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La machine infernale


Gringalet avait lu un grand nombre de romans criminels. Il n’était pas sans connaître les innombrables et horribles dangers que Paris dissimule sous le riant manteau de ses fêtes.

Mais à onze heures du soir, dans la rue de Sévigné, une distribution d’élixir funeste, destiné sans nul doute à décimer les populations ! ceci dépassait toutes les bornes !

Pour lui démontrer qu’il n’était pas le jouet d’une vaine illusion, il fallut un fait matériel.

Au moment où Lina enlevait le parchemin qui fermait sa bouteille, afin de remplir les fioles de ses deux complices, une odeur se répandit dans l’atmosphère, une odeur indéfinissable et si pénétrante que les trois Pieuvres mâles, malgré l’habitude invétérée qu’ils avaient de cet aromate, éternuèrent à l’unanimité.

Gringalet en eut envie, mais il se contint, craignant de dévoiler sa présence. En dépit de sa jeunesse, il avait de la perspicacité. Loin de se laisser abattre par la position précaire qu’il occupait entre la croupe et la queue du cheval, il se mit à fixer dans sa mémoire le nom à compartiment des trois inconnus : Messa, Sali, Lina et les divers détails de cette scène inconcevable afin de les révéler au docteur Fandango qui était son bienfaiteur et son parrain.

En effet, l’huissier de la place des Vosges, dont il avait le malheur d’être le fils illégitime, l’avait abandonné dès sa plus tendre enfance aux soins du hasard.

Nous n’aimons pas les digressions, mais nous déclarons qu’un homme comme il faut ne doit jamais détailler le fruit de ses débauches, surtout lorsqu’il est officier ministériel.

Messa et Sali, cependant, avaient atteint chacun une fiole en métal d’Alger qu’ils portaient, attachée à leur chaîne de montre. Lina emplit les flacons et dit avec une horrible ironie :

– Voilà de quoi meubler le charnier de l’arche Notre-Dame !

– Silence ! ordonna Messa qui semblait avoir sur les deux autres une autorité morale. Nous avons une position agréable chez M. le duc. Ne la perdons pas par de puériles étourderies. Bien des oreilles nous guettent, bien des yeux nous observent. Nous avons contre nous, outre les agents du pouvoir, toutes les créatures du docteur Fandango : le Joueur d’orgues, le Rémouleur, et surtout Mustapha qui dissimule, sous sa profession de cocher de fiacre, une naissance féodale et une éducation de premier ordre. Nous avons Mandina de Hachecor qui s’est faite femme coupable pour nous épier. Bien plus, dans cet unique but, elle a même accueilli l’amour d’un simple gendarme ! La multiplicité de nos ennemis commande une circonspection croissante. M. le duc n’est pas estimé dans son quartier. Toi, Carapace, sais-tu comment on nomme la demeure, ici près ? on l’appelle la Maison du Repris de justice ! Toi, Arbre-à-Couche, tu passes pour avoir été mal guillotiné ! Moi-même, je n’ai pas conservé au nom de Boulet-Rouge toute la considération dont l’avaient entouré mes ancêtres. Ainsi donc, soyons muets comme des soles normandes, et pour le vain plaisir de faire des mots, ne risquons pas notre aisance !

Comme tous les braves, le célèbre Boulet-Rouge, l’homme à l’emplâtre, avait de ces aphorismes et parlait avec facilité ; ses compagnons, moins lettrés, restaient sous le charme de sa faconde et oubliaient d’ouvrir l’œil de lynx.

Gringalet, au contraire, dans l’intérêt de son bienfaiteur le docteur Fandango, était tout oreilles. Il classait dans sa jeune mémoire, avec soin, les renseignements obtenus. Ainsi donc, le véritable nom de Messa était Boulet-Rouge ; Lina s’appelait Carapace ; Sali se nommait Arbre-à-Couche et devait avoir au cou le vestige particulier à la guillotine. Tous trois possédaient un élixir farouche et travaillaient pour un charnier inconnu du vulgaire.

