Liste des sigles et des abréviations








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CONCLUSION


Mai 1968 est une sorte de congrès « rampant » au cours duquel, derrière le même sigle et les mêmes dirigeants, la ligne politique et la base militante du PSU sont considérablement bouleversées. La rapide politisation et surtout la généralisation du conflit ont justifié la raison sociale d’un parti d’échelle nationale. Le Parti socialiste unifié a su être à la fois un producteur d’idées et de mots d’ordre novateurs tout en disposant d’individualités et d’instances centrales rôdées et reconnues. En même temps, il a été un parti de militants actifs par opposition aux partis gestionnaires, partis d’élus et d’appareils territoriaux professionnalisés. Certes, la majorité des Français rejette dès la fin du mois de mai la voie de l’expression politique protestataire qui s’exprime par la rue, par la grève générale voire même par la violence révolutionnaire. Elle ne l’a tolérée que par solidarité contre la police affirmant en même temps sa lassitude face à toutes les autorités traditionnelles qui musèlent ses espoirs de plus grande liberté.

Le PSU a exprimé plus que suscité l’état d’esprit de Mai 68 renouant avec la tradition révolutionnaire en tant que rupture idéologique et politique. Sa volonté d’action et un certain esprit de sacrifice s’allient à l’irréalisme tactique et à la répugnance à choisir le moindre mal et à attendre son heure. S’il ne partage pas avec la nouvelle extrême gauche, désormais structurée nationalement407, ni le monolithisme interne et le sectarisme externe408 ni « l’individualisme subversif »409 de son aile néo-libertaire, il en possède certains traits comme le soulignent Vladimir Fišera et Peter Jenkins. Le PSU attend en effet un prochain Mai 68 ou espère l’imminent débordement d’une victoire réformiste aux élections.

Cet intermède gauchiste isole le PSU de la gauche institutionnelle et le discrédite auprès d’une partie de son électorat potentiel. En réalité, ses positions ne lui permettent plus de toucher un électorat conséquent. Le PSU n’est plus en mesure de présenter « à toute une mouvance politico-syndicale d’inspiration chrétienne et soixante-huitarde une alternative politique crédible susceptible d’offrir à ses aspirations sociales, culturelles et sociétales, une traduction politique autonome sur le plan électoral »410. Il subit par conséquent une baisse de ses effectifs et de son électorat.

La lutte devient donc inévitable entre les gauchistes et les socialistes unifiés qui souhaitent un retour à une identité politique et idéologique beaucoup moins radicale. Le Congrès de Lille de juin 1971 amorce le déclin des gauchistes à la direction du parti. Ces derniers sont définitivement mis en minorité au cours du printemps 1972. C’est le printemps de la clarification identitaire du PSU.
Durant toute cette période, bien que radicalisé, le PSU reste ouvert aux différentes évolutions de la gauche parlementaire. Il n’est pas dupe du fait que la gauche institutionnelle multiplie les succès tandis qu’il se marginalise.

À côté de la « Tour de Babel turbulente de tous les gauchismes »411, la gauche non communiste se reconstruit. Le 13 juillet 1969, au Congrès d’Issy-les-Moulineaux, la SFIO devient le Nouveau parti socialiste. L’ère mollétiste est close412. Le Parti socialiste réussit à rassembler une majorité des socialistes divisés jusqu’en 1969 en de nombreux clubs. En juin 1971, à Épinay, la Convention des institutions républicaines s’unit avec le PS. En rassemblant l’aile gauche du parti, le CERES et les héritiers de la SFIO, François Mitterrand conquiert le Parti socialiste. Le parti connaît alors un réel essor aux élections municipales de 1971413. Il bénéficie du retour à gauche d’une partie de l’électorat qui avait basculé dans le camp gaulliste.Michel Winock souligne également l’usure des équipes gouvernementales face auxquelles le parti socialiste semble plus attrayant. Le PS a réussi sa mue ou du moins il parvient à en donner l’impression. En mars 1972, le PS se dote d’un programme Changer la vie. Avec une grande partie des cadres du premier PSU, Jean Poperen, Pierre Bérégovoy et Gilles Martinet, il affiche à partir de 1972 la volonté de rassembler la gauche non communiste. Il multiplie également les contacts avec le PCF et signe avec ce dernier le 26 juin 1972 un accord de programme commun. Les deux partis proposent ainsi une alternative de gouvernement réunifiant une grande partie de la gauche française.

Le PS crée une importante dynamique et apparaît aux yeux de la plupart des militants de gauche comme une structure plus fédératrice et plus forte pour accéder au pouvoir et mettre à mal le système capitaliste. De son côté, grâce au rôle joué pendant Mai 68 et le succès d’estime de Michel Rocard aux élections de 1969414, le PSU entend bien détenir une place importante dans la reconstruction de la gauche. Mais l’héritage du mouvement de Mai est finalement un obstacle plus qu’une chance. Enfermé dans les querelles théoriques, le PSU perd une partie de ses militants et n’acquiert pas l’aura espérée. Surtout, il reste indifférent à la reconstruction engagée de la gauche traditionnelle.
Lors de son Congrès de Toulouse les 9, 10 et 11 décembre 1972, le PSU se dote d’un programme qui est une sorte de réponse au Programme commun que viennent de signer le PS et le PCF415. La rédaction de ce programme est animée par une volonté de réaction et de différenciation par rapport au texte des deux partis de gauche416.

La situation s’aggrave avec les élections législatives de 1973. Le résultat de cette consultation est le signe probant du désaveu complet de la stratégie de Michel Rocard par l’électorat du PSU. Le parti obtient 1,98 %417 des suffrages exprimés alors que le Parti socialiste de François Mitterrand réalise 19,1 % des voix. La stratégie rocardienne de rénovation du socialisme en dehors de la gauche traditionnelle est mise en échec tandis que la stratégie mitterrandienne, qui milite pour l’union de la gauche, fait florès. De même, les groupes autogestionnaires proches du PSU connaissent un véritable déclin418. En outre, les cédétistes, traditionnellement attachés au PSU, le désertent à la faveur du Parti socialiste. En effet, en 1968, environ quatre mille militants cédétistes appartiennent au PSU contre à peine mille à la SFIO, alors qu’en 1974, ils sont entre trois et quatre mille au PSU et aux alentours de neuf mille au PS419. Ainsi, l’idée de création d’un pôle autonome, socialiste et autogestionnaire autour du PSU n’est plus crédible.

L’échec électoral de 1973 et la prise de conscience de la perte de ses soutiens traditionnels poussent le courant rocardien à effectuer un rapprochement en direction du Parti socialiste. Ces tractations débouchent à son adhésion au PS au cours des Assises du socialisme les 12 et 13 octobre 1974.

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