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Sur la grande route. – Terrible rencontre.


La nuit commençait à tomber, mais Césaire ne s’en inquiétait nullement et n’avait pas peur. La pensée qu’il allait vers « son pays », qu’il reverrait bientôt les rues de « sa ville », la maison familiale, l’oncle Justin surtout, en qui se résumaient toutes ses affections, le soutenait et l’aiguillonnait.

Durant le laps de temps qu’il avait passé chez M. Cambournac, – plus de huit mois, – pas un seul soir il ne s’était endormi sans songer à cette chère contrée, sans évoquer le souvenir de tel ou tel coin pittoresque de Verdun : la Digue, la porte Chaussée, les anciens remparts, la Vierge des Gros-Degrés, les alentours de la cathédrale et de la citadelle, sans s’y promener en imagination, ou se retrouver sur les bords de la Meuse, à pêcher à la ligne avec son oncle ; c’étaient toujours et obstinément ces réminiscences qui venaient flotter dans son cerveau et s’emparaient de lui, dès qu’il était blotti dans son lit, les yeux clos.

Ce spleen qu’il ne parvenait pas à secouer, ce mal du pays dont il souffrait tant, allait donc cesser enfin.

Fréquemment il croisait de lourdes voitures de maraîchers qui se rendaient aux Halles ; aussi, pour n’avoir pas à se déranger, il avait abandonné la chaussée et suivait d’un pied allègre le bord de la route.

Il connaissait les principaux points de son itinéraire, savait vers quelles villes il devait successivement se diriger, et, grâce aux poteaux indicateurs placés aux croisements des chemins, il espérait se guider sans trop de peine. Il fallait d’abord atteindre Meaux, puis la Ferté-sous-Jouarre, Châlons-sur-Marne ensuite, et il lui semblait qu’une fois là, touchant aux confins de la Champagne et de la Lorraine, n’ayant plus que Sainte-Menehould, les Islettes et Clermont-en-Argonne à traverser, il serait arrivé.

L’embarras qu’il pressentait, le grand souci qu’il éprouvait, c’était le manque d’argent. Il n’avait en poche que la très modique somme dont il avait parlé à M. Cambournac, et sur laquelle d’ailleurs, dans son impatience de couper court à toute hésitation, – convaincu que, dès qu’il aurait quitté Paris, il ne lui serait plus possible de rétrograder, qu’il faudrait continuer et aller jusqu’au bout, – il avait déjà prélevé trente centimes, le prix de son parcours sur le chemin de fer de ceinture, du parc de Montsouris à la Villette.

Mais à la grâce de Dieu ! L’important, ruminait-il, c’était de se mettre en route : il rencontrerait bien, chemin faisant, quelques bonnes âmes... Au lieu de mendier, il trouverait peut-être à travailler, à gagner quelques sous... Il fallait fuir, en tout cas, cette maison Cambournac, où il n’avait recueilli que mésaventures et chagrins, déceptions et désespoirs, et il n’y avait pas à regretter cette résolution. Il n’était plus temps du reste, encore une fois, de se repentir et de virer de bord ; il avait, comme on dit, brûlé ses vaisseaux, s’était fermé la retraite, et n’avait plus qu’à aller de l’avant, avec confiance et courage.

Par bonheur, et quoiqu’on fût encore en plein hiver, en février, la température était relativement douce, et il ne ventait ni ne pleuvait. Césaire marcha toute la nuit sans sentir le froid.

À trois reprises, en traversant des carrefours, il eut besoin de reconnaître son chemin, et, pour déchiffrer les indications des poteaux kilométriques, il eut recours aux allumettes et à l’une des bougies dont Mme Cambournac l’avait si sagement pourvu.

« Meaux, 30 kilomètres... Meaux, 18 kilomètres... Meaux, 7 kilomètres »

Au petit jour, il entrevit devant lui une haute masse qui s’estompait dans la brume : c’était la tour de la cathédrale de Meaux. Notre piéton n’avait pas dévié de sa route, et sa première étape était accomplie.

