Mes premières impressions sur ces jeunes qui ont la parole








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Fourché, Élise, MAC




L'odeur de musc de la peinture à l'huile



Novembre 2012, les JOP reprennent. Sous la pyramide du Louvre fourmillent les médiateurs dans leur traditionnel costume orange et noir. Dix-neuf heures passées, c'est la dispersion. J'imagine que chacun va retrouver l'œuvre avec laquelle il a choisi de passer la soirée. Il ne reste que quelques jeunes médiatrices qui guident les visiteurs vers les différentes ailes du musée, et les préparent à rencontrer "les étudiant-qui-ont-la-parole".  La parole certes, mais pas que… ! Car cette année, le Louvre a fait venir des étudiants d'arts appliqués pour proposer des dispositifs de médiations en binôme avec ceux des médiateurs-dialogueurs. C'est alors que la médiation, dans ce lieu sacré de l'Art, essaie d’activer nos sens par d'autres moyens que celui des mots.

Arrêtés dans leur course folle, mes yeux se ferment un moment dans un couloir de peintures françaises, pour que mon nez, que par ailleurs j'avais oublié, puisse être exceptionnellement le premier à rencontrer une toile. Deux étudiants de Duperré nous font sentir, à mes compagnons de route et moi, la surface d'un soyeux oreiller. À mesure que nous nous emparons du parfum, ils nous interrogent sur ce que cette fragrance évoque pour nous. Féminité, coquetterie, orient, sensualité... Nous tâtonnons avec ce que nos narines nous laissent entrevoir. Les deux partenaires, apparemment contents de ce qui, il me semble, fut leur première expérimentation de la soirée, nous ramènent sur nos pas. Une fois de plus c'est à nous de jouer, nous devons relier nos représentations sensorielles avec l'œuvre originelle en fouillant les lieux du regard. Tragique découverte ! Cette suave odeur de musc n'est autre que le parfum d'une femme assassinée dans ses draps ! Une fois devant « Le Coucher de Desdémone » peinte par Théodore Chassériau d'après Othello de William Shakespeare, le duo passe le relais à une autre médiatrice. Et là, malheur! Notre voyage se heurte au discours. Bien que dynamique, incollable et plutôt à l'aise à l'oral, l'étudiante que nous rencontrons là rompt brutalement avec le précédent dispositif de médiation. Je constate alors que ce qui aurait pu être une équipe dont le principe reposerait sur un parcours à étapes est en réalité la confrontation malheureuse entre un dispositif expérimental et une méthode discursive traditionnelle.

Cette rencontre entre médiateurs aux univers culturels divers aurait peut-être été plus réussie si les étudiants avaient pu se rencontrer et se préparer ensemble. Ou alors,  on laisse les étudiants en design aller jusqu’au bout de leurs dispositifs, et sur d’autres d’œuvres on retrouve des médiateurs-parleurs (puisque dialogue il n’y a pas systématiquement). Car j’ai vu quelques fois certains d’entre eux déstabilisés et  ne sachant où se mettre, ni même ce qu’ils pouvaient encore se permettre de dire sans envahir la médiation de l’autre.

Cette nocturne fut tout de même un moment de plaisir et de découverte. Les visiteurs surpris se prenaient au jeu, grimpaient sur des tabourets, s’arrêtaient pour écouter de la musique et se penchaient pour sentir le contenu de boîtes qu’on leur tendait. Incontestablement cette nouvelle initiative de la part du Louvre a donné un nouveau souffle aux JOP.

Gastineau, Alice, AP




Jeunes Maîtres de Renaissance[s] au Louvre



Les nocturnes "Les Jeunes ont  la parole" constituent un dispositif de médiation autour de différentes œuvres du Louvre. Ces soirées sont un exercice de parole, de dialogue entre des étudiants en art et entre des visiteurs, initiés ou non.

Il s'agit, lors d'un instant plus ou moins court, plus ou moins long, d'établir une conversation, une rencontre, un moment intime et privilégié entre les trois protagonistes que sont le visiteur, l’œuvre et le médiateur. Une sorte d'échange tacite se met en place.

Plusieurs formes de médiation, visuelles, tactiles ou orales, sont proposées selon la formation des étudiants, allant de la licence d'Histoire de l'Art au BTS Multimédia.

Les œuvres autant que le lieu en lui-même semblent sortir "de la poussière" et renaître sous plusieurs angles et sous plusieurs regards. Elles semblent renaître différemment à chaque nouveau regard de visiteur qui se pose sur elles.

Ainsi, tous ces points de vues démultipliés révèlent que les œuvres détiennent autant de vies et de significations possibles qu'elles ont de spectateurs.
Gille, Hélène, AP

 

Une expérience à la fois enrichissante et déconcertante


 

