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en soi, instrument d'une acquisition (illusoirement) considérée comme pouvant être infinie. La menace de nouveaux pouvoirs, susceptibles de déséquilibrer dangereusement la société humaine, y était inscrite.
Plus spécifiquement, Aristote y voyait deux dangers majeurs, cruciaux et étonnamment modernes : que la poursuite effrénée de l'accumulation de la monnaie devienne la finalité première des activités des hommes (nouvelle finalité, en lieu et place du bien-être de la communauté), et, comme autre face du même processus, que se perde le souci de la vertu physique naturelle des objets.
C'est, dit Aristote, la vertu physique naturelle de tout objet que de servir avant tout à l'usage humain auquel il est destiné. Ainsi, une paire de chaussures a pour vertu physique naturelle de chausser confortablement et de protéger convenablement et durablement des pieds. Son destin fondamental et humain n'est pas de servir à procurer un maximum de monnaie à celui qui la fabrique. Produire des marchandises en vue, d'abord, de leur faire remplir, avec honnêteté et probité, leur vertu physique est un acte qui relève de l'économique. Or la chrématistique allait inéluctablement conduire à la mise au second plan de la vertu physique naturelle de l'ensemble des biens et services produits par les hommes, en poussant les individus à chercher à thésauriser, chacun pour soi, et chacun contre l'autre (chacun s'évertuant toujours à obtenir la plus grande quantité de monnaie possible contre le produit de son travail).
Aristote engageait là 1 la première discussion serrée touchant à ce qui deviendra bien plus tard, en économie, l'épineuse question des rapports entre valeur d'usage (valeur de l'objet dans une logique économique) et valeur d'échange (seule valeur considérée dans une logique chrématistique), et par extension, de la relation entre travail-marchandise-valeur, entre travail-valeur, valeur-prix, etc.
La chrématistique allait forcément faire de la société humaine une collection d'ennemis plutôt que d'amis. Aristote n'avait pas de terme assez fort pour exprimer le ressentiment qu'il nourrissait à l'égard de la chrématistique. Elle était pour lui : une activité contre nature, qui « déshumanise » ceux qui s'y livrent et les « exclut de la communauté » politique ; un germe de destruction de ce qui fait le ciment de la communauté humaine : la solidarité, l'exigence de réciprocité, la justice, l'absence d'extrêmes et l'amitié utile entre les hommes, le nécessaire contrepoids du collectif vis-à-vis de l'individuel.
Nous pouvons voir que tout opposait économique et chrématistique. Comment en est-on venu à vider le premier terme de son contenu, à y substituer totalement le contenu du second ? Voilà le premier aspect hérétique de cette histoire de la pensée néolibérale : nous voyons là une trahison de la part des clercs de l'économie, qui ont fait passer — et qui continuent à faire passer — ce qui n'est que méprisable chrématistique pour de l'économique, c'est-à-dire dont le discours réfère toujours, si ce n'est plus que jamais, au bien commun (et au bien des autres ; c'est pour leur bien que l'on contraint les pays « en développement » à l'ouverture de leurs marchés par exemple), alors même que sa mise en œuvre n'entraîne en pratique que l'enrichissement des uns au détriment des autres.
Personne, je crois, n'a mieux que John Kenneth Galbraith décrit les processus, au demeurant assez triviaux, qui ont conduit de la philosophie sociale (qui a marqué toutes les premières incursions intellectuelles touchant à l'économie et aux rapports sociaux qui s'y rattachent, de Rousseau aux classiques — d'Adam Smith, John Stuart Mill, David Ricardo jusqu'à, particulièrement, Karl Marx) à la prétendue science économique, aseptisée et expurgée de toutes les questions de finalité et d'éthique, péremptoirement et opportunément disqualifiées pour raison de non-scientificité 1. C'est vers le dernier tiers du XIXe siècle, explique Galbraith, avec l'école dite néoclassique et son acharnement obsessionnel à imiter les grandes sciences — notamment la physique —, que l'on commença à assister à une surmathématisation de la pensée économique qui allait proprement servir cette oblitération 2.
On peut, et non sans une part de raison, arguer que c'est Karl Marx qui, le premier (si l'on met de côté la célèbre tentative de Malthus), juste après les classiques, a eu la prétention de faire de l'économie une science et de ses objets des choses quantifiables, mesurables... On brandira les travaux dits positivistes du « vieux » Marx, audacieusement présentés (depuis Louis Althusser) comme le résultat d'une rupture épistémologique par rapport aux écrits du « jeune » Marx, plus anthropologue, plus philosophe et plus humaniste. Mais ce point de vue ne nous paraît pas fondé.
