Le Portugal n’est pas un pays méditerranéen ! Seuls les deux tiers de l’Espagne, un tiers de la France appartiennent à l’espace méditerranéen. J’éviterai de








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La Méditerranée 1798-1956



Géographie : Le Portugal n’est pas un pays méditerranéen ! Seuls les deux tiers de l’Espagne, un tiers de la France appartiennent à l’espace méditerranéen. J’éviterai de suivre l’exemple de certains manuels d’histoire de la Méditerranée qui prennent des exemples au Pays Basque ou dans le Bordelais… La Mer Noire est à la limite de votre programme : par prudence, je l’ai incluse dans ce cours. Le terme « Balkans » ne désigne en prin­cipe qu’un massif bulgare, et par une extension courante les montagnes de Yougoslavie, de Grèce, d’Albanie et de Bulgarie ; mais comme à tout le monde il m’arrivera de l’étendre à l’ensemble des régions d’Europe situées au sud du Danube et à l’est de l’Istrie, voire parfois à l’ensemble de la Roumanie.

Salonique et Thessalonique c’est la même ville ; Istanbul, Constantinople et Byzance, aussi. En revanche « Stamboul », terme vieilli, désigne seulement la vieille ville : c’est un usage purement français qui n’a jamais correspondu à aucun usage local, contrairement à ce Wikipédia et certains guides touristiques laissent entendre. Un même pays s’est appelé « Autriche » avant 1867, « Autriche-Hongrie » de 1867 à 1918 (depuis 1918 ce sont deux pays indépen­dants). De 1923 à 1991 (inclus) on ne parle pas de la Russie mais de l’U.R.S.S. ; jusqu’en 1918, la capitale de ce pays était Saint-Pétersbourg et pas Moscou.

Au XIXe siècle, l’expression « la Syrie » désignait l’ensemble de la côte orientale de la Médi­terranée, y compris ce qui forme aujourd’hui le Liban, la Palestine et Israël (mais non compris le désert syrien) ; l’expres­sion occi­dentale « le Levant » est à peu près synonyme de cet usage ancien du mot « Syrie ». La région géo­gra­phique où Israël s’est installé s’appelle « la Palestine » depuis l’Antiquité, employer ce terme ne constitue donc pas une prise de parti politique ; il a pris d’autres sens à partir surtout de 1967, fort heureuse­ment après la fin de votre programme. Les termes « le Moyen-Orient » (un anglicisme) et « le Proche-Orient », qui en gros désignent la même chose, ont une extension géographique assez vague, mais un peu plus large : ils incluent la Mésopo­tamie (= l’actuel Irak ou Iraq) et parfois l’Iran et l’Arabie, voire la Turquie. Enfin, on utilise de plus en plus en français l’expression « le Machrek » (= « l’Est » en arabe, par opposition au « Maghreb » qui est l’ouest) : ce terme désigne plus précisé­ment l’ensemble des pays de langue arabe à l’est de l’Égypte (donc sans l’Iran ni la Turquie), mais certains Maghrébins (Maghreb = « ouest, Occident », c’est aussi le mot qu’on traduit en français par « Maroc ») y incluent l’Égypte.

Usage des majuscules : règles officielles (que beaucoup de gens massacrent, je sais). Les noms de religions et de communautées religieuses ne prennent pas de majuscule en français (« l’islam », « les coptes », « les maronites »), non plus que les noms de langues (« le français », « je parle français »), ceux de classes ou de milieux sociaux (« les vikings », « les mamelouks »), ceux de courants politiques ou assimilés (« les saint-simoniens » — remarquez qu’en français un nom de ce type dérivé d’un nom propre ne prend pas de majuscule) ni ceux de fonctions politiques et reli­gieuses (« le pape », « l’empereur », « le roi » — on met cependant une majuscule quand ces termes désignent une personne bien précise, et équivalent donc à un nom propre [« hier j’ai vu le Pape à la télévision »], sauf quand un nom propre suit : « le pape Benoît XVI »). Les noms de nationalités, eux, prennent une majuscule (« les Français », « je suis un Français ») : donc, attention à bien distinguer ce qui est de l’ordre du religieux et ce qui ne l’est pas (on écrit « les juifs », mais « les Israéliens » !). De même, on écrit souvent : « la Constitution » (en parlant d’une constitution précise qu’on a en tête, car c’est également un quasi-nom propre), voire « la Constitution nouvelle » (si un adjectif précise le nom), mais on écrit de préférence : « la constitution de la France » (pas de majuscule quand un nom propre suit en position de complément de nom). Traditionnellement, dans les noms propres arabes on ne met pas de majuscule aux « el- », « al- », « es- », etc., qui sont des articles : on écrit donc par exemple « Boutros el-Boustani » (c’est l’équivalent exact de « Pierre du Boustan » : en français non plus le « du » ne prend pas de majuscule). Aucun adjectif ne prend de majuscule en français, même ceux dérivés de noms propres (une graphie comme *« le gouvernement Allemand » est un énorme anglicisme), sauf dans les noms propres et les sigles (« Organisation des Nations Unies »). On écrit donc notamment : « Je suis français ».

