Gestion des ressources humaines








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Les particularités de la pensée de Fayol

Fayol et Taylor

Fayol a commencé à élaborer sa théorie vers 1890. Il l’a exposé dès 1900. Taylor (1856-1915) a publié la sienne au même moment1.

Ils sont donc contemporains, mais ils s'opposent sur la direction fonctionnelle. Taylor n’a pas lu Fayol mais Fayol a lu Taylor dès 1913. Il a détecté que la notion de direction fonctionnelle est contradictoire avec sa théorie de la hiérarchie. Sa pensée à ce sujet a évolué. Il a accepté la direction fonctionnelle, à la condition que les domaines de responsabilité soient clairement définis, en 1913 et en 1925. Mais dans son ouvrage de 1916, il s’est opposé violemment à la notion de direction fonctionnelle. En 1925, il accepte la création du CNOF (Conseil national de l’organisation française) réunissant ses disciples avec les tayloriens français. Fayol en tant que directeur de mine s’est intéressé au travail de ses ouvriers. Il discutait des diverses manières d’effectuer le travail. Il choisit entre les solutions possibles non en fonction de la cadence mais en fonction du prix de revient2.

Fayol et Taylor sont aujourd’hui associés dans les cours sur les théories des organisations en tant que tenants d’une organisation formelle de l’entreprise.

Le vocabulaire de Fayol

Les termes employés par Fayol (administration, outillage administratif, tableau d’organisation, etc.) n’ont pas été ceux retenus par les sciences de gestion. La popularité de sa méthode ayant été faite par les Business School Américaines à partir d'une traduction assez sommaire et discordante, son texte est apparu difficile à comprendre aux anglophones. En particulier tous les termes relatifs à la Sociologie ont été gommés des deux versions anglophones. D'autres changements de vocabulaire affectent également les textes anglophones, comme par exemple le couple "bienveillance-dévouement" dans le rapport d'échange optimum entre chef et ouvrier qui fut remplacé par "gentillesse-loyauté".

De plus, en raison de la carence de textes et travaux antérieurs aux siens sur la sociologie du travail et de l'absence d'une discipline du management, Fayol dut définir et nommer lui-même les éléments composant le paradigme qu'il étudie, comme un explorateur qui découvre une terre inconnue.

Au départ formé au management par Stéphane Mony, un disciple de Saint Simon, Fayol s'inspire du Positivisme d'Auguste Comte pour fonder sa doctrine de l'Administration.

La guerre

Fayol a évoqué ses pensées dès 1900 et personne ne l’écoutait. Son texte de 1916 connaît un très grand succès, alors qu’il n’est guère plus complet. Le public français ayant subi 2 années d’échecs militaires accueille une œuvre qui dit, de manière abstraite, que la responsabilité en incombe à une hiérarchie qui s’est montré incompétente, imprévoyante, incapable de coordonner ses actions et de respecter ses hommes. L’entreprise est perçue comme une métaphore de l’armée. La science de l’administration générale naît ainsi, au-delà de la distinction entre entreprises industrielles et organismes étatiques. [réf. nécessaire]

Postérité intellectuelle de Fayol

Administration Industrielle et Générale a été traduit en anglais (2 fois), en espagnol, en portugais, en italien, en allemand, en suédois, en polonais, en hébreu, en finlandais, en letton, en tchèque, en grec, en japonais (3 fois). Son audience au début des années 1920 a été considérable. Les questions posées par Fayol ont été poursuivies par d'autres chercheurs, même si ceux-ci ne se réfèrent pas à lui. En effet, les fayoliens transmettaient de manière dogmatique les leçons du maître en oubliant la dynamique de la recherche fondée selon Fayol sur les expériences vécues en entreprise. Cette méthode s’apparente à ce qui est nommé aujourd’hui « recherche-action ».

Le Britannique Lyndall Urwick fit beaucoup pour diffuser la pensée de Fayol dans le monde anglo-saxon. Il tenta d'approfondir la notion de « principes de gestion » pour fonder la gestion en tant que science déductive où toutes les recommandations d’une « bonne gestion » découleraient logiquement d’un petit nombre de principes fondamentaux. Néanmoins l'interprétation faite par Urwick met l'accent sur le besoin d'un contrôle (surveillance) des employés qui n'est pas la notion de contrôle (vérification) employée par Fayol3.

Chester Barnard, ancien président de ITT, a apporté sa réflexion aux sciences de gestion en identifiant les fonctions du chef4

Luther Gulick a mis l’accent sur le concept d'étendue du contrôle. Les études empiriques montrent qu’il dépend de la diversité des tâches accomplies par les subordonnés5.

Eliott Jacques a formulé l’idée que plus le niveau hiérarchique était élevé, plus long était le délai nécessaire pour constater l’incompétence des personnes.

Martin Beckmann a formalisé, avec des équations mathématiques, le fonctionnement des hiérarchies6.