Dès notre arrivée dans la galerie des peintures du Nord, nous sommes invités par un étudiant de l'école Estienne à participer à une médiation de l'oeuvre de Rembrandt, "Le boeuf écorché", daté de 1655. Deux types de médiation s'offrent alors à nous : une par le biais de la parole, et une seconde par le biais de propositions plastiques en corrélation avec l'oeuvre médiée. Le concept nous séduit. Les projets artistiques sont plutôt convaincants  notamment cette boîte conçue par une élève de l’Ecole Estienne, constituée de dentelles, de textiles, de laine évoquant la matière des viscères de l'écorché. La préciosité de la chair anatomique contenue dans la boîte semble répondre à la crudité de la vanité. Le médiateur est situé spatialement de manière à faire entrer en relation le bœuf, Bethsabée et les portraits de Rembrandt, sculptant le spectateur  comme pour l'obliger à accepter la vacuité de son existence terrestre. Séduits par cette première intervention, nous continuons notre déambulation jusqu'à nous trouver devant "Le Triomphe de l'Amour", peinte entre 1625 et 1633, avec entourage de fleurs de Daniel Seghers et Domenico Zampieri, oeuvre qui attire d'autant plus notre attention qu'elle nous est inconnue. Deux étudiantes de l'école Duperré présentent leurs propositions plastiques qui ont trait au caractère aléatoire des angelots au centre de la couronne mais, incapables de nous fournir des explications sur l'oeuvre, nous renvoient vers une tierce médiatrice. L'étudiante en Master "Concevoir des  projets éducatifs et culturels", peu engageante et pas engagée, nous donne presque l'impression d’être dérangée par notre sollicitation. Ses indications sur la composition de l'oeuvre sont pour le moins succinctes, sans consistance ni saveur. S’ensuivront d'autres interventions du même ton. Nous finissons par nous interroger sur le manque de médiateurs compétents et nous apprenons que chaque binôme de médiation devait à l'origine être constitué d'un plasticien et d'un médiateur de formation, mais qu’un manque cruel de médiateurs n’a pas permis de constituer autant de duos que prévu. Malgré ce petit « hiatus », nous finissons notre visite sur une intervention passionnante d'une étudiante de l'Ecole du Louvre, dans la salle consacrée à Poussin. De plus, elle a la gentillesse de répondre à bon nombre de mes questions sur les difficultés d'adaptation des médiations aux différents publics et de nous éclairer sur les différents rapports à l'exercice de médiation dont nous avions été témoins précédemment.
Gozlan, Daphné, AP

« Les Jeunes ont la Parole et les vieux aussi »
Dans le cadre des nocturnes JOP du Louvre, des étudiants de différents horizons ont assumé des médiations in situ, c'est-à-dire en présence des œuvres même, devant des visiteurs enthousiastes et curieux. Si cela semble naturel, la présence directe, pas toujours jugée nécessaire, est un facteur essentiel de la médiation culturelle. De cette première expérience des JOP, voilà ce que j’ai retenu en subtance : la présence, que ce soit celle de l’œuvre aux visiteurs et médiateurs ou celle du médiateur aux œuvres et visiteurs, repose sur deux bases observées. La première tient de la place sociale des intervenants. La seconde est liée à la réciprocité. Le fait d’avoir en face des soi des étudiants plutôt que des historiens patentés permet aux visiteurs de se décontracter et surtout de participer. Les deux parties étant dans un processus d’apprentissage, la médiation se fait sur un pied d’égalité et favorise le dialogue. La seconde dimension, rapportée par une des médiatrices qui l’avait constaté avec grand plaisir, est que les interventions des visiteurs révèlent parfois des anecdotes très intéressantes et que celles-ci font changer également la vision de l’œuvre de l’intervenant : d’où l’importance d’un apport subjectif. Autant de principes qui démontrent le fonctionnement de la médiation qui jongle entre l’œuvre, le visiteur et le savoir.
Guitton, Clémence, AP

Via Crescendo



Les grandes allées du Louvre qui, très souvent, laissent place aux grincements des parquets et aux chuchotements des visiteurs, ce Vendredi soir se sont métamorphosées en un lieu d’échanges vivants entre visiteurs et médiateurs. Je ne m’attendais pas à un tel contraste.  Partie seule à la conquête de ces étudiants vêtus d’orange, la découverte de nouvelles œuvres que pourtant je pensais connaître a été pour moi une expérience en crescendo. Aller vers l’autre, connaître son ressenti, et le comprendre, découvrir de nouvelles versions d’interprétations… À l’entrée du musée, les médiateurs sont très nombreux avant de se disperser, face à leurs œuvres ils vous abordent, ou vous décidez de franchir le pas vers un inconnu qui n’a qu’un lien avec vous : l’œuvre et l’amour d’un art à faire partager. Ce soir, j’ai compris tous les bienfaits de la médiation. Un contact,, un échange mais surtout cela permet de ne pas s’arrêter à ce que l’artiste a représenté mais à ce que soi ou un autre ressent et voit, plus loin. Des étudiants se sont confrontés à ce travail avec le fameux « Serment des Horaces » de Jacques Louis David et au travers de ce que les « gens de la rue » pensent de cette œuvre : leurs témoignages sont mis à disposition des spectateurs du Louvre : médiation réelle et issue de paroles autres. Il en a été de même avec « Une jeune martyre » de Delaroche où les médiateurs ont récoltés, et soumis au libre choix des visiteurs les interprétations possibles.. J’en ressors avec le sourire, et ravie d’avoir passé une bonne soirée dans un milieu où les rencontres et les échanges sont d’ordinaire plutôt rares.
Haugel, Anne, AP

Médiations et multimédias.
Dix-huit heures quarante : les binômes commencent à se former dans la salle des Caryatides. Un étudiant médiateur accompagne un étudiant en création/conception multimédia qui a réalisé un dispositif de médiation d'une oeuvre. Chaque dispositif multimédia – qui à tendance à attiser la curiosité des visiteurs – accompagne une oeuvre en proposant au spectateur une « lecture » de cette dernière selon un point de vue jugé intéressant. Cette orientation de lecture nous permet de nous attarder devant une sculpture, et nous amène à nous y intéresser, voire même – lorsque le dispositif est pertinent – à nous questionner.