N.B. Je mets en italiques les mots étrangers non intégrés à la langue française (« millet »), en caractères normaux ceux qui sont d’usage en français avec une graphie française normée (« les oulémas »). Evidemment, la frontière entre les deux usages est affaire d’appréciation. Je n’ai pas pu harmoniser la transcription de l’arabe ; pour le turc en revanche, j’espère avoir harmonisé l’essentiel.

Dans les mots arabes, je remplace des macrons (traits horizontaux) qui notent les voyelles longues par des accents circonflexes ; par ailleurs, j’en oublie sans doute pas mal.

Divers : Même si c’est marginal pour votre programme, je vous rappelle que l’abréviation « U.S.A. » est interdite sous peine des supplices les plus raffinés : elle peut vous coûter cher, certains correcteurs faisant une véritable fixation là-dessus. Evitez-la même dans vos notes, pour vous en déshabituer (moi à l’ordinateur j’emploie le signe espagnol EEUU). Royaume-Uni est meilleur que « Angleterre » ou « Grande-Bretagne » ; de même, « les Britanniques » est meilleur que « les Anglais » quand on parle de l’ensemble de la population du Royaume-Uni. « Empire Ottoman » est meilleur pour les périodes antérieures à 1922, ou au moins à 1908, même si au XIXe siècle les Européens parlaient déjà couramment de la « Turquie ». Au XIXe siècle, le gouvernement de l’Empire Ottoman (c’est-à-dire en principe, au sens strict, le sultan et son administration), et par métonymie l’Empire Ottoman tout entier, étaient parfois appelés « la (Sublime) Porte ».
Introduction.
La Méditerranée euro-africaine est une mer fermée, nettement plus que les deux autres grandes méditerranées, la caraïbe et la sud-asiatique. Le climat est rude (notamment l’été quand règne la sécheresse1), et la zone a longtemps été pauvre à l’exception des ports (seul le tourisme a fait du soleil et des littoraux des atouts). Ce d’autant que cette mer est souvent bordée de mon­tagnes (principales exceptions : le Midi français, la plaine du Pô, l’Égypte et la Libye), et que les rives sont assez pauvres en matières premières.

C’est en Méditerranée, ou à proximité, que sont nés les trois grands monothéismes. Penesez au rôle religieux de Rome (plus ou moins con­voitée par tous les universalismes à teinte catholique !), de « Constantinople » pour les orthodoxes2, de la Terre Sainte, et, pas très loin, de La Mecque et de Médine, avec les flux de pélerins qu’elles drainent3 ; en France et en Espagne, mais aussi bien sûr en Russie et dans les régions musulmanes, les logiques de croisade (ou de jihad) ont eu de beaux restes jusqu’au milieu du XXe siècle.

La Méditerranée est une ancienne mer centrale (de l’époque phénicienne à l’époque romaine — attention quand même, pas pour les Perses ni les Égyptiens !), coupée en deux par l’expansion de l’islam au VIIe siècle donc devenue une frontière, un espace de conflit, même s’il ne faut pas oublier les liens (le commerce, la lingua franca4), puis marginalisée (relative­ment) par les grandes décou­vertes à partir du XVe siècle. Au XIXe et au XXe siècle, elle a été (tardivement) touchée par la colonisation, qui a, brièvement, rétabli une unité politique entre les deux rives et lui a rendu, pour moins d’un siècle, une importance géopolitique majeure ; la décolonisa­tion a rétabli la coupure entre les deux rives, qui est aujourd’hui en gros celle du monde développé et démocra­tique et du tiers-monde (mais moins nettement qu’auparavant celle de l’islam et de la chrétienté, vu le développement rapide d’un islam d’Europe ; de plus, Israël, « épine » occi­dentale quoique non chrétienne au cœur du monde musulman, vient compliquer le tableau).

