Recueil de sept textes d’André breton








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’la Structure des nouvelles théories physiques’’ (page 120).
Son rejet de la religion :

Breton affirme que l’amour ne pourra être vraiment vécu qu’après qu’on ait «à l’échelle universelle fait justice de l’infâme idée chrétienne du péché. Il n’y a jamais eu de fruit défendu. La tentation seule est divine.» (page 133).

Il statue plus loin : «Le problème du mal ne vaut d’être soulevé que tant qu’on n’en sera pas quitte avec l’idée de la transcendance d’un bien quelconque qui pourrait dicter à l’homme des devoirs». Il repousse «la représentation exaltée du ‘’mal’’ inné» (page 136).
Sa critique de la société contemporaine :

-Breton fait ce reproche :«Sous le ciel de l’Europe», «le sociologue» «se borne à promener un regard embué de la gueule fumeuse et grondante des fabriques à l’effroyable paix rétive des champs.» (page 109), mais il n’indique pas quel devrait être son objet d’étude. En effet, la phrase qui suit ne semble pas liée, et est si contournée qu’elle est confuse : «Il n’a pas cessé d’y avoir lieu, peut-être est-il plus que jamais de saison de rappeler que cette suffisance est une des fins de l’activité de l’homme ; que la spéculation économique et la spéculation psychologique, si ennemies l’une de l’autre qu’elles se montrent à notre époque, se rencontrent remarquablement pour tourner autour d’elle» (page 109).

-À ‘’L’âge d’or’’, le «film de Buñuel et Dali», est opposé «l’âge de boue que traverse l’Europe» (page 112), et est dénoncée l’intolérance de «la censure espagnole» à l’égard du film (page 111).

-Dans le jardin de la Orotava «périclitent à plaisir les grandes constructions morales et autres, de l’homme adulte, fondées sur la glorification de l’effort, du travail» (page 115).

-L’amour ne pourra être vraiment vécu qu’après «la destruction des bases économiques de la société actuelle» (page 132), Breton étant donc en faveur d’une révolution, même s’il se moqua des «révolutionnaires de pacotille obstinés à tout soumettre à leurs fins de propagande immédiate» (page 112), ce qui était une attaque contre les communistes ; même s’il dénonça «quelque entorse qu’on cherche aujourd’hui à faire subir à la pensée marxiste» (page 110). En effet, il marqua bien son respect pour Engels et Marx, «les auteurs du ‘’Manifeste Communiste’’» (page 110).
Sa promotion du surréalisme :

Breton fit une première allusion aux thèmes du mouvement dont il était l’animateur quand il compara une «espèce autochtone de sempervirum» à la «volonté désespérée d’aujourd’hui, qui peut être qualifiée de ‘’surréaliste’’ [...] d’opérer à chaque instant la synthèse du rationnel et du réel, sans crainte de faire entrer dans le mot ‘’réel’’ tout ce qu’il peut contenir d’irrationnel jusqu’à nouvel ordre» (pages 105-106).

Puis il signala qu’il «n’a pas tout à fait désappris le dualisme du bien et du mal» (page 108), ce dont on peut déduire que ce rejet est une autre préoccupation des surréalistes.

Plus loin, il mentionna sa pratique de «l’écriture automatique» pour signaler que la préposition «à» est «le véhicule de beaucoup le plus rapide et le plus sûr de l’image» (page 114), ce qu’il avait d’ailleurs lui-même prouvé, en particulier dans son poème de 1932, ‘’L’union libre’’.

