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Chapitre VII : La crise identitaire du Parti socialiste unifié, l’intermède gauchiste



  1. Réflexions et spéculations sur le parti révolutionnaire




La véritable radicalisation intervient au lendemain du Congrès de Dijon en 1969. Le PSU semble convaincu que l’échec de 1968 est dû à l’incapacité du mouvement des masses à infléchir le PCF et la CGT354. Même si le parti affiche toujours une certaine foi dans un changement graduel de la société355, il affirme sa volonté de rechercher l’alliance de tous les groupements qui placent l’action révolutionnaire au-dessus de l’action parlementaire. Il souhaite une « utilisation maximale des moyens légaux existants »356. Dans le même temps, il souligne la faible valeur des luttes électorales qui doivent être menées en fonction de l’idée que la maîtrise légale de l’appareil gouvernemental ne peut-être qu’un appoint. Aux yeux du PSU, « seule la mobilisation des masses populaires [est capable] de renverser définitivement le rapport de forces »357. L’action de masse devient un terrain privilégié du combat socialiste »358. Incontestablement, le parti rejette partiellement les préoccupations parlementaires. Il resserre ses liens avec les organisations culturelles et syndicales dites révolutionnaires359, convaincu que participer à l’union de la gauche assurerait la prépondérance du PCF. Au lendemain du Congrès de Dijon, Le Monde titre « Le courant révolutionnaire et gauchiste a plus de faveur que la thèse de l’union de la gauche traditionnelle »360. Derrière Pierre Mendès France, une partie modérée et attachée à la voie parlementaire quitte le PSU.
La radicalisation du PSU s’exprime par l’adoption du mot d’ordre de construction du parti révolutionnaire. Pour le PSU, dans un pays capitaliste avancé et de tradition démocratique, le passage au socialisme ne peut pas résulter d’une victoire électorale ou d’un affrontement armé entre la classe ouvrière et les forces capitalistes, il ne peut venir que d’une crise économique généralisée au cours de laquelle les travailleurs mettront eux-mêmes sur pied des contre-pouvoirs amenant le renversement du pouvoir économique et politique de la bourgeoisie. Un parti révolutionnaire doit donc animer les luttes anticapitalistes qui sont les signes avant-coureurs de cette crise sur les lieux de travail et de vie. Par le contrôle ouvrier notamment, le parti cherche à développer une prise de conscience des « classes anticapitalistes » et à constituer leur « intellectuel collectif »361. Le nouveau mot d’ordre de construction de parti révolutionnaire est voté au conseil national des 31, 1er et 2 novembre 1969.

Michel Rocard assure que cette nouvelle orientation ne constitue pas une radicalisation mais une réaffirmation de l’identité révolutionnaire du parti que « la pratique quotidienne (…) avait plutôt négligée »362. Le secrétaire national du PSU proclame l’urgence de cette construction face à la crise économique et sociale mais aussi face à la crise « des formes d’organisation du monde ouvrier [qui] nulle part ne répondent correctement et efficacement aux exigences nouvelles mises en avant par les travailleurs en lutte »363. Le Parti socialiste unifié n’a pas l’intention d’accomplir seul cette tâche et moins encore d’être l’unique composante du mouvement révolutionnaire364 : les groupes révolutionnaires, les travailleurs et les paysans inorganisés sont proteurs d’une formidable aspiration révolutionnaire. Le parti de Michel Rocard souhaite toutefois être le fédérateur de ces « éléments disparates », de « l’ensemble de ce courant socialiste aux contours flous »365. Dans une résolution de la direction politique nationale de février 1970, le parti « propose à tous les groupes de poursuivre une réflexion de fond sur la nécessité de regroupement, la nature du parti révolutionnaire, ses orientations, son programme et son organisation »366.