Faut-il évoquer la profonde unité d’une aire de civilisation par-delà la différence des religions, qui sont d’ailleurs toutes trois issus du même moule ? Prudence, ne serait-ce que parce que des influences distinctes sont à l’œuvre dans les différentes zones : influences atlan­tiques en France du sud et en Espagne orientale, influence centre-européenne en Italie du nord et dans les Balkans, influence surtout, au sud et à l’est de la Méditerranée, des cultures du désert, avec la présence, jusqu’à la fin de votre programme (jusqu’à aujourd’hui !) de popu­la­tions nomades ou semi-nomades5 (celles de langue arabe portent le nom de « bédouins »6) : dans pas mal de régions ils dominaient les sédentaires jusqu’à ce que les évolutions économiques et démograhiques des XIXe et XXe siècles les marginalisent7. N’oubliez pas non plus les influences centre-asiatiques en Anatolie, à deux pas des côtes méditerranéennes, puis à zéro pas à la suite de l’expulsion des populations côtières grecques et arméniennes et de leur remplacement par des Turcs venus de l’arrière-pays en 1923… Cela dit, l’unité de la Méditer­ranée est sensible, notamment au niveau des cultures matérielles rurales (agricul­ture : blé et autres céréales ; tech­niques agricoles : norias, etc. ; nourriture ; l’architecture des maisons vil­la­geoises) mais aussi dans le caractère très urbain des cultures méditerranéennes (la cité ; les constructions en pierre) les cultures politiques (bavarder sur la place du village entre mecs, clientélisme), mœurs (les femmes voilées, l’« honneur » des hommes, des sociétés machos et hypocrites8) jusqu’au divorce entre modernités occidentale et musulmane, qui n’est net qu’à partir du XXe siècle.

Dans un esprit voisin, l’historien français Fernand Braudel a insisté sur la lenteur des changements dans l’espace infrapolitique méditerranéen, et notamment dans l’univers villa­geois. Ce monde longtemps immuable était d’abord celui des agricultures traditionnelles, qui était souvent un minifundio (toute petite propriété, notamment dans les montagnes et les toutes petites plaines côtières) mais pouvait être aussi un latifundio (grande propriété, surtout dans les grandes plaines9) ancien et peu productif (notamment au sud de l’Italie et de l’Espagne) : pas mal de cultures (par exemple l’olivier) se retrouvaient dans les deux systèmes. Le système le plus courant était une polyculture reposant sur les céréales, la vigne et l’olivier (en Italie, lorsque tous ces produits sont cultivés sur une même parcelle, les unes protégeant et ombra­geant les autres, on parle de coltura promiscua) ; le bétail, plutôt des chèvres et des moutons, paissait sur les terroirs trop pentus ou trop secs pour être mis en culture, souvent dans des zones « grises » loin des villages, à la périphérie des domaines de deux villages, dans les mon­tagnes, ainsi que sur les jachères qu’il fertilisait (il n’y avait guère d’autres engrais). Depuis longtemps, ce bétail avait largement déboisé la région ; la cuisine et au chauffage au bois n’avaient rien arrangé, non plus que la surexploitation des forêts pour les constructions (maisons, églises, bateaux) — cependant il restait, et il reste encore des forêts-témoin, au Liban par exemple10. Les instruments de travail étaient souvent encore l’araire, le fléau et la faucille ; il y avait plus d’ânes et de mulets que de chevaux.

Mais ce tableau ne vaut que pour le début de votre période : les mutations s’accélé­rèrent nettement à partir de 1850, surtout au nord (developpement de cultures maraîchères et de riziculture moderne sur les plaines irrigables d’Espagne, de France et d’Italie, mais aussi, au sud, apparition d’une viticulture moderne en grands domaines en Algérie, sur des terres confisquées aux indigènes), d’où des divergences croissantes d’une rive à l’autre, mais aussi d’un pays à l’autre sur une même rive (la France et l’Italie du nord ont longtemps été très en avance sur le reste de la rive chrétienne de la Méditerranée). Cependant certaines zones refuges comme l’Albanie ont longtemps fait figure de conservatoires de traditions (cf. les romans d’Ismaïl Kadaré) ; on peut citer aussi la Kabylie et le Maroc berbère. Mais ces conser­v­­a­toires eux-mêmes ont commencé à s’effondrer à partir de 1920 et surtout de 1945, à cause de la modernisation rapide des techniques agricoles, de l’exode rural et de l’urbanisation, des effets idéologiques des nationa­lismes modernisateurs et du communisme, de l’école obliga­toire, des médias modernes, du tourisme (voyez notamment, pour la Grèce, le roman de Dimi­tris Hadzis : La fin de notre petite ville). Depuis les années 1930, les touristes essaient de retrouver en Grèce, en Italie, etc., des traces de cette Méditerranée « intemportelle » sous forme d’une sociabilité, d’une culture culinaire, etc. ; mais ce qu’ils en voient (ce qu’ils en consomment) est largement réinventé et mis en scène pour eux, et leur présence massive intro­duit d’autres muta­tions radicales — ainsi la côte méditerranéenne de l’Espagne a été entiè­rement « bétonnée » dans les années 1960 à 1980.