N’ayant pas dîné la veille, il se sentait le ventre creux et les dents longues. Son estomac réclamait impérieusement « quelque chose de chaud ». Comme il passait devant une sorte d’auberge ou d’estaminet, il lut sur un des volets de la devanture, entre autres inscriptions : Café au lait.

« Voici mon affaire », se dit-il.

Il entra, et, avisant une des tables, qui étaient toutes adossées au mur et couvertes de toile cirée, et sous lesquelles des escabeaux de paille étaient alignés, il tira à lui un de ces sièges et s’y installa.

« Que faut-il servir à monsieur ? demanda une servante, robuste et rougeaude campagnarde, en train de balayer la salle.

– Une tasse de café, de café au lait, répondit Césaire. Bien chaud ! » ajouta-t-il.

Quelques minutes plus tard, un épais bol de faïence, rempli d’un liquide jaunâtre, fumait devant lui, et la servante déposait à côté une large miche de pain de ménage.

En peu d’instants, Césaire eut expédié le bol et taillé dans la miche une brèche d’importance.

« Mazette ! Vous y allez bien, jeune homme ! C’est plaisir de vous regarder ! s’exclama la servante en se plantant devant lui, les poings sur les hanches. Vous êtes comme nos poules : vous avez faim en vous levant, vous !

– C’est vrai. Je... je prendrais bien une seconde tasse », dit Césaire.

La seconde tasse ne tarda pas à rejoindre la première, et la brèche de la miche à s’accroître du double.

Pour ce pantagruélique festin, notre voyageur paya la somme de cinquante centimes ; puis, ce compte réglé, il se remit en marche. Mais, avant de quitter Meaux, il eut soin de s’approvisionner de pain, – deux livres de pain, qu’il enfouit dans son sac, près de son cornet à pistons et de la tranche de jambon que lui avait confiée Mme Cambournac.

Le grand air et la marche eurent bientôt aiguisé derechef son appétit, en même temps qu’ils lui faisaient éprouver, hélas ! Une lassitude de plus en plus pénible.

Il s’assit sur l’accotement de la route, dévora la moitié de son pain et les deux tiers de sa tranche de jambon, alla se rafraîchir à un ruisseau qui coulait derrière lui, le long d’une prairie située en contrebas de la route ; puis il se posa la terrible question qui le hantait depuis son départ de Meaux ;

« Où coucherai-je ce soir ? Quel gîte trouver ? »

La journée ne devait pas être très avancée, et il aurait certainement le temps d’atteindre un village avant la nuit ; mais, pour se faire héberger, il fallait de l’argent, et l’achat des deux livres de pain avait encore diminué son pécule ; il ne possédait plus que douze sous :

« Somme trop modique, se disait-il, pour que j’ose me présenter dans une auberge et y demander une chambre. »

À la longue, la pesanteur de son sac finissait par se faire douloureusement sentir ; il avait beau le changer de place, la bretelle lui sciait l’épaule : il essaya d’abord de le soutenir et de l’alléger ainsi avec sa main ; il le prit ensuite sous son bras, le porta comme un paquet. Il lui semblait, en outre, avoir du plomb sous les semelles ; ses pieds se gonflaient, ses jambes de plus en plus s’engourdissaient : il se traînait maintenant en s’appuyant sur un bâton qu’il avait coupé dans un taillis voisin de la route.

Au loin un clocher se devinait, pointant dans le ciel sa svelte silhouette et sa fine aiguille. Mais aurait-il la force d’aller jusque-là ? Et, quand il y serait, à qui s’adresser ? Que dire ? Que faire ?

Anxieux, excédé, il se laissa tomber sur un tas de pierres ; mais, presque aussitôt, il eut peur de s’endormir là et se releva brusquement.

« Du courage ! Allons ! »

Et, faisant appel à toute son énergie, il décida de gagner ce village qu’il apercevait à trois ou quatre kilomètres devant lui.

« Si seulement une voiture venait à passer, songeait-il en avançant à petits pas, clopin-clopant, je demanderais à y monter... On ne me refuserait pas. »

Une maisonnette de cantonnier s’élevait au bord de la route, et il crut remarquer que la porte n’en était qu’à demi fermée.