De ce fait, les conversations qui se mettent parfois en place rendent la visite bien plus mémorable et enrichissante. Cette soirée au Louvre conforte mon idée selon laquelle la médiation a tout intérêt à se développer, surtout dans des lieux aussi spacieux donnant à voir aux spectateurs une foultitude d'oeuvres.
Hégoburu Marie
Ma premières médiation a commencé avec le Boeuf écorché de Rembrandt. La jeune fille qui faisait l'intermédiaire entre moi-même, spectatrice, et l'œuvre, était une étudiante de Paris1 qui fut également ma tutrice de sérigraphie l'an passé. C'était un plaisir de la revoir et surtout de l'entendre raconter le Boeuf écorché avec tant de passion. Je suis arrivée en cours de médiation mais on m'a tout de suite fait une place et la gêne n'a duré que quelques secondes. Elle parlait de la chair avec une expression "goulue", toute la texture du tableau se ressentait dans sa personne; je pense qu'on n’aurait pas pu trouver mieux pour ce tableau que cette jeune médiatrice. 

Dans la même pièce je fis la rencontre de Betsabée, de Rembrandt également, et d'une médiatrice plasticienne qui m'a présenté un travail remarquable. Elle a fabriqué un peignoir blanc en tissu aqua-soluble, brodé en lettres d'or du poème qu'aurait pu écrire son soupirant à la princesse. Elle présentait une vidéo où elle enlevait délicatement le peignoir pour le faire tremper dans une bassine d'eau. Celui-ci disparaissait, il ne reste plus que les lettres d'or qu'elle récupère et pose, humides, sur son bras. Magnifique.

Je me suis ensuite dirigée vers la série de tableaux sur la vie d'Henri IV de Rubens. Je fis la rencontre d'un jeune médiateur plasticien de l'école Dupéré qui avait reproduit dans un cadre à moulures dorées une page de meetic présentant une jeune Marie.

Clin d'oeil avec la présentation de Marie de Médicis et d'Henri IV qui se fit par l'intermédiaire d'un tableau porté par des chérubins volants et joufflus.

J'ai trouvé l'idée très pertinente, les moyens pour la mettre en oeuvre moins sérieux et je n'ai eu que de brèves explications sur le tableau de Rubens.

Pour finir j'ai pu partager mes connaissances sur la résine et le travail du latex avec deux jeunes gens d'Estienne qui présentaient, pour illustrer leur tableau deux moulages de coquillages en latex justement.

En résumé, ce fut assez intéressant. Combien j'aurais aimé que la même opérations soit menée à Beaubourg !
Jacoupy, Camille, MAC

Une soirée Louvresque.
Il est dix neuf heures. Excitée et émue à l'idée de retourner au sein de ce fabuleux musée qui me rappelle de beaux souvenirs, j'arrive sous la pyramide. Je me mets de suite en route, à la recherche de jeunes aux tee-shirt oranges et noirs, prêts à me proposer une médiation sur l'oeuvre qu'ils ont choisie. À peine arrivée, une multitude d'étudiants d'histoire de l'art, design ou d’une autre formation culturelle se dirigent vers moi et me proposent leurs interventions.

J'accepte avec plaisir certaines invitations et me laisse guider vers différents tableaux. Leurs interventions sont parfois très directives, anecdotiques ou plutôt sensorielles. Je prends plaisir à y participer, mais après avoir assisté à quelques médiations concernant la peinture française, je décide de poursuivre ma ballade dans le reste du musée.

De la folie peinte par Géricault, en passant par les bains turcs d'Ingres, les statues grecques ou bien les portraits de Titien, j' évolue à travers les époques et les styles dans ce lieu qui me fascine toujours autant.

Le Louvre provoque en moi, à chaque fois, une véritable frénésie de découverte. Lorsque je m'y ballade je découvre sans cesse de nouvelles oeuvres, salles et j'ai cette étrange impression que ce phénomène se reproduira à chaque fois que j'y retournerai. Comme à chacune de mes visites, je finis par me retrouver seule, marchant, observant et découvrant au grès de mes envies et des salles qui s'offrent à moi.

Mais ce soir, la ballade que je réalise est différente. Mon parcours solitaire, hasardeux et effréné se voit être ponctué par les interventions des étudiants. Je peux ainsi parler avec eux, échanger mes observations, mes sentiments, mes réactions sur des oeuvres que je n'avais même pas vues ou bien sur des classiques que je croyais connaître mais qui ont encore beaucoup de choses à m'apprendre.

Aux environs de vingt heures trente - arrêt devant celle qu'on a pu appeler « la femme saucisse » ou bien « le monstre couché » comme me l'a précisé Fatima qui s'est penchée sur cette Grande Odalisque d'Ingres.  Mêlant rire, découverte et observation, notre échange à propos de ce chef d'oeuvre qui nous passionne et nous intrigue tant l'une que l'autre, fut très intéressant et agréable.

Vingt et une heure - fin de la première soirée des JOP dont je garde un excellent souvenir. Je trouve que les interventions didactiques et amusantes des étudiants de design s'accordent parfaitement avec les dialogues des étudiants médiateurs.  Créant une véritable proximité entre les oeuvres et les publics, j'ai réellement apprécié ces différents échanges culturels. J'attends donc avec impatience la prochaine soirée des JOP en espérant y faire d'autres belles rencontres artistiques !
Kamidian, Stéphanie, AP
Le Louvre pris d'assaut par les manches oranges.
C’est comme une petite armée bien organisée que « Les jeunes ont la parole » ont investi le Louvre ce soir. En parcourant le musée, j’ai été touchée par la beauté d’une interprétation de Vivaldi que donnait un violoncelliste volontaire du conservatoire National de Paris devant « Saint François en extase avec Saint Benoît et ange musicien », une œuvre du Guerchin ; par le parcours très bien pensé d’une étudiante à la créativité et à la timidité charmantes, par la fierté et la joie perçues dans le regard d’une professeure d’art observant son étudiante me présenter avec enthousiasme The Ceiling de Cy Twomby… J’ai été touchée par le désir de ces « jeunes » de nous transmettre leur intérêt pour quelque chose qui les passionne et de parfois même, nous présenter une de leurs créations personnelles en relation avec une des œuvres d’art présentes au Louvre. Ce soir, le musée était investi par une festivité intime et contagieuse; c'était la première fois que j'avais à faire avec les JOP et il faut l'admettre, j’ai été conquise.
Kang, Shin-Young, MAC
La rencontre avec des médiateur(trice)s d’avenir au musée du Louvre

