Bibliographie Avant-propos La vie et l'intelligence, deux questions qui se posent à l'homme depuis toujours. Pourquoi la vie ? Sommes-nous les seuls êtres intelligents ?








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LA VIE ARTIFICIELLE :

RÊVE OU RÉALITÉ ?

LESEUL Benoît 6eF

Année 1998-1999

Ecole Notre-Dame des Champs, rue Edith Cavell 143, 1180 Bruxelles

Sommaire


Avant-propos

1. Intro

1.1. Introduction
1.2. Définitions

1.2.1. Intelligence artificielle
1.2.2. Vie artificielle

2. Historique

2.1. Les pionniers

2.1.1. Alan Turing
2.1.2. John von Neumann

2.2. Aujourd'hui

3. Les principes

3.1. La reproduction
3.2. La transmission d'un patrimoine génétique de génération en génération
3.3. L'auto-réparation
3.4. L'évolution (mutations et croisements)
3.5. La mort
3.6. L'individualité des cellules
3.7. L'intelligence collective

4. L'avenir

4.1. Les applications
4.1. Les dangers


Bibliographie
 

Avant-propos


La vie et l'intelligence, deux questions qui se posent à l'homme depuis toujours.

Pourquoi la vie ? Sommes-nous les seuls êtres intelligents ? Cela rejoint les grandes questions sans réponse : « Qui sommes-nous? D'où venons-nous? Où allons-nous? » Ces questions n'auront probablement jamais de réponse, mais nous ne cesserons jamais de nous les poser.

Depuis la nuit des temps, l'homme cherche les réponses, crée sans cesse de nouveaux contes, de nouvelles légendes, de nouvelles religions, tant d'explications qui ne le satisfont que peu de temps et il recommence à chercher une explication.

De nos jours, on tente de trouver l'explication de manière scientifique. La méthode scientifique, qui consiste à faire des expériences et à en tirer des conclusions s'adapte très bien à ces questions. Quelle meilleure manière que recréer la vie pour la comprendre? Quelle meilleure manière de comprendre "comment nous comprenons" qu'en tentant de reproduire les mécanismes de notre pensée? L'étude de l'apparition de la vie peut conduire à un début de réponse à "D'où venons nous" tandis que celle de l'intelligence et son futur développement à  "Où allons-nous". Pour la troisième question, il faudrait sans doute avoir la réponse aux deux autres, et c'est là que se trouve le lien entre ces deux questions pourtant contradictoires.

Dès les débuts de l'informatique, des gens ont pensé à utiliser ce formidable outil pour réaliser ces expériences et on peut même dire que ce sont les deux raisons qui ont poussé à son développement. Pourtant, depuis plus de 50 ans, alors qu'on découvre chaque jour de nouvelles applications à l'informatique, ces recherches n'ont toujours pas abouti.

D'une part, on a tenté de reproduire la pensée humaine ou tout au moins de la simuler et de donner l'impression à l'utilisateur qu'il fait face non pas à une machine mais à une créature intelligente. On peut dire qu'on a fait de grands pas dans ce domaine ces dernières années avec par exemple le célèbre Deep Blue, capable de battre le champion du monde d'échecs.

On peut donc dire que dans le domaine mathématique et stratégique, l'intelligence humaine est dépassée par celle de la machine. Mais du point de vue "émotionnel", on n'est nulle part.

D'autre part, depuis la théorie de Darwin sur l'évolution, les chercheurs ont toujours rêvé de pouvoir recréer les conditions initiales d'apparition de la vie. L'ordinateur leur en donne aujourd'hui la possibilité. Ils tentent ainsi de comprendre les mécanismes d'évolution qui font que d'une cellule de base on puisse obtenir des organismes aussi complexes que l'homme.

1. Introduction

1.1. Introduction

Avant de parler de vie artificielle, ou d'intelligence artificielle, il faudrait définir
- le concept de vie
- le concept d'intelligence


Vie : Ensemble des phénomènes (nutrition, assimilation, croissance, reproduction, ...) communs aux êtres organisés et qui constituent leur mode d'activité propre, de la naissance à la mort.(...) (LAROUSSE)


D'après cette définition, le fait d'être vivant implique la capacité de nutrition, c-à-d la recherche de sources d'énergie, la capacité d'assimilation, c-à-d de transformer cette énergie pour reconstituer leur propre substance, la capacité de croissance, c-à-d de se développer, de grandir et la capacité de reproduction, ce qui est peut-être le plus important. En effet, sans reproduction, pas d'évolution possible. Et le fait de se reproduire induit également le fait de mourir pour une simple question d'espace vital. Pour l'instant, en matière de vie artificielle, ce qui correspond peut-être le plus à cette définition est probablement le virus informatique.