Henry Mintzberg et John Kotter ont mené des enquêtes sur le contenu concret du travail de chef. Ils mettent en évidence qu'il assure essentiellement des tâches de communication, tâches de très courte durée7.

Octave Gélinier formule des règles d’une bonne coordination très fayoliennes8

  • Le chef tient le même discours à tous ses collaborateurs.

  • Le chef ne prend pas de décision importante concernant plusieurs collaborateurs sans que le problème ait été évoqué en réunion du groupe.

  • En cas d'urgence, les personnes concernées sont consultées individuellement et la décision est évoquée à la réunion suivante.

  • Le chef refuse de se faire extorquer une décision importante dans un entretien particulier.

  • Tous les membres du groupe peuvent soumettre à la discussion les problèmes qui leur paraissent importants.

  • Le chef lutte contre toute rétention d'information, abstention, lutte interne, absence de coopération.

  • Le chef tient tous les membres du groupe solidairement responsables des succès et des échecs.

  • Les méthodes de travail font l'objet de débats et d'évaluation.

  • En cas de désaccords, le chef prend ses responsabilités et le fait savoir.

Les actions dans une hiérarchie selon Fayol

Actions du chef ultime

  • Décider du plan (stratégie) avec les propriétaires.

  • Définir la structure (organigramme, description de fonctions).

  • S'entourer de conseils compétents dans les domaines où il l'est moins (état-major).

  • Recruter ses collaborateurs, fixer leur salaire et leurs augmentations de salaire, assurer leur carrière selon leur compétence.

  • Définir tous les principes de la gestion du personnel.

  • Donner des ordres correspondant au plan.

  • Définir les chemins de circulation rapides des informations (passerelles).

  • Réunir ses collaborateurs directs régulièrement.

  • Écouter les suggestions de ses collaborateurs.

  • Lire les rapports (comptes rendus, comptes) et agir en conséquence.

  • Suivre la consommation des budgets.

  • Rendre compte aux propriétaires de l'état des affaires.

Actions des cadres intermédiaires

  • En fonction du plan reçu de son supérieur, définir les programmes de réalisation à plus court terme et pour les parties auxquelles il commande.

  • Participer aux conférences des chefs de service de son chef.

  • Se coordonner avec les autres services.

  • Organiser des réunions régulières avec ses collaborateurs.

  • Définir la structure de son service (organigramme et définition de fonction).

  • Gérer le personnel sous ses ordres (recrutement, salaires, licenciement).

  • Donner des ordres correspondant au programme.

  • Avoir des initiatives et en informer son chef.

  • Faire circuler les informations.

  • Accroître sa compétence (formation, information générale et professionnelle).

  • Contrôler les prix de revient.

  • Exploiter les rapports de ses collaborateurs.

  • Faire des rapports à son chef.

Actions des opérateurs

  • Exécuter les ordres reçus.

  • Signaler les difficultés d'exécution.

  • Rendre compte de la manière dont les ordres ont été exécutés.

  • Se coordonner avec les autres opérateurs.

Bibliographie

Les œuvres de Henri Fayol

  • Fayol H., « Note sur le boisage aux houillères de Commentry (emploi du fer et des bois préparés) », Bulletin de la Société de l’Industrie Minérale, 2e série tome III, 1874, p. 569.

  • Fayol H., « Guidage des puits de mine », Bulletin de la Société de l’Industrie Minérale, 2e série tome VI, 1877, p. 697.

  • Fayol H., « Note sur le boisage, le déboisage et le remblayage dans les houillères de Commentry », Comptes rendus mensuels de la Société de l’Industrie Minérale, juin 1878.

  • Fayol H., « Études sur l'altération et la combustion spontanée de la houille exposée à l'air », Bulletin de la Société de l’Industrie Minérale, congrès de Paris 1878, médaille d'or, 2e série tome VIII, 1878, p. 487-746.

  • Fayol H., « Étude sur le terrain houiller de Commentry », Comptes rendus des séances de l’Académie des Sciences, 16 mai 1881.

  • Fayol H., « Sur le terrain houiller de Commentry, Expériences faites pour expliquer la formation », Comptes rendus des séances de l’Académie des Sciences, 30 mai 1881.

  • Fayol H., « Étude sur le terrain houiller de Commentry, sa formation attribuée à un charriage dans un lac profond », Comptes rendus des séances de l’Académie des Sciences, 20 juin 1881.

  • Fayol H., « Sur l’origine des troncs d’arbres fossiles perpendiculaires aux strates du terrain houiller », Comptes rendus des séances de l’Académie des Sciences, 18 juillet 1881.

  • Fayol H., « Note sur la suppression du poste de nuit dans le remblayage des grandes couches », Comptes rendus mensuels de la Société de l’Industrie Minérale, octobre 1882.

  • Fayol H., « Note sur les mouvements de terrain provoqués par l'exploitation des mines », Bulletin de la Société de l’Industrie Minérale, 2e série tome XIV, 1885, p. 805.

