L’interview au flan de laurent wauquiez








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CENTRE RHONE –ALPES D’INGENERIE SOCIALE SOLIDAIRE & TERRITORIALE



REVUE DE PRESSE

Du 14 AU 20 FEVRIER 2016



  • L’INTERVIEW AU FLAN DE LAURENT WAUQUIEZ

  • Loi Rebsamen : Où en est-on dans sa mise en place ?

  • Cop 21 : Au travail maintenant !

  • Nouvelles régions : stratégies de développement économique et social

  • Qualité du dialogue social : les surprises du panorama européen

  • L'Europe sociale en miettes ?

  • Quand les élus se prennent pour des patrons

  • Le droit du travail tue-t-il réellement le droit au travail ?

  • Peut-on doper la formation sans réinterroger la réforme ratée de 2014 ? 1ère partie

  • 82 économistes lancent un appel pour sortir de l’impasse économique

  • Edgar Morin : "Le temps est venu de changer de civilisation"


L’INTERVIEW AU FLAN DE LAURENT WAUQUIEZ

Publié le 13 février 2016 par jmaphatie

J’ai toujours eu envie de déconstruire le discours politique, ces phrases creuses, parfois contradictoires ou fausses, bourrées de mauvaises intentions ou de sous-entendu. J’ai toujours envie de le faire parce que l’exercice me paraît amusant, et qu’il peut, parfois, être utile.

Premier exercice pratique avec l’interview accordée le samedi 13 février au Figaro par Laurent Wauquiez, 40 ans, président de la région Auvergne-Rhône-Alpes, secrétaire général des Républicains. Cette interview, qui me semble très intéressante, possède deux caractéristiques.

Elle frappe d’abord par la multiplication de ses formules générales, vagues, ce qui la rend, du coup, imprécise, presque molle, et c’est pour cela qu’elle m’a fait penser à la texture gélatineuse d’un flan. D’où le titre un peu vasouillard, j’en conviens. Par ailleurs, toujours comme le flan, cette interview a de la saveur, du goût. Molle oui, creuse non. On pourrait dire que cette interview a une identité, celle de la France rance dont il est plaisant, une pierre ici, un caillou là, de repérer les traces multiples dans la société française.

D’emblée, le titre de l’interview intrigue. Le voici: « On peut parler d’une trahison des élites politiques. » Bon, admettons… Dans ce cas, on peut penser que cet entretien est une autocritique car Laurent Wauquiez, diplômé de l’Ecole normale supérieure, diplômé de l’Institut d’études politiques, élève de l’ENA, député depuis 12 ans, ministre de 2007 à 2012, aujourd’hui numéro deux du parti dirigé par Nicolas Sarkozy, ce Laurent Wauquiez là est parfaitement représentatif des élites politiques françaises. On pourrait même soutenir qu’il en est un membre désormais éminent. Alors, un traitre Laurent Wauquiez?

Eh bien non, pas du tout. Dans cet interview, Laurent Wauquiez ne confesse aucun faute, n’avoue aucun regret et donc sa phrase de titre, bien présente dans le texte, s’adresse à des « élites politiques » dont, curieusement, il ne ferait pas partie.

C’est d’ailleurs ce qui trouble le plus dans cette interview: l’identité même de Laurent Wauquiez, dont on ne sait pas qui il est, ni où il se situe dans la société française. Voici un passage de cet entretien qui met bien en lumière le problème:

« Il y a un contraste terrible entre un pays qui conserve une pulsion de vie et des politiques qui avec une rage incroyable lui mettent la tête à l’envers. Nous vivons une vraie crise de civilisation. Les Français ont peur que leur pays change de nature. Pour le dire autrement, ils ne veulent pas devenir minoritaire chez eux. »

Laurent Wauquiez oppose donc « le pays » et des « politiques ». De qui parle-t-il exactement? Du gouvernement? Des socialistes? Si c’était le cas, il les nommerait. Donc, son propos doit être plus large. Mais large comment? Englobe-t-il, par exemple, Nicolas Sarkozy dans le lot? François Fillon, dont il fut le ministre? Tous ses copains avec qui il fut ministre? Peut-on penser, au fond, qu’il englobe tellement de gens dans la critique qu’il finit par se distinguer lui-même de la masse des hommes politiques et que son propos revient à nous dire de manière subliminale que lui est meilleur que les autres?

Personnellement, et sans posséder de preuves irréfutables de ce que me dicte mon intuition, je pencherais volontiers pour cette dernière interprétation.

Dans le passage cité, un autre moment me frappe, celui où il oppose « le pays », « les Français », et les « politiques ».

Ces formulations sont typiques de ceux qui critiquent le « système », d’Eric Zemmour à Marine Le Pen, et Laurent Wauquiez semble se rattacher à cette école. Malheureusement, ces formulations sonnent faux, car elles sont fausses. Les « politiques » qu’il dénonce ne sont pas des apatrides mais eux aussi appartiennent au « pays » qu’il décrit avec beaucoup de complaisance. Et de la même manière, les « politiques » sont Français, et donc opposer les gens sur une base nationale est tout simplement inepte. Peut-être les « politiques », du point de vue de l’interviewé, sont-ils mauvais, nuls, incapables, inconsistants et que sais-je encore, mais ils sont aussi Français que peut l’être Laurent Wauquiez.

