Littérature québécoise








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Pierre Saurel

L’invention d’un fou




BeQ

Pierre Saurel


L’agent IXE-13 # 137

L’invention d’un fou
roman


La Bibliothèque électronique du Québec

Collection Littérature québécoise

Volume 516 : version 1.0

L’invention d’un fou
Numérisateur : Jean Layette.

Éditions Police Journal

Relecture : Jean-Yves Dupuis.

Illustration de couverture :

André L’Archevêque.

I


La guerre au Japon achevait.

C’était une guerre des airs.

Ce jour-là, on annonça que les États-Unis venaient de lancer leur deuxième bombe atomique sur le Japon.

IXE-13 aujourd’hui, ne risquait pas de se faire descendre par quelques avions japonais.

Il était bien dans les airs, mais au dessus du Canada, dans un hydravion qui le ramenait vers Ottawa.

Notre héros venait d’accomplir une périlleuse mission dans le Nord du Canada, plus précisément à Nakou.

Laissé seul, parmi des gens sans scrupules, faisant leurs propres lois, et gouvernés par un chef communiste, IXE-13 avait failli être condamné à mort pour un crime qu’il n’avait pas commis.

Heureusement, il fut libéré et réussit, bien qu’ayant plus d’une personne luttant contre lui, à faire reconnaître les véritables assassins.

Les gens de Nakou acclamaient maintenant, IXE-13 comme un héros.

Mais le Canadien, à leur grand étonnement, se voyait obligé de partir.

– Elle est bonne celle-là, fit le chef de police de l’endroit. Quand le danger le menace et que nous l’exhortons à quitter la ville, il reste ici, et maintenant que nous voulons le garder parmi nous, il s’en va.

IXE-13 avait hâte d’arriver à Ottawa et de se rapporter à son chef.

Le Colonel Boiron lui confierait certainement une nouvelle mission.

Mais une surprise attendait le Canadien dans la Capitale.

IXE-13 ignorait que son grand ami de toujours, Marius Lamouche, était revenu.

Et, Marius n’était pas revenu seul.

Gisèle Tubœuf, alias, madame veuve Pierre Chabot, celle qui dans les premières années de la guerre semblait destinée à devenir la femme de Jean Thibault, avait décidé d’accompagner Marius Lamouche.

Gisèle était décidée à lutter plus que jamais pour reconquérir son amour perdu.

Elle aimait toujours IXE-13.

Une troisième personne accompagnait ses deux amis.

Une négresse...

En effet, nous avons vu, lors de nos derniers chapitres, que Marius Lamouche avait fait la connaissance d’Arkia Boushi.

Comme elle mesurait à peine cinq pieds, elle faisait un contraste frappant avec Marius, qui lui, dépassait les six pieds.

– Peuchère, Gisèle, quand je veux l’embrasser, je suis obligé de la lever dans mes bras, ou bien encore, de me mettre à genoux.

Arkia et Marius avaient commencé par se détester.

Puis, le Marseillais retrouva la négresse à l’hôpital où l’on soignait Gisèle.

Petit à petit, ils firent la paix, et Marius l’invita à sortir quelques fois.

Lorsque la jeune noire apprit que son ami partait pour le Canada, elle insista tellement que Marius décida de l’emmener. Cette idée ne sourit guère à Gisèle, au début...

Mais plus elle causait, plus elle connaissait Arkia, plus elle lui plaisait.

Le lendemain de leur arrivée à Ottawa, ils se présentèrent au bureau du Colonel Boiron.

– Vous désirez ?

– Voir le Colonel.

– Je regrette, mesdames, monsieur, vous allez être obligés de laisser votre nom, votre adresse et quand le Colonel pourra vous recevoir...

– Bon, très bien, nous allons repartir, nous ne laisserons qu’un mot pour le Colonel.

Le secrétaire approuva :

– Et aussitôt que le Colonel pourra vous recevoir, je vous le laisserai savoir...

– Inutile, nous retournons à Londres immédiatement. Notre mission était fort importante, mais puisqu’on ne peut le voir, nous ferons rapport à notre chef.

Le secrétaire se sentit mal à l’aise.

– Attendez au moins jusqu’à cet après-midi.

– Nous ne pouvons pas. Donnez-moi une feuille et du papier...

– Allons, obéis, lui cria Marius.

Gisèle écrivit simplement :

« Votre secrétaire ayant refusé de nous annoncer, nous nous voyons obligés de repartir immédiatement pour Londres, et de rapporter avec nous les renseignements que vous attendez si fébrilement. La prochaine fois, nous prendrons rendez-vous avec votre secrétaire, à l’avance.

Agent T-4. »

Le secrétaire lisait à mesure qu’elle écrivait.

– Attendez, je puis essayer de voir si le Colonel...

– Vous faites mieux.

– Qui êtes-vous ?

– Agent T-4, déclara Gisèle.

– Lieutenant Marius Lamouche.

Le secrétaire désigna la négresse :

– Et elle ?

– Vous pourriez dire, mademoiselle. Elle, c’est mon amie, et ce n’est pas nécessaire de l’annoncer.

– Très bien, très bien.

Le secrétaire alla décrocher l’appareil téléphonique qui le mettait en communication avec le Colonel.

– Allo, Colonel ?

– Oui ?

– L’agent T-4 et le Lieutenant Marius Lamouche sont ici pour vous voir.