Hier encore, Gringalet n’était qu’un enfant naturel, vendant les listes des loteries autorisées, ou ouvrant la portière des fiacres, à l’entrée des lieux de réjouissance, tels que spectacles, bals et restaurants ; aujourd’hui, la connaissance de tant de secrets le mûrissait de plusieurs lustres.

Il se cramponnait à son poste bien qu’il en sentit les inconvénients.

Cette nature abrupte, mais dévouée, préférait sa cachette incommode à un lit de roses, où il ne lui eut pas été donné de se rendre utile, il voulait mettre un terme aux soixante-treize meurtres quotidiens qui désolaient la France.

Ces caractères se font très rares.

Les trois Pieuvres mâles de l’impasse Guéménée (puisque nous connaissons désormais leur position sociale), avaient d’excellents motifs pour causer en toute sécurité sur le trottoir de la rue de Sévigné. Outre la voiture, déjà nommée, qui les isolait de la chaussée, sur les toits de la Maison du Repris de justice, une sentinelle active surveillait pour eux les alentours, prête à signaler le moindre danger à l’aide d’une fusée volante.

C’était Tancrède, dit Chauve-Sourire, parce que les sourcils lui manquaient, ex-enfant de chœur de Saint-Eustache, congédié pour abus de burettes. Il était le neveu propre de Dinah Tête-d’Or, concubine d’Arbre-à-Couche. Il aurait pu passer pour incorruptible, sauf sa bouche, sur laquelle il était porté.

Nous avons besoin de poser ces détails, en apparence indifférents, pour rendre compréhensible la catastrophe vraiment neuve qui va clore ce second chapitre.

À onze heures treize minutes, Mandina de Hachecor, « l’Escarboucle de Charenton-le-Pont » comme l’appelait Brissac son gendarme et son esclave, ouvrit avec précaution la porte du réduit modeste où elle abritait son talent et sa beauté. Vous n’auriez pu la voir sans l’aimer ; elle portait son galant déshabillé de nuit et tenait à la main une carafe de cassis et un verre à patte.

Elle monta deux étages. Tout en haut de l’escalier, elle passa sa tête charmante à une lucarne qui donnait sur le toit, et d’une voix douce elle appela Tancrède, surnommé Chauve-Sourire.

Celui-ci veillait. Il avait soif, comme toujours et reconnut bien la voix douce qui l’avait appelé plus d’une fois déjà pour lui offrir du vespetro ou de l’anisette, car Mandina appartenait au docteur Fandango et ne reculait devant aucun sacrifice pour servir les intérêts de cet homme remarquable.

Tancrède vint, Mandina lui offrit un verre de cassis, puis, usant des innocentes séductions de son sexe, elle l’entraîna dans sa chambre où elle l’enferma à double tour, en ayant soin de mettre aussi le verrou et plusieurs barres de fer très solides.

Dès lors, Messa, Sali et Lina manquaient de factionnaire. Leur sécurité devenait chimérique.

Mandina avait ses projets. Elle se coiffa d’un chapeau de bergère, ôta sa crinoline et mit un faux nez. Ainsi travestie, elle descendit l’escalier quatre à quatre. En descendant et par surcroît de précaution, elle posa sur son faux nez une paire de lunettes vertes, propriété d’un jeune écrivain déjà célèbre qui portait ombrage à Brissac. Il avait tort. On peut avoir sur soi les lunettes vertes d’un jeune homme dépourvu d’aisance, sans pour cela manquer aux lois de l’honneur.

Parvenue au rez-de-chaussée de la Maison du Repris de justice, Mandina de Hachecor enfila l’allée et se glissa comme un vent coulis derrière les trois Pieuvres mâles qui causaient toujours. Boulet-Rouge la vit, il avait un œil d’aigle, mais, trompé par son déguisement, il la prit pour un bas-bleu.

Mandina franchit la chaussée et s’élança sur le trottoir opposé où se trouvaient également trois hommes, bien différents de Messa, Sali, Lina.