Il faut enfin évoquer la profonde crise, ancienne, de la civilisation arabo-musulmane, et de l’Empire Ottoman qui l’a « prise en charge » en Méditerranée à la fin du Moyen Âge ; et au contraire l’essor de l’Europe depuis le XVe siècle (les grandes découvertes) et surtout le XVIIIe (l’industrialisation), même si ces deux phénomènes ont touché plus tardivement les rivages septentrionaux de la Méditerranée que ceux de la Mer du Nord. Les deux cultures s’af­­frontent souvent, mais dialoguent aussi : j’aborderai le phénomène de l’orientalisme en Occident et les tentatives de modernisation inspirées de l’Occident en terre d’islam.
I-Situation initiale (vers 1798).
A) La Méditerranée musulmane.
En théorie, l’Empire Ottoman dominait l’ensemble des Balkans, sauf les possessions vénitiennes et Raguse11 sur la rive orientale de l’Adriatique, ainsi que tout le littoral oriental et méridional de la Méditerranée à l’exception du Maroc : dans sa plus grande extension, fin XVIe siècle, il avait mesuré 2 millions et demi de km2, autant que l’Empire romain à son apo­gée. C’était, à l’origine, une petite principauté turque riveraine de la mer de Marmara, apparue au XIIIe siècle et qui avait profité de sa position frontalière avec l’Empire Byzantin, de l’anar­chie qui régnait dans celui-ci12 et de la disparition du califat et des grands États musulmans lors des invasions mongoles, pour prendre le dessus sur les chrétiens des Balkans (à partir de 1340), sur Byzance (prise en 1453), puis sur les Arabes (au XVIe siècle). Au passage, ils avaient été pas mal influencés par l’ennemi byzantin13.

Le sultan s’appelait Sélim III (1761-1808, sur le trône de 1789 à 1807). Les élites de l’Em­pire n’étaient pas toutes d’origine turque au sens ethnique du terme (cf. plus bas à propos des janissaires), mais elles étaient largement turcophones : elles s’exprimaient en osmanlı14, une langue de haute culture fortement influencée par l’arabe et le persan15. Vis-à-vis des Arabes, elles avaient à la fois un complexe d’inférioriré (l’arabe est la langue du Coran) et d’infé­rio­rité (les Arabes s’étaient laissés conquérir et semblaient, vus d’Istanbul, en pleine déca­dence). De manière générale, les Turcs proprement dits étaient très minoritaires dans l’Empire Ottoman (dans les régions proches de la Méditerranée ils n’étaient majoriraires que sur les plateaux d’Ana­tolie), et leur culture était méprisée par les élites ottomanes : c’étaient d’anciens (et parfois toujours des) nomades encore marqués par leur passé centre-asiatique, bref des rustiques16. Cela ne veut pas dire qu’il n’y avait pas de Turcs ailleurs qu’en Anatolie. Il y en avait notam­ment partout dans les Balkans, même si l’emploi du mot dans cette région pose problème : jusque vers 1900, on y avait souvent recours pour désigner l’ensemble des populations musul­manes de la zone quelle que fût leur culture — il est vrai qu’un musulman s’exprimait certai­nement plus sou­vent en osmanlı qu’un chrétien, quelle que fût sa culture maternelle.

Les élites de l’Empire Ottoman étaient sunnites, mais il y avait des chiites au Liban — on se méfiait d’eux, pour des raisons religieuses mais aussi parce que la Perse17 voisine était chiite. Au pélerinage de la Mecque, ils étaient admis, mais payaient une taxe spéciale. Les ala­ouites ou alévis, présents sur la côte syrienne et en Anatolie, constituaient une autre com­munauté religieuse divergente dont le pouvoir se méfiait18.

