Premier épisode








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Jules Mary

La revanche de

Roger-la-Honte

BeQ

Jules Mary

La revanche de Roger-la-Honte

La Bibliothèque électronique du Québec

Collection À tous les vents

Volume 775 : version 1.0

Du même auteur, à la Bibliothèque :

La Pocharde

Les filles de la Pocharde

Roger-la-Honte

Roger-la-Honte a paru en feuilletons dans Le Petit Parisien (1886-1887) avant d’être édité et réédité en volumes jusqu’à récemment et même en collection de poche. Le roman a été adapté au théâtre et au cinéma.

Roger-la-Honte a pour suite : La revanche de Roger-la-Honte.

La revanche de Roger-la-Honte

Édition de référence :

Robert Laffont, coll. Bouquins, 2001.

Premier épisode



I


À deux kilomètres et demi de la station de Saint-Rémy, est le village de Chevreuse, qui donne son nom à la vallée.

C’est un village assez irrégulièrement bâti, dont la moitié est éparpillée dans le fond de la vallée, dont une partie s’allonge le long de la rive de l’Yvette, et dont les autres maisons sont accrochées au flanc du coteau que dominent les ruines intéressantes du château de Chevreuse.

Il y a nombre de maisons de campagne autour du village, quelques-unes habitées l’hiver comme l’été – la plupart, l’été seulement.

Une de ces villas, très élégante, flanquée de deux tourelles au toit en éteignoir, et perdue dans un parc de haute futaie de chênes, était à vendre depuis quelque temps quand, tout au début du printemps 1884, dans le mois de mars, le bruit courut à Chevreuse, à Saint-Rémy et dans les environs que le « château » était vendu à un certain William Farney, un Américain très riche.

Les paysans purent voir, pendant tout le mois d’avril, des ouvriers au château, puis, vers la fin du mois, des voitures de déménagement apportant de Paris un luxueux mobilier.

Dans les premiers jours de mai, tout était prêt ; les domestiques étaient installés puis les chevaux et les voitures, un landau, un coupé, un grand break et une petite charrette anglaise pour les déplacements de chasse. On n’attendait plus que le maître de la maison.

Un jour, descendirent à la gare de Saint-Rémy, à deux heures trente, deux personnes, un homme et une jeune fille.

L’homme était de haute taille, d’apparence très vigoureuse et, quoique jeune encore, il avait les cheveux blancs ; sa barbe aussi, qu’il portait tout entière, était blanche ; il eût été difficile du reste, de lui assigner un âge certain sans crainte de se tromper, car, malgré les cheveux blancs, l’allure, la façon de porter la tête, tout indiquait que cet homme n’avait guère plus de quarante-cinq ans. Le front était large, les yeux noirs semblaient doux, mais une terrible blessure donnait je ne sais quelle physionomie étrange et dure au visage : tout un côté de la figure, en effet, avait été brûlé, et, de ce côté, la barbe avait repoussé plus clairsemée.

La jeune fille pouvait avoir une vingtaine d’années. Grande, élégante, svelte, elle était fort jolie, non point de cette beauté ordinaire qui consiste en des traits réguliers. Elle avait mieux que cela : une physionomie d’une distinction rare, des yeux magnifiques, bleus, mais d’un bleu particulier, presque de la couleur de l’ardoise, avec des cils et des sourcils noirs. Elle était blonde, d’un blond chaud, ardent ; sa chevelure gênante tant elle était épaisse et longue, entourait comme d’une auréole d’or, un frais et fin visage, un peu allongé, au nez droit, aux lèvres rouges, aux tempes très aplaties et au menton légèrement accusé – ces deux derniers signes trahissant une grande énergie, une grande force de caractère. Elle était vêtue simplement, – ainsi que l’homme qui l’accompagnait.

Lorsqu’ils descendirent de leur compartiment de première, le chef de gare les salua. Il reconnaissait l’homme pour l’avoir vu à la station plusieurs fois déjà ; c’était William Farney, le nouveau propriétaire du château de Maison-Blanche ; quant à la dame, le chef pensa que c’était sa fille.

Sir William connaissait son chemin, sans aucun doute, car il n’hésita pas devant les sentiers qui se croisaient devant lui.

En sortant de la gare, il laissa Saint-Rémy sur la droite, tourna à gauche, longea le remblai du chemin de fer et gagna une avenue plantée de marronniers superbes et qui conduisait à l’un des nombreux châteaux de la région, – le château de Coubertin. Au bout, commence le mur du parc.

Le père et la fille quittèrent l’avenue pour traverser une prairie et prendre une allée de peupliers. Au bout de cette avenue se voyait Maison-Blanche.

Le père et la fille s’arrêtèrent un moment.

Il y avait un banc de pierre entre deux peupliers, à l’endroit où l’avenue rejoignait la route.

Ils allèrent s’y asseoir.

Puis William Farney adressa, en anglais, la parole à sa fille.

– Seras-tu heureuse ici, ma chère enfant ?

– Je le crois, mon père : le pays est adorable.

– Du reste, Paris est à deux pas et tu penses bien que je ne t’ai pas conduite ici pour t’exiler et t’apprendre la solitude.

– Oh ! mon cher père, partout où vous êtes, l’ennui ne vient jamais. Je me passerais du monde aisément.

– Oui, Suzanne, je le sais, mais tu as besoin de plaisirs et je ferai tout mon possible pour te procurer des distractions.

– Vous êtes bon.

Le soleil éclairait ardemment le château, plus blanc à cette distance parce qu’il ressortait sur le vert sombre de la haute futaie des chênes.

– Oui, mon père, fit la jeune fille en s’appuyant sur le bras de William Farney, je serai heureuse ici, très heureuse.

William regarda sa fille tendrement, et il étouffa un soupir.
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