À la lecture des fondements théoriques et stratégiques, il est peu aisé de soutenir avec Michel Rocard l’idée de continuité idéologique du PSU. Le parti, animé en 1967 par un fort courant unitaire souhaitant rejoindre les rangs de la FGDS, mène désormais des actions avec les groupes d’extrême gauche. Dans sa résolution de février 1970, la DPN présente des actions communes avec les groupes trotskistes, Lutte ouvrière et la Ligue communiste367 et des groupes maoïstes. Le discours du parti développe une identité proche de l’extrême gauche en réaffirmant à plusieurs reprises son caractère révolutionnaire. Tribune socialiste titre, au lendemain du conseil national de novembre 1969, « La révolution, une idée neuve » illustré par une effigie de Marx. Six mois plus tard, l’hebdomadaire a fait sa une avec « Lénine et l’avenir » en arborant en couverture une photo du leader de la révolution russe de 1917. Le parti semble développer tout un apparat révolutionnaire pour effacer les doutes sur son identité. Le décor même de la tribune du conseil national de Rouen en juin 1970 est révélateur de la mutation des références idéologiques et historiques du parti : sous une grande banderole « Vers la révolution socialiste » est dressé un grand portrait de Lénine368. Dans la résolution générale, le parti appelle à une discussion avec tous les groupes révolutionnaires portant entre autres sur « l’application de l’héritage d’octobre »369. Le PSU a certes toujours eu des référends révolutionnaires mais cette revendication d’une identité léniniste reste surprenante quand on connaît l’anti-communisme de certains militants du parti et leur grande réticence à la dictature du prolétariat.

Le PSU cherche sans doute à convaincre l’extrême gauche qui le taxe encore souvent de réformiste. Cette quête identitaire repose principalement sur une certaine inflation du discours révolutionnaire. Les éditoriaux de Michel Rocard parus dans Tribune socialiste figurent à eux seuls cette nouvelle orientation. De novembre 1969 à mars 1970, le secrétaire national n’en signe que trois. Ils ont pour titre « Un parti révolutionnaire »370, « Pour le parti révolutionnaire »371 et « Le projet révolutionnaire »372. Cette ligne éditoriale répond peut-être à une répartition spécifique des tâches : les éditoriaux expliquant les choix politiques réservés au secrétaire national et ceux traitant de l’actualité répartis entre les autres membres de la rédaction. Michel Rocard souhaite sans doute légitimer son poste de chef du parti et sa « foi authentique » dans le modèle révolutionnaire afin de masquer ses réticences et ses prises de positions contradictoires373. Cependant, si les doutes au sujet des intentions et la sincérité du secrétaire national persistent, la logorrhée révolutionnaire du parti est bien réelle.
Le nouveau discours du parti s’accompagne pour les observateurs de certaines « dérives gauchistes »374. Le conseil national de juin 1970 se fixe pour objectif de répondre aux problèmes théoriques et stratégiques posés par le contrôle ouvrier375 mais il se consacre principalement à l’orientation et à l’identité révoltionnaires du parti. Une brève étude des thèmes évoqués dans les tribunes libres publiées dans Tribune socialiste montre l’omniprésence des débats engagés sur ces problèmes. Sur dix-sept contributions comptabilisées, seules deux n’évoquent pas en priorité la construction du parti révolutionnaire. Un tiers de ces contributions reprend le terme « révolutionnaire » dans leur intitulé. La majeure partie du débat repose sur la stratégie du parti par rapport au PCF et sur les structures organisationnelles à mettre en place avec les autres mouvements dits révolutionnaires. La simple lecture des textes montre la sur-représentation des opinions les plus radicales dans les contributions publiées376. Celles-ci abondent pour soutenir la thèse de l’opportunité des contacts avec les courants d’extrême gauche377 alors que seul Gilles Martinet affirme l’impossibilité de l’unité du mouvement révolutionnaire et des mouvements se réclamant de Mai 68378.