D’ailleurs, lui même, qu’est-il précisément? Les tournures de phrases qu’il choisit dans son entretien font qu’il ne paraît pas s’inclure dans le pays, ni dans les Francais, ni dans les politiques. On se demande, en le lisant, qui est Laurent Wauquiez, et d’où il parle. A force d’être extérieur à tout, à tous, il jette un trouble sur sa propre identité. Ce qui est cocasse pour quelqu’un qui fait une interview pour parler précisément de l’identité de la France.

Enfin, dans le passage cité, une ficelle réthorique mérite d’être soulignée. Laurent Wauquiez dit que « les Français » – tous les Francais? – ont peur que leur pays change de nature. « Pour le dire autrement, poursuit-il, ils ne veulent pas devenir minoritaires chez eux »

De quoi parle exactement Laurent Wauquiez? Que veut dire, pour un pays, changer de nature? Parle-t-il de sexe? De culture? De monnaie? De religion?

Nous connaissons tous la réponse, évidemment, mais il est significatif de noter que Laurent Wauquiez ne la donne pas. Pourquoi ne la donne-il pas? Parce qu’il sait que tout le monde a compris, et il sait aussi que s’il est explicite, s’il nomme le changement de nature, il se fera gravement, et légitiment, houspiller pour une dénonciation raciste. Donc, il le suggère mais il ne le dit pas. Pas vu, pas pris. Mais lu, et compris.

Et même si c’est inutile, il appuie quand même son propos: ah non, les Français ne veulent pas devenir minoritaires chez eux. Mais ils ont peur de qui, les Français? Des Guatémaltèques? Des Indonésiens? Des Maltais? Des Basques? Il y a beaucoup de Basques dans les médias…

Là encore, Laurent Wauquiez demeure elliptique. Il dit mais il ne dit pas, il évoque mais il ne précise pas. Et là encore, il sait que chacun a très bien compris le sens de son propos. On pourra dire au choix que 1/ c’est du grand art; 2/ c’est très petit. J’ai une préférence mais je ne vous la livrerai pas.

Plus loin, dans une critique de ce que devient la France, Laurent Wauquiez dit ceci:

« Les notes à l’école? Valeurs du passé. Le travail? Valeur du passé. La sanction? Valeur du passé. »

En lisant ça, on reste pantois. Laurent Wauquiez mélange tout, et surtout ses affirmations sont tous les jours démenties par « les Français », comme ils nous appelle.

Mélanger le travail et les sanctions avec les notes à l’école est comique. Noter ou pas les élèves est un débat pédagogique, et en aucun cas une valeur. Les enseignants aujourd’hui s’interrogent sur le sens et les formes possibles de la notation à donner aux élèves. Personne parmi eux ne proposent d’abandonner la notation. Certains plaident pour des codes couleurs ou pour des lettres quand d’autres sont attachés aux chiffres. Franchement pas de quoi fouetter un chat français et sûrement pas à prendre en exemple pour en conclure à un abandon des valeurs, des valeurs françaises bien sûr.

Après cela, Laurent Wauquiez affirme que le travail en France est une valeur du passé. On se pince. N’a-t-il pas entendu tous les débats autour du chômage, lu tous les papiers sur la question, entendu les témoignages multiples des patrons et des salariés sur ce thème, pour conclure ainsi que les Français, qu’il aime tant, font du chômage une valeur du passé. À moins qu’il ne veuille signifier que le travail n’est pas une préoccupation pour les hommes politiques dont il fait partie? Mais là encore, pas un livre écrit par une sommité, pas un discours prononcé, pas une interview réalisée, sans qu’il soit question de l’emploi, du code du travail, des 35 heures, des charges salariales ou patronales, et de tant d’autres éléments qui structurent le travail.

Alors de quoi parle Laurent Wauquiez quand il procède à son affirmation? Je suis bien incapable de vous le dire, n’étant certain que d’une chose: c’est du n’importe quoi.

Et la sanction? Ah, la sanction… Les prisons en France sont pleines. Tous les jours, les tribunaux infligent des sanctions, des peines, des amendes. Reprocher aux juges leur laxisme, c’est ne jamais regarder la réalité judiciaire, ne jamais regarder la société, et finalement ne jamais écouter les Français.

Tiens, un dernier passage de cette interview culte:

« Dans son discours de réception à l’Académie, M. Finkielkraut a affirmé: « J’ai découvert que j’aimais la France le jour où j’ai compris qu’elle était mortelle. » C’est magnifique. J’ai moi-même compris pourquoi je m’engageais en politique quand j’ai réalisé que la France pouvait être mortelle. »

Que nous dit exactement Laurent Wauquiez quand il éprouve le besoin de citer Alain Finkielkraut? Certainement quelque chose de très simple: que lui aussi, le moment venu, sera digne de l’Académie, puisqu’il raisonne déjà comme un académicien.