Voulant célébrer la sensation, il proclama cette évidence : «On n’en finira jamais avec la sensation». Mais il s’agissait surtout pour lui de pouvoir poursuivre par une condamnation des «systèmes rationalistes» qui «tentent, sinon de la réduire à l'extrême, tout au moins de ne pas la considérer dans ses prétendues outrances» ; d’affirmer : «Ces outrances sont, il faut bien le dire, ce qui intéresse au suprême degré le poète» ; de s’employer à une opposition entre «la méthode de ‘’résolution’’» et «la méthode d’’’invention’’», celle-ci étant privilégiée par celui qui «a le goût des grands accidents de terrain ou autres», qui y voit «l’attitude surréaliste telle qu’elle a toujours été définie» ; d’apporter pour preuve ce que M. Juvet écrivit dans ‘’La structure des nouvelles théories physiques’’ : «C’est dans la surprise créée par une nouvelle image ou par une nouvelle association d’images, qu’il faut voir le plus important progrès des sciences physiques, puisque c’est l’étonnement qui excite la logique, toujours assez froide, et qui l’oblige à établir de nouvelles coordinations». Breton estime que : «Il y a là de quoi confondre» les adversaires du mouvement surréaliste. Aussi affirme-t-il : «La surprise doit être recherchée pour elle-même, inconditionnellement» ; aussi prône-t-il «l’intrication en un seul objet du naturel et du surnaturel», l’opposition entre «la nécessité naturelle» et «la nécessité humaine ou logique», «la continuité parfaite de l’impossible et du possible» (pages 119-121).

En en étant venu à mentionner «la leçon de Léonard» (Léonard de Vinci), que celui-ci aurait donnée à ses élèves (regarder longuement un vieux mur jusqu'à ce qu'ils y voient apparaître un tableau tout constitué), Breton put alors indiquer qu’ainsi aurait été résolu le problème «du passage de la subjectivité à l’objectivité», c’est-à-dire le passage de ce qui est né dans l’esprit à son expression à l’extérieur, passage qui se ferait à travers un «écran» qui serait «le désir» (le désir d’objectiver son monde intérieur). Il put avancer ensuite que cette «leçon» aurait été retenue par le surréalisme dans sa conception de l’inspiration : «Le surréalisme n’est pas parti d’elle, il l’a retrouvée en chemin et, avec elle, ses possibilités d’extension à tous les domaines qui ne sont pas celui de la peinture», dont le domaine de la littérature. Aussi vanta-t-il à nouveau «les nouvelles associations d’images», activité qui nécessite «l’acceptation sans réserve d’une passivité plus ou moins durable» car «l'homme saura se diriger le jour où, comme le peintre, il acceptera de reproduire sans y rien changer ce qu’un écran approprié peut lui livrer à l'avance de ses actes. Cet écran existe. Toute vie comporte de ces ensembles homogènes de faits d'aspect lézardé, nuageux, que chacun n'a qu'à considérer fixement pour lire dans son propre avenir. Qu'il entre dans le tourbillon, qu'il remonte la trace des événements qui lui ont paru entre tous fuyants et obscurs, de ceux qui l'ont déchiré. Là - si son interrogation en vaut la peine - tous les principes logiques mis en déroute, se porteront à sa rencontre les puissances du hasard objectif qui se jouent de la vraisemblance. Sur cet écran tout ce que l’homme veut savoir est écrit en lettres phosphorescentes, en lettres de désir.» (pages 124-125).

Si Breton déclara ensuite que «l’exercice purement visuel de cette faculté» (celle d’objectiver son monde intérieur) a été «dite quelquefois paranoïaque» (page 125), c’est qu’il ne voulut pas nommer Dali parce qu’il s’était brouillé avec lui. Mais le peintre catalan avait défini une «méthode paranoïaque-critique», basée sur l’objectivation critique des images obsédantes (ce qui justifierait le mot «paranoïaque») qui surgissent à la conscience quand celle-ci passe à un état crépusculaire. D’un simple «objet de la réalité», on pourrait faire «une remarquable image-devinette» «qui nous entretient, sans erreur possible, du seul objet réel, actuel, de notre désir» (pages 126-127). Mais on peut aussi, comme l’avait fait Lautréamont, créer ainsi des «images verbales» qui sont «appelées à prendre le caractère de choses révélées», ce qui arrivera le «jour où l’on aura trouvé le moyen de ses libérer à volonté de toute préoccupation logique ou morale» (page 127).
Sa conception de l’amour :