L’Empire Ottoman régnait donc sur des peuples très divers, et les musulmans y étaient minori­taires (vers 1800 ils représentaient entre le tiers et la moitié de la population19). Pour­tant la légitimité dont se réclamait le sultan était religieuse et non pas nationale : il se donnait pour mission d’assurer la prééminence politique et sociale de l’islam, en revanche celle des turco­phones sur les autres musulmans n’était qu’un état de fait. A terme, bien sûr, un jour le monde entier serait musulman : cette ambition universelle était soulignée par le fait que, depuis 1774, le sultan20 ottoman avait repris le titre de calife (c’est-à-dire « sucesseur » du Pro­phète à la tête de la communauté des musulmans), en deshérence depuis la prise de Bagdad par les Mon­gols en 125821. Mais en attendant ce beau jour il n’était pas question de conversions forcées (le Coran les déclare explicitement non valables), aussi les chrétiens et les juifs avaient leur place dans l’Empire Ottoman, avec un statut inférieur à celui des musulmans bien entendu (en arabe ce statut s’appelle la dhimma et ceux qui y sont soumis sont les dhimmî22). Non seulement l’Empire n’avait pas connu de vastes purifications reli­gieuses com­pa­rables à celles de l’Europe médiévale, mais il avait accueilli les juifs d’Es­pagne : dans les Balkans, jusqu’aux massacres et aux émigrations du XXe siècle leurs descen­dants ont conti­nué à parler des formes ar­chaïques d’espagnol (Elias Canetti évoque cet univers dans La langue sauvée)23. Il y avait des minorités juives partout, et des chrétiens presque partout : ils étaient majoritaires dans les Balkans, sur les côtes de l’Anatolie et dans certaines régions du Levant. Dans l’ensemble du Levant, il y avait 30 % de chrétiens en 1900, et en Égypte il y en avait autour de 7 %, surtout en moyenne Égypte ; c’étaient des monophysites24, les coptes, complètement arabisés depuis le XVIIe siècle mais qui conservaient une langue liturgique issue de l’ancien égyptien — elle fut bien utile à Champollion pour déchiffrer les hiéro­glyphes)25. Les seules régions musulmanes où il n’y avait plus du tout de chrétiens étaient l’Arabie et le Maghreb, où au Moyen Âge la dynas­tie berbère26 des Almoravide avait mené une politique d’islamisation forcée ou d’expulsion : me­­na­cée par les croisés espagnols et por­tugais, elle ne voulait pas d’une « cinquième colonne » chrétienne sur son sol.

Cette mort du christianisme maghrébin était douloureuse aux chrétiens d’Europe. A Rome, les papes continuaient à attribuer des évêchés (africains et moyen-orientaux) in partibus (c’est-à-dire « dans les régions » perdues) ; à vrai dire, ces distinctions purement symboliques se vendaient comme des espèces de décorations. En Espagne, les rêves de porter la Reconquête au sud des Colonnes d’Hercule étaient loin d’être morts. Au XIXe siècle, l’Église fran­çaise rêva de rechristianiser la « patrie de Saint Augustin » (qui était un Berbère de Constantine).

L’Empire Ottoman ne reconnaissait pas de commnautés « nationales » au sens d’au­jourd’hui, définies par leur langue, leur passé commun et leurs coutumes (jusqu’au XIXe siècle, tout le monde se fichait éperdument de la langue que parlaient les humbles au quoti­dien), mais des commu­nau­tés religieuses (milletler27). Les musulmans en formaient une : les chiites et les kha­ri­jites n’étaient pas juridiquement distingués des sunnites, même si on les laissait suivre leurs propres coutumes. Au XIXe siècle, cette appellation de milletler s’étendit aux commu­nautés juive et chré­tiennes — certaines étaient désignés par des noms qui, au XIXe siècle, furent au cœur de pro­ces­sus d’élaboration de nationalismes modernes de type européen : nous verrons les effets de ces confusions, en partie volontaires, qui ont d’abord affecté le millet grec. En 1800, ce millet grec (rum en turc28, dit aussi « melkite » d’après le terme arabe, parfois réhellénisé en « melchite ») était sous l’autorité du patriarche de Constan­tinople, qui rési­dait à Phanar (le principal quartier grec d’Istanbul29) : il s’agis­sait de la com­mu­nauté des chré­tiens orthodoxes soumis à l’autorité politique de la Porte. Cer­tains étaient de langue grecque, d’autres de langue slave ou alba­naise, d’autres — notamment les futurs Rou­mains — de langue latine, d’autres encore de langue turque ou arabe ; mais ils utilisaient le grec comme langue liturgique, et du coup, lorsqu’ils écrivaient c’était souvent en grec30. Il y avait aussi un millet arménien (c’était la communauté des chré­tiens monophy­sites de rite arménien, loin d’être tous de langue armé­nienne : beaucoup étaient turquifiés de plus ou moins longue date31) ; il avait son propre patri­arche à Constantinople.

