Littérature québécoise Volume 551 : version 0 Emparons-nous de l’industrie Édition de référence : L'imprimerie générale, 1901, Ottawa.








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titreLittérature québécoise Volume 551 : version 0 Emparons-nous de l’industrie Édition de référence : L'imprimerie générale, 1901, Ottawa.
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Un exemple

Comment on trouve la toison d’or dans nos forêts canadiennes.


Nous voulons dans ce court travail nous en tenir aux généralités, d’abord parce que nous souffrons du mal national, c’est-à-dire d’une ignorance déplorable en matière industrielle, ensuite parce que nous ne voulons pas abuser outre mesure de la patience du lecteur dans un travail qui peut paraître aride. Un exemple pourtant fera mieux comprendre notre pensée. Parmi les industries spéciales à ce pays, la première peut-être en importance, est celle de la pulpe. En voici l’origine telle que la donne M. George Johnson, dans son ouvrage « Pulpe de Bois » : –

« Grâce aux découvertes d’un savant travaillant tranquillement dans le silence d’un laboratoire « allemand », des millions, inconnus jusqu’alors, sont venus s’ajouter à la richesse du Canada. La cendrillon des arbres forestiers du Canada prend rang parmi les meilleures de ses sœurs et devient l’idole de la classe ouvrière, distribuant à pleines mains ses largesses parmi des milliers de travailleurs. » Voilà, n’est-il pas vrai, un exemple saisissant de ce que peut faire la science. Cet étranger qui, du fond de son laboratoire, nous indique des richesses bien autrement sérieuses que celles du Klondyke, ne nous fait-il pas honte, ne nous fait-il pas sentir toute notre infériorité ? Allons-nous persister dans un état aussi dégradant ? L’industrie de la pulpe est encore dans son enfance, on ne l’a encore étudiée qu’imparfaitement dans sa production et dans ses différentes applications. Avec notre système actuel, l’industrie de la pulpe restera ce qu’elle est jusqu’au jour où des étrangers, des Américains ou des Allemands probablement, qui, eux, auront la science et le capital, viendront s’en emparer. Alors, nos compatriotes deviendront, dans leur propre pays et par leur propre faute, des manœuvres ignorants et mal payés au service des étrangers. Si d’un autre côté, dans des laboratoires qui seraient établis par l’État, l’on étudiait scientifiquement cette industrie dans toutes ses applications possibles ; si le gouvernement offrait des encouragements suffisants à ceux qui voudraient entreprendre de suivre les indications de la science, soit dans la coupe, soit dans la fabrication, en y ajoutant la condition d’établir dans chaque localité où se fabrique la pulpe des écoles spéciales où les ouvriers et leurs enfants apprendraient les connaissances touchant à cette industrie ; si l’on y intéressait directement l’ouvrier au moyen d’un système de partage dans les profits, comme cela se pratique sur une grande échelle en Belgique, en France, en Allemagne et en Suisse ; non seulement nous conserverions le contrôle de cette industrie nationale, mais nous économiserions la matière première qui l’alimente ; nous aurions une population ouvrière spécialement instruite, une population ouvrière propriétaire, car nous possédons la terre canadienne qui produit la pulpe, et beaucoup d’individus, voués dans d’autres conditions à l’obscurité, seraient bientôt en état de conduire eux-mêmes des fabriques dont ils seraient les gérants et les propriétaires.

C’est là un exemple entre plusieurs, que nous citons pour expliquer notre pensée. Nous pourrions en citer bien d’autres. L’une de nos industries les plus importantes sans aucun doute est l’industrie érablière qui n’a guère fait de progrès depuis deux cents ans. De ce chef seul que de richesses perdues ! Pourtant, là aussi nous possédons un véritable monopole et des ressources incalculables qui restent inexploitées pour la seule et unique raison que nous ne savons pas les faire valoir.

Pour peu qu’on réfléchisse à ces questions, l’on reste vraiment ébloui par les horizons qui s’ouvrent au regard. L’on reste confondu aussi devant l’apathie du public en face de pareilles vérités. Le docteur Grant, principal de l’université de Kingston, un savant distingué, ayant à faire un travail sur les ressources naturelles du Canada et sur le succès d’un homme qui les avait quelque peu exploitées dans la région du Sault-Sainte-Marie, a dû sortir du réel et chercher une comparaison dans la mythologie. Il intitule son étude « Le Jason de l’Algoma ». Mais la toison d’or n’est rien près des richesses de cette contrée exploitée par M. F. H. Clergue, le Jason moderne. Celui-ci ayant établi une pulperie au Sault-Sainte-Marie, cherchait du soufre pour traiter la pulpe. Il se garde bien d’en importer de Sicile, il en cherche sur les lieux mêmes, et il trouve assez de nickel pour approvisionner le monde pendant 100 000 ans et du cuivre en quantité inépuisable ! Mais il ne cherche que du soufre et il sait que d’après les méthodes connues il est impossible de l’extraire du minerai de nickel. Cela ne l’inquiète pas. « Il réunit une centaine d’hommes scientifiques et pratiques de toutes les parties du monde et il résout avec succès le problème de l’extraction de l’acide sulfureux du minerai pyrrhotite. » Cela paie-t-il de s’occuper des produits secondaires. Il semble presque comique de le dire, mais le produit secondaire du soufre en ce cas se trouva être un alliage de nickel et d’acier tellement supérieur à tout ce qui était jusqu’alors connu que les Essen et les Krupp d’Allemagne lui achetèrent d’avance tout ce qu’il pourrait produire pendant cinq ans. Cela donna lieu à l’érection d’une autre immense usine. Bien plus, son minerai étant trop riche en nickel, il lui fallut trouver du fer pour y mêler. Il le trouva bientôt. Il en consomme actuellement 500 tonnes par jour dans son usine, sans compter ce qu’il exporte. Comment expliquer ce succès extraordinaire qui découvre dans un désert et presque instantanément tout ce qui est nécessaire à plusieurs grandes industries. « Entrez, dit M. Grant, dans le laboratoire bien aménagé du Sault-Sainte-Marie, et vous aurez l’explication immédiatement. Un grand nombre de jeunes savants sont là occupés à examiner, classifier et étiqueter chaque parcelle de minerai qu’on leur apporte du dehors. Chaque habitant de la contrée sait que son minerai sera examiné gratuitement, et tant d’échantillons arrivent que six chimistes y sont constamment occupés. L’on ne laisse rien au hasard. On applique tout simplement le sens commun aux recherches scientifiques. Voilà une leçon que nous aurions dû apprendre il y a longtemps ! »

Quelle leçon, en effet ! C’est le miracle de la multiplication des pains. Si un simple particulier a pu faire tout cela, quel serait le résultat si le même système était appliqué par un gouvernement à toutes les possibilités industrielles de la province de Québec. Dans un cas il ne n’agit que d’un capitaliste, qui cherche à augmenter ses capitaux ; dans l’autre, du bonheur et de l’avenir de tout un peuple. Il s’agit de s’emparer de l’industrie sans qu’elle nous asservisse, de s’en emparer pour nous et pour nos enfants.

VIII



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