Breton accorde bien l’importance qu’elle mérite à ce qui est le fondement de l’amour : «la libido humaine» (page 103), «la pierre incandescente de l’inconscient sexuel» (page 98). Aussi faut-il revenir à cette phrase non seulement bancale mais absconse : «La pierre incandescente de l’inconscient sexuel, départicularisée au possible, tenue à l’abri de toute idée de possession immédiate, se reconstitue à cette profondeur comme à nulle autre, tout se perd dans les dernières qui sont aussi les premières modulations du phénix inouï» (page 98), pour la décortiquer et essayer de dégager les idées qui s’y bousculent : «l’inconscient sexuel» est un «phénix inouï» parce qu’il renaît sans cesse ; il est «départicularisé au possible» et «tenu à l’abri de toute idée de possession immédiate» parce qu’il ne se fixe alors sur aucun «objet» (comme on disait au XVIIe siècle !). Ailleurs, Breton célèbre «le désir, seul ressort du monde, le désir, seule rigueur que l’homme ait à connaître» (page 127).

Il nous apprend ce qui fut pour lui «la limite de l’espérable à quinze ans, aller à l’inconnu avec une femme au crépuscule sur une route blanche» (page 102).

Puis il affirme de nouveau la prééminence de «l’amour physique» quand il lui apparaît que la vallée de la Orotava est «quelque chose comme l’immense vestibule de l’amour physique tel qu’on souhaiterait le faire sans s’y reprendre jamais» (page 107). Et alors il s’exalte : «Amour, seul amour qui soit, amour charnel, j'adore, je n'ai jamais cessé d'adorer ton ombre vénéneuse, ton ombre mortelle. Un jour viendra où l’homme saura te reconnaître pour son seul maître et t’honorer jusque dans les mystérieuses perversions dont tu t’entoures.» (page 108).
Il signale ensuite que :

- Engels avait affirmé le progrès, sur les «rapports sexuels ‘’désordonnés’’», qu’est «’’l’amour sexuel individuel’’ né de cette ‘’forme supérieure des rapports sexuels qu’est la monogamie, le plus grand progrès moral’’ accompli par l’homme [le mâle seulement?] dans les temps modernes» ; il avait même prophétisé que «la propriété privée une fois abolie […] loin de disparaître, la monogamie sera plutôt pour la première fois réalisée» ; il avait «insisté à plusieurs reprises sur le caractère exclusif de cet amour qui […] s’est enfin trouvé» (pages 109-110) ;

- Freud avait indiqué que «l’amour sexuel […] rompt les liens collectifs créés par la race, s’élève au-dessus des différences nationales et des hiérarchies sociales, et, ce faisant, contribue dans une grande mesure au progrès de la culture.» (page 110).

Curieusement, Breton en conclut que «l’activité poétique» serait un «moyen éprouvé de fixation du monde sensible et mouvant sur un seul être» (pages 110-111). C’est que, pour lui, l'amour favoriserait le «comportement lyrique», et que, tout comme la poésie, il supposerait, chez celui qui s'y livre, «l'entrée en transe».

Il indique aussi : «L’insolite est inséparable de l’amour, il préside à sa révélation aussi bien en ce qu’elle a d’individuel que de collectif. Le sexe de l’homme et celui de la femme ne sont aimantés l’un vers l’autre que moyennant l’introduction entre eux [ouille !] d’une trame d’incertitudes sans cesse renaissantes, vrai lâcher d’oiseaux-mouches qui seraient aller se faire lisser les plumes jusqu’en enfer.» (page 116).

