Polytechnicien et ingénieur des Mines, expert auprès de l’ocde








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Thierry GAUDIN

polytechnicien et ingénieur des Mines, expert auprès de l’OCDE
des Nations unies et de la Commission européenne.
Président de l’association Prospective 2100.

(1978)

L’ÉCOUTE DES
SILENCES
Les institutions contre l’innovation
Un document produit en version numérique par Jean-Marie Tremblay, bénévole,

professeur de sociologie au Cégep de Chicoutimi

Courriel: jean-marie_tremblay@uqac.ca

Site web pédagogique : http://www.uqac.ca/jmt-sociologue/
Dans le cadre de la collection: "Les classiques des sciences sociales"

Site web: http://www.uqac.ca/Classiques_des_sciences_sociales/
Une collection développée en collaboration avec la Bibliothèque

Paul-Émile-Boulet de l'Université du Québec à Chicoutimi

Site web: http://bibliotheque.uqac.ca/

Cette édition électronique a été réalisée par Jean-Marie Tremblay,

bénévole, professeur de sociologie au Cégep de Chicoutimi

à partir du livre de :
Thierry Gaudin
[polytechnicien et ingénieur des Mines, expert auprès de l’OCDE, des Nations unies et de la Commission européenne. Président de l’association Prospective 2100.]
L’ÉCOUTE DES SILENCES. Les institutions contre l’innovation.
Paris : Union générale d’Éditions, 10-18, 1978, 284 pp. Collection Inédit, série, 7, no 1289.
[Autorisation formelle accordée par l’auteur le 20 septembre 2004 de diffuser ce livre.]
Courriel : gaudin@2100.org
Polices de caractères utilisée :
Pour le texte: Times New Roman, 14 points.

Pour les citations : Times New Roman 12 points.

Pour les notes de bas de page : Times, New Roman 10 points.
CÉSURE AUTOMATIQUE ACTIVÉE.
Édition électronique réalisée avec le traitement de textes Microsoft Word 2004 pour Macintosh.
Mise en page sur papier format : LETTRE (US letter), 8.5’’ x 11’’)
Édition complétée le 7 août 2005 à Chicoutimi, Ville de Saguenay, province de Québec.

Table des matières


Présentation de l’éditeur

Présentation
Chapitre I. L'innovation sans cause
A. Les performances abondent

B. La percolation n'obéit pas aux mêmes forces

C. La prévision d'application déclenche l'idée

D. L'oubli technique

E. Par suite de l'incrédulité des experts, l'innovation se propage par l'extérieur

F. Volontairement des inventions ne sont pas mises sur le marché. L'innovation le dos au mur

G. Les écoles de pensée

H. Recherche et innovation : l'inversion Les causes sont introuvables
Chapitre II. La vie des objets
A. L'objet vivant

B. L'objet modelé par les institutions

C. Le langage de l'objet

D. Architectures du pouvoir

E. Histoire du Design

F. L'ethnocide
Chapitre III. L'analyse institutionnelle
A. Psychanalyser les, institutions ?

B. L'institution, trace de la tribu

C. Les points vitaux : le territoire et le discours
i. Le territoire institutionnel.

ii. L'institution pastorale.

iii. Le discours institutionnel.

iv. L'institution cléricale.

v. Les silences institutionnels.

vi. Le faire-semblant.

vii. Le contrepoint.

viii. La perversion institutionnelle.
D. Gestation et naissance : le combat de l'institué contre l'instituant

E. La vie des institutions : le combat du centre et de la périphérie

F. Négociation et analyse
i. Les Comités.

ii. Pouvoir et analyse.

iii. Négociation de l'analyse et analyse de la négociation.

iv. Le chaud et le froid.
Chapitre IV. Le mouvement des sciences
A. Les chercheurs
i. L'écoute.

ii. Le comportement
B. L'évolution
i. La physique fondamental

ii. La recherche industrielle.