Intelligence : (...) aptitude à s'adapter à une situation, à choisir en fonction des circonstances ; capacité de comprendre, de donner un sens à telle ou telle chose (...) (LAROUSSE)


L'intelligence serait donc principalement la faculté d'adaptation et de choix, ce qui est facilement réalisé par la plupart des robots créés actuellement mais également la capacité de comprendre et de donner un sens aux choses, ce qui est beaucoup plus compliqué.

1.2. Définitions

1.2.1. Intelligence artificielle

L'intelligence artificielle est une science dont le but est de doter une machine d'une pensée similaire à la pensée humaine ou simplement d'en donner l'illusion.

1.2.2. Vie artificielle

La vie artificielle est une tentative de reproduire le "vivant" dans des conditions initiales définies et à partir de mécanismes simples.



2. Historique

2.1. Les pionniers

Lorsque les premiers véritables ordinateurs polyvalents ont été construits durant la dernière guerre mondiale, simultanément en Angleterre avec Alan Turing et son équipe chargée du décodage des messages cryptés allemands, et aux Etats-Unis pour faire des calculs balistiques (ENIAC) et analyser des projets militaires comme la bombe A (projet auquel participait John von Neumann). On peut considérer que ces deux personnages sont les principaux pères de l'informatique et qu’ils ont posé les bases de la vie artificielle.

2.1.1. Alan Turing

Alan Turing est né en Angleterre en 1921. Ses parents étant fonctionnaires de l'Empire des Indes, il passe son enfance dans les pensionnats anglais. Il prend goût aux mathématiques et aux sciences mais est un véritable cancre. Tout à coup, en dernière année il remonte dans toutes les matières et parvient à décrocher une bourse à Cambridge. Il devient rapidement un mathématicien renommé et s'intéresse aux "machines intelligentes" car pour lui, calculer c'est penser. Ces machines ne servent pas seulement à faire des calculs, il suffit de savoir écrire le programme pour lui faire exécuter n'importe quelle tâche intellectuelle.

En 1937, il commence à construire un multiplicateur utilisant la numération binaire (c-a-d un ancêtre de l'ordinateur actuel) qu'on appellera plus tard Machine de Turing.

En 1939 il est engagé aux services secrets où il sera chargé du décryptage des communications codées par les Allemands grâce à leur célèbre machine Enigma. La machine de Turing convient parfaitement à cette tâche et dès 1941 les Anglais peuvent déchiffrer toutes les communications allemandes avec seulement un jour de retard. C'est grâce à la connaissance des intentions allemandes que l'Angleterre résistera et gagnera la guerre.

Mais ces machines n'étaient pas de vrais ordinateurs, il fallait les modifier chaque fois que les Allemands changeaient leur code. Or, ce qu'Alan Turing voulait c'était une "machine universelle".

En 1943, lors d'un voyage aux Etats-Unis, il présenta son projet : "Ce qui m'intéresse, ce n'est pas de développer un cerveau puissant. Ce que je vise, c'est un cerveau médiocre, quelque chose comme celui du président de l'AT&T (compagnie de téléphone américaine). Mon objectif, c'est de fournir à la machine toutes les données sur les cours de la bourse et des matières premières, puis lui poser simplement la question : dois-je acheter ou vendre? ".

Après la guerre, ayant acquis quelques connaissances en électronique, il pense alors à utiliser des composants électroniques pour son projet de machine universelle. Il établit alors le projet complet de sa machine en insistant sur les possibilités d'extension et d'amélioration de sa machine qu'il considère comme un noyau de première génération.

En 1948, malgré l'argent du gouvernement et les nombreux militaires et industriels intéressés, aucun composant n'est encore en place et il démissionne du laboratoire national de physique. Une version simplifiée de sa machine verra finalement le jour en 1950.