Ce fut un trait de lumière, un soudain et féerique rayon d’espérance.

« Si je pouvais entrer ? »

Sous la poussée de sa main, la porte céda. D’un côté, des outils, pelles, râteaux et pioches, étaient rangés debout contre le mur, près d’une brouette ; de l’autre, à droite de l’entrée, gisaient plusieurs bottes de paille.

« Sauvé ! se dit Césaire, tremblant de joie. Pourvu que le cantonnier n’arrive pas ! »

Il résolut, afin de ne pas être troublé dans son sommeil, d’attendre que la nuit, ou tout au moins la brune, fût venue, pour s’enfermer dans ce réduit, et, dès qu’il vit ce moment approcher, dès qu’il pensa n’avoir plus à redouter l’intempestive intrusion du cantonnier, il pénétra dans la maisonnette, en barricada solidement la porte à l’aide des instruments qui s’y trouvaient, étala de son mieux la paille, et s’y enfonça, s’y blottit avec délices.

Lorsqu’il se réveilla, le jour filtrait à travers les fentes de la porte, et, à en juger par la hauteur du soleil, il pouvait être de neuf à dix heures. Césaire tira de son sac le restant de pain et y mordit à belles dents, tout en achevant la tranche de jambon ; puis il alla boire une gorgée d’eau dans le clair ruisselet de la prairie, et en route !

Sa fatigue de la journée précédente n’avait sans doute pas entièrement disparu ; néanmoins il avait bien dormi, ses pieds étaient désenflés, et il marchait sans peine à présent, d’un pas posé et régulier.

En traversant ce village dont le mince et haut clocher se dressait depuis la veille devant lui, il entra chez un boulanger et reconstitua sa provision de pain, non sans se dire encore qu’il prendrait bien « quelque chose de chaud » ; mais il louchait le fond de sa bourse, une pièce de dix centimes composait actuellement tout son avoir : comment solder ce « quelque chose » avec si maigres ressources ?

Il était loin de Meaux déjà, il avait dépassé de plusieurs lieues la Ferté-sous-Jouarre, lorsqu’en sortant d’un gros village que bordait la route, il aperçut à une fenêtre d’une proprette et coquette maison à toiture d’ardoise, d’une sorte de petit château, deux jeunes filles, qui le considéraient curieusement, et en riant.

Comment la pensée lui vint-elle alors de profiter de cette curiosité et de cette bonne humeur, et de provoquer par quelque gracieuse aubade la générosité de ces jeunes personnes ?

Tant il y a que, tirant de son sac son cornet à pistons, il se mit à leur jouer un de ses airs les plus guillerets et les plus entraînants, et que bientôt la fenêtre s’ouvrit, et deux blanches petites mains laissèrent choir chacune un gros sou.

« Me voilà tranquille maintenant pour tout le reste de mon voyage, se dit Césaire en saluant très poliment ces gentilles demoiselles. Je n’avais pas songé à ce moyen de combler les vides qui s’opèrent dans mon gousset, moyen excellent et bien simple ! Ah ! pour une riche idée... Je n’ai plus qu’à continuer ! »

Et il continua.

Un groupe d’habitations s’élevait à quelques centaines de mètres du village qu’il venait de quitter. En approchant, il remarqua la belle apparence de l’une d’elles, – une villa voisine de vastes bâtiments de ferme, – où une dame, debout devant une fenêtre du rez-de-chaussée, berçait un nourrisson dans ses bras : il reprit son instrument et recommença son manège.

La maman de solliciter aussitôt le bébé à diriger ses regards vers le musicien et à prêter l’oreille.

« Tu vois... le petit garçon ! Écoute... Écoute bien la musique ! Ta ta ta ! Batata ! Ratata ! Ta ta ta ta ta ta !... Hein, comme c’est beau ? »

Là encore, Césaire récolta une piécette de monnaie.

Tout devait d’ailleurs lui réussir ce jour-là, et il était en veine.

Aux abords d’un autre village, comme il s’était arrêté devant le perron d’une rustique demeure, en partie tapissée de vigne, et, pour charmer une vieille dame, dont il avait entrevu la silhouette derrière les carreaux, faisait entendre une mélodieuse variation de l’ouverture de la Muette de Portici, une servante apparut sur le seuil et l’appela.