iii. La gestion.
C. Questions sur la recherche

D. Activité de qui ?

E. L'acquisition par qui ?

F. Connaissance de quoi ?

G. Une autre notion de recherche

H. La recherche et les institutions
Chapitre V. Le mouvement des techniques
A. Progrès et régressions

B. Le Moyen Age

C. L'âge classique

D. Les deux modes d'existence des techniques

E. La légende des arts martiaux

F. Technique et philosophie

G. La trajectoire
Chapitre VI. Technologies dures et technologies douces
A. Ville vorace

B. Démographie

C. La croissance

D. Croissance du chômage
i. Quantités et qualité.

ii. Le piège keynésien.
E. Le durcissement technologique
i. La concentration.

ii. La surveillance et le chômage.

iii. Le discours et l'outil.
F. Les fluctuations

G. Détermination externe

H. La difficulté d'économiser
i. Économies d'énergie dans l'industrie.

ii. Le bilan.
I. Technologie périphérique
i. Les technologies douces.

ii. L'énergie solaire.

iii. L'énergie éolienne.

iv. L'énergie hydraulique.

v. Les énergies agricoles.

vi. Équipement autarcique.
J. L'enjeu
Chapitre VII. Le contrôle social de la technologie

Annexes
Annexe 1. Les Katas institutionnels
i. Le pays d'Utopie.

ii. La production imaginaire.

iii. La confrontation.

iv. Interprétation du jeu de l'Utopie.
Annexe 2. Précisions (philosophiques)
A. Où est la pensée

B. La pensée ne peut être servile

C. La non-décision

D. La pensée est toujours inachevée

E. Connaissance et analyse

F. Le rapport de création

G. La terre et le grain

H. L'accès à l'existence

I. La pensée multiple
Bibliographie


Thierry Gaudin

L’ÉCOUTE DES SILENCES.

Les institutions contre l’innovation.

polytechnicien et ingénieur des Mines, expert auprès de l’OCDE
des Nations unies et de la Commission européenne.
Président de l’association Prospective 2100.


Paris : Union générale d’Éditions, 10-18, 1978, 284 pp. Collection Inédit, série, 7, no 1289.

Thierry Gaudin

L’écoute des silences. Les institutions contre l’innovation (1978)
Présentation de l’éditeur

(pochette verso du livre)

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Si vous croyez encore que les innovations naissent de l'insai­sissable inspiration d'inventeurs géniaux ou de l'impénétrable alchimie de chercheurs distingués, ce livre vous détrompera.
Comment la société produit-elle sa technologie ? En retour, la technologie transforme-t-elle la société ? Quelles intentions, quels mécanismes sont à l'œuvre ? Ici, pas de réponse simple, mais une myriade de faits, présents et passés à travers lesquels se lit le comportement des acteurs et surtout les résistances des institutions.
L'auteur, 38 ans, fonctionnaire au ministère de l'Industrie, travaille depuis 1970 dans le domaine de la recherche technique. Il s'exprime en son nom personnel, avec une vigoureuse impertinence.
Couverture de Pierre Bernard

Dessin de Paten.





Thierry Gaudin

L’écoute des silences. Les institutions contre l’innovation (1978)
Présentation

Comme ils ne savent pas écouter,

Ils ne savent pas parler non plus
(Héraclite, VIe siècle av. J.-C.)