  • Fayol H., Launay L. de, Meunier S., « Lithologie et stratigraphie, Étude sur le terrain houiller de Commentry », Bulletin de la Société de l’Industrie Minérale, 2° série, tome XV, 1886, réédité en 1887 en ouvrage séparé, tome I de trois portant le titres commun : Études sur le terrain houiller de Commentry. Le volume II (1890) porte le sous titre Flore fossile par Bernard Renault et René Zeiller. Le volume III (1888) porte le sous titre Faune ichtyologique et entomologique, par Charles Brongniart, Émile Sauvage.

  • Fayol H., « Résumé de la théorie des deltas et histoire de la formation du bassin de Commentry », Bulletin de la Société Géologique de France, août 1888.

  • Fayol H., Bassins houillers de Commentry et Decazeville, Excursion sous la conduite de M. H. Fayol, 1900.

  • Fayol H., « Séance solennelle de clôture du congrès de la Société de l’Industrie Minérale à Paris », samedi 23 juin 1900, Bulletin de la Société de l’Industrie Minérale, N° 15, 1901, p. 759-768.

  • Fayol H., « Le cinquantenaire de la société Commentry-Fourchambault et Decazeville », Comptes rendus mensuels des réunions de la Société de l’Industrie Minérale, congrès de Saint Étienne, 16 juin 1908, p. 240-242.

  • Fayol H., « Administration industrielle et générale », Bulletin de la Société de l’Industrie Minérale, N° 10, 1916, p. 5-164. Réédité 13 fois chez Dunod.

  • Fayol H., « De l’importance de la fonction administrative dans le gouvernement des affaires », conférence faite à la Société d’encouragement pour l’industrie nationale (séance du 24 novembre 1917), Bulletin de la Société de l’Industrie Minérale, N° 12, 1917, p. 225-267.

  • Fayol H., « Discussion sur l’enseignement technique supérieur », extrait des procès verbaux de la Société des Ingénieurs Civils de France, séance du 30 mars 1917, 16 pages, et Bulletin de la Société de l’Industrie Minérale, N° 12, 1917, p. 272-321.

  • Fayol H., « Préface à Administration industrielle et générale, l’éveil de l’esprit public », études publiées sous la direction de Henri Fayol, Bulletin de la Société de l’Industrie Minérale, N° 12, 1917, p. 145-152. édité en livre sous le titre L’éveil de l’esprit public chez Dunod et Pinat en 1918.

  • Fayol H., « La réforme administrative des administrations publiques », Commerce et Industrie, revue pratique des méthodes modernes en affaires, janvier, 1918, p. 3-9.

  • Fayol H., « L’administration positive dans l’industrie », La Technique Moderne, février, 1918, p. 73-75.

  • Fayol H., Notice sur les travaux scientifiques et techniques, Gauthier Villars, Paris, 1918.

  • Fayol H., « L’industrialisation de l’État », conférence faite le 24 octobre 1918, Bulletin de la Société de l’Industrie Minérale, N° 15, 1919, p. 237-274.

  • Fayol H., L’incapacité industrielle de l’État : les PTT, Dunod, 1921.

  • Fayol H., Préface à l’ouvrage de Albert Schatz L’entreprise gouvernementale et son administration, Grasset, 1922.

  • Fayol H., Conférence sur l’Administration industrielle et générale, École supérieure de guerre et Centre des Hautes Études Militaires, 5 et 14 mai 1923.

  • Fayol H., La réforme administrative des PTT, tiré à part, Dunod, 1923.

  • Fayol H., « La doctrine administrative dans l’État », conférence au 2° congrès international de Sciences Administratives, réédité en 1966 dans Revue Internationale des Sciences Administratives, Vol. XXXII, N°2, 1923, p. 114-133.

  • Fayol H., « Un entretien avec M. Fayol, la gestion des entreprises et l’outillage administratif », signé L. M. du Crouzet, La Chronique Sociale de France, janvier 1925, p. 10-26.

  • Fayol H., « Note de M. Fayol sur le Rapport présenté par M. André Citroën au nom de la commission chargée d’étudier les questions concernant l’organisation et le fonctionnement du monopole des tabacs et des allumettes », Annexe C du rapport de André Citroën, 1925, p. 163-174.

Frederick Winslow Taylor

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Portrait photographique de F. W. Taylor

Frederick Winslow Taylor (20 mars 1856, Germantown (Pennsylvanie) - 21 mars 1915, Philadelphie (Pennsylvanie)) est un ingénieur américain, promoteur le plus connu de l'organisation scientifique du travail. Celle-ci a trouvé un domaine d'application naturel dans le cadre de la révolution industrielle du XXe siècle.

Sommaire

  • 1 Biographie

  • 2 L’invention du taylorisme

  • 3 Citation

  • 4 Autres auteurs rattachés au taylorisme (management scientifique)

  • 5 Sport

  • 6 Notes et références

  • 7 Voir aussi

    • 7.1 Articles connexes

    • 7.2 Liens externes
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