Une nuance à cette radicalisation doit être faite. Il semble qu’une certaine continuité culturelle perdure au sein du PSU. Le parti, qui se targue d’avoir abandonné les débats stratégiques depuis 1967, reproduit le schéma du premier PSU préoccupé par des débats similaires sur la reconstruction de l’unité de la gauche. Au conseil national de juin 1970 à Rouen, la division des courants repose sur des problèmes stratégiques plus qu’idéologiques. Ainsi, s’affrontent les partisans du dialogue avec les trotskistes et de la création d’un front ouvrier unique derrière Jacques Kergoat et ceux qui prônent un rapprochement avec les maoïstes, c’est-à-dire le courant gauchiste dit œcuméniste. La résolution majoritaire présentée par Jean-Marie Vincent, Serge Mallet et Robert Dubreuil confirme l’orientation de la construction du parti révolutionnaire sans pour autant renier le principe d’autonomie. Aucune organisation de gauche n’est privilégiée et une politique de « front unique » avec le PCF est mise en place pour des actions « déterminées ». La domination du débat par les problèmes stratégiques est incontestablement un frein à la réflexion idéologique du PSU. La résolution sur le contrôle ouvrier du conseil national de Rouen est votée à l’unanimité. Cet épisode témoigne du consensus sur la question mais aussi de la faible importance accordées à ces débats.
Le grand acquis théorique de ces discussions est l’attachement à l’action des masses dèjà mise en lumière dans la thèse n° 12 du Congrès de Dijon379. Le Parti socialiste unifié n’accepte de perdre son autonomie dans un quelconque parti révolutionnaire que si celui-ci « marque un pas en avant dans l’action révolutionnaire des masses »380. La récurrence du terme « masse » figure bien le rôle fondamental que le PSU leur donne dans la transformation de la société. L’idée de rendre le pouvoir et l’expression aux « masses » est ancrée dans l’idéologie du parti depuis le Congrès de 1969.

I.La crise de Lille




Le Congrès de Lille des 26, 27 et 28 juin 1971 est le symbole de l’apogée de la crise interne du PSU. Le parti est marqué par de vives oppositions entre les courants et une certaine démobilisation des militants. Jean-François Kesler pense que la direction parvient à endiguer la vague gauchiste au cours du conseil national des 23 et 24 janvier 1971381. Or, des débats sur les voies et les moyens de la révolution ont lieu lors du Congrès. Les antagonismes reflètent la division des groupes révolutionnaires qui s’accentue dans une conjoncture politique moins favorable à leur mouvement. Le gauchisme intellectuel, notamment le maoïsme, connaît une certaine activité avec la création en février 1971 d’un groupe d’information sur les prisons et d’une revue, J’accuse, mais il se radicalise et perd une partie de sa crédibilité aux yeux de l’opinion.

Trois voies sont proposées au cours du Congrès de Lille382 : la construction d’un parti d’avant-garde pratiquant l’entrisme dans les syndicats de masse ; une orientation plus populiste faisant du parti l’expression politique des « couches les plus défavorisées du prolétariat » et la politisation des luttes sociales. Les tendances les plus radicales sont les trotskistes réunis derrière le texte Simon383 et les maoïstes groupés essentiellement au sein de la Gauche révolutionnaire384. Après moultes tractations385, Michel Rocard réussit à conserver la majorité. Le PSU adopte la motion « Pour une orientation révolutionnaire ».

Le texte final met l’accent sur le « mouvement politique de masse » et théorise l’importance de la politisation des luttes. Le parti entend faire de cette tâche un objectif prioritaire. Afin de le concrétiser, le PSU entend dépasser la parcellisation des mouvements revendicatifs et les divisions internes de la classe ouvrière et étendre les luttes hors de l’entreprise. Plus que jamais il s’engage dans des luttes censées créer « l’intellectuel collectif » et préfigurer les formes de la future société socialiste386. Le texte est assez pauvre en ce qui concerne le projet de société du parti socialiste unifié. Il traite successivement du mouvement politique de masse, des rapports syndicats-partis, de la prise du pouvoir, du Parti communiste, des structures du parti et enfin de l’élaboration d’un programme révolutionnaire.

Ce texte revendique clairement un « changement total des rapports sociaux non seulement dans la production mais aussi en dehors »387. À la dictature du prolétariat pervertie par le stalinisme, le PSU oppose « l’exercice effectif du pouvoir par les travailleurs par l’établissement d’une démocratie réelle dont l’exercice s’impose à tous »388. Le parti propose une planification qui implique « à la fois de nouveaux types de pouvoirs plus proches des travailleurs sur le plan local ou régional ou dans leurs domaines d’activités et le maintien d’une structure d’ensemble fondée sur le suffrage universel »389. Le Congrès de Lille reporte l’élaboration d’un projet de société au VIIIème Congrès.