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L'innovation : réalisation de l'improbable.
Voilà donc plus de six ans que je suis censé construire une politique de l'innovation ; six ans déjà, pour cette tâche ambiguë.
Avec le temps, le concept d'innovation, au lieu de se meubler de connaissances et de certitudes, me remplissait au contraire de doutes, creusait constamment l'écart entre ce qui est et ce qui est dit. Étant alors arrivé, à force de douter, au point où il devient difficile de se faire comprendre, j'ai résolu de rédiger ce que j'ai vu, à travers l'innovation, avec l'espoir de raccourcir le chemin de ceux qui ne peuvent se satisfaire d'apparences, au risque de perturber le confort de quelques autres.
J'aborde en effet l'innovation à l'envers, en disant les idées et les actes naissent de l'espoir d'être entendus. Ce n'est pas de leur production qu'il s'agit, mais de l'écoute qu'ils rencontrent.
Que peut-on savoir de cette écoute qui, non seulement accepte ou rejette, mais aussi inspire l'innovateur et en quelque sorte, parle à travers lui ? Peu de choses car, le plus souvent silencieuse, elle n'apparaît que par bribes, en réaction, concernée au demeurant à la fois par le réel, le possible et les enjeux du futur.
L'expérience montre que si l'on demande à l'industrie d'aller dans la lune, elle le fait, tandis que si on lui demande de dépolluer elle ne le fait pas, ou ne s'y résigne qu'en ronchonnant, comme l'enfant qu'on oblige à ranger, bien que ce soit possible, souhaité et reconnu.
Car ce ne sont pas les obstacles techniques qui empêchent les projets des hommes, mais le comportement des institutions, entre­prises, administrations, associations ou autres. Celles-ci sont des êtres vivants, ont leur propre vision du monde, elles habitent l'humanité, mais échappent à la volonté des humains. Elles sont donc au centre de l'analyse, d'autant que, en s'analysant elles-mêmes, elles se trans­forment.
Cette écoute silencieuse qui gouverne toute chose à travers les institutions est opportuniste, protéiforme et insondable. Elle n'est pas : elle se transforme. Celui qui joue avec elle peut espérer l'obliger à se dévoiler. Mais il ne pourra ni vraiment la connaître ni la maîtriser.
Cependant, sa présence est inévitable. Elle nous imprègne ; elle est là, derrière nous. Ainsi, certain soir, j'ai su que par ma main c'était quelque chose d'autre qui vous écrivait.




Thierry Gaudin

L’écoute des silences. Les institutions contre l’innovation (1978)
Chapitre I
L'innovation sans cause

L'existant est là, contingent ; il ne se laisse pas déterminer.
J.-P. Sartre
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« Assurons-nous bien du fait, avant que de nous inquiéter de la cause. Il est vrai que cette méthode est bien lente pour la plupart des gens, qui courent naturellement à la cause et passent par dessus la vérité du fait ; mais enfin nous éviterons le ridicule d'avoir trouvé la cause de ce qui n'est point. »
Ainsi s'exprimait Fontenelle, il y a près de trois siècles.
Conseil précieux en matière d'innovation, car plus le fait surprend et paraît improbable, plus les explications foisonnent, tendent à la légende et se rassurent au coin des mythes familiers. Voici donc pour commencer des faits :
Les frères Biro sont Hongrois, émigrés en Amérique du Sud, Ladislav est peintre, Georg est ingénieur chimiste. En 1938 ils avaient déposé une demande de brevet dans leur pays natal : le stylo à bille. Au début de la guerre, ils fondent une société en Argentine.
Les stylos de l'époque utilisaient un piston pour refouler l'encre, dispositif mal commode qui fuyait. Les frères Biro déposent alors des brevets de perfectionnement : un coussinet sur lequel repose la bille, avec des stries pour l'alimenter et le remplacement du réservoir par un tube étroit où l'encre se maintient par capillarité. Eversharp et Faber achètent la licence pour les USA.
En 1945, Milton Reynolds rapporte d'Argentine des stylos Biro. En consultant un ingénieur et un juriste, il découvre un brevet américain de 1928, au nom de Loud ; un stylo à bille pour tracer sur les surfaces rugueuses, tombé dans le domaine public sans que l'on pense à l'utiliser pour l'écriture. Après avoir fait modifier le mode d'alimentation lui aussi protégé, Reynolds est en mesure de tourner les brevets Biro. Il lance sur le marché son stylo en 1945, un an avant Eversharp (licence Biro).
Peu après, un chimiste autrichien vivant en Californie, Seech, met au point en bricolant dans sa cuisine une encre utilisant le glycol (l'antigel) comme solvant. Elle a une meilleure capillarité et se couvre d'une pellicule solide au contact de l'air, d'où l'autoobturation. Telles sont les origines directes du stylo à bille.
Sur ce cas apparaissent trois traits caractéristiques des histoires d'innovation :
- les personnes déplacées : les frères Biro n'étaient experts ni en stylo, ni en bille, comme Seech, c'étaient des émigrés, donc doublement déplacés : dans leur profession et dans leur culture ;