Il s’exalte encore en célébrant un amour qui serait «défi éclatant au cynisme de plus en plus général, injure inexpiable à l’impuissance physique et morale d’aujourd’hui» (page 113) ; en affirmant : «La recréation, la recoloration perpétuelle du monde dans un seul être, telles qu'elles s'accomplissent par l'amour, éclairent en avant de mille rayons la marche de la terre. Chaque fois qu'un homme aime, rien ne peut faire qu'il n'engage avec lui la sensibilité de tous les hommes. Pour ne pas démériter d'eux, il se doit de l'engager à fond.» (page 113) ; en édictant ces commandements dignes du plus sévère des moralistes officiels pourtant honnis, sinon de Yaveh lui-même : «Éprouver le besoin de varier l’objet [de son amour], de le remplacer par d’autres, c’est témoigner qu’on est prêt à démériter, qu’on a sans doute déjà démérité de l’innocence. De l’innocence au sens de non-culpabilité absolue. Si vraiment le choix a été libre, ce ne peut être à qui l’a fait, sous aucun prétexte, de le contester. La culpabilité part de là et non d’ailleurs.» (page 133). Il répète son éloge de «l’amour réciproque» qu’il voyait comme «un dispositif de miroirs qui [lui ] renvoient, sous les mille angles que peut prendre pour [lui ] l’inconnu, l’image fidèle de celle qu’[il] aime, toujours plus surprenante de divination de [son] propre désir et plus dorée de vie.» (page 133). Il souhaite : «Que le don absolu d’un être à un autre, qui ne peut exister sans sa réciprocité, soit aux yeux de tous la seule passerelle naturelle et surnaturelle jetée sur la vie» (page 118) ; que cette union des deux amants dure jusqu’au «terme de leur vie même» (page 118). Et il proclame encore que l’amour est «porteur des plus grandes espérances qui se soient traduites dans l'art depuis des siècles» (page 132).
Or Breton avait, après avoir vécu avec d’autres femmes qui avaient, en leur temps, été dûment élues, rencontré celle qui était désormais le «seul être» qui comptait, la femme, Jacqueline Lamba, qu’il avait même épousé, avec laquelle il était venu dans les Canaries, et avait monté vers le sommet du Teide. auquel, d’ailleurs, il attribuait une magie érotique puisque, pour lui, il «est fait des éclairs du petit poignard de plaisir que les femmes de Tolède gardent jour et nuit contre leur sein» (page 97). Aussi, s’adressant souvent à «celle qu’il aime» (page 102), à celle «qui glisse près de [lui]» (page 104), dont il admire les yeux au «feuillage de mimosa» (page 119), les «mains enchanteresses», «transparentes» (page 137), qu’il appelle «Ondine» (page 108), fait-il de l’ascension le symbole de l’amour grandissant entre lui et elle ; fait-il aussi de l’exubérance sensuelle du «paysage passionné» (page 117), qui est foisonnant d’espèces végétales, la métaphore de la jouissance amoureuse du couple, en pleine harmonie avec les grandes forces de la nature. Il connaît des transports, des ravissements, des hallucinations. Animé d’un enthousiasme sacré, ne s'appartenant plus, il voit I'image de la femme aimée se répercuter dans la végétation aperçue :

-Il lui dit : «Songe au présent exorbitant que serait, jaillie d’un assez petit pot de terre, une lettre d’amour» écrite sur une feuille de «pitanga» (page 104).

-Il souhaite la «rejoindre dans la fleur fascinante et fatale» du datura (page 109).

-Il considère que l’herbe peut s’épaissir «au point de dérober à deux regards qui se cherchent et se perdent le reste du monde», toutes les empreintes de la misère : «les traces de peinture à la chaux, la cuvette ébréchée, les hardes, la pauvre chaise» (page 118), parce qu’il «joue à croire résolu dans ce cadre» «le problème de la vie matérielle de l’homme [seulement le sien?]» (page 116).

-Il lui déclare : «Mon amour pour toi n’a fait que grandir depuis le premier jour : sous le figuier impérial il tremble et rit dans les étincelles de toutes ses forges quotidiennes. […] À travers la diversité de ces fleurs inconcevables, là-bas, c’est toi changeante que j’aime en chemise rouge, nue, en chemise grise.» (page 119).

-La présence du «rétama» lui permet de marquer le caractère unique et rare de ses sentiments.

Toujours le thuriféraire d’un amour réciproque et unique, il fait à Jacqueline Lamba cette solennelle promesse : «
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