Ce congrès amorce surtout la fin de l’intermède gauchiste du PSU. Dès le mois de février 1971, Pierre Ringuet dénonce des « déformations ou simplifications abusives » du texte voté au Congrès de Dijon et « la composition sociologique de plus en plus représentative des minorités qui favorisent tous les extrémismes »390. Il remet en cause les choix et les analyses du parti. Lors du Congrès de Lille, il s’en prend aux détracteurs de « l’héritage social-démocrate de gauche de la première période du PSU »391 en disant « qu’il est trop facile, pour expliquer les difficultés du présent, de rendre responsable les insuffisances certaines du passé lointain, en évitant de critiquer le passé immédiat »392. Il condamne « l’ouvriérisme » et le « populisme » vers lesquels s’est tourné le PSU. Cette opposition prouve la prise d’une nouvelle mutation idéologique du parti. Malgré son caractère marginal, elle participe à l’amorce d’une réorientation du Parti socialiste unifié.
L’intermède révolutionnaire prend indiscutablement fin en 1972 après le Congrès de Lille. Cet arrêt est facilité par une tendance générale à la décrue du gauchisme radical. En effet, en mars 1972, une partie des maoïstes de la Gauche prolétarienne se discrédite totalement en enlevant un cadre de Renault après l’assassinat de Pierre Overney393. Le PSU et le reste de l’extrême gauche condamnent cet acte qu’ils jugent irresponsable. Cet incident offre la possibilité au PSU de donner un coup d’arrêt à ce que Michel Rocard considère comme des « dérives gauchistes »394.

Le conseil national extraordinaire de Juvisy tenu à la fin du mois de juin 1972 est incontestablement une étape fondamentale dans l’histoire idéologique du PSU. Les tendances antagonistes, modérés, maoïstes et trotskistes ont quitté le parti395. Les détracteurs des gauchistes pensent percevoir la fin de la « crise d’adolescence »396 du Parti socialiste unifié, alors que les gauchistes dénoncent la voie de la « social-démocratie397. Lors de ce conseil national, le PSU opère à nouveau une rupture : désormais, il cherche à constituer une véritable unité des travailleurs plus qu’un parti révolutionnaire. S’il revendique toujours sa place au sein du mouvement révolutionnaire, il désire participer plus au jeu des forces politiques classiques en appelant par exemple au désistement des candidats du PSU au second des élections législatives.


J.Un décalage entre les débats théoriques et les pratiques militantes




La crise identitaire gauchiste du PSU est en partie le fruit d’un décalage entre les opinions des militants et les constructions théoriques des différentes tendances radicales qui s’expriment au sein de la direction du parti. La vague des départs observée par les instances dirigeantes398 résulte sans doute de la déception des militants. Les courants d’extrême gauche, qui influencent fortement la direction durant l’après Mai 68, ne représentent qu’une faible minorité. Au conseil national de juin 1970, les trotskistes ne recueillent que 4,2 % des voix des délégués des fédérations ; quant aux maoïste d’Emmanuel Terray, ils obtiennent 16,7%399. La Gauche ouvrière et paysanne, qui au Congrès de Toulouse de décembre 1972 rassemble tous les gauchistes restés au parti, ne recueille pas 20 % des suffrages400. Il semble que la majorité des militants ne suit pas le parti dans ses débats idéologiques acérés. L’image, que transmet la presse du PSU, paraît déformée pour plusieurs raisons.

