 20 avril 1965, reconnaît plus ou moins implicitement que le dopage est réellement efficace, mettant en garde le coureur ‘’sobre’’ : « Celui qui ne se dope pas est un pauvre type voué par avance à la défaite ».

Félix Lévitan
Depuis l’invasion de l’EPO, les cyclistes admettent enfin que le dopage booste la performance. Erwann Menthéour, aujourd’hui retraité du milieu cycliste, à l’inverse de ses glorieux aînés, pense que l’on peut faire gagner « un cheval de bois ».

Les citations des champions regroupées ci-dessous confortent l’idée que le dopage est sans effet sur la performance.
Louison Bobet (FRA), cycliste professionnel de 1947 à 1961 : « Un cheval de labour ne fera jamais un cheval de course, même si on lui administre tous les produits de laboratoire imaginables. » [in « Louison Bobet, le cycliste d’orgueil » de Robert Ichah. – Paris, éd. Pac, 1981. – 170 p (p 76)]


Georges Carpentier (FRA), boxeur professionnel champion du monde des poids mi-lourds en 1920 « Donnez des kilos de vitamines à un âne, vous n’en ferez jamais un vainqueur du Grand Prix. » [Lectures Pour Tous, 1966, n°155, novembre, pp 83-88]
Pino Cerami (BEL), cycliste professionnel de 1948 à 1963 : « On n’a jamais fait gagner le Grand Prix de l’Arc de triomphe à un baudet. »
Robert Chapatte (FRA), cycliste professionnel de 1944 à 1954 : « Aucun orviétan ne saurait faire d'un cheval de fiacre un vainqueur du derby d'Epsom. » [Le cyclisme, la télé et moi .- Paris, éd. Solar, 1966 .- 316 p (p 144)]
Albert De Kimpe (BEL), directeur sportif belge de 1943 à 1989 : « Vous pouvez donner quelque chose à un baudet, il ne gagnera jamais le Prix de l'Arc de Triomphe. »

Gilbert Duclos-Lassalle (FRA), cycliste professionnel depuis 1978 : « Il y a des produits, mais on peut les donner à un bourricot, jamais on n’en fera un cheval de course. » [L’Équipe, Magazine, 04.07.1992, p 44]

Dr Pierre Dumas (FRA), médecin chef du Tour de France de 1955 à 1967 : « Ils peuvent bien employer tous les dopings de la terre, on ne fait pas un champion d’une cloche. Le Tour, on doit être capable de le faire et aucun moyen ne le fera faire si on en est physiquement incapable. » [Miroir Sprint, 02.06.1958]

Dr Pierre Dumas

Médecin-chef du Tour de France

De 1955 à 1967 et du contrôle antidopage de 1968 à 1980
Raphaël Géminiani (FRA), cycliste professionnel de 1946 à 1960, 3e du Tour de France 1958 : « Un cheval de trait ne fera jamais un cheval de course même s'il est drogué à ras bord ! » [L’Équipe, 30.03.1960]


Raphaël Géminiani
Bernard Hinault (FRA), cycliste professionnel de 1974 à 1986, quintuple vainqueur du Tour de France : « On n'a jamais pu transformer un mulet en cheval de course. »


André Leducq (FRA), cycliste professionnel de 1926 à 1939 : « Les drogues n’ont jamais transformé un cheval de labour en pur-sang. » [But et Club, Le Miroir des Sports, 1957, n° 641, 17 juillet, p 17]
Marc Madiot (FRA), cycliste professionnel de 1980 à 1994 et directeur sportif de La Française des Jeux : « Ce n’est pas en donnant une potion magique à un cheval de bois qu’on obtient un cheval de course... Il faut arrêter de prêter au dopage des qualités qu’il n’a pas. On laisse croire que le dopage est une source de victoire. C’est faux. Un coureur ne réalise pas une grande carrière en se dopant. » [Le sport, 13.12.1996]
Antonin Magne (FRA), cycliste professionnel de 1926 à 1939, vainqueur des TDF 1931-1934 : « Aucune "dynamite" ne fera jamais gagner le grand prix à un percheron si les pur-sang ont pris le départ. » [Le Miroir des Sports, 26.04.1965, p 12]