Peu de personnes ont eu connaissance de cette grande lutte entre le duc de Rudelame-Carthagène et le docteur Fandango. L’autorité étendit un voile prudent sur ces horribles massacres, afin de ne point effrayer les touristes qui sont la fortune de Paris.

De même que les trois Pieuvres mâles de l’impasse Guéménée étaient soudoyés par le duc, de même les trois belles et robustes natures, rassemblées sur le trottoir opposé travaillaient pour Fandango.

C’était Pollux, le joueur d’orgues, Castor, le rémouleur et Mustapha, le conducteur de citadine.

Tous trois déguisés en hommes du peuple !

Remarquez ceci : Jadis les gens du peuple se déguisaient en grands seigneurs pour faire leurs méchants tours ; aujourd’hui, depuis que le roman coupable dispose des doubles fonds de Paris, les gens de qualité se mettent en voyous pour pouvoir pénétrer dans tous ces souterrains où grouille le crime. C’est un échange fait entre l’auvergnat à cinq centimes et l’habit noir à un sou.

Mandina ôta d’un geste rapide son faux nez avec ses lunettes ; elle arracha son chapeau de bergère. Il ne lui manquait désormais que sa crinoline.

– Paris ! dit-elle, craignant de n’être pas reconnue.

– Palmyre ! répondirent les trois bons cœurs.

Puis, mademoiselle de Hachecor leur demanda avec énergie :

– Vous ai-je suffisamment prouvé que je suis Mandina, la fille du grand chef des Ancas ! l’Escarboucle de Charenton-le-Pont ?

– Oui ! répondit Mustapha, tu as notre confiance, parle.

Il se permit en même temps un geste régence autant qu’indiscret, car il aimait les dames. Sans cela, il eut été parfait.

Mandina le repoussa avec décence et dit :

– J’ai examiné le ciel avec soin ; une lueur a paru du côté de Mauruse où s’est écoulée mon enfance.

Pollux, Castor et Mustapha se regardèrent sans frémir.

– Que Dieu protège le Fils de la Condamnée, murmura le chœur des belles natures.

Et tous se serrèrent la main d’une façon particulière.

Mandina, contenant son émotion, prit une pose plus saisissante.

– Ces voitures gigantesques, poursuivit-elle en montrant le véhicule, de MM. Lesage et Cie, sont propres à cacher tous les forfaits.

– Contient-elle des animaux dangereux ? demanda vivement Mustapha.

S’il n’avait pas d’épée, à cause de son métier civil, néanmoins il était digne d’en porter une.

Mandina eut un sourire amer.

– Je ne sais, répondit-elle, je ne fais pas allusion au dedans, mais au dehors ; sur le trottoir qui vous fait face, et à l’abri de cette volumineuse machine, j’ai vu réunis : Carapace, l’homme à l’élixir funeste ; Arbre-à-Couche, le secrétaire du duc et Boulet-Rouge, l’assassin du cent-garde !

Castor, le rémouleur, grinça aussitôt les dents. Ce n’est pas étonnant, le cent-garde était son propriétaire.

Mustapha mesurait déjà de l’œil la voiture de vidange. Il était dans son caractère de la franchir, au lieu d’en faire le tour.

– Boulet-Rouge, ajouta Mandina, a sous sa chemise le cercueil de l’enfant !...

Un cri d’horreur s’éleva de toutes les poitrines.

Les vidangeurs, cependant, achevaient leur besogne. On avait vidé et purifié la modeste fosse d’aisance de la Maison du Repris de justice, dont le rez-de-chaussée était occupé par deux industriels brevetés : un marchand de cirage inoffensif pour la chaussure et un commerçant en colle de poisson.

Pollux, Castor, Mandina et Mustapha se rapprochèrent les uns des autres si étroitement que leurs haleines se confondirent.

Elles n’étaient pas toutes agréables.