Les grecs (attention : concrètement de langue serbe, albanaise ou arabe pour certains d’entre eux) jouaient un rôle majeur dans le commerce ottoman, notamment en Mer Noire, en Égypte, ainsi qu’à Smyrne32, le grand port de la côte anatolienne (la région de Smyrne a tou­jours été peuplée de Grecs, au sens ethnique et linguistique du terme ; n’oubliez jamais que la Grèce actuelle ne représente qu’un tiers de la Grèce historique !33). Les A/arméniens jouaient un rôle semblable mais plutôt orienté vers la Perse, où ils étaient nombreux, bien en cour et puis­sants — les marchands arméniens apparaîtront donc moins souvent dans ce cours que les marchands grecs, encore qu’à Smyrne il y en avait pas mal aussi34 : c’est dans une de ces familles que naquit en 1929, à Smyrne, l’homme politique français Edouard Balladur35.

L’Empire était intégré au système diplomatique occidental : cela veut essen­tiellement dire que les Européens le reconnaissait comme un État, bien qu’il ne fût pas chré­tien, et non comme une « tribu » bonne à conquérir. Il y avait des ambassades européennes à Istanbul, en revanche jusqu’en 1793 la Porte n’avait que des ambassades occasionnelles en Europe. Les relations d’État à État étaient régies par des « capitulations » qui étaient essentiel­lement des traités de commerce. Par ailleurs, dans les ports de l’Empire Ottoman les pays chrétiens avaient des comp­toirs commerciaux, les « échelles du Levant »36 : les plus puissantes étaient les échelles fran­çaises, qui dépendaient de la chambre de commerce de Marseille. Les négo­ciants des échelles, dont une partie étaient des Levantins37, étaient répartis en « nations » sous la protection de consuls, nommés par les gouvernements européens et souvent originaires d’Europe (mais souvent aussi originaires de familles qui avaient des liens commerciaux avec l’Orient)38 ; elles jouissaient de privilèges juridiques et fiscaux négociés, inclus dans les capi­tulations. Le Royaume-Uni, quant à lui, gérait ses échanges avec l’Empire Ottoman par le biais de la très ancienne Compagnie du Levant, une association de commerçants qui avait le monopole du commerce dans ces régions. L’Empire était assez refermé sur lui-même en matière d’échanges économiques. Il expor­tait cependant du coton (notam­ment d’Alep, vers Marseille) et il réexportait en Europe du café importé du Yémen ; comme ce café était déjà concurrencé par le café des Antilles, introduit là-bas en 1726 et exporté en Europe dès 1730, la Porte avait tenté d’augmenter les droits de douane, mais la France avait obtenu leur réduc­tion. De même, le sucre de canne de la vallée du Nil était concurrencé par celui des Antilles, le commerce des tissus indiens par la Mer Rouge était en décadence pour cause de concur­rence néerlando-britannique. De manière générale, l’Empire Ottoman était en train d’entrer dans une logique d’échange inégal, car la demande de produits manufac­turés européens ne faisait que croître.

L’Empire était géré de manière très archaïque : monarque absolu en théorie, le sultan était en fait un monarque faible, prisonnier de son entourage et du respect de la coutume. Le pouvoir réel était aux mains du grand vizir (une espèce de premier ministre), lui-même en proie aux mêmes problèmes. L’armée, dont l’élite était composée de janissaires39, était indis­ci­plinée. De plus, les institutions reli­gieuses étaient intouchables, notamment les écoles reli­gieu­ses (madrasa/médersas) qui dépen­­daient des mosquées : ces institutions possédaient d’im­­­menses biens de mainmorte (waqf) fort mal gérés, et le personnel qui en était issu (les oulé­mas, des enseignants mais aussi des consultants juridiques : leurs avis s’appellent des fatwa). La loi religieuse (sharia/charia) était fixée une fois pour toutes et interprétée par des jurisconsultes, les mouftis : les sultans n’intervenaient que dans le domaine du kanun (droit civil)40, appliqué par les cadis41.