- l'entrepreneur : Reynolds saute sur l'occasion, s'active, fait déboucher l'affaire mieux et plus vite ;

- la fragilité de l'idée : dix ans avant, une idée semblable avait été brevetée.
Voici maintenant deux autres cas :
Carlson eut l'idée d'utiliser l'électrostatique pour reproduire les documents en 1934, il se documenta pendant trois ans à la bibliothèque technique de New York et déposa ses premiers brevets en 1937. Mais la mise au point ne commença qu'après qu'il eut convaincu l'Institut Battelle de leur intérêt, et la fabrication, en 1946, lorsque la petite société Haloïd, ayant pris connaissance d'un article écrit en 1944, décida de s'en emparer : la première machine Xerox ne fut mise sur le marché qu'en 1950.
Vers 1895, le Danois Poulsen, sans affectation précise à la compagnie des téléphones de Copenhague, se rend compte que « l'on pourrait aimanter un fil métallique par plages si rapprochées que l'enregistrement du son devienne alors possible, ceci en envoyant le courant issu du micro dans un électroaimant devant lequel on fait défiler rapidement le fil ». En 1898, il dépose le brevet du télégraphone et obtient le grand prix de l'exposition universelle de Paris en 1900. L'appareil intéresse d'abord les militaires américains qui, après 1920, apportent un perfectionnement important : la prémagnétisation, diminuant le bruit de fond. Il est aussi commercialisé et utilisé par les radios. Mais son démarrage véritable se produit après-le remplacement des fils ou bandes d'acier par des bandes magnétiques. C'est en 1920 que le docteur Pfleumer, chercheur indépendant, dépose en Allemagne les premiers brevets à ce sujet. Mais il faut attendre 1937 pour qu'une compagnie d'électricité s'y intéresse. Aux Etats-Unis, la guerre stimule les recherches : une nouvelle bande, quatre fois plus performante, est mise au point. Cependant les grandes sociétés restent sur la réserve : même après la fin des hostilités, le magnétophone est développé par de petites compagnies qui grandissent par la suite.
Ces deux cas illustrent un autre trait de l'innovation : les petites entreprises sont plus réceptives que la grande compagnie, même si celle-ci dispose de moyens plus importants.
Ainsi, le principe de l'enregistrement magnétique a été inventé en 1898, mais les difficultés de mise au point du support et les réticences de l'industrie n'ont permis le développement du magnétophone que pendant et après la Seconde Guerre mondiale.
Il faut donc se défaire, en matière d'innovation industrielle de la conception que seule l'idée compte, alors que c'est la manière dont elle se réalise, se diffuse, se transmet qui transforme la société.
En plus des causes dues à la technique de chaque innovation, la lenteur de cette diffusion est celle de l'écoute sociale. Cette écoute varie selon la configuration des institutions productrices : dispersée l'industrie est plus réceptive que concentrée en quelques grands groupes.

A. Les performances abondent


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L'expérience montre que s'il est demandé à l'industrie d'aller dans la lune, elle le fait.
Autour d'une épopée technique, un « grand projet », les énergies se mobilisent et il y a lieu de s'attendre à des performances. La France s'est de la sorte illustrée, dans des genres certes contestés tels que la filière Graphite-Gaz ou le Concorde, mais qui n'en sont pas moins d'authentiques exploits.
Les passions guident ces réalisations : ce n'est pas un hasard si les techniques militaires ont toujours été en avance sur les techniques civiles.
« Le conflit est le père de toute chose », disait Héraclite. Aujourd'hui, le conflit se scinde en deux : la guerre et la concurrence (la guerre économique) proches l'une de l'autre et la lutte des classes. La lutte pour la vie transforme les organes des animaux ; c'est aussi dans la lutte que se forgent les outils des hommes ; les métaux, la chimie, l'atome ont des origines guerrières mais, même lorsqu'elles ne servent pas à tuer, toutes les techniques ont un certain rapport avec la lutte pour la vie des individus, des cultures, mais surtout des institutions. Le « stress » produit la performance.


