Chapitre I la voie animique








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Charles LANCELIN


L'évocation des morts
Les sept voies d'intercommunication entre les deux humanités



A Madame la Baronne L. de Watteville

En très respectueux hommage de l’auteur

Ch. Lancelin

INTRODUCTION



On se figure généralement qu'il n'y a, pour l'humanité de la terre désireuse d'entrer en communication avec l'humanité désincarnée, d'autre voie possible que le recours à la médiumnité soit personnelle soit étrangère... C'est là, une erreur profonde : il existe actuellement — car l'avenir nous en révèlera probablement d'autres — sept genres de procédés différents, pouvant être utilisés par quiconque, dans notre humanité vivante, veut se mettre en rapport avec une Entité astrale.

Dire que ces différentes voies sont d'une utilisation aussi facile les unes que les autres serait évidemment commettre une erreur grossière, mais, chose étrange, c'est peut-être la plus facile, la plus simple et la mieux à portée du premier venu, quel qu'il soit, qui est le plus généralement ignorée : je veux parler de la voie animique.

Quant aux autres, chacun en a entendu plus ou moins parler, et communément on sait leur existence tout en ignorant leur mode particulier de procéder.

Aussi nous a-t-il paru de quelque utilité de donner, en ce qui concerne chacune d'elles, quelques explications générales qui serviront à les mieux faire connaître.

Nous allons donc parler successivement de la voie animique, de la voie onirique, de la voie médiumnique, de la voie ectoplasmique, de la voie magnétique, de la voie magique et enfin de la voie mécanique.

Chapitre I - LA VOIE ANIMIQUE




C'est un truisme de dire que la loi morale, la loi supérieure à toutes les lois écrites, la loi qui nous ordonne d'éviter le mal et de faire le bien, est connue de chacun de nous ; cela est un fait évident pour tous, parce que chacun de nous possède comme un sens intime qui est précisément l'interprète de la loi morale et qu'on appelle la conscience. Qu'est la conscience ? C'est le sentiment que nous avons de la moralité de nos pensées et de nos actes.

J.-J. Rousseau l'a magnifiquement définie dans son Emile, lorsqu'il s'écrie : « Conscience ! Conscience ! Institut divin, immortelle et céleste voix, guide assuré d'un être ignorant et borné mais intelligent et libre, juge infaillible du bien et du mal, qui rends l'homme semblable à Dieu ! C'est toi qui fais l'excellence de sa nature et la moralité de ses actions; sans toi, je ne sens rien en moi qui m'élève au-dessus des bêtes, que le triste privilège de m'égarer d'erreurs en erreurs à l'aide d'un entendement sans règle et d'une raison sans principes. »

Donc, chacun de nous se rend compte qu'il possède une conscience et que cette conscience lui est un guide assuré pour fuir le mal et marcher vers le bien même les hommes dont on dit vulgairement « qu'ils manquent de sens moral et n'ont pas de conscience...» C'est là une erreur que rectifie Kant1 : « Quand on dit qu'un homme n'a pas de conscience, on veut dire par là qu'il ne tient aucun compte de ses arrêts, car s'il n'en avait réellement pas, il ne s'imputerait aucune action conforme au devoir et ne s'en reprocherait aucune comme lui étant contraire. Le manque de conscience n'est donc pas l'absence de la conscience, mais un penchant à ne tenir aucun compte de son jugement. » Or, toujours la conscience veille en chacun de nous.., tant pis pour qui n'écoute pas sa voix !

Mais qui donc fait entendre en nous ces avertissements intérieurs, ces cris intimes, si nettement impératifs et qui nous disent : Tu fais le mal !... D'où vient que nous sentons au plus profond de notre être un tribunal intérieur qui nous condamne plus sûrement que tous les juges de la terre ?

Car enfin, l'homme est faible et faillible ; son intelligence est bornée ; ses sens sont trompeurs et, pour employer les termes mêmes de J.-J. Rousseau, « son entendement est sans règle et sa raison sans principes... » Alors, quoi ?

Il est de la dernière évidence que l'erreur humaine ne peut créer l'infaillibilité conscientielle. D'où donc provient cette infaillibilité sinon de l'extérieur, et qui est-ce qui la cause ?