– Un instant...

Il y eut quelques secondes de silence.

– Dites-leur que je les attends à une heure.

– Bien, Colonel.

Le secrétaire raccrocha et regarda sa montre.

– Le Colonel va dîner. Il vous a fixé un rendez-vous pour une heure. Vous reviendrez ?

– Nous reviendrons.

Ils allèrent manger dans un grand restaurant de la Capitale canadienne, puis à une heure moins dix, ils étaient de retour au bureau de Boiron.

Le Colonel les reçut immédiatement.

Tout d’abord, il serra longuement la main de Gisèle.

– Ça fait plaisir de vous revoir, T-4. Il y a des mois et des mois que vous n’êtes pas venue au Canada.

– Et vous, Marius, vous ne vous êtes pas trop ennuyé de votre patron ?

Il regarda Arkia :

– J’avais quelqu’un qui me désennuyait.

– Oh, excusez-moi, je ne vous avais pas vue.

– Naturellement, fit Arkia, j’étais dans l’ombre... « la négresse dans l’ombre ».

Le Colonel se mit à rire.

Gisèle demanda aussitôt :

– Où est le Capitaine Jean Thibault ?

– En mission, mais il doit revenir d’un jour à l’autre, peut-être même aujourd’hui.

– Tant mieux, peuchère. J’espère que vous allez nous donner de l’ouvrage, tous les trois ensemble, le patron, Gisèle et moi.

Arkia Boushi sursauta :

– Et moi ? vous allez me laisser en « blanc » ? Oh non, ça ne marche pas du tout, surtout, pas en « blanc ».

Le Colonel réfléchit.

Il demanda à Marius :

– Elle n’a pas étudié pour pouvoir faire le même travail que vous ?

– Non.

– Que faisait-elle en Europe ?

– Elle était infirmière.

Le Colonel se frotta les mains :

– Alors, c’est parfait, nous allons lui trouver une position d’infirmière...

– Je travaillerai avec Marius ?

– Non, mais vous pourrez le voir assez souvent.

Elle sauta au cou de Marius et commença à lui passer la main dans les cheveux :

– Tu vas laisser ta petite Arkia, seule...

– Il le faut, allons... reste tranquille, Arkia.

– Embrasse-moi...

– Arkia, assez... assez...

Il la déposa sur le plancher.

Le Colonel demanda :

– Alors, mademoiselle, ça vous irait si je vous donnais une position dans un hôpital.

– Il le faut bien...

– Dans ce cas, je vais vous trouver une position.

Il s’adressa à Marius et à Gisèle.

– Où êtes-vous descendus ?

– À l’hôtel Commodore.

– Chambre 322 et chambre 327. Gisèle et Arkia partagent la même chambre.

– Voici ce que je vais faire. Lorsque le patron arrivera, je me mettrai en communication avec vous, et je lui dirai de se rendre à l’hôtel.

– C’est parfait. Peuchère qu’il va être surpris.

Dix minutes plus tard, ils quittaient le bureau du Colonel pour retourner à l’hôtel.

*

Il était quatre heures, cet après-midi-là, lorsque l’as des espions canadiens arriva chez son chef.

Le secrétaire l’annonça immédiatement au Colonel.

– Voulez-vous lui dire d’attendre quelques minutes. Ce ne sera pas long.

Le Colonel se mit immédiatement en communication avec l’hôtel Commodore.

– Chambre 327, s’il vous plaît.

Mais il n’y avait personne à la chambre 327.

Le Colonel demanda la chambre 322.

Une voix de femme répondit :

– Allo ?

– Ici le Colonel qui parle.

– C’est Gisèle...

– Votre patron est ici. Je l’ai fait attendre, préparez-vous. À quelle chambre vais-je l’envoyer ?

– À la chambre de Marius, 327.

– Très bien.

Le Colonel raccrocha.

Il sonna son secrétaire :

– Faites entrer le Capitaine Jean Thibault.

– Bien, Colonel.

IXE-13 parut dans le bureau de son chef.

– Je tiens à vous féliciter, IXE-13. Vous avez fait du beau travail, à Nakou. Il paraît que vous avez passé plus d’une fois, à deux doigts de la mort.

– Le principal, c’est que je me sois tiré d’affaire.

IXE-13 lui remit tous les documents qu’il avait enlevés aux communistes.

– Maintenant, IXE-13, je n’ai pas une très bonne nouvelle à vous annoncer.

– Comment ça ?

– Vous n’aurez pas une seconde de repos. J’ai une autre mission à vous confier.

– Diable ! Je ne demande pas mieux.

– Je ne puis vous donner aucun détail au sujet de cette nouvelle mission. Mais vous allez vous rendre à l’hôtel Commodore, chambre 327.

– Chambre 327, répéta IXE-13.

Puis il demanda :

– On m’attend ?

– Oui. Vous n’aurez même pas à vous présenter. Je savais que vous deviez arriver aujourd’hui, et j’ai donné des ordres.

– Parfait, Colonel.

– Allez-y le plus tôt possible. Demain matin, revenez à mon bureau. Je vous y attendrai à dix heures.

– Oui, mais la mission...

– J’aurai des détails complémentaires à vous donner. Allez à l’hôtel, et revenez ici, demain matin.

– Entendu, Colonel.

IXE-13 salua et sortit.
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