Les courants dits gauchistes sont, tout d’abord, sur-représentés à Paris. La fédération est aux mains de Jacques Kergoat puis de Marc Heurgon, tous deux principaux acteurs de la radicalisation du PSU. Au printemps 1972, cette fédération tenue par la GOP est dissoute par le bureau national. La deuxième explication est fournie par l’activité importante des militants les plus radicaux. Charles Stewart Hauss démontre le lien entre la formation politique et l’orientation idéologique. Les militants les plus informés et les plus enclins au débat théorique sont aussi les plus radicaux. Inversement, les militants ouvriers et les militants de statut social peu élevé n’ont pas en général été attirés par les tendances les plus radicales. Le chercheur ajoute que les étudiants, les jeunes et les enseignants sont de loin les plus radicaux401. Il est donc aisé de comprendre que les interventions de ces derniers sont plus nombreuses et que les représentants des tendances gauchistes, grâce à leur formation, occupent le plus souvent des postes importants. Somme toute, les militants les moins satisfaits de la tactique comme de l’idéologie sont les plus actifs. Après le Congrès de Toulouse, la GOP détient deux fois plus de leaders locaux que la majorité402. Les membres de la tendance majoritaire sont quatre fois plus absents dans la vie organisationnelle du parti. Les tendances les plus radicales cherchent à infléchir la politique du parti par l’obtention de postes à responsabilité. Enfin, la nature de la presse du PSU participe à cette image déformée. L’équipe de rédaction étant très proche de l’équipe de direction, Tribune socialiste relate assez peu la vie des fédérations. L’hebdomadaire semble très parisianiste. Quant à Critique socialiste dirigé par Jean-Marie Vincent et Manuel Bridier, c’est une revue très intellectuelle. La presse comme les débats offrent donc une image politique du PSU qui ne correspond pas forcément avec celle de sa base. L’importance du tournant du printemps 1972 est donc à nuancer.
Le faible ancrage du gauchisme chez les militants de base semble donc avéré. Seuls 15% des adhérents interrogés par Charles Stewart Hauss partagent l’idée léniniste qu’une avant-garde hautement entraînée puisse prendre le pouvoir au nom de la classe ouvrière. Les militants craignent qu’une telle révolution concuise à un régime voisin de celui qui sévit en Union soviétique. Ils sont sensiblement plus convaincus du renforcement de la mobilisation de masse dans une révolution pacifique pour conduire à l’autogestion. Seule la moitié des adhérents veulent que l’extrême gauche prenne le contrôle soit à la suite d’une mobilisation de masse forçant le gouvernement réformiste à se radicaliser soit par le résultat d’une crise comme celle de 1968. Seuls 20 % des militants déplorent après le Congrès de Toulouse que le parti ne soit plus révolutionnaire car il consacre plus d’énergie à la propagande en faveur de l’autogestion qu’à l’action directe. Enfin, les militants opposés à la participation aux campagnes électorales ne représentent que 7 % des effectifs. Il semble difficile à la lecture de ces chiffres de qualifier le PSU de parti révolutionnaire. Les partisans d’un rapprochement avec la lutte traditionnelle sont plus nombreux que les plus radicaux403.

Charles S. Hauss conclut sur un parti de « nouvelle gauche ». Il se fonde sur les positions prises par les militants sur neuf questions politiques. Selon lui les militants valorisent celles qui sont associées à la nouvelle gauche plutôt qu’à l’ancienne : la qualité de vie dans les villes, les travailleurs immigrés, l’avortement ou la répression à l’égard des étudiants. S’ils discutent aussi des thèmes que l’auteur considère comme propres à la vieille gauche – opposition à l’intégration européenne, augmentation du SMIC –, ils adoptent en général des positions ayant un parfum de nouvelle gauche. L’opposition à l’intégration européenne résulte de la crainte d’un développement forcené des multinationales. À l’augmentation du salaire minimum, les militants préfèrent la dénonciation de l’écart des revenus entre les pauvres et les riches en France. Le PSU rassemble enfin, au-delà des enquêtes d’opinion, des militants très engagés dans les luttes. Le parti lance des actions sur des terrains abandonnés par les organisations traditionnelles d’opposition comme les immigrés, les paysans ou le système pénitentiaire404. Les militants semblent animés par la « conscience participative »405 héritée en partie de la pensée socialiste catholique.
Le Parti socialiste unifié subit indiscutablement une radicalisation idéologique qui se traduit dans les actes par la théorisation du parti révolutionnaire. Or, les tendances gauchistes, marginalisées au Congrès de Lille, perdent le contrôle du parti au printemps 1972. S’il est certain que la direction du Parti socialiste unifié s’est voulue révolutionnaire durant toute cette période, il semble que la base militante n’ait pas suivi cette direction. Elle a certes subi le contre-coup des événements de Mai 68 mais elle ne s’est pas gauchisée. Au contraire, cette orientation l’a fait fuir puisque dès 1970, le PSU enregistre un début d’hémorragie militante406.

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