Littérature québécoise








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Pierre Saurel

L’espion-quêteux




BeQ

Pierre Saurel


L’agent IXE-13 # 034

L’espion-quêteux
roman


La Bibliothèque électronique du Québec

Collection Littérature québécoise

Volume 301 : version 1.0

L’espion-quêteux
Numérisateur : Jean Layette.

Éditions Police Journal

Relecture : Jean-Yves Dupuis.

Illustration de couverture :

André L’Archevêque.

I


On frappa à la porte du bureau.

Le général Mackie se redressa.

– Entrez.

Sa secrétaire parut.

– Qu’est-ce qu’il y a, mademoiselle ?

– Un monsieur désire vous voir.

– Il m’a donné cette enveloppe et m’a dit : « Donnez cela au général, et il me recevra. »

– Ah... merci.

Le général Mackie prit l’enveloppe et lut :

Général Mackie.

Suis arrivé d’Angleterre

à votre entière disposition.

Agent IXE-13.

– Très bien, mademoiselle, faites entrer.

– Bien, général.

La secrétaire sortit.

Le général murmura :

– L’agent IXE-13... enfin, lui. J’espère qu’il saura débrouiller ce mystère qui nous entoure depuis quelque temps.

On frappa de nouveau à la porte du bureau et le général ordonna :

– Entrez.

La porte s’ouvrit et l’as des espions canadiens, Jean Thibault, mieux connu sous le nom d’IXE-13, parut.

On se souvient que notre héros, après une mission en Irlande, avait reçu de Sir Arthur l’ordre de retourner au Canada pour une mission importante.

En quoi consistait cette mission ?

Il ne le savait pas lui-même.

Même sir Arthur l’ignorait.

IXE-13 avait dû laisser en arrière, l’espionne T-4, une jeune Française fiancée à notre héros, Gisèle Tubœuf, et le brave Marseillais, Marius Lamouche, témoin des premières aventures du Canadien.

En entrant dans le bureau du général Mackie, aux quartiers généraux de l’armée à Ottawa, IXE-13 salua :

– Général.

Mackie répondit à son salut puis, lui montrant un fauteuil :

– Asseyez-vous, IXE-13.

– Merci.

Le général lui offrit une cigarette :

– Vous fumez ?

– Merci.

IXE-13 accepta.

Lorsqu’ils se furent allumés, le général reprit :

– Vous devez vous demander pour quelles raisons nous vous avons fait venir d’Angleterre ?

– Un peu, général.

– On ne vous l’a pas dit ?

– Non, le chef des services d’espionnage semblait lui-même l’ignorer.

– En effet, c’est encore un secret.

– De quoi s’agit-il, général ?

– Oui, l’usine Chambers, si je ne me trompe ?

– C’est bien ça, l’usine Chambers. Eh bien, les savants chimistes de l’usine Chambers ont fabriqué ces derniers temps, une bombe incendiaire d’une puissance extraordinaire.

– Et je suppose que le plan de cette bombe a été volé ?

– Non, vous vous trompez, les plans n’ont pas été volés.

– Mais alors ?...

– Nous ne savons absolument rien sur cette affaire. Ce qu’il y a de curieux, c’est que la semaine dernière, au cours d’un bombardement en France, les Allemands ont jeté sur un village des bombes incendiaires...

– Il y a plusieurs sortes de bombes incendiaires.

– Peut-être, mais l’un de nos chimistes, là-bas, a examiné la bombe et nous a fait rapport. Or les ingrédients de cette bombe correspondent en tous points avec celle fabriquée par nos savants.

– Curieux...

– Or, une chose établie : la bombe des Allemands est la même que la nôtre.

C’est impossible qu’un Canadien et un Allemand aient fait la même découverte en même temps.

– Avouez que ce serait une coïncidence extraordinaire.

– Je l’avoue...

Le général reprit :

– Donc il n’y a plus qu’une solution possible.