Mandina parlant d’une voix creuse et avec des inflexions étranges disait :

– L’amadou à l’usage des fumeurs est une des plus récentes inventions de ce siècle qui marche d’un pas sûr vers le progrès matériel. Il a produit le télégraphe électrique et la photographie, sans parler d’autres merveilles qu’il serait trop long d’énumérer dans des circonstances aussi graves. Plus récemment encore, il a produit, toujours pour l’usage des fumeurs, ce petit briquet étonnant avec lequel on parvient à enflammer les allumettes de la régie. J’en possède un. Il suffirait de se glisser jusqu’à cette voiture énorme, de présenter avec adresse à l’ouverture du robinet d’arrivée une allumette préalablement enflammée... L’esprit s’étonne de ce qui arriverait !

Les compagnons de Mandina éprouvèrent un malaise, excepté Mustapha dont l’esprit résolu et subtil était fait pour comprendre les avantages incalculables de cette combinaison.

– Je l’oserai ! prononça-t-il avec un geste intraduisible. Si ma mère me voit du haut des cieux, elle appréciera les motifs de cette démarche. C’est le seul moyen honnête que nous ayons pour débarrasser l’Europe civilisée de ces trois Pieuvres mâles.

Mandina, pour cette bonne réponse, lui confia aussitôt sa main à baiser. Castor et Pollux approuvèrent la résolution de Mustapha. Celui-ci, pâle d’émotion, mais gardant aux pommettes cette tache rouge qui indique la phtisie galopante, reçut de mademoiselle de Hachecor, le briquet récemment inventé. Muni de cette arme incendiaire, il se coula comme un tigre vers la voiture de vidange.

Les employés allaient justement fermer les robinets. Une minute de plus et l’entreprise était manquée.

Messa, Sali et Lina avaient fini de parler affaire ; ils se préparaient à partir en fredonnant des chants patriotiques.

Mustapha était beau à voir au moment où par des prodiges de patience, il réussissait à enflammer une récalcitrante allumette de l’impôt. Aucun signe de crainte ne se manifestait en lui, sinon un tremblement général et bien naturel. Il approcha la préparation chimique du robinet en murmurant :

– Ô ma mère !...

L’effet se fit un peu attendre ; mais pour n’être pas instantané, il n’en fut pas moins remarquable. Une explosion majestueuse et pareille à plusieurs coups de tonnerre fit trembler le sol, jusqu’à la rue Saint-Antoine, située non loin de là. Toutes les vitres de la rue de Sévigné, sans en excepter une seule, furent mises en pièces. Quelques pavés même furent déchaussés comme des dents malades.

Une odeur nauséabonde et infectante se répandit dans l’air. Les maisons de la rue du sinistre furent maculées du sol au faîte et les ruisseaux roulèrent des flots de déjections putrides et asphyxiantes.

Mais là, ne se bornèrent pas les dégâts.

Soixante-treize personnes des deux sexes et de tout âge, trouvèrent la mort dans cette combinaison qui leur était absolument étrangère. Outre la corruption fétide, le ruisseau déversa dans l’égout des flots de sang, tandis que la chaussée était jonchée de lambeaux humains en différents endroits. Les amis, les parents, les domestiques vinrent pendant toute la journée du lendemain reconnaître dans ce rouge fouillis, les morceaux de ceux qui leur étaient chers. C’était horrible, mais intéressant. Paris tout entier voulut voir cela, et il vint des gens de province en quantité. Les différentes administrations de chemins de fer avaient eu l’excellente idée d’improviser des trains de plaisir.

Anticipant sur les événements, nous dirons ici que par les soins de l’autorité, ce hachis humain, ces rillettes de cadavres mélangés à la vidange, ne tardèrent pas à mettre la peste noire dans le quartier. Le nombre des victimes de cette cruelle maladie n’est pas venu à notre connaissance, la préfecture de police en garda le secret avec un soin jaloux ; mais il fut tellement considérable que 232 familles aisées émigrèrent à Versailles, ville autrefois royale, qui gagne maintenant son pain à faire croire qu’elle a passé un traité avec les épidémies.

Telles peuvent être les suites des briquets à l’usage des fumeurs. Et chaque fois que vous détournez une institution de son but, vous pouvez vous attendre à des désastres semblables.