Il existe, dans l'enseignement catholique, une théorie très belle quoique légèrement déformée, d'après laquelle à chacun de nous est attaché un « ange gardien » qui veille sur la créature confiée à ses soins, sans jamais l'abandonner dans ses pires excès, toujours prêt à la retirer des abîmes, toujours prêt à lui enseigner la voie qui conduit aux sommets.

Cette théorie, qui est communément reçue et enseignée, n'a malheureusement aucune base dogmatique, mais elle répond merveilleusement au besoin intime qu'éprouve l'être humain de se sentir soutenu divinement au cours de ses multiples épreuves terrestres. Son manque de fondement doctrinal fait qu'on peut, qu'on doit la regarder comme le résultat christianisé d'une « fuite » de l'enseignement mystérial des vieux sanctuaires, provenant en premier lieu de l'indiscrétion de quelque initié aux Grands Mystères, et ensuite reprise et développée par les hautes philosophies de l'antiquité : Platon, entre autres, a plusieurs fois affirmé cette idée issue des enseignements mystériaux, et Socrate, intimement convaincu que chaque être humain est guidé, dans la vie, par un Génie supérieur, appelait daimôn, ce génie de qui la voix, confondue par l'homme avec celle de sa conscience, entraîne avec lui quiconque sait l'écouter et conformer sa conduite à ses inspirations, vers les plus purs sommets de la vérité, de la science et de la morale, vers l'idéal absolu, vers Dieu. Or Platon et Socrate étaient des initiés.

Nous savons, en effet2 qu'à chacun de nous sont attachées des Entités astrales ayant mission de nous guider, de nous faire progresser dans la voie du bien qui doit nous conduire aux plans supérieurs du Cosmos pour, plus tard, atteindre le plan divin.

Ce sont ces Entités du plan astral qui nous parlent par la voix de notre conscience, et c'est leur impulsion, dans l'intimité de notre être, qui nous écarte du mal pour nous faire progresser vers le bien. C'est donc par la conscience que, sans s'en douter, chacun de nous entre en communication avec les êtres qui ont vécu, comme nous aujourd'hui, de la vie terrestre, et qui, plus évolués que nous, ont maintenant charge de nous guider dans la voie de l'évolution morale.

A qui, en effet, n'est-il pas arrivé, se trouvant dans quelque occurrence critique ou simplement douteuse, de songer à un parent, à un ami défunt qu'il sait avoir vécu selon la norme de la justice et qu'en conséquence il regarde comme plus évolué que lui-même, et de se demander : « Que ferait-il dans la circonstance présente, où je me trouve indécis de savoir où est le bien, où est le mal ? » Or, pendant que son anxiété interroge l'être disparu, c'est sa conscience qui lui répond : « Voilà ce qu'il convient de faire ! » Et sa conscience, j'entends la conscience pure, la conscience qui n'a pas été sophistiquée ne trompe jamais.

Car la conscience d'un être peut être alambiquée, affaiblie et faussée par la malice et la faiblesse humaines et c'est encore une preuve que, si notre conscience est dans notre intimité, ses ressorts nous sont extérieurs.

En effet, les moralistes ont, avec raison, enseigné certaines divisions de la conscience qui n'est pas la même chez tous les hommes. Dans la conscience générale, ils ont donc trouvé : la conscience vraie, la conscience droite, qui juge conformément à la loi ; la fausse ou erronée, qui s'en écarte ; la sectaire, qui juge sans crainte de se tromper ; la probable, qui juge sur de simples vraisemblances ; la douteuse, qui est combattue par des raisons d'égale force ; la large ou facile, qui juge sur de légers motifs favorables ; la scrupuleuse, qui se crée des motifs futiles de crainte et n'ose se décider et enfin l'ignorante, qui n'interdit pas le mal uniquement parce qu'elle n'a aucune connaissance du bien.