 

Durant les nocturnes du vendredi, le musée du Louvre est saturé par l’énergie de la jeunesse. La communication entre les spectateurs et les médiateur(trice)s est très animée. L’ambiance est donc conviviale et dynamique. Malgré cet aspect positif, je m’attendais à mieux de la part des intervenants. L’attitude des étudiants médiateurs n’est pas toujours participative, et parfois ils m’ont semblé figés. Néanmoins, plusieurs de leurs dispositifs pour expliquer les œuvre ont été inventifs et innovants. Une des étudiantes, en particulier, a expliqué le principe de la perspective conique avec son propre outil (appelé « Conic »),inventé pour l’occasion. Cette nouvelle approche m’a paru appropriée pour faciliter l’appréhension des théories de l’art fort éloignées des spectateurs qui ne sont pas initiés, tout en leur permettant d’apprécier l’oeuvre. Enfin, globalement, les présentations des étudiants participants ont donné un nouveau souffle au musée du Louvre, et ont aussi apporté une impression de fraîcheur aux spectateurs.
Kopp, Alice, MAC

Les jeunes ont la parole,

mais c'est quand ils ne parlent pas qu'on les entend le mieux
Le Louvre, un vendredi soir, un mois avant Noël. Dans la foule et la chaleur, il est facile de se laisser aller à la ballade un peu mécanique, et de ressembler à ces touristes que l’on peut croiser, assis en face d’un chef d’œuvre de la Renaissance italienne, les yeux négligemment posés sur un Saint Jean Baptiste, avec à leurs pieds un sac Chanel, dans leur regard un ennui à peine masqué, et qui sont bien loin de se douter que ce vendredi soir se déroulent les JOP. Sans réellement m’en rendre compte, je suis docilement le flot de personnes se dirigeant vers la salle des Noces de Cana et de la Joconde, et puis en ressors épuisée par la foule, et sans avoir entendu la moindre parole d’un jeune. Peut-être fallait-il que je tende mieux l’oreille pour entendre ces fameuses paroles. Ce ne sont pas par des mots que j’ai enfin senti la présence des Jeunes au Louvre ce soir-là, mais par un air de Vivaldi, joué au violoncelle par un étudiant du conservatoire national de musique et de danse. Vivaldi et Spada, deux concerts, ouïe et vue réunies. Car en réalité, les paroles les plus efficaces ce vendredi, je ne les ai pas seulement entendues, je les ai vues, senties, touchées. Comme ce jeune violoncelliste devant la toile de Leonello Spada, qui a ouvert timidement son étui et a eu l’air étonné quand il a levé les yeux de son instrument, de voir la dizaine de personnes qui s’étaient arrêtées pour l’écouter. Ainsi je me suis mise à voir tout autour de moi des dispositifs ingénieux, des gens à l’écoute, des idées intéressantes, que je n’avais pas remarqués tout de suite. Il fallait prendre le temps de manipuler et d’écouter les propositions des élèves de Duperré et d’Estienne pour être touchés par la générosité de leurs propositions. Et c’est avec une certaine hâte que j’attends le prochain rendez-vous des JOP, pour découvrir les paroles palpables que je n’ai pas eu le temps de découvrir ce vendredi.

Korichi, Nassima, AP

Médiations à mains armées
A mon arrivée au Louvre, je reçois un plan afin de localiser les différents espaces où se situent les médiateurs de Paris 1/Arts. Et c’est parti ! Accompagnée de Margaux et Margot, on se dirige directement vers les oeuvres. En chemin, on croise de nombreux médiateurs, seul ou en binôme, ils sont tous d’une grande visibilité. Une première médiatrice nous interpelle du regard par le biais d’un sourire. Nous sommes devant le portrait de Gabrielle d’Estrées. La médiatrice prend la parole : « que voyez vous ? ». Très spontanée, et à l’aise, elle nous donne quelques références historiques, dévoile son point de vue sur l’œuvre ; et nous laisse à notre tour nous en saisir. Tout le monde a le droit à la parole. Son discours marqué par le mouvement de mains très éloquentes a été une image forte qui n’a cessé de m’interpeller tout au long des rencontres et des échanges avec les autres différents médiateurs.

 

Larrasquet, Léna, MAC
Qui me regarde? Nous observons...
Lorsque je suis arrivée dans la salle consacrée au peintre Ignacio Zubaga, j'ai aperçu d'emblée des objets disposés sur le sol qui attisèrent ma curiosité. Il s'agissait de cartons blancs au format carte postale sur lesquels étaient dessinés des pictogrammes. Ces "cartes" étaient disséminées dans l'espace et placées à proximité de croix faites de scotch noir. Ayant supposé que ces dernières indiquaient des emplacements "stratégiques", je décidai de prendre position sur deux d'entre elles. Mais le mystère restait entier. En effet, qu'indiquaient-elles? Que me disaient ces pictogrammes? J'avais déjà repéré un groupe de cinq étudiantes au centre de la salle, placées en retrait. J'ai donc cherché à croiser leur regard, tentant de leur démontrer ma curiosité. Malgré mon insistance et quelques regards échangés, je ne suis pas parvenue à créer un autre contact. J'ai donc finalement décidé d'aller à leur rencontre. 

