Littérature québécoise Volume 551 : version 0 Emparons-nous de l’industrie Édition de référence : L'imprimerie générale, 1901, Ottawa.








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titreLittérature québécoise Volume 551 : version 0 Emparons-nous de l’industrie Édition de référence : L'imprimerie générale, 1901, Ottawa.
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Le rôle de l’État

On le comprend en Hongrie comme nous voudrions qu’il fut compris dans la province de Québec.


Pour que le courant industriel d’un pays soit vraiment permanent dans ses effets, il ne faut pas qu’il soit spasmodique et irrégulier. Le torrent des montagnes dans son cours déréglé, dévaste souvent plus qu’il ne fertilise. La science industrielle, pour être efficace, doit être un fleuve au cours puissant mais tranquille et sans cesse grandissant, nourri de tributaires innombrables, mais prenant sa source au cœur même de la nation, c’est-à-dire, dans le gouvernement. Que le défricheur et le colon continuent de s’avancer plus avant dans la forêt, mais que ceux qui les suivent trouvent un pays préparé par la science industrielle. L’État seul est assez puissant pour produire les grands résultats de l’industrie organisée, témoin l’industrie laitière organisée et protégée par le gouvernement de Québec. Partout d’ailleurs de nos jours l’État est instamment sollicité d’accorder aide et protection aux industries indigènes, dit le « Moniteur des intérêts matériels » de Bruxelles, l’une des plus grandes publications financières du monde. Cette revue cite l’exemple de la Hongrie, dont la situation offre beaucoup d’analogie avec celle de la province de Québec. La Hongrie, en effet, est un pays presque exclusivement agricole. Au dernier recensement, 76.83 p.c., de sa population vivaient d’agriculture, tandis que la classe industrielle proprement dite, ne comprenait que 5.26 p.c. Mais voici que les Hongrois s’éveillent. Ils comprennent la nécessité d’implanter l’industrie dans leur pays. Nous allons voir qu’ils adoptent précisément le système que nous croyons applicable à la province de Québec.

« Depuis longtemps, dit le « Moniteur », les gouvernements hongrois se sont occupés du peu d’expansion de la production nationale, qui dépendait presque exclusivement de l’agriculture. Ils ont inscrit dans leur programme l’engagement d’encourager les industries du pays, d’en provoquer la multiplication et le développement. Ils ont tenu parole. Mais soit qu’ils fussent liés par la convention douanière conclue avec l’Autriche, soit qu’ils eussent la saine conception des principes économiques, ils n’ont pas eu recours aux tarifs protecteurs qui écartent la concurrence et dispensent les industries existantes de tout effort pour la recherche du progrès. Ils ont adopté le système d’aide temporaire sous forme de subside, d’enseignement et d’exemption d’impôt. Ils se contentent de donner l’impulsion aux initiatives, sans les couvrir d’une protection qui serait de nature à leur enlever toute énergie et à les endormir dans une quiétude dangereuse. »

On le voit, c’est précisément le système que nous recommandons pour la province de Québec. Nous sommes heureux aussi de constater que dans l’opinion d’une publication financière qui fait autorité, ce système est exempt des erreurs économiques que l’on rencontre dans le système allemand.

Parmi les Canadiens-français, la richesse publique est encore assez également distribuée. Les grandes fortunes sont rares, mais la grande pauvreté est rare aussi. C’est le contraire dans les pays où l’industrie a été développée d’après un faux système économique.

D’après les calculs de statisticiens que nous avons sous les yeux, la dixième partie de la population des États-Unis possède quatre-vingt-deux pour cent de la richesse publique ; dans l’État de New-York, le plus riche de l’union, cinquante pour cent de la population n’a d’autres moyens d’existence que son travail journalier. Sans vouloir attacher une importance trop grande à ces estimations, l’on conviendra qu’il y a là un danger à éviter, et que nous ne devons pas ignorer ce qui se passe à l’étranger.

La population de la province n’est pas encore vraiment appauvrie. La richesse publique est encore assez équitablement distribuée. Conserver et rendre encore plus équitable la distribution de la richesse publique qui est le capital national, tout en l’augmentant, voilà le but. Les hommes qui nous gouvernent, nos mandataires, sont les trésoriers, les fidéi-commissaires de cette richesse. Nous avons le droit d’exiger qu’ils en fassent le meilleur usage possible. Nous les avons approuvés lorsqu’ils ont employé une portion notable de ce capital pour construire les voies ferrées qui sont les artères du commerce. Nous n’en sommes certes pas plus pauvres. Cependant, nous n’avons pas encore recueilli tous les fruits de nos sacrifices. Ce qui coule dans ces artères, c’est une richesse qui nous est en partie dérobée, nous n’en possédons que des parcelles. Pour la rendre entièrement nôtre, il faut mettre le peuple en état de participer dans les profits de l’industrie par la généralisation de l’instruction industrielle et l’encouragement et la surveillance de l’État, de telle manière que toutes les ressources du pays concourent au même but. Avec un pareil système et situés comme nous le sommes, les résultats, nous le croyons fermement, seraient bien plus grands et plus rapides qu’ils le furent jamais dans aucun autre pays du monde.

IX



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