Chacune de ces dispositions particulières, chacun de ces différents degrés de la conscience abstraction faite, naturellement de la conscience droite, de la conscience certaine, qui sont régies par des Entités venues de l'Astral, et de la conscience ignorante qui est celle de l'enfant encore sans intelligence provient de la méchanceté ou de l'infirmité humaines. Trop souvent, l'homme agit contre sa conscience, et, à la longue, la conscience se trouble: en d'autres termes, la voix des Entités supérieures perd de son autorité persuasive simplement parce que l'habitude est prise de la repousser : l'homme en arrive à confondre l'ordre de sa passion avec l'ordre de sa conscience et, s'il n'a pas la force de réagir, sa conscience devient fausse, ou, pour mieux dire, en quelque sorte aphone: elle parle toujours, mais il ne l'entend plus parce qu'il a d'abord refusé de l'entendre ou, comme l'a dit J.-J. Rousseau : « a la conscience se rebute à force d'être éconduite ; elle ne nous parle plus, elle ne nous répond plus...»

Dès lors, l'homme ne se dirige plus que par des mobiles passionnels uniquement pour ce motif qu'il a donné depuis longtemps la prédominance à sa passion et que maintenant il en est arrivé à prendre sa passion pour sa conscience. Mais alors, qu'il fasse un énergique effort pour se libérer de soi-même, et les Entités amies, qui ne l'abandonnent jamais, si bas soit-il tombé, se feront entendre de nouveau au plus profond de son être... pour lui apporter quoi ? L’obsession du remords d'abord, et plus tard, le repentir qui expie, qui rachète et qui répare.

Les anciens avaient parfaitement compris cette cause des remords, extérieure au coupable et le flagellant d'indestructibles lanières ; ils disaient en effet dus coupable exaspéré de ses tourments à Athènes : Ce sont les Erinnyes qui le poursuivent ! Et, à Rome : Il est en proie aux Furies !
Il n'est aucun criminaliste, aucune police au monde qui ignore ce phénomène caractéristique et primordial qui se manifeste immanquablement chez tout criminel : la conscience aiguë et torturante du forfait criant chez son auteur l'obsédant besoin de revoir le lieu de son crime, et bien que plus rarement le poussant à se livrer, pour en finir, à la justice humaine.

Cet inéluctable, cet infrangible besoin de revoir le lieu où il fut criminel, peut-on raisonnablement soutenir qu'il prend son origine dans le cœur de Monime lui-même ? Non, non ! Il est l'indéniable résultat d'une force étrangère, et cette force a sa source sur le plan astral. S'il en était autrement, aucun assassin, obéissant au suprême instinct de la conservation, ne commettrait ce geste inutile et imprudent qui, neuf fois sur dix, le livre à la justice. Or, que l'on ne s'y trompe pas : la conscience meut l'homme, mais elle est elle-même mue par des Entités plus puissantes que l'homme, et ce sont ces Entités supérieures qui indéniablement créent le remords chez le criminel.

Le remords ! Ecoutez cette page où Chateaubriand3 le décrit d'une plume impressionnante : « Chaque homme a, au milieu du cœur, un tribunal où il commence à se juger soi-même, en attendant que l'arbitre souverain confirme la sentence. Si le vice n'est qu'une conséquence physique de notre organisation, d'où vient cette frayeur qui trouble le jour d'une prospérité coupable ? Pourquoi le remords est-il si terrible qu'on préfère souvent se soumettre à la pauvreté et à toute la rigueur de la vertu plutôt que d'acquérir des biens illégitimes ? Le tigre déchire sa proie et dort; l'homme devient homicide et veille. Il cherche les lieux déserts, et cependant la solitude l'effraie ; il se traîne autour des tombeaux, et cependant il a peur des tombeaux. Son regard est inquiet et mobile ; il n'ose fixer le mur de la salle du festin, dans la crainte d'y voir des caractères funestes. Tous ses sens semblent devenir meilleurs pour le tourmenter; il voit, au milieu de la nuit, des lueurs menaçantes; il est toujours environné de l'odeur du carnage; il découvre le 'goût du poison jusque dans les mets qu'il a lui-même préparés ; son oreille, d'une étrange subtilité, trouve le bruit où tout le monde trouve le silence et, en embrassant son ami, il croit sentir un poignard caché sous ses vêtements. »

C'est ce que, avant lui Michel Montaigne avait résumé en deux lignes d'une admirable énergie : « La malice s'empoisonne de son propre venin. Le vice laisse comme un ulcère en la chair, une repentance en l'âme qui toujours s'égratigne et s'ensanglante elle-même4.» Mais, dans ces deux lignes, Montaigne ne voit que le fait brutal, dont la cause lui échappe.