Il s'agissait d'un dispositif pensé par une étudiante de l’Ecole Dupéré intitulé Qui me regarde? Son intention était de mettre en avant la muséographie particulière de cette salle (entièrement consacrée aux oeuvres d'Ignacio Zubaga, léguées par l'artiste)  par un double jeu d'observation : le spectateur devait retrouver (ou pas), dans les différents tableaux, la présence des objets représentés par les pictogrammes, ceci tout en découvrant, par des points de vue précis (délimités par les croix au sol), l'originalité et l'intelligence de la scénographie. On observait par exemple, à un emplacement précis, le regard de tous les personnages posés sur nous. Finalement, ce type de médiation ludique et tout à fait participative me paraît intéressant. Néanmoins, selon moi, une explication des "règles du jeu", puisqu'il s'agit bien de cela, reste nécessaire. Et il semble dommage que le spectateur soit contraint à faire le premier pas afin de créer un contact parolier. Mais on concède, puisqu'il s'agit de demander un certain investissement de sa part, que ce retrait de l'étudiant-médiateur permet sans doute de "sélectionner" les spectateurs les plus motivés, les plus curieux...
Leblanc, Ariane, MAC

La redécouverte du Louvre


Le Louvre, ce musée gigantesque où l’on peut vite être noyé entre la foule et les œuvres, ouvre ses portes pour les nocturnes des « Jeunes ont la parole ».

Étant novice en la matière, je redécouvre ce palais des arts envoûtant et mystérieux. En déambulant entre les œuvres, je tombe sur une esquisse du « Radeau de la méduse » de Géricault, je suis prête à me détourner quand une jeune femme m’interpelle : « Vous connaissez ce tableau – oui, mais pas plus que ça ». Et voilà que cette étudiante, en Master des Arts et de la Culture, me raconte l’histoire de cette œuvre monumentale. Je suis abasourdie car je ne pensais pas qu’il puisse y avoir un récit aussi fort et politique derrière ce tableau. J’ai pu me rendre compte de l’intensité du travail de Géricault et surtout de son goût pour la perfection. Après l’avoir remerciée, je continue mon périple entre les tableaux et les sculptures. Sentant le manque de spontanéité de la part de certains médiateurs, cette fois c’est à moi d’interpeller un jeune homme. Il m’explique alors une œuvre de Lagrenée, « L’enlèvement de Déjanire », tableau peint en 1755 pour son admission aux Beaux Arts. Après un commencement hésitant, le médiateur prend de l’assurance et me fait comprendre au final que nous sommes ici, comme aujourd’hui, sur des phénomènes de mode. Cet artiste a été très connu pendant vingt ans puis il est tombé aux oubliettes.

L’échange, pour moi, a été présent et j’avais l’impression que pour chacune des médiations, le médiateur et moi, nous réfléchissions ensemble.    

 

Lee, Jiwon, MAC
Deux types de médiations autour des oeuvres
La première soirée des Nocturnes du Louvre, l’espace était aussi bondée que d'habitude. Malgré l'heure tardive, il y avait une ambiance festive grâce au personnel d’accueil, très convivial, composé d’étudiants, vêtus d'un T-shirt noir ou il était écrit JOP (les Jeunes Ont la Parole) en orange. Les participants de JOP sont des étudiants qui viennent non seulement de Paris, mais aussi de toute la France. Ils réalisent la médiation des oeuvres de deux principales manières : l’une est développée en faisant participer le spectateur à l’aide d’outils, l’autre avec seulement une description.

Grâce à cette première méthode, les médiateurs ont donné davantage envie aux spectateurs de découvrir les oeuvres en participant par eux-mêmes aux activités proposées. En ce qui concerne la deuxième méthode, les médiateurs ont attiré l’attention du public sur un détail de l’oeuvre, qui n’est pas d’ordinaire présenté, ayant une signification symbolique. Par exemple, dans le cas des Trois Grâces, sculpture romaine, la présence de tel ou tel fruit dans la paume de la main de deux femmes, est difficile à saisir sans explication.

Si nécessaire, les médiateurs n’ont pas hésité à préparer leur présentation en imprimant des travaux lisibles. Cela a permis au spectateur d’être sensibilisé à la comparaison artistique. Bien que la première méthode ait permis la participation des visiteurs, très peu d’explications leur étaient fournies.

Autre cas de figure, les médiateurs pouvaient rester passifs, ne cherchant pas à stimuler le spectateur. De plus il n’y avait presque aucune interaction entre le spectateur et le médiateur.

Donc, cette expérience m’a donné envie de m’investir dans ce projet pour l’année prochaine en améliorant ces deux méthodes à la fois par une meilleure préparation des outils et la réalisation d’une description pour faciliter l’ interaction entre le spectateur et le médiateur.
Lourde, Cyrielle, MAC

Dialogue ?
Vendredi soir, au Louvre, des tâches oranges parsèment les salles du musée. A y voir de plus près, il s’agit de jeunes étudiants aux t-shirts bicolores – orange et noir - sur lesquels sont inscrits « les Jeunes ont la Parole ». C’est-à-dire ? Des étudiants d’universités parisiennes, seuls ou en binôme, proposent de nous accompagner à la rencontre d’une œuvre. Comment ? Par exemple en proposant un cône en fils de laine qui permet d’appréhender ce qu’est la ligne d’horizon, ou en jouant de leurs instruments de musique, ou en mettant à disposition des lecteurs mp3, des jeux didactiques. Variés sont les dispositifs qui font ainsi de chaque médiation un moment singulier. Sortir de l’enseignement encyclopédique de l’histoire de l’art, tel est le but des JOP ; qui se veulent plus un moment d’échange et de partage qu’une conversation univoque entre savant et disciple. Le but est-il atteint et les visées respectées  ?