A la même époque, il écrit le célèbre article "Computing Machinery and Intelligence" qui est en quelque sorte la charte de l'intelligence artificielle. Il déclare que certaines caractéristiques humaines peuvent parfaitement être imitées par une machine et que les mécanismes de l'intelligence peuvent être décrits comme une succession d'opérations logiques élémentaire, s'opposant à l'opinion générale des scientifiques de l'époque pour lesquels un ordinateur n'est qu'un boulier compteur très perfectionné ne servant qu'à soulager le scientifique de calculs harassants.

En 1952, Turing est condamné pour avoir eu une "relation" avec un garçon de 20 ans et il doit se soumettre à un implant d'hormones censées "normaliser ses pratiques sexuelles". Il se suicidera au cyanure en 1954 sans que son projet ait vraiment vu le jour et reste pratiquement inconnu jusqu'à ce qu'en 1975 le voile soit levé sur ses réalisations (car ses travaux étaient considérés comme secrets militaires, ce qui causa d'ailleurs le retard définitif de l'Angleterre sur les USA dans le développement des ordinateurs alors qu'ils étaient pourtant à la pointe du domaine en 1943).

2.1.2. John von Neumann

John von Neumann était un véritable génie. Né en 1903 à Budapest dans une famille de riches banquiers, il est capable à six ans de diviser mentalement des nombres de 8 chiffres et de tenir une conversation en grec ancien.

A 18 ans, il est reconnu comme un mathématicien professionnel et il passe des doctorats dans différentes universités d'Europe sans jamais y avoir mis les pieds avant les examens. A partir de 1927, il commence à enseigner à l'université de Berlin.

En 1930, alors que les persécutions antisémites débutent, il part aux Etats-Unis, invité par l'université de Princeton où sa réputation l'a précédé. Il s'attaque à l'étude du problème de la turbulence des fluides, qui lui servira plus tard pour l'élaboration de la bombe A.

C'est en 1943 qu'il rejoint le "projet Manhattan". A ce moment se pose le problème de la simulation de l'implosion de la bombe. Cela nécessite plus d'un milliard d'opérations arithmétiques simples. Des dizaines de calculateurs manuels (ou plutôt calculatrices) se mettent à la tâche tandis que l'équipe achète des calculateurs IBM à cartes perforées, ce qui va à peine plus vite, l'équipe de calcul manuel s'amusant d'ailleurs à faire la course avec ces machines.

John von Neumann trouve l'utilisation de ces machines extrêmement frustrante, il faut en effet enficher sans cesse un fouillis incroyable de câbles et presque un résultat sur trois est erroné. Il s'intéresse donc au développement de nouvelles machines plus performantes.

Il collabore alors à l'ENIAC, le premier ordinateur digital électronique mis au point à l'université de Pennsylvanie. Grâce à ses tubes électroniques il met quelques minutes à réaliser des calculs prenant plusieurs jours sur les machines à cartes perforées ou à la main. Mais les opérations manuelles pour enficher le programme sont encore plus complexes. C'est là qu'il a "l'idée" : au lieu de câbler la machine d'une manière différente pour chaque opération, il vaudrait mieux utiliser un langage d'instructions permettant d'exécuter toutes ces opérations.

C'est ainsi qu'en juin 1945 il réalise le premier programme informatique de l'histoire... juste après que les derniers calculs sur la bombe A aient abouti. Il s'en est donc fallu de très peu que le premier ordinateur moderne soit responsable de l'entrée du monde dans l'ère atomique.
Après la guerre, tout en continuant sa collaboration avec la recherche militaire, il reprend ses études sur l'écoulement des fluides, considérées à l'époque comme trop complexes. Il pense que l'ordinateur pourra l'y aider. C'est là qu'il se rend compte que l'ordinateur est parfait pour réaliser des choses complexes, et qu'y a-t-il de plus complexe que la vie ?


Il commence alors à réaliser les plans d'une machine "vivante" : Un automate universel pouvant se reproduire constitué de trois organes : un corps cubique, un appendice situé à la base contenant le génome de la machine lui permettant de se répliquer et un "bras" permettant d'effectuer la construction. Le tout étant constitué de 200 000 petites cellules capables d'adopter 29 valeurs différentes.

Il est malheureusement mort en 1957 avant même d'avoir terminé les plans de sa machine. Le plus étonnant est sans doute que six ans plus tard, des chercheurs américains découvrent la structure de l'ADN biologique : la reproduction au niveau moléculaire se déroule presque exactement comme dans l'automate moléculaire universel de von Neumann...