Or, pour quiconque recherche cette cause, il est indéniable qu'elle n'est pas en nous et ne se rencontre que dans un monde extérieur au nôtre, dans un monde supérieur au monde terrestre. Dufieux a dit quelque part: La conscience, c'est Dieu en nous... Non ! Dieu est trop grand et nous sommes trop petits ; il est trop haut et nous sommes trop infimes ; mais on peut dire, en toute assurance que la conscience, c'est le représentant de Dieu en nous. Et qui est ce représentant, sinon l'être humain désincarné, évolué, plus intelligent, par suite, et plus puissant que nous, à qui l'Egrégore, ministre médiat lui-même de la Divinité, a confié le soin de nous suivre dans la vie pour nous rapprocher de lui dans la mort ?

Pour que l'on ne s'y trompe pas : notre conscience est, en nous, le porte-parole de nos morts, et il nous est loisible, à tout instant, de nous entretenir avec nos chers disparus... En vain l'orgueil humain s'écrie : La conscience, c'est l'homme ! Non, si la conscience était l'homme lui-même, comment pourrait-on expliquer que l'homme fût si souvent en désaccord avec sa conscience et que si souvent aussi, hélas ! Il agît contre elle ? La conscience, cela a été dit plus haut mais ne saurait être trop répété, la conscience est soumise à une force extérieure qui est celle de notre génie de notre guide, disent les spirites — et notre génie laisse nos morts nous parler quand leurs enseignements nous peuvent être utiles.

Comment cela se fait-il ? Voici :

Le souvenir est le lien qui unit l'humanité incarnée à l'humanité désincarnée. Lorsque, sur terre, nous pensons à quelqu'un de nos chers disparus non pas légèrement et en passant, mais profondément et en les appelant passionnément, dans l'intimité de notre être, notre souvenir, ainsi fortement affirmé, crée dans l'astral, ou pour parler plus scientifiquement, dans l'éther5, une série de vibrations s'étendant instantanément autour de nous et se diffusant dans le cosmos entier car, en quelque point de l'univers que se trouve l'être vers qui va l'affection de notre souvenir, il est touché par les vibrations mentales que nous émettons, et il accourt aussitôt à notre appel.

Alors, enveloppé de notre affection terrestre, il nous enveloppe à son tour de son affection spiritueuse ; alors notre esprit le voit plus clairement, plus distinctement que nos yeux de chair ne l'ont jamais vu sur terre ; alors, il se réfugie en nous comme nous nous réfugions en lui, et c'est, dans le triple secret de la conscience, dans l'impénétrable intimité de nous même, une ineffable conversation, un mystérieux entretien de deux êtres n'ayant de commun entre eux que les souvenirs du passé scellés dans la mutuelle affection qui les unit et c'est le vivant terrestre qui, écrasé par la dureté des hommes et l'inclémence des choses, demande au vivant supraterrestre, plus clairvoyant que lui-même, de lui alléger le fardeau de ses épreuves en ce monde, de le conseiller dans ses doutes et de le guider dans ses ténèbres, tandis que le frère astral, qui comprend mieux encore que son frère terrestre le besoin des appuis divins, lui demande le secours de ses pensées et de ses prières... Qu'il est superbe alors, cet ineffable rôle de la conscience qui, dans un colloque souverainement mystique et dans une indicible communauté de sentiment, réunit pour un instant le passé avec le présent, l'affection terrestre avec l'affection psychique, l'homme de la matière avec l'Entité des espaces, le plan physique avec le plan astral, la Vie qui peine avec la Mort qui pense !

Et cette voie de communication entre deux mondes est qu'on ne l'oublie pas ! Ouverte à tout instant et pour chacun de nous et non seulement l'être humain y peut évoquer l'Entité astrale, mais encore celle-ci peut s'y révéler d'elle-même et sans être appelée, pour peu qu'elle ait une pensée utile à suggérer.
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