En effet, il faudrait en premier lieu — comme y insiste longuement, dans une œuvre monumentale sur Marx, Leszlek Kolakowski 3 admettre qu'il se serait opéré quelque chose comme un reniement de lui-même entre le Marx qui a écrit les Manuscrits et les Grundrisse, et celui qui a conçu le Capital ! Ensuite, il faudrait ne plus voir aucun lien entre la (si importante) question de l'aliénation et de l'exploitation exposée dans les Manuscrits et tous les développements du Capital sur la relation dialectique entre les modes de production et les rapports sociaux de production... Il faudrait aussi balayer d'un revers de la main des centaines — sinon des milliers — de pages sur le caractère inique et inhumain du même système d'exploitation toujours et inlassablement décrit par Marx, depuis La Sainte famille, jusqu'aux toutes dernières lignes du Capital.
Il faudrait tout simplement nier que toute l'œuvre de Marx (même si, bien sûr, une bonne partie du Capital se veut scientifique et résolument positiviste) est traversée de part en part, et profondément, par l'omniprésente question éthique — qui a aussi préoccupé tous les classiques et qui, sans cesse, reprend les interrogations d'Aristote : que deviennent, dans la course à la production des biens matériels, l'homme et la communauté des hommes, et quelle y est la finalité de l'économique ? Autrement dit, pourquoi produire ? Pourquoi s'enrichir ? Qui s'enrichit ? Comment ? jusqu'à quelles limites ? Et au détriment de qui ?
Chacun avait sa réponse, certes, mais aucun, comme vont le faire allègrement les néoclassiques et leurs continuateurs, ne feindra de ne voir ni misère ni souffrance dans la nouvelle capacité de construire, en des temps records, de colossales fortunes privées chez cette bourgeoisie anglo-américaine du XIXe siècle.
Karl Marx et John Stuart Mill 1 mis à part, il existait cependant une sorte de dénominateur commun dans la réponse des classiques à cette question, par lequel allait s'opérer un glissement vers une appréhension pragmatique et technocratique du problème : c'était, insistait-on, l'effrénée propension à se reproduire des basses classes, trop enclines, disait Smith, à se livrer aux plaisirs domestiques.
De ce point de vue, il convenait de trouver la bonne formule qui assurerait l'équilibre entre emplois, salaires et natalité pour apporter remède à la pauvreté galopante : ainsi, un salaire suffisamment peu élevé aurait le double avantage de décourager la multiplication de la classe ouvrière et d'éviter chez l'employé des comportements excentriques 2. Cela s'est appelé avec Karl Marx le salaire nécessaire à la reproduction de la masse ouvrière ; cela s'appelle aujourd'hui, là où cela existe encore envers et contre tous les assauts des « déréglementateurs », le SMIG ou « salaire minimum interprofessionnel garanti ».
C'est ainsi que l'on enseigne encore de nos jours, dans les écoles de gestion, qu'il ne sert à rien de payer de plus hauts salaires pour essayer d'accroître la « rentabilité » de l'employé, car, prétendent les maîtres, les incitatifs matériels, dans une optique de performance, suivent très vite une courbe de rendements décroissants... Tout diplômé de toute business school qui se respecte a été formé à penser, sans qu'aucun doute ne l'effleure et sans aucun malaise, que cette fameuse courbe justifie scientifiquement que l'on fasse tout pour limiter le salaire des employés puisque les rendements ne suivent pas de façon proportionnelle. Notons que cela n'empêche pas les mêmes maîtres d'enseigner, du même souffle, que dirigeants, patrons et actionnaires sont là, eux, pour amasser le plus possible d'« incitatifs matériels », et que bien sûr, dans leur cas, cela n'entame en rien l'ardeur à la performance, ni la motivation. Bien au contraire, ils ne connaissent, eux, aucune courbe de rendements décroissants !
Voilà l'exemple même de ce que j'appelle la trahison éthique de la part des clercs de l'économie, qui réalise totalement le glissement de l'économique à la chrématistique et qui constitue une des bases sur lesquelles s'est élaboré le management : on a réalisé le tour de force de transformer une question morale en une question pseudo-scientifique trouvant sa solution, toute sa solution, dans des calculs et des mesures basés sur des observations dites objectives, ayant pour objet des comportements dits rationnels, calculables, mesurables, prédictibles.