Antonin Magne
Erwann Menthéour (FRA), cycliste professionnel de 1994 à 1997 : « Jusqu’en 1989, dopage ou pas, les meilleurs étaient devant. Maintenant, avec l’arrivée de l’homme « bionique », je pense que ce n’est plus vrai. Qu’on peut aussi faire gagner un cheval de bois. » [Paris Match, 11.02.1999]
Eddy Merckx (BEL), cycliste professionnel de 1965 à 1978 : « On n’a jamais fait d’un âne un cheval de course. » [Le Figaro, 29.01.1979]
Charles Pélissier (FRA), cycliste professionnel de 1919 à 1931 : « Vous pouvez faire ce que vous voulez avec le doping, vous ne ferez pas gagner le Grand Prix à un cheval de fiacre. » [Miroir du Cyclisme, 1965, n° 64, octobre, p 3]
Francis Pélissier (FRA), cycliste professionnel de 1913 à 1931 : « Tu peux toujours bourrer la gueule d'un percheron avec tout l'étalage d'un pharmacien, tu ne lui feras pas gagner le Grand Prix de l'Arc de Triomphe. » [cité par Abel Michéa L’Humanité, 20.11.1964]
Georges Wambst (FRA), cycliste professionnel de 1925 à 1940 : « Un bon soigneur ne fera jamais avancer un 'tréteau’'. » [Cité par Jean-Paul Sérini in « Le sport à nu » .- Paris, éd. Calmann-Lévy, 1975 .- 215 p (p 168)]
Le Dr Patrick Laure, chercheur au centre de sociopharmacologie de Saint-Max (54) a présenté le 25 janvier 1997 lors de la Journée Nationale d’Étude de la Fédération nationale des Offices Municipaux du sport à la Seyne-sur-Mer (83), une intéressante enquête sur « Les médecins sont-ils des facteurs favorisants du dopage sportif ? »
Des médecins face au dopage
Pour y répondre, il a étudié les connaissances et les attitudes des médecins face au dopage sportif grâce à une enquête téléphonique auprès d’un échantillon représentatif des généralistes français. Au terme de ce travail, Patrick Laure conclue : « On peut considérer que les médecins sont dans l’ensemble un facteur favorisant du dopage : pas volontairement mais parce qu’ils méconnaissent complètement le sujet et ils le disent eux-mêmes : ils ne sont pas préparés à cela, ils n’en savent rien, on ne leur a jamais expliqué, en réalité. » De notre côté, notre expérience du milieu médico-sportif étalée sur une trentaine d’années, nous permet de distinguer des comportements très typés au sein des médecins exerçant dans l’environnement immédiat des athlètes de compétition.

D’abord, il y a ceux qui se sont spécialisés dans la lutte antidopage. Afin de minimiser l’échec de leur action, ils se défendent en déclarant que telle ou telle substance réputée indécelable, est, au plan de la performance athlétique, totalement inefficace.

Cette ligne de conduite, très ancienne, perdure toujours.

Par exemple, l’hormone de croissance apparue au milieu des années 1980, fut considérée jusqu’en 1995 comme sans intérêt par les spécialistes de la Commission médicale du CIO. Curieusement, pour ces mêmes experts, aujourd’hui, elle est devenue subitement « l’une des plus grandes menaces pour le mouvement olympique. »
Des pilules incompatibles
Ensuite il y a ceux qui nient le dopage ou, en tout cas, son intérêt dans la spécialité sportive qu’ils encadrent. Les médecins d’équipe qui appartiennent à cette catégorie de praticiens affirment haut et fort qu’au « plan technique », les pilules de la performance sont difficiles à manier efficacement par rapport à la durée des compétitions, à la période de la saison et aux qualités sportives requises « incompatibles » avec les effets des dopants

Dans cette famille d’hommes en blanc, on trouve en bonne place le Dr Jean-Marcel Ferret, médecin de l’équipe de France de football et de l’Olympique Lyonnais, dont l’affirmation péremptoire parue dans France-Football du 06.02.1996, est un petit chef-d’œuvre pour faire avaler des couleuvres au sportif de base : « Quant aux anabolisants, ils doivent être utilisés plusieurs mois avant la compétition, souvent durant les préparations hivernales. Dans le football où on joue douze mois sur douze, ce n’est donc pas possible. »

Pourtant, la mise en évidence régulière de cas positifs aux anabolisants détectés ces derniers temps dans le football international, montre bien que les engrais musculaires peuvent être consommés à l’année, n’en déplaise au médecin de l’équipe de France.

De plus, pour ces disciples d’Hippocrate, les contrôles « tous négatifs » prouvent clairement l’inutilité du dopage et de son contrôle.
Très mal maîtrisé par les pouvoirs publics
Dans la troisième catégorie, milite une série de praticiens se déclarant favorables au dopage. Hypocritement soucieux de la santé des sportifs, ils prônent le rééquilibrage hormonal en mettant en avant l’aspect efficace et surtout inoffensif de cette pratique. Jusqu’au-boutistes, ils estiment que la lutte antidopage ayant montré son incapacité à marginaliser le fléau, il était préférable de le libéraliser sous contrôle médical.

En dernier lieu, il existe un petit peloton de médecins lucides admettant au grand jour que le dopage est performant, délétère aux plans physique et mental, endémique et très mal maîtrisé par les pouvoirs publics. Cette catégorie de praticiens était très faiblement représentée jusqu’au milieu des années 1990, date à partir de laquelle il est devenu de bon ton de vilipender dans les médias : les sportifs tricheurs, les pourvoyeurs de toute nature (soigneurs, médecins, gourous…) et, bien sûr, les responsables de la lutte antidopage.

Au total, suivant la catégorie à laquelle on appartient : médecins de la lutte antidopage, médecins d’équipe ou médecins prônant le rééquilibrage, le dopage s’avère soit inoffensif et efficace, soit dangereux et sans effets ou carrément inexistant. Le consensus n’est malheureusement pas pour demain alors qu’en réalité le dopage est efficace, dangereux et répandu !
Docteur Jean-Pierre de Mondenard



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