La situation de l’Empire Ottoman était déjà inquiétante, même si l’on avait pas encore inventé pour le désigner l’expression d’« homme malade de l’Europe », qui fit florès au XIXe siècle42. Au traité de Küçük-Kaynarca43, en 1774, la Porte avait dû céder à la Russie la rive gauche du fleuve Bug et la région d’Azov (par laquelle la Russie mettait un pied en Mer Noire) et recon­naître, en Crimée, l’indépendance de ce qui restait du khanat tatar, fondé au Moyen Âge par d’autres Turcs venus directement d’Asie centrale et « protégé » depuis long­temps par Istan­bul44. Le Caucase nord-occidental, sous très théorique souveraineté ottomane, était lui aussi sous forte pression russe : la Russie était en train de s’emparer de la Géor­gie, plus au sud45, c’est-à-dire de couper ces régions de l’Empire Ottoman proprement dit. On discutait déjà en Europe des perspectives d’un démembrement de l’Empire Ottoman (cf. plus bas à propos de la Russie)… Sélim III avait tenté de réagir, notamment par une réforme de l’armée : en 1794, il était apparu un nou­veau corps d’infanterie « à l’européenne » entraîné par des officiers européens et recruté en Anatolie, et l’année suivante, une école du Génie ; en 1802, la conscription fut introduite en Anatolie. L’apparition d’ambassadeurs permanents des puissances européennes à Istanbul et de la Porte dans les capitales européennes était éga­le­ment au programme de ces réformes. Mais les réformes militaires provoquèrent des rébel­lions, et les réformes diplomatiques ne pouvaient avoir d’effets qu’à long terme.
Plus on s’éloignait de la capitale Istanbul46, plus le pouvoir du sultan était faible. L’ad­ministration ottomane était plus ou moins effective en Anatolie, ainsi que dans les Bal­kans, zone d’affrontement avec les puissances chrétiennes où la Porte pouvait compter avec le relais d’une caste de notables locaux, musulmans pour la plupart mais pas tous, en partie issus des noblesses locales ralliées. Le joug ottoman était fort brutal dans ces régions chrétiennes, et surtout frontalières de l’Autriche ou de la Russie47. Les révoltes y étaient nombreuses, et par ailleurs aussi bien dans les Balkans qu’en Anatolie les notables étaient parfois fort mal con­trôlés : ces potentats locaux portaient en osmanlı le nom d’ayamlar ou derebeyler (littérale­ment : « seigneurs de la vallée »). Il est probable que c’est au début du XIXe siècle que la Porte a été le plus affaiblie face à ces personnages, avant la reprise en mains des années 1830-1840. Ainsi à Janina48, en Épire, de 1788 à 1819 le sultan dut tolérer un « pacha » local du nom de Tepedelen ‘Alî, plus connu sous le nom de « Ali pacha de Janina », qui s’était emparé par les armes de domaines autrefois administrés par son père. Par ailleurs, dans les Balkans, à la fin du XVIIIe siècle, on était en train d’assister à un début de « re »­nais­sance de sentiments « natio­naux » parmi les populations chrétiennes, avant tout en Grèce pour l’instant : j’y reviendrai longuement.

L’autorité du sultan était encore moins efficace en Syrie, région dont la caste diri­geante était mixte, arabo-turque, avec par endroits, notamment à Damas, des dynasties de gou­vernants locaux (pourvus du titre de pacha ou d’émir selon les régions49) ; il y avait même (innovation récente) un émir chrétien maronite50 dans l’actuel Liban. La situation était la même en Mésopotamie51, à ceci près qu’aux dynasties locales de pachas s’ajoutait une caste locale de militaires, les mamelouks52, qui tiraient leur pouvoir et leur légitimité des inces­santes guerres contre la Perse voisine.

L’Égypte était franchement autonome de fait, aux mains des mamelouks locaux, large­ment d’origine circassienne53 : outre l’élite de l’armée (en fait plutôt une police des grandes villes), ils fournissaient les beys qui administraient les différentes provinces, et tenaient les pachas sous leur contrôle. Depuis la fin des années 1760, sous l’influence d’une forte person­nalité du nom d’Ali Bey al-Kabir (un Abaza acheté en 1743, mort en 1773), cette caste diri­geante traditionnellement divisée en « maisons » rivales était en train de se structurer autour d’un seul chef : autrement dit, on allait tout droit vers un pouvoir régional fort, qui ne pouvait que s’opposer à la Porte. Du reste, il y eut des affirmations d’indépendance (Le Caire cessa de payer tribut ; lors du carême54 de 1869, Ali accola son nom à celui du sultan dans la dédicace de la prière du vendredi) et plu­sieurs tentatives des mamelouks d’Égypte pour envahir la Syrie dans les années 1770 ; puis des troubles éclatèrent, affaiblissant le pouvoir mamelouk — lorsque Bonaparte y débarqua, l’Égypte, partiellement reprise en mains par la Porte, était en crise profonde, d’autant que les exactions des différents chefs de guerre pesaient sur le com­merce. Notons que déjà, la marine et l’artillerie mameloukes étaient confiées à des Grecs (au sens ethnique : les chefs de l’artillerie étaient de Zanthe55, possession vénitienne, mais ils s’étaient convertis à l’islam).