2.2. Aujourd'hui

De nos jours, de nombreux chercheurs s'occupent de la vie artificielle dans le monde entier, mais on en observe une importante concentration au Nouveau-Mexique (USA), plus précisément au Santa Fe Institute.

Située à 2000m d'altitude, Santa Fe est entourée de montagnes et de stations de ski. L'une d'elles, Los Alamos est bien connue : c'est là que les premières bombes atomiques ont été conçues, notamment par un certain ... John von Neumann.

A Santa Fe, Christopher Langton a repris ses travaux inachevés. Depuis qu'il est tout petit, Chris Langton est fasciné par l'évolution. Dans les années 80, il s'attaque à l'idée de la machine universelle de von Neumann, mais se rend vite compte qu'elle est trop compliquée.

Sa machine à lui ne comptera qu'une centaine de cellules en deux dimensions. Elle est composée d'un carré dont un des côtés se prolonge par un bras. Les informations génétiques se trouvant au cœur du carré ordonnent au bras de s'allonger, ou de tourner vers la gauche. A la fin, le bras finit par former un nouveau carré qui se détache alors pour commencer à construire un bras qui formera un nouveau carré et ainsi de suite ...

C'est le tout premier organisme artificiel non théorique capable de se reproduire en transmettant son patrimoine génétique à ses descendants, ce patrimoine génétique comportant les informations nécessaires pour une nouvelle reproduction.

Nous sommes en 1987. Chris Langton décide alors de réunir tous les scientifiques du monde entier s'occupant de près ou de loin des mécanismes de la vie et de leur reproduction sur ordinateur dans un lieu symbolique : le laboratoire de Los Alamos, celui du père fondateur.

Ce congrès est le point de départ de la formidable explosion des recherches sur ce sujet. Cette approche pluridisciplinaire intéresse beaucoup de monde et des centaines de chercheurs dans tous les domaines de la science : biologie, physique, chimie, mathématiques, informatique, mais aussi des domaines plus inattendus comme les sciences cognitives, les sciences de l’apprentissage, en fait aucun domaine n’y échappe.

La révolution de la vie artificielle, c’est surtout la réconciliation entre toutes ces sciences. Depuis des décennies tous ces chercheurs ne s’occupaient que de leur domaine à eux. La vie artificielle leur a fait réaliser qu’ils faisaient partie d’un grand tout. Le plus étonnant est que c’est un des principes de la vie artificielle : le tout est plus que la somme des parties.

Une autre idée défendue par Langton : artificiel ne veut absolument pas dire faux, mais « fait par l’homme » et il répète inlassablement que si la lumière d’une ampoule est artificielle, c’est pourtant de la vraie lumière.



3. Les principes

3.1. La reproduction

La reproduction est la base de la vie. Quelque chose qui ne se reproduit pas n'est pas vivant.

3.2. la transmission d'un patrimoine génétique de génération en génération

Pour que la reproduction soit possible, il faut que le plan de l'organisme soit communiqué aux descendants.

3.3. l'auto-réparation

Si l'organisme possède son plan, il doit être capable de se reformer à partir d'une seule cellule

3.4. L'évolution (croisements et mutations)

Les mutations doivent être possibles (les croisements, eux, ne peuvent avoir lieu qu'en cas de reproduction de type sexuée) et les nouvelles formes qui ne sont pas adaptées doivent disparaître, ce qui conduit à...

3.5. La mort

A partir du moment où un organisme se reproduit, et ce dans un espace limité, le milieu de vie arrive assez rapidement à saturation et certains organismes doivent êtres éliminés. Dans la vie réelle, ce sont les vieux ou les malades, dans la vie artificielle, ce sont ceux qui sont les moins adaptés.

3.6. l'individualité de chaque cellule

Chaque cellule doit posséder le plan complet de l'organisme et doit pouvoir le reformer seule. Il faut éviter ici que ce soit une "super entité" qui connaisse tout et que les cellules soient uniquement des exécutants

3.7. l'intelligence collective

Les cellules ne sont pas intelligentes, c'est le tout qui le devient par un phénomène encore inexpliqué appelé émergence, c-à-d qu'à partir de petits organismes faisant la même chose mais sans se préoccuper de ce que font les autres, on arrive quand même à une sorte d'auto-organisation, qui n'est absolument pas prévue. L'exemple parfait est la fourmilière : une fourmi seule n'est rien et ne sait pas comment construire une fourmilière, pourtant, lorsque chaque fourmi apporte sa brindille et la dépose n'importe où, ça finit par former une fourmilière.