– Quelqu’un a copié les plans.

– Vous l’avez. Quelqu’un a copié les plans de la bombe et les a fait parvenir en Allemagne.

– Je suppose que vous avez fait enquête.

– Oui. Impossible de trouver les voleurs. C’est pour cela que je vous ai fait venir.

IXE-13 réfléchit.

Mackie continua :

– Vous comprenez comme moi qu’il faut absolument dénicher l’espion qui a copié ces plans aussi facilement. Nos chimistes travaillent sans relâche à la recherche de nouvelles inventions et d’autres malheurs du même genre pourraient survenir.

IXE-13 gardait toujours le silence.

– Eh bien, qu’est-ce que vous en pensez ?

L’espion se décida enfin à parler.

– Pouvez-vous me parler un peu du personnel de l’usine ?

– C’est difficile, il y a plusieurs centaines d’employés.

– Je ne veux pas parler de tous les employés, je veux parler des chimistes... des directeurs.

– Eh bien, l’usine est divisée en différents groupes. Aucun employé n’a le droit d’aller dans un autre département que le sien, et ils sont bien surveillés. Les chimistes travaillent donc dans un bureau à part et personne d’autres qu’eux ne connaît ce qui se fait dans ce laboratoire.

– Les noms de ces chimistes ?

– Ils sont trois. Deux Canadiens-français. Jacques Lamie, et Roland Gendron. L’autre est un Canadien-anglais, Alfred Brown.

– À part eux, y a-t-il d’autres personnes, parmi les directeurs, qui peuvent entrer dans les laboratoires ?

– Il y a le grand boss, comme ils l’appellent. Robert Chambers.

– Il va souvent aux laboratoires ?

– Très rarement.

– Est-ce un chimiste ?

– Du tout. C’est un homme d’affaires tout simplement. Il ne connaît rien ni en chimie, ni en bombes... mais en chiffres et en affaires il est un peu là.

– À part les trois chimistes, qui travaille aux laboratoires ?...

– Personne.

Le général se reprit aussitôt :

– Attendez... attendez, il y a un assistant-chimiste. Un jeune étudiant du nom de John Morgan.

IXE-13 avait pris un crayon et un calepin et avait écrit les renseignements que le général venait de lui donner.

– C’est parfait, dit-il, c’est tout ce que je voulais savoir.

Il se leva.

– Qu’avez-vous l’intention de faire ?

– Pour l’instant, je vais me coucher...

– Ah...

– Demain et... disons d’ici deux jours, je ferai ma propre enquête personnelle, puis je vous en donnerai les résultats.

– Parfait.

– Il se peut que j’aie besoin d’aide.

– J’ai pensé à cela et je puis vous confier deux hommes. Deux Canadiens-français, Louis Latour et René Dion. Ce sont deux bons hommes, intelligents et solides.

– Très bien, général. Je communiquerai avec vous.

Mackie alla reconduire IXE-13 jusqu’à la porte.

Il lui tendit une enveloppe.

– Voici un peu d’argent. Vous pouvez vous installer à l’hôtel Capitale. C’est l’hôtel le plus sûr.

IXE-13 comprit qu’un agent secret devait y travailler.

– Encore un renseignement, Sir.

– Oui ?

– Connaissez-vous un ami de monsieur Chambers ?...

– Un ami ?...

– Oui, enfin quelqu’un qu’il connaît bien ?...

– Oui... en plus d’être propriétaire de cette usine, Chambers est associé dans une affaire de manufacture de marchandises sèches, je crois, et son associé est un dénommé Martin... je ne puis vous dire son premier nom... mais c’est Martin...

– Merci.

IXE-13 salua et sortit.

Le général murmura :

– Quel homme curieux... il commence sa mission en allant se coucher.

Mais au fond, Mackie n’ignorait pas que Jean Thibault était reconnu pour être le roi des espions de toutes les nations alliées.
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