Marchis-Mouren, Anne, MAC

JOP : Jeunes Ouvert et Passionnés !



Je me trouve plongée dans l’ambiance si particulière de la pyramide du Louvre : au dehors la nuit est presque noire. Et toi, «que vois tu ? » : ces mots inscrits sur le dépliant en lettre blanches et capitales m’indiquent que la soirée se place sous le signe du partage, j’esquisse un sourire. L’idée de faire s’évaporer pour une soirée le mur de la légitimité donnée à «La» parole des guides me réjouit. Ce soir les jeunes « ont la parole » et ce sera d’égal à égal.

En cette première nocturne de l’hivers 2012, mes pas se dirigent vers le hall Sully,que j'affectionne tout particulièrement. Je passe sous les Caryatides et me dirige instinctivement vers «l’hermaphrodite endormie»  statue d’une énigmatique beauté.

Dans cette salle les mots des médiateurs résonnent mais à cette instant ce sont les quelques vers de Théophile Gautier qui me reviennent en tête « Dans sa pose malicieuse, Elle s’étend, le dos tourné, devant la foule curieuse, sur son coussin capitonné.» 

La foule est-elle curieuse ce soir ? Cette interrogation marque le début d’un long échange avec Bruno, étudiant à l’École Nationale Supérieur d’Architecture. Il me confie avec une once de déception dans la voix : « la salle est un passage, elle sert de couloir traversé par des touristes pressés de prendre la Joconde en photo» ; mais heureux d’être présent il ne tarde pas à me faire partager son savoir d’étudiant architecte d’une manière tout à fait personnelle. Heureuse surprise, il ne s’attarde non plus sur l’hermaphrodite endormie mais sur l’histoire de la salle et la scénographie des statues ! 

« Les JOP sont faites pour apporter un regard « neuf » sur les oeuvres et le lieu, c’est la raison de mon assiduité ! », me confie une dame d’un certain âge, fidèle à cette événement. En continuant mon chemin je décide donc de me laisser porter de surprise en surprise .

Sully, deuxième étage - salle 66 «l’idylle et le drame romantique (1820-1835) », lieu de ma rencontre avec Clémentine et Félix, jeunes étudiants en manaa à l’école Dupérée .

Accoutrés de costumes tout à fait originaux, ils me font part de leurs démarches, : raconter les tableaux par la couleur ! Je me prête donc au jeu de l’écoute, et puis dire ne jamais m’être fait conter les tableaux de Fragonard, François Biard ou Joseph-Nicolas Robert-Fleury avec tant d’énergie et d‘imagination ! 

Continuant mon parcours, ma curiosité me porta auprès de médiations tantôt adroites tantôt plus laborieuses mais je puis dire que chaque jeune s’est investi avec passion. Il me semble alors que parler d'inégalité des médiations n’est pas approprié, mais que nous pouvons parler de diversité des approches, qu’elles soient conscientes ou non de leurs identités. C’est par la diversité de ces médiations conversationnelles et plurimédia que des personnalités ce révèlent et touchent ainsi un large panel de publics. Dès lors, on ne peut plus dire que les jeunes ont la parole mais qu’ils possèdent « les » paroles, des dialogues passionnés qui délient les langues, ouvrent quelques fois les portes du débat : de quoi réjouir chacun et dépoussiérer les clichés ! 
Marcon, Garance, MAC

Un dispositif à approfondir : Médiation oui, Animation non



Comme chaque année, le Louvre a organisé une de ses soirées "Les Jeunes Ont la Parole" réalisée par et pour les jeunes de moins de 26 ans. Pour cette édition, l'équipe a décidé de modifier le dispositif de médiation, qui, jusqu'alors, n'avait pas été assez exploité et approfondi. Auparavant on pouvait souvent voir errer des étudiants - venants de divers types d'établissements -, dans les galeries du Louvre. Ne sachant pas toujours ce qu'ils devaient faire ou dire, nous étions, la plupart du temps, confrontés à des échanges de type conférenciel dans lesquels il était difficile de s’impliquer et de profiter de quelque chose. Cette année - me semble t-il -, le Louvre a pensé plus judicieux de former des groupes de deux ou trois intervenants, composés à chaque fois d'un étudiant d'arts appliqués et d’un étudiant venant d’une autre formation, qu’elle soit artistique, historique, des métiers de l’art et de la culture ou des métiers d’art. A priori, le principe semblait hasardeux car les élèves ne se connaissaient pas et n'ont pas travaillé au préalable ensemble. De plus, il paraissait assez étrange que le Musée fasse appel à des élèves futurs designers et non à des artistes plasticiens (type Beaux Arts, en rapport direct au lieu). Mais sur place, nous avons pu voir des réflexions prendre forme et ce fut très intéressant. Divers procédés avaient été développés pour amener les visiteurs à s'interroger sur les œuvres mais aussi sur le lieu d'exposition lui-même, allant de la performance dansée ou musicale à des dispositifs plastiques créés par les médiateurs.

Tout cela pour offrir de nouvelles portes d’accès aux œuvres, et permettre tout simplement de déplacer notre regard de l’objet à la pratique.