B. La percolation n'obéit pas
aux mêmes forces



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(Le mot percolation est employé par les experts des Nations Unies à propos de l'aide aux pays en voie de développement : « ça ne percole pas », disent-ils pour signifier que seule une petite partie de l'économie en bénéficie.)
Une fois la performance effectuée, la diffusion de son acquis dans l'industrie dépend des motivations et des anticipations de celle-ci.
En fait, cette percolation est lente : la polymérisation des esters date de 1850. Son utilisation pour fabriquer des bateaux, des lampadaires, des sièges ou des carrosseries automobiles est récente et loin d'avoir saturé son marché.
Les avionneurs utilisent depuis près de 30 ans des colles araldites ou époxy dont l'usage date de moins de dix ans dans le ski, le meuble et le bâtiment.
Cependant, lorsqu'une innovation civile a réussi, il n'est pas rare qu'elle en engendre toute une grappe d'autres qui en sont, de quelque manière, déductibles.
Les travaux de Carothers (1927-1936) sur les polymères de condensation sont à l'origine de tout le foisonnement actuel des fibres synthétiques.
L'apparition des pointes feutre a démontré qu'il existait un marché hors du cercle des stylos à plume opposés aux stylos à bille ; les concurrents ont alors réagi et créé les pointes nylon. En outre, les fabricants japonais ont recouvert systématiquement les différents segments du marché : pointes pour architecte, pour marquer les caisses, avec encre non toxique pour les enfants, etc.
Les emballages plastiques se sont répandus dans l'industrie alimentaire par un mécanisme qui ressemble à la contagion. Il est vrai que la comparaison, au même étal, d'emballages différents, par imitation, provoque une contagion.
Ainsi, malgré la lenteur naturelle de l'évolution de l'écoute, la percée, l'événement, rendent crédibles des opportunités voisines, détruisent toute une plage de résistances.

C. La prévision d'applications
déclenche l'idée



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L'histoire de l'acier inoxydable est édifiante : en 1904, Léon Guillet publia un mémoire détaillé sur les propriétés physiques des alliages fer-chrome à basse teneur en carbone ; mais c'est seulement en 1911 que deux chercheurs allemands découvrirent que ces alliages résistaient à la corrosion.
Celle de la streptomycine est encore plus remarquable, puisque c'est le même chercheur, Waksman, qui isola en 1915 le « streptomyces griseus » et se rendit compte seulement en 1943, à la suite d'une recherche exhaustive et stimulée par l'exemple de la pénicilline, de ses propriétés antibiotiques.
Le débouché des recherches, dans ce cas, est né, non pas de la découverte, mais de l'attente d'une application.
L'écoute sociale imprègne l'inventeur ; elle le motive dans ses recherches.


D. L'oubli technique


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En 1902, un pharmacien d'Avignon vend sous le nom de Nécromite du Dyphényl Dichloro Trichloréthane pour toutes ses applications. Il le mélange alors avec de la naphtaline, dont, l'odeur persuade ses clients qu'il s'agit bien d'un insecticide. Lorsque Ciba Geigy, en 1938, découvre, brevète, vend la licence du DDT, qui connaît alors le développement que l'on sait, tous avaient oublié le pharmacien. Ce n'est que quelques années avant l'expiration du brevet qu'un licencié américain s'aperçoit que cette invention est depuis longtemps du domaine public. Il y eut, dit-on, un arrangement à l'amiable.
Il n'est pas exagéré de dire que notre société présente des troubles de sa mémoire technique. Dans les entreprises, il est souvent difficile de reconstituer les événements ayant plus de cinq ans, au niveau national, la conservation des réalisations n'est pas assurée, faute de moyens. Au point que les historiens des techniques n'ont, pour certaines périodes, de meilleures références que le catalogue de Manufrance ! Seul le système des brevets fournit des repères, pour ce qui a été déposé.
Des événements sont remarqués, d'autres ne sont pas entendus ou sont oubliés. L'écoute s'alimente de la mémoire, de la culture technique aujourd'hui négligée.

E. Par suite de l'incrédulité des experts.
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