L’économie allait se mettre à réfléchir exactement, prétendait-on, comme le ferait toute vraie science, dite exacte. Elle n'avait plus, à l'instar de la physique, qu'à traiter des données (statistiques-probabilistes à défaut d'être empiriques, et hypothético-déductives à défaut d'être expérimentales) ipso facto considérées comme rationnelles, objectives, mesurables, quantifiables. Cela allait s'appliquer aussi bien au comportement du marché qu'au comportement humain.
L’économie devenue science, il est de son devoir de ne plus s'égarer à se poser de questions d'ordre moral (il ne viendrait pas à l'idée d'un astrophysicien de se demander s'il est éthique, moral ou juste que la Lune soit plus petite que la Terre et sans vie : cela est, c'est ainsi, point !). Son devoir est de se contenter de constater et de mesurer, de « correctement rendre compte du réel » comme le dit un Karl Popper des sciences en général. C'est-à-dire, pour ce qui est des économistes officiels, de rendre compte du fonctionnement de l'économie telle qu'elle se montre à voir, de l'interpréter en concepts qui la reflètent, mais en fait, telle que les dominants la désirent et l'organisent à leur avantage. Il s'agit alors d'un processus de réification, d'objectivation de « forces » prétendues agissantes en elles-mêmes telles que « la main invisible », « le marché », « la demande et l'offre », « les organisations », « la bourse », qui seraient censées non seulement procéder, par leurs propres dynamiques, aux justes et « naturels » équilibres entre tous les facteurs (travail, capital, ressources naturelles), les quantités et les prix, les dividendes et les « salaires » des PDG, mais aussi réagir à la façon des choses physiques : ne parle-t-on pas, et ceux qui se disent chroniqueurs économistes dans les médias ne s'en privent pas, de nervosité des marchés, de la bourse, de frissonnement des monnaies, d'approbation des milieux d'affaires ?
Ce salutaire glissement sémantique et thématique avait donc plus d'un avantage pour les faiseurs d'argent et leurs théoriciens : faire acquérir à la discipline économique l'autorité du statut de science et, du même coup, se libérer de l'embarrassant problème de l'origine et des raisons de la persistance de la pauvreté, et même de son accroissement. Les questions évoquées plus haut : Qui s'enrichit ? Pourquoi ? Au détriment de qui et de quoi ? ne sont désormais, avec les néoclassiques, que des questions bassement philosophiques. Voire, ce qui est bien pire, des questions émanant d'une sensiblerie sociale gauchisante, tiers-mondiste, oiseuse, subversive et néfaste.
À nous donc les savants calculs et les modèles sophistiqués qui ont la miraculeuse vertu d'absoudre les consciences — au cas où il viendrait à quiconque l'idée saugrenue de faire des liens entre fortune des uns d'un côté, et misère des autres et détresse de la nature de l'autre côté. Alors qu'il n'est presque qu'à lire le premier des classiques venu (bien sûr, Marx et Engels, mais aussi, à leur façon, Smith, Malthus, Mill 1) pour se rendre compte à quel point la création de richesses pour les uns était — et est toujours — synonyme de démultiplication de misère pour les autres.
L’éradication de toute considération morale ou éthique était la condition sine qua non pour la consécration de l'économie comme science 2.
C'est dans ce même mouvement qu'il faut voir le rejet de la valeur travail au profit de la valeur offre-demande comme base de l'analyse théorique économique, véritable point tournant historique. Ceci tenait partiellement à la complexité, qualifiée d'inouïe par Robert Heilbroner, du raisonnement et des calculs que la valeur travail implique, certes, mais aussi et surtout au fait que, tant que cette valeur travail restait dans le champ de l'analyse, elle posait, ipso facto, le problème incontournable de savoir qui exploite le travail de qui, et jusqu'à quelles limites, pour pouvoir réaliser ce surplus, apparemment infiniment extensible, dénommé profit. En effet, si la valeur des biens et services est étroitement corrélée à la « valeur » du travail social investi dans leur production, elle est fixée de façon à dégager, dans l'acception de tradition marxienne, une « plus-value » qui n'est que du « surtravail » non rémunéré qu'accapare le capitaliste par pure exploitation, grâce au rapport de force qui lui est favorable dans le cadre des rapports sociaux de production de type capitaliste.