Finalement, une première soirée comme celle-ci parait avoir eu des effets plutôt positifs. Lors des deux autres soirées à venir et des éditions prochaines, on verra si les uns et les autres ont profité de cette « première » pour approfondir et améliorer une Médiation dont les principes de base, jusqu'à présent, n'étaient pas assimilés par un grand nombre des intervenants. On verra aussi s’il n’y a pas dérapage et enfermement dans un dispositif qui risque fortement de basculer dans ce qu'on appelle plus communément, de « l'animation."
Martin, Magalie, AP
Éprouver les œuvres : l’expérience du Christ mort (Champaigne)
Les JOP ont innové cette année : en plus de la médiation orale et uniquement verbale des œuvres présentées, un dispositif plastique de médiation a été mis en place. Au fil de ma visite, j'ai donc croisé des étudiants postés en binôme près des tableaux, un étudiant en histoire de l'art ou en métiers des arts et de la culture (mac) accompagné d'un étudiant en design. Il s'agissait ainsi de proposer aux visiteurs différents types de rencontres avec les œuvres, qui elles sont muettes, silencieuses et immobiles.

À force d'observation, j'ai pu me rendre compte que quelques étudiants design se trouvaient confrontés à des spectateurs en quête d'informations et il m'a malheureusement semblé qu'ils n'étaient pas toujours en mesure de répondre, écorchant parfois même le nom de l'artiste sur lequel ils travaillaient. À ma grande surprise, j'ai néanmoins participé à une expérience des plus atypiques : durant ma "promenade bizarrement entravée par des beautés" (Paul Valéry), j'ai rencontré une jeune étudiante en première année de design à Duperré. Elle avait conçu une installation face au Christ mort couché sur son linceul (1654), du peintre Philipe de Champaigne. À travers son dispositif, elle proposait aux spectateurs de "vivre" l’œuvre, c'est-à-dire de la contempler en mettant sur leur tête un grand couvre-chef blanc, doublé d'écouteurs diffusant une bande sonore composée pour le tableau (des souffles de trépas sur une musique expérimentale très inquiétante). Il s'agissait donc, par ce biais, d'organiser la rencontre avec l'œuvre grâce à une expérience « totale » : le dispositif pousse à faire abstraction de tout ce qu'il y a autour du tableau, offrant ainsi au spectateur une lecture intense et intime, et a posteriori, le souvenir unique d'une rencontre interactive avec le Christ mort couché sur son linceul.

Mette, You-Jeen, AP

Le pouvoir du médiateur.
Lorsque je suis arrivée au musée du Louvre, j'ai pu suivre et observer les jeunes qui se mettaient en place. L'heure du début était passée, mais ils étaient encore trop refermés sur eux-mêmes. Il y en avait même qui formaient un groupe en cercle et qui discutaient entre eux. Face à des scènes de ce type je me suis sentie mal à l'aise, et du fait sans insister je suis aller voir ailleurs, et j'ai commencé à participer. J'ai été déçue par certaines peintures classiques, mais j'ai eu quelques bonnes surprises auxquelles je ne m'attendais pas du tout, notamment en sculptures du moyen-âge et en orfèvrerie ancienne qui sont des domaines auxquels je n'avais pas donné plus d'attention auparavant. En effet, mis à part le stress de la première participation, en tant que public, je pouvais clairement sentir la motivation du médiateur face à l'œuvre choisie. En fonction de sa formation, chacun avait une approche différente face au public, que ce soit dans la méthode pour faire participer ou dans l'expression orale (le tutoiement ou le vouvoiement). De manière générale, il a été intéressant de relever combien le médiateur a le pouvoir de valoriser une œuvre ou au contraire de lui faire complètement perdre son intérêt.

Moireau, Aurore, MAC



Courte étude comportementale du Médiateur



Lors de cette première nocturne au musée du Louvre le 23 novembre, j’ai parcouru principalement deux ailes du musée : celle des antiquités grecques, allant jusqu’aux antiquités égyptienne, puis celle des peintures françaises et italiennes. Ayant passé plus de temps dans les premières, j’ai pu constater qu’un bon nombre de sculptures en marbre situés dans les salles d’antiquités grecques étaient prises en charge par des médiateurs. Je les écoute alors me parler de l’Hermaphrodite endormi, puis des Trois Grâces, de l'Aphrodite accroupie ainsi que de la Nymphe et du Satyre… Pour cette dernière œuvre d’ailleurs, une des médiatrice avait mis au point un petit dispositif : il s’agit d’un dépliant, sur le principe du judas, il fallait regarder d’un certain angle a travers et y voir se former une phrase : « L’érotisme tient dans ce sein qu’on ne saurait voir. ». En avançant vers les antiquités Égyptienne  je suis dans un premier temps étonné de ne plus voir de médiateur puis je comprends que dans cette partie, il y a d’avantage d’objets de cultes, d’objets du quotidien que d’œuvres à proprement parler. J'observe deux médiatrices devant une sculpture de tigre, celle-ci placée dans une "salle" qui ressemble plus à un couloir qu'à une salle d'exposition (un grand escalier se trouve juste à côté de cette sculpture), ces deux médiatrices se tendent vers les visiteurs passant devant elles, mais n'en arrêtent jamais aucun. Je trouve alors dommage que leur lieu d'affectation les limite ainsi, Les visiteurs ne s’arrêtant pas sans être dans une grande salle où tous les mouvements des visiteurs sont plus lents et plus attentifs. Suite à cela, je pars du côté des tableaux, ayant dû faire assez vite, j'ai seulement observé les emplacements des médiateurs et leur tableaux d'affectation. Dans cette aile, il y a comme je le pensais, bien plus de médiateurs que dans l'aile des antiquités égyptiennes.
Mouradian, Julie, MAC

Les JOP, ou le Louvre autrement.