4. L'avenir

4.1. Les applications

Si la vie artificielle est apparue par la convergence de toutes les sciences, elle peut fournir un nombre illimité de solutions inédites et ce dans tout les domaines.

On pense par exemple à CyberLife, concepteur de Créatures, un jeu basé sur les principes de la vie artificielle qui fabrique également des logiciels embarqués pour les systèmes aéronautiques, endroit où la fiabilité est cruciale et où la vie artificielle fait des merveilles grâce aux facultés d'auto-réparation des programmes.

Les algorithmes génétiques pourraient également servir à trouver de nouvelles molécules dans la recherche pharmaceutique grâce à leur possibilité de mutations infinies.

La vie artificielle peut aussi servir d'outil d'optimisation puisque dans un environnement donné, la ou les meilleures solutions finissent toujours par émerger sans aucune intervention extérieure.

Une application à laquelle on ne pense pas toujours mais qui en fait est probablement la plus fréquemment utilisée : la conception des virus informatiques. N'est-ce pas tout simplement le meilleur exemple? Aujourd'hui, les virus informatiques se reproduisent, peuvent muter, se camoufler, se transformer de génération en génération, infecter tous les ordinateurs mis en contact par n'importe quel moyen. On peut évidemment objecter que "un virus ce n'est pas vivant", question à laquelle on n'aura jamais de réponse tant qu'on ne saura pas distinguer ce qui est vivant de ce qui ne l'est pas. La meilleure preuve que les ordinateurs ont quelque chose de vivant en eux n'est-elle pas qu'ils peuvent être parasités?

4.2. Les dangers

Il y a actuellement deux dangers, deux dérives possibles qui semblent opposées mais qui peuvent en réalité se déclencher à tout moment et simultanément. Le premier danger est simple, il tient tout simplement à la sécurité. Les lois d'Asimov ne sont déjà plus respectées, elles ne l'ont jamais été. Une usine automatique ne s'arrêtera pas si un homme est entraîné dans le mécanisme...

A ce niveau là, le danger n'est pas énorme. Mais appliqué à une machine contrôlant beaucoup trop de choses, influençant la vie de la planète entière, cela peut devenir catastrophique.

N'importe quelle forme de vie un rien intelligente risque (pas tellement à tort d'ailleurs) de trouver que l'espèce humaine est nuisible et doit être exterminée. Remarquons que cela ne vaut pas uniquement pour la sécurité militaire, on peut aussi penser à des désastres écologiques provoqués par des machines ne se souciant absolument pas des paramètres environnementaux parce que programmées pour faire du profit dans la logique économiste.

Tout cela, ce sont en fait les défauts de leur concepteur : l'homme, formidablement multipliés par la puissance de la machine, et qui à cette échelle peuvent causer des dégâts irréversibles à un pays ou à la planète entière. De plus, quoi qu'on en dise, une machine est plus dangereuse qu'un homme pour un autre homme car uniquement basée sur la logique. On ne peut pas la convaincre comme on peut convaincre un preneur d'otages de lâcher son arme.

Quand on parle de l'avenir, il est assez difficile de trouver de la documentation. Heureusement, le cinéma et la littérature ne manquent pas d'exemples de catastrophes possibles. Remarquons que ces dernières années le sujet est moins à la mode et que les catastrophes biologiques (Virus, mutations génétiques provoquées par des hommes sans scrupules) ou les attaques extraterrestres sont plus utilisées, peut être parce qu'elles sont moins probables en réalité. Analysons-en quelques uns et voyons si ces scénarios sont plausibles.