« Entre donc, mon petit ami... Ma maîtresse veut te parler. »

Césaire obéit et se trouva bientôt en présence de la vieille dame, qui désirait savoir d’où il venait et où il allait, et lui fit subir un interrogatoire en règle. Il lui répondit très franchement, sans cependant faire allusion à la perte de la montre qu’il arrivait de Paris, où il était apprenti horloger, et qu’il se rendait à Verdun, pour y voir son grand-oncle, malade en ce moment.

« Je m’ennuie après lui, avoua-t-il ingénument. Je n’ai pas d’autre parent, personne que lui au monde, et il me tarde de l’embrasser.

– Mais c’est très loin d’ici, Verdun ! Tu risques de t’égarer en route !

– Oh ! non, madame ! Je fais bien attention... Et puis j’ai de bonnes jambes ! »

Il faut croire que les réponses de Césaire plurent à la vieille dame, car elle donna l’ordre à sa servante de « faire souper cet enfant », et, comme le soir approchait :

« L’heure est trop avancée pour que tu te remettes en route, dit-elle. Tu vas coucher ici.

– Vous êtes bien bonne, madame.

– Claudine, vous conduirez ce petit dans la chambre du fond, contiguë à la vôtre. »

Césaire, qui, depuis deux jours, ne s’était pas étendu dans un lit, se rattrapa cette nuit-là et dormit comme une marmotte.

Le lendemain, on ne le laissa pas partir sans qu’il eût déjeuné ; de plus Mlle ou Mme Claudine, ladite servante, enveloppa à son intention, dans une demi-feuille de journal, deux épaisses tranches de pain, entre lesquelles reposait une non moins épaisse languette de viande, et la vieille dame lui glissa dans la main une pièce de vingt sous.

« Bonne chance ! Bon voyage, mon garçon !

– Merci bien, madame ! Je vous remercie bien ! »

Le quatrième jour de son départ de Paris, vers les neuf heures du soir, Césaire atteignait enfin Châlons, et s’arrêtait dans une modeste auberge du faubourg de Marne. La plus longue partie de son parcours, et la plus incertaine, la plus pénible, lui semblait-il, était effectuée : il allait entrer dans un pays de connaissance, dans sa contrée, et il se figurait déjà presque toucher au but.

Il reprit sa route le lendemain assez tard ; s’étant senti fatigué, il avait dormi la grasse matinée. Il se proposait d’ailleurs de faire d’une seule traite le trajet de Châlons à Sainte-Menehould, environ neuf lieues, et il avait eu besoin de récupérer des forces.

En sortant de Châlons, en arrivant sur l’immense et morne plateau où cette route de Sainte-Menehould se déroule presque en droite ligne, il constata que le temps avait changé et qu’un froid sec et pénétrant, un froid noir, régnait sur ces hauteurs. De place en place, des amas de neige remplissaient les fossés, où s’étendaient en longues bandes dans les sillons des terres voisines. Un vent âpre et glacial soufflait sans discontinuer, cinglait le visage de notre voyageur, qui, les mains enfouies dans ses poches, accélérait sa marche, tout en se demandant s’il ne ferait pas mieux de s’arrêter avant la nuit, de retourner même sur ses pas, jusqu’au dernier village qu’il avait traversé, le village de Courtisols. Mais plus il avançait, plus il avait hâte d’arriver, de se voir à Verdun, dans les bras de son oncle.

« Encore un peu de courage ! Secouons-nous ! Plus vite ! Cela nous réchauffera ! »

Aucun clocher, nulle habitation n’apparaissait devant lui, derrière, de tous côtés, la plaine, l’immense plaine neigeuse, avec, çà et là, un buisson d’épines ou un bouquet d’arbres, et, dans le fond, là-bas, une lisière de forêt.

Le jour baissait ; la nuit vint, une nuit sombre, sans étoiles, sans lumière aucune, une nuit lugubre et sinistre. La bise redoublait et faisait rage, et des flocons de neige tombaient, de plus en plus épais et serrés.