En conclusion, je poserais bien trois questions à Laurent Wauquiez et je serais honoré de ces réponses.

1/ Appartient-il ou non aux élites politiques ce pays?

2/ Du changement de quelle nature est menacée la France?

3/ Qui pourrait rendre minoritaires les Français minoritaires?

S’il me réponds, ce que j’espère, je vous transmettrai les réponses.
Loi Rebsamen : Où en est-on dans sa mise en place ?

samedi 13 février 2016

Les dates à retenir, à partir du 9 août 2015, date d’entrée en vigueur de la loi :

 1er janvier 2016 : réorganisation des informations consultations, réorganisation des obligations de négocier, dispositions relatives à la propagande électorale et à la protection des candidats (TPE).

 1er janvier 2017 : applications des prescriptions électorales pour la mixité proportionnelle.
Dans l’attente des décrets : 


 1er juillet 2017 : création des CPRI (commission paritaire régionale interprofessionnelle) et des CPRB (commission paritaire régionale de branche).

 Mars 2019 : Mise en place effective des administrateurs salariés dans les entreprises dont l’effectif en France est d’au moins 1 000 salariés.

Quels principaux changements dans le dialogue social ?

 Dans les TPE, les entreprises à partir de 11 salariés et plus, soit 3 millions de salariés - en plus de l’artisanat qui possède des CPRIA (commission paritaire régionale interprofessionnelle de l’artisanat) - pourront être représentés par les CPRI et les CPRB, avec un dispositif simplifié d’information et de négociation, sur les rémunérations, le temps de travail, le partage de la valeur ajoutée dans les entreprises. Puis sur la qualité de vie au travail et égalité professionnelle.

- Dans les entreprises de 50 salariés, le processus d’information-consultation est organisé en 3 temps par une consultation sur les orientations stratégiques et leurs conséquences, puis sur la situation économique et financière et enfin sur la pratique sociale.

- Dans les entreprises de moins de 300 salariés : possibilité de mutualiser et d’annualiser les heures de délégation entre titulaires et suppléants, mais pas avec les heures syndicales.

La mise en place d’une délégation unique du personnel (DUP), dans les entreprises en dessous de 300 salariés : la décision revient à l’employeur. L’employeur doit consulter les IRP mais en cas d’avis négatif, il peut passer outre. La loi prévoit :

  • Un socle sur la fréquence des réunions (tous les deux mois au minimum), et les thématiques traitées (4 réunions au moins sur les questions du CHSCT, comité d’hygiène, de sécurité et des conditions de travail).

  • Désignation d’un secrétaire et d’un secrétaire adjoint exerçant les fonctions des secrétaires du comité d’entreprise et du CHSCT.

  • Les suppléants peuvent siéger à toutes les réunions avec voix consultative.

  • Respect des 3 temps de consultation.

  • Un seul avis rendu visant à la fois le CE et le CHSCT, à condition que les membres du CHSCT aient été convoqués et que les invités habituels (médecin et inspecteur du travail) aient été prévenus.

  • Expertise commune quand le sujet est commun au CE et au CHSCT, avec la possibilité de faire appel à plusieurs experts.

  • Les dispositions prévues peuvent être améliorées par accord.

Une fois instaurée dans une entreprise, la DUP élargie s’applique à chaque établissement.

  • Dans les entreprises, à partir de 300 salariés : Possibilité d’adapter, par accord majoritaire, le cadre et le fonctionnement des IRP (instances représentatives du personnel).

  • Dans les entreprises d’un effectif de 1 000 salariés et au-delà : les salariés auront des représentants au conseil d’administration.

Les décrets portant sur le nombre de délégués et la délégation unifiée (DUP) ont été transmis le 29/12/2015 aux syndicats pour avis des partenaires sociaux.



Cop 21 : Au travail maintenant !

samedi 13 février 2016

La COP 21 s’est achevée sur un accord historique (voir les + et les - de l’accord sur EurActiv.fr dans les sources). S’il faut saluer le résultat diplomatique et étatique (195 pays se sont engagés), force est de constater que tout commence maintenant et en particulier, et surtout, les questions liées au travail et à l’activité humaine.

Car c’est de cela dont il faut parler, le « comment faire » loin du Bourget. Comment diminuer drastiquement notre consommation d’énergie fossile, développer les énergies renouvelables, engager l’économie sur la voie de l’éco-efficience et du développement durable ? Or, engager avec succès les changements nécessaires de nos modes de production et de consommation entraîne parallèlement des changements dans les façons de travailler et dans les emplois. Guy Rider, Directeur général de l’OIT a écrit dans une tribune récente que « l’environnement n’est pas un problème pour l’emploi, c’est l’emploi qui est une solution pour l’environnement ».
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