Revenons sur nos pas : quelques détails de la catastrophe pourront réjouir les dames.

Il ne restait plus vestige de la voiture de vidange. Le conducteur, les employés avaient été réduits en poussière impalpable ainsi que les trois chevaux percherons.

C’est ici le lieu de répondre à une lettre anonyme, fruit de la malveillance, qui nous demande comment le malheureux produit de l’incontinence d’un huissier, Gringalet, avait pu trouver un abri commode entre la croupe et la queue d’un cheval.

À quoi servent ces plates objections ? Qu’opposer à un fait ? Nous méprisons les lettres anonymes. Tel est notre réponse.

D’ailleurs, Gringalet était de petite nature. Il avait eu occasion de rendre un service futile au percheron... Bref, le percheron s’était prêté à la chose.

De ce cheval percheron, en particulier, il ne resta qu’une dent de la mâchoire inférieure. Gringalet, parvenu plus tard aux honneurs, la fit monter en épingle pour témoigner du miracle qui préserva ses jours. Sa dame la porte.

Deux brevetés, le marchand de cirage et le commerçant en colle furent foudroyés sur la porte de leur maison. Ils étaient ennemis, en qualité de voisins : le trépas les réunit. Seize jeunes enfants revenant de l’école à cette heure avancée, par suite d’un gala qui avait célébré le jour de naissance de la pension Tricot, furent massacrés péniblement. Deux amoureux qui causaient, le mari qui les guettait, et la fille de la maison qui profitait de la circonstance pour risquer sa première équipée, reçurent la mort également.

Enfin, ils étaient soixante-treize, pas un centimètre humain de moins.

Un fait curieux et qui rappelle l’aventure historique du fameux docteur Guillotin, tué par sa propre découverte, c’est que M. et madame Fabrice, brevetés, inventeurs du briquet, furent trouvés au nombre des victimes. Ils étaient dans la force de l’âge, et ils s’aimaient.

Bien entendu, nous ne faisons entrer dans ce fatal chiffre de 73, ni les chiens, ni les chats, ni les animaux secondaires.

Quant aux personnages de notre histoire, un instant avant l’explosion, Gringalet avait quitté son poste d’observation. Pourquoi ? Parce que Messa, Sali et Lina avaient cessé leur conférence pour chanter. Gringalet n’aimait pas la musique.

Ne l’en blâmez pas, ce fut son salut.

Au moment même de l’explosion, on avait pu voir mademoiselle de Hachecor, le Rémouleur et le Joueur d’orgues se plonger dans une allée sombre qui faisait face à la Maison du Repris de justice, tandis que Mustapha, plus rapproché de la machine infernale, disparaissait dans un tourbillon de flamme et de fumée. Mustapha fut projeté avec une violence excessive jusqu’à la rue du Parc-Royal où se termine la rue de Sévigné. Arrivé là, il eut la présence d’esprit de se tâter, car il croyait être mort. Rien ne lui manquait, sinon une oreille emportée par la roue de la voiture à vidange. Il revint en arrière pour la chercher, mais l’obscurité l’empêcha de la rencontrer.

Pendant cela, Mandina et ses deux compagnons montaient un escalier étroit, situé au fond de l’allée sombre. Ils comptèrent cent seize marches et s’arrêtèrent devant une petite porte qui avait je ne sais quoi d’énigmatique.

Mandina mit un doigt sur sa bouche et dit :

– C’est là ! J’ai compté !

– Frappez, répliqua Pollux, vous connaissez la façon convenue.

La fiancée du gendarme obéit ; elle frappa quinze coups, ainsi espacés, 5, 4, 3, 2, 1.

Derrière la porte, on entendit un faible bruit.

– Qui vive ? demanda une voix imposante et cassée.

Le Rémouleur répondit :

– Les Malades du docteur Fandango !

Une clef grinça dans la serrure et la porte laissa voir en s’ouvrant une noble tête de vieillard.

C’était Silvio Pellico !

III



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