À l’ouest du désert Libyen (en dissidence jusqu’à une expédition ottomane victorieuse en 1835), la Tunisie et l’Algérie étaient pratiquement indépendantes (et en guerre entre elles dans les années 1800…). La Porte ne jouait qu’un rôle confirmatoire dans la désignation des dirigeants de ces deux entités, qui ne payaient pas tribut et avaient leur prope politique étran­gère ; mais les imams dirigeaient la prière du vendredi au nom du sultan, les monnaies por­taient le nom du sultan, Tunis et Alger envoyaient parfois des contingents armés pour venir en aide au sultan56, on organi­sait de grandes festivités (avec des illuminations) à l’occasion d’événements heu­reux pour le sultan57, et l’on affichait toujours le plus grand respect pour le sultan58. Du reste l’élite tunisienne, notamment la dynastie beylicale, était très fière de son sang turc59, et il est probable que de nombreux Tunisiens étaient très fiers d’être sujets turcs. L’élite algéroise aussi était d’origine ottomane, pério­diquement renou­ve­lée par des contin­gents anatoliens (en fort déclin numérique, un signe inquiétant pour l’avenir) : mais l’élite de cette élite était com­posée de métis de janissaires et de femmes indigènes, les « coulouglis » (du turc kuloğlu, fils d'esclave). Le dey60 était désigné par la milice coulouglie, généralement dans le cadre de révolutions de palais : de 1798 à 1817, les six deys successifs furent renver­sés et assassinés ! Au point que le suivant refusa de s’installer en ville et se barricada dans une forteresse située sur le port… Le dey nommait les autorités des principales villes, et le con­trôle des cam­pagnes était fort problématique : ainsi aux portes d’Alger commençait une région monta­gneuse, la Kabylie, musulmane61 mais fort attachée à son particularisme, notam­ment lin­guistique. De nombreuses confréries religieuses inspiraient des révoltes presques inces­santes, notamment en Kabylie et dans l’Oranais, zone disputée avec le Maroc indé­pen­dant. Il est important de souli­gner qu’il n’y avait aucune conscience pré-natio­nale dans ces régions malgré leur indépen­dance de fait : l’important était l’appartenance au monde commun de l’islam (à l’intérieur duquel les élites circulaient beaucoup dans tous les sens, sans parler des pélerins et des marchands).

La course62 barbaresque63 était en déclin ; il y avait de moins en moins d’esclaves chré­tiens à Alger (en 1830, les Français en libérèrent quelques centaines, contre 25.000 vers 1650). Du fait de sa position géographique, la Tunisie commerçait pas mal avec l’Europe comme avec le reste de l’Empire Ottoman, ainsi on y fabriquait des chéchias avec des laines espagnoles et des teintures portugaises, que les commerçants tunisiens vendaient ensuite dans tout l’Empire Ottoman — il y avait 15.000 artisans chawachî, et cette production rapportait le tiers des revenus des douanes. Les échanges maritimes avec le reste de l’Empire étaient aux mains de G/grecs, mais à Istanbul le commerce des chéchias était aux mains de Tunisiens.
Le Maroc64, pays entièrement musulman et de culture écrite arabe mais où les Arabes étaient (sont toujours ?) minoritaires, était indépendant de jure ; c’était une société très archaïque, très fermée aux influences européennes (il faut dire que depuis le XVe siècle celles-ci prenaient essentiellement la forme d’agressions espagnoles et portugaises !). Entre autres choses, il ne commerçait pratiquement pas avec l’Espagne voisine. Le sultan, fort de sa qualité de chérif (des­cendant du Prophète), était à la fois dirigeant politique et religieux (il portait le titre religieux de « com­man­deur des croyants », issu à l’origine de la titulature cali­fale). Il était choisi par la noblesse à l’intérieur de la vastissime famille régnante ; le contrôle des zones rurales, et notamment de la vaste montagne berbère, était tout aussi indirect qu’en Algérie.
L’ensemble des régions musulmanes était très sous-peuplé par rapport à l’Europe chré­tienne, notamment pour des raisons épidémiologiques : la peste, entre autres, y était endé­mique, alors qu’en Europe la dernière peste importante avait été celle de Marseille en 172065. L’Égypte n’avait que 4,5 millions d’habitants, contre 30 pour la France (aujourd’hui : 82 contre 63) ; l’Empire ottoman était aussi peuplé que l’Espagne et l’Italie réunies. Une seule exception importante, grosse de déséquilibres et de tensions futures : la natalité des chrétiens d’Orient était nettement plus vigoureuse que celle des musulmans.
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