Qui n'a jamais entendu parler de Terminator, ce film où l'ordinateur contrôlant la défense nucléaire américaine et la plupart des installations de l'armée décide de se passer des hommes en provoquant l'holocauste nucléaire sur toute la planète et traquant les survivants à l'aide d'une véritable armée de robots monstrueux. Ces machines on même réussi à réaliser un des plus grands rêves de l'humanité : la machine à voyager dans le temps. Un petit problème seulement : elle, ne peut envoyer dans le passé que des organismes humains (ceci est la partie un peu irréaliste du film car ils envoient un robot recouvert de peau humaine et ça marche !) Le reste du film se passe dans les années 80 et n'est donc pas intéressant

Analyse : Mis à part le côté science-fiction, ce risque existe malheureusement, bien que fortement atténué aujourd'hui par la disparition des 2 blocs de la guerre froide. Il est peu probable que l'armée américaine ait encore aujourd'hui les moyens de développer un système similaire. Elle n'en a d'ailleurs plus besoin, les Etats-Unis n'ont plus d'ennemi (à part de temps à autre lors des périodes électorales et récemment lors de scandales affectant le président). Le danger n'est pas écarté pour autant, il suffit d'un rien pour que les Etats-Unis trouvent un nouvel ennemi.

On peut aussi penser à 2001 : Odyssée de l'espace où l'ordinateur central (HAL) d'un vaisseau d'exploration spatiale se débarrasse des hommes d'équipage un à un. Jusqu'à ce qu'on le débranche de justesse. N'est-il pas touchant de constater qu'au fur et à mesure que sa mémoire se vide, il régresse mentalement pour en arriver au stade de "bébé" où il se met à chanter une chanson, première chose que les techniciens l'ayant construit lui avaient appris. Une remarque amusante : si on déplace chaque lettre de son nom d'un cran dans l'alphabet, on obtient IBM, considérée jusqu'il y a peu comme une menace de par sa position dominante dans le secteur informatique. D'après les créateurs du film, c'est une coïncidence tout à fait fortuite.

Analyse : A part la date (2001) paraissant un rien optimiste, des machines capables d'apprendre à parler ou à chanter sont aujourd'hui une réalité. De là à les mettre dans un vaisseau spatial comme ordinateur central et à l'envoyer vers Jupiter alors que l'homme a bien du mal à dépasser la Lune et que l'exploration de Mars est sans cesse reportée... On peut penser que vers le XXIIe siècle ce devrait être possible. Le scénario, lui reste toujours d'actualité. Les concepteurs de systèmes intelligents devront en tout cas réfléchir à ce problème

 

Bibliographie

Livres


HEUDIN Jean Claude, "La vie artificielle",  Editions Hermes, Paris, 1994

(Collectif), "LA RECHERCHE en intelligence artificielle", Editions du Seuil, LA RECHERCHE, Paris, 1987

Articles


WALLICH Paul, "Remembrance of future past" in SCIENTIFIC AMERICAN, USA, Janvier 1997 : Analyse du livre "HAL's Legacy: 2001's Computer as Dream and Reality" de DAVID G. STORK., MIT Press, USA 1997.

HORGAN John, "From Complexity to Perplexity" in SCIENTIFIC AMERICAN, USA, Juin 1995

DEWAELE Pierre, "La vie artificielle : utopie ou réalité" in ATHENA, Bruxelles, n°94, Octobre 1993, PP 14 à 18

LE CORFEC Jean-Michel, "Biowatch : la montre qui s'auto-répare" in SCIENCES & AVENIR, Paris, Juin 1997, PP 70-71

Encyclopédies et dictionnaires


"ASIMOV (Isaac)" in Encyclopædia Universalis, France, 1995 (CD-ROM)
"PENSEE" in Encyclopædia Universalis, France, 1995 (CD-ROM)
"ROBOTS" in Encyclopædia Universalis, France, 1995 (CD-ROM)
"VIE" in Encyclopædia Universalis, France, 1995 (CD-ROM)
"INTELLIGENCE (artificielle)" in LE PETIT LAROUSSE, France, 1995
"VIE" in LE PETIT LAROUSSE, France, 1995

Internet


Cyberlife : Société de logiciels et jeux basés sur la vie artificielle et l'apprentissage
http://www.cyberlife.co.uk
(consulté le 09/12/1998)

L'hebdo N°1 - Vie artificielle, Janvier 1996
http://www.webdo.ch/hebdo/hebdo_1996/hebdo_01/viart_01_sommaire.html
(consulté le 16/09/98)

Santa Fe Institute (Institut de recherche américain)
http://alife.santafe.edu/
(consulté le 09/12/98, en cours de rénovation)

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