Quoiqu’il eût encore les pieds endoloris par ses longues traites des journées précédentes, Césaire pressa le pas. Si seulement il pouvait gagner quelque auberge, un abri où se blottir et attendre l’aube !

Un vague et inexplicable soupçon, une instinctive impulsion lui fit tourner la tête : il lui semblait qu’il y avait quelqu’un derrière lui.

Et, en effet, il aperçut, entrevit une ombre qui le suivait, celle d’une espèce de grand chien maigre dont les yeux flambaient.

« Un loup ! C’est un loup ! »

Cette idée jaillit soudain dans l’esprit de Césaire.

Il s’arrêta brusquement, et l’animal fit de même.

Crier, appeler au secours ? Qui l’entendrait, qui accourrait à lui au milieu de ce désert ?

Se sauver ? C’était accroître le danger.

Tout tremblant, le cœur palpitant à se rompre, il reprit sa marche ; et le loup de l’imiter, en se rapprochant de lui davantage.

« Si j’essayais ?... »

Une pensée lui était venue tout à coup, un souvenir...

Et le voilà soufflant de toutes ses forces dans son cornet à pistons, faisant retentir l’espace d’un de ses airs les plus sonores et les plus stridents, un air plein d’ardeur et de fougue, de belliqueux appels et d’horrifiques menaces.

Instantanément, comme par un trait de lumière, une inspiration du ciel, il s’était rappelé l’influence qu’exerce la musique sur certains animaux, le charme ou la peur qu’elle provoque en eux, et, entre autres exemples, la mise en fuite des rats de la maison Cambournac.

Et il essayait, bravement.

Dès les premiers sons, le loup s’était arrêté ; puis lentement, irrésolument, comme avec défiance et inquiétude, il s’était remis en marche.

Tout en le présumant, le devinant encore derrière lui, dans l’obscur sillage de la route, Césaire continuait à s’avancer de son pas le plus rapide, et à faire résonner triomphalement son cuivre.

Enfin une faible lueur se montra devant lui, un point rougeâtre

Il redoubla de vitesse, et arriva bientôt devant une ferme, près de laquelle une voiture était attelée, une lourde voiture de laitier, munie de sa lanterne.

« C’est toi qui fais ce vacarme ? cria un homme qui stationnait au milieu de la chaussée.

– Monsieur ! Il y a un loup... un loup derrière moi ! dit Césaire.

– Un loup ? Es-tu sûr ?

– Oui, monsieur... Oh ! oui !...

– Attends ! Nous allons le recevoir... »

Et l’homme se précipita dans la ferme et en ressortit presque aussitôt armé d’un fusil.

« C’est sans doute le loup qui a attaqué mon chien...

– Il ne doit pas être loin, monsieur ; il me suivait...

– Et c’est pour cela que tu nous gratifiais de cette musique ? Nous nous demandions d’où elle provenait... Tous mes compliments, mon ami, tu joues comme un artiste ! Mais je m’en vais au-devant de ton compagnon... Il ne s’agit pas de le laisser filer ! »

Un jeune homme, occupé à ranger de grands pots de fer blanc dans la voiture, interpella le chasseur :

« Dites donc, not’ maître ! Si j’allais avec vous ?

– Pas besoin de toi, Médéric ! Achève ta besogne ! »

Resté seul avec ce domestique, Césaire sollicita de lui la permission d’entrer et de se coucher dans le foin.

« Je suis si fatigué et j’ai si froid ! ajouta-t-il.

– Tu ne fumes pas ? demanda impérieusement M. Médéric.

– Oh ! non, monsieur !

– Pas d’allumettes sur toi ?

– Si, monsieur, dans mon sac.

– Donne-moi ton sac ; on te le rendra demain à ton départ. Nous prenons toujours nos précautions contre les incendies, vois-tu !

– Je comprends, monsieur.

– Un accident est si vite arrivé ! Viens par ici Glisse-toi, là, dans la bergerie... Attends, que je t’éclaire ! Voilà le foin, de ce côté... Monte ! Tu vas être là-dedans comme un prince ! »

VII



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