La théorie de la valeur marché ou de l'offre et de la demande arrivait à point nommé pour se débarrasser, de façon en quelque sorte définitive, à la racine, du dilemme posé par le rapport inversement proportionnel liant richesse des uns et pauvreté des autres (que ce soit à l'échelle individuelle, collective, nationale, ou internationale), en affirmant que le profit est un surplus légitime, ne générant ni exploiteurs ni exploités, mais tout simplement des gagnants d'un côté, et des malchanceux ou des perdants, de l'autre, tous produits de l'action des lois immanentes et inexorables des équilibres du marché, au-dessus de la volonté des humains, qui font survenir, malgré ceux-ci, la plus judicieuse des répartitions automatiques possibles entre quantités, prix, salaires, profits, etc., et, ajoute-t-on sans rire, le bien-être général.
La loi de l'offre et de la demande, qui sous-tend l'ensemble de l'édifice théorique néoclassique, puis marginaliste et néo-marginaliste, puis monétariste (à l'exception de Keynes bien sûr) et néolibéral, n'est, en dernière analyse, que l'idée de se doter, en économie, de l'équivalent des lois de la gravitation universelle en physique.
C'est à travers ce mouvement même de « scientificité » de la pensée économique que va se poursuivre ce que j'ai appelé la trahison chrématistique. Pour faire de la monnaie, et des mesures qu'elle permet, l'alpha et l'oméga qui rendent compte de tout ce que font les hommes pour survivre (tous les indicateurs de modification et d'état de toute économie sont mesurés en termes de flux monétaires, à commencer par les fameux et inamovibles PNB et PIB, produit national brut et produit intérieur brut), il a bien fallu étendre les raisonnements purement chrématistiques à des sphères de plus en plus larges des activités humaines, jusque et y compris les activités artistiques, artisanales, culturelles. Comme unité de mesure universelle, la monnaie doit alors pouvoir rendre compte simultanément, à la fois de ce qui se passe du côté des offreurs et du côté des demandeurs, du côté des exportateurs et du côté des importateurs, des employeurs et des employés, des rentiers et des salariés, etc. Cette obligation, en quelque sorte, de simultanéité et d'universalité nécessite à son tour un recours à des formes de raisonnements et de calculs qui postulent les capacités d'observation, d'expérimentation et de vérification — toutes choses étant égales par ailleurs — dont s'était rendue capable jusque-là, en particulier, la science physique.
Un véritable délire pseudo scientifique — newtonien (d'abord) a envahi alors le champ de l'économie — où l'emprunt de leur vocabulaire aux différentes disciplines scientifiques, par les vagues successives d'économistes cherchant à en faire une science, n'est pas qu'analogique mais représente un emprunt conceptuel direct.
Jacques Rueff, Paul Dirac, Georges Devereux, Albert Jacquard, Bernard Maris, Fritjof Capra, et d'autres ont, parfois depuis longtemps déjà 1, montré à quel point ces apprentis sorciers usent et abusent d'analogies et de formules empruntées à la mécanique céleste de Newton, d'équations dérivées de l'électromagnétique, de la cinétique des gaz et de la physique subatomique... Comme si les affaires humaines (et les humains) pouvaient être traitées sur le même mode que des masses en interactions mécaniques, des particules ou des molécules appartenant aux mondes de la chimie ou de la physique.
Les néoclassiques et leurs continuateurs ont tout essayé pour tenter de faire de nous des objets mécaniques ou des électrons. Les monétaristes post-keynésiens, les économètres et les néolibéraux s'imaginent pouvoir à la fois nous traiter comme des particules élémentaires de la physique subatomique (niveau de la physique post-newtonienne et quantique) — en économétrie et plus généralement dans les modèles et analyses dits multivariés — et nous appliquer des macro-raisonnements relevant de la physique supra-atomique (niveau de la physique mécanique classique) —en macro et microéconomie en général 1... Il est pour le moins curieux, sur le plan épistémologique, que l'on puisse ainsi agréger deux niveaux de raisonnement aussi distincts dans leur science d'origine.
Nul, à part peut-être quelques Leontiev, Max Weber, Karl Marx, etc., ne soupçonnera jusqu'à quelles délirantes élucubrations conduiront les raisonnements et les calculs de ces nouveaux économistes, depuis les néoclassiques jusqu'à cette hypermathématisation de la pensée dénommée économétrie. Ce mouvement culmine aujourd'hui avec le triomphe des super-modèles, toujours plus abstraits et sophistiqués, que permettent les nouvelles capacités de calcul fournies par les ordinateurs (lesquels calculs et modèles sont cependant, selon les mots de Samir Amin 2,
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