Notre vendredi soir était cette semaine consacrée aux JOP, abréviation pour Les jeunes ont la parole. Ces nocturnes permettent aux élèves de différentes écoles de métiers de la culture et d’arts appliqués telles que Boulle, Estienne et bien évidemment aux élèves de la Sorbonne MAC de pratiquer la médiation, autour d’un public international et de tous horizons. Le Louvre, en raison de sa notoriété, attire déjà un nombre incalculable de visiteurs par jour, mais il m’a semblé que ces nocturnes lui étaient encore plus profitables, d’autant plus que la perspective de discuter avec des jeunes étudiants provoque souvent la curiosité. Les quelques modules de médiation mis en œuvre m’ont semblé susciter un grand intérêt principalement auprès des touristes et amateurs de peinture. Ces outils permettent une compréhension de l’œuvre, aussi bien que de la démarche des JOP. Il est vrai que lorsque l’on parle de médiation, il est facile de penser qu’il s’agit uniquement de parler de l’œuvre dans son contexte formel, esthétique, symbolique ou historique. Bien sûr, cet aspect de la conversation est nécessaire pour pouvoir prendre du recul sur l’œuvre, mais l’objectif de base est essentiellement de provoquer la discussion sur le sentiment de l’observateur, inexpérimenté ou non, et sur les éléments qui retiennent son attention. Les quelques étudiants avec qui j’ai eu l’occasion de parler m’ont décrit ces rencontres au Louvre comme une opportunité de rencontrer des personnes de tous pays, et de cerner leurs appréhensions en matière d’art. Les flyers étaient aussi un moyen de communication fort efficace et original puisqu’ils ne véhiculaient pas l’idée d’une médiation de l’œuvre, dans son sens le plus strict et magistral, mais d’une médiation de personne à personne, dans une ambiance agréable et détendue. C’est d’ailleurs pour moi l’aspect le plus important et enthousiasmant dans cette démarche des JOP ; ce contraste entre un musée international, emblématique de Paris et de l’art académique, avec la désinvolture et une forme nouvelle d’interprétation de l’art par les étudiants. Le Louvre peut tout de suite être perçu différemment, non selon ce qu’il contient et son architecture, mais selon l’atmosphère qu’on y retrouve quelques vendredi soir par an.

Naville, Margaux, AP
Que vois-je? Des jeunes spontanés

La première médiatrice de la JOP qui m'a accueillie était très avenante dans sa manière d’engager le premier contact. Elle nous a présenté une œuvre de l'école de Fontainebleau (fin du XVI ème siècle), un  « Portrait de Gabrielle d'Estrées et de sa sœur la Duchesse Villard » vers 1594.

Elle demandait fréquemment ce que l'on voyait dans l'oeuvre et si nous connaissions son histoire, et ajoutait une explication claire et efficace.

Elle nous a également donné son interprétation du tableau mais un homme situé derrière moi est intervenu, et à contredit ses informations. Il avait l'air d'être très connaisseur, ce qui l'a mise un peu mal a l'aise mais elle ne s'est pas effacée et a continué malgré tout à affirmer ses dires : j'ai trouvé cela remarquable.

La seconde médiatrice était d'origine allemande, elle nous a présenté l'oeuvre de Simon Vouet «  La présentation au Temple » vers 1640 -1641. Elle nous a bien parlé de la partie historique du tableau et de sa scène biblique mais j'ai trouvé que cela manquait malgré tout d'analyse approfondie du tableau.

La troisième médiation était pour le coup très intéressante. Deux filles travaillaient en binôme ; une étudiante en Master MAC de Paris 1 et une autre en BTS textile à Duperré qui avait fabriqué un dispositif audio assez curieux. Ce dispositif permettait de vivre l'oeuvre avec une bande son en rapport. C'était un casque audio qu'on nous mettait sur les oreilles puis une sorte d'isoloir que l'on disposait uniquement sur la tête et qui nous empêchait de voir ce qui se passait sur les côtés. Nous étions seuls face a l'oeuvre et cela fonctionnait bien.

La médiatrice de Master nous à vraiment bien renseigné sur les œuvres de Philippe de Champaigne, « la Cène » vers 1652 et « Le Christ mort couché sur son linceul » . Elle a été souriante et vraiment agréable à écouter.

La salle possédant plusieurs œuvres de Champaigne, l’étudiante a effectué des liens entre les tableaux et par rapport à celles dont elle q traitait. Une médiation vraiment réussie !!!

En conclusion j'ai vraiment apprécié ce dispositif riche en termes d'échanges, de connaissances et de rencontres. Une ambiance agréable et plaisante. Hâte d'y retourner !!! 
Nouy, Samantha, AP

Salle des Caryatides, un nouveau regard
Faute de temps, je ne me suis consacrée qu’à la salle des Caryatides. Grâce aux étudiants d’architecture, j’ai mieux compris sa scénographie et son histoire. Par exemple celle-ci tire son nom des quatre statues féminines qui soutiennent l’entablement réservé aux musiciens à l’époque des bals aux XVIème siècles. Aujourd’hui, elle présente des répliques de statues de l’antiquité gréco-romaine. Les étudiantes d’histoire de l’art, médiation culturelle et design-multimédia se sont appliquées à replonger les sculptures dans leurs contextes, à les mettre en relation et à nous les faire voir avec un regard plus moderne. L’une d’elles a mis en mouvement les Trois Grâces, ne formant plus qu’une, dans un pas de danse ; tandis qu’une autre nous faisait dessiner Aphrodite accroupie sur un tableau virtuelle. Je n’ai pas vu le temps passé et un peu frustrée, je décide de me consacrer aux autres salles aux prochaines JOP.
Paquet, Lou, MAC
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