Littérature québécoise








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II


Le lendemain, IXE-13 se rendit à l’usine.

Mais il n’essaya pas d’entrer.

Il passa sa journée à examiner les alentours.

– C’est presqu’impossible d’entrer ici sans passer par la grande porte où se trouvent les gardes.

Et il se rendait bien compte que les gardes étaient extrêmement sévères.

Il n’y avait qu’une seule grande porte.

Un mur lisse, et d’une hauteur de plus de huit pieds, entourait la cour de l’usine.

– La charité, mon bon monsieur ?

IXE-13 se retourna brusquement.

Un vieux monsieur, l’air très pauvre, lui tendait la main.

IXE-13 lui donna quelques sous.

Durant l’après-midi, le même quêteux lui demanda encore l’aumône.

L’espion était généreux et il donna à nouveau.

– J’espère qu’il ne me demandera plus... le bonhomme sait choisir son quartier, les jours de paye, il doit faire fortune.

Lorsqu’IXE-13 revint à son hôtel, ce soir-là, il était persuadé d’une chose.

Le voleur, ou plutôt celui qui avait copié les plans, était un employé de l’usine.

Or, ce ne pouvait être que l’un des trois chimistes ou leur assistant.

Aussi, dès le lendemain, IXE-13 décida de se rendre de nouveau à l’usine et cette fois, d’y entrer.

Il s’approcha de la porte, mais aussitôt, l’un des gardes l’arrêta.

– Où allez-vous ?

– Je voudrais voir monsieur Chambers.

– Qui êtes-vous ?

IXE-13 avait décidé de ne pas dévoiler son identité.

– Mon nom est Martin. Je suis certain que monsieur Chambers me recevra.

Le garde eut un sourire narquois.

– Veuillez rester ici.

– Bien.

Le garde fit signe à un homme qui se tenait au loin.

– Monsieur Martin désire voir monsieur Chambers...

– Bien, monsieur.

Aussitôt, le commissionnaire s’éloigna.

Il revint au bout de cinq minutes.

Le garde connaissait la réponse d’avance.

– Je regrette, mais monsieur Chambers est très occupé... il ne pourra vous recevoir, monsieur.

Quelle ne fut pas sa surprise lorsqu’il entendit le commissaire prononcer :

– Si monsieur Martin veut bien me suivre...

– Monsieur Chambers a-t-il dit qu’il le recevrait ? demanda le garde, éberlué.

– Oui, immédiatement.

IXE-13 sourit en passant devant le garde.

Il suivit le commissaire jusqu’à l’intérieur de l’usine.

Ils arrivèrent enfin au bureau de Chambers.

Une dizaine d’hommes attendaient dans l’antichambre.

Ce devaient être des travailleurs qui venaient demander une position.

Le commissionnaire s’approcha du comptoir et fit signe à la secrétaire.

– C’est monsieur Martin.

– Très bien, si vous voulez passer dans le bureau de monsieur Chambers, il vous attend.

– Merci, mademoiselle.

IXE-13 passa devant les autres qui le regardèrent comme un intrus.

Il entra dans le bureau du propriétaire de l’usine.

Chambers était penché sur son bureau et semblait consulter des papiers.

Il ne leva même pas les yeux.

– Qu’est-ce qu’il y a, Martin ?

– Vous êtes bien monsieur Chambers ?

Le propriétaire sursauta.

Il regarda IXE-13 :

– De quel droit, monsieur, vous introduisez-vous ici sous le nom de Martin ?...

– J’ai usé de ce stratagème pour ne pas dévoiler aux employés, ma véritable identité.

– Mais enfin ?

IXE-13 mit la main dans sa poche et sortit une carte.

Il la mit sous les yeux de l’homme d’affaires.

Chambers lut :

Bureau des enquêtes

Service de l’armée canadienne.

Aussitôt, la figure de Chambers changea.

Il eut un large sourire et offrit un fauteuil à IXE-13.

– Excusez-moi, je ne savais pas...

– C’est parfait.

– Asseyez-vous.

– Merci.

– Alors que puis-je faire pour vous... monsieur ?

– Mon nom n’a pas d’importance. Je viens enquêter sur les faits mystérieux qui se sont produits dans votre usine.

– En rapport avec l’affaire de la nouvelle bombe ?

– Justement.

Chambers murmura :

– Une affaire très mystérieuse en effet. J’hésite à croire qu’il y a un traître parmi mon personnel.

– Il faut se rendre à l’évidence, monsieur Chambers... car comme moi, vous deviez bien penser qu’il est impossible d’entrer ici, de se rendre aux laboratoires et de copier une formule qui se trouve dans une des cases des chimistes.

– Tout à fait impossible.

– À moins que ce soit l’un des gardes qui soit corrompu.

– Ça aussi, c’est impossible.

– Comment cela ?

– Nous changeons de garde tous les jours. Ce ne sont jamais les mêmes hommes. Comme vous avez pu le remarquer, les gardes sont des soldats.

– En effet. Donc, rien non plus de ce côté-là... maintenant, vos chimistes ?

– Mes trois chimistes ne peuvent être soupçonnés. D’ailleurs, ils sont à l’emploi du gouvernement depuis plusieurs années... ce sont tous des honnêtes hommes. Aucune tache sur leur record.

– Et l’assistant-chimiste ?

– John Morgan ?

– Oui.

– Lui aussi est honnête. Il travaille ici depuis plus d’un an.

– Et parmi les employés qui ont accès aux laboratoires... il n’y a pas de nouveaux ?

– Personne n’a accès aux laboratoires excepté ces quatre-là.

– Mais alors, qui fait le ménage ?

– Ce sont eux. Le ménage n’est pas difficile à faire dans cet endroit. L’un des chimistes n’a qu’à passer le balai tous les matins, et tout est dit.

Il y eut un silence.

– Évidemment, si j’avais engagé les nouveaux chimistes...

– Il y a des nouveaux chimistes ? fit IXE-13.

– Pas encore, mais je désire en engager deux autres.

– Ah !

– Nous avons tellement d’ouvrage... Franchement, monsieur, j’ai fait mener ma propre enquête et j’ai abandonné mes recherches...

– Vous avez questionné les chimistes ?

– Oui. Les plans se trouvaient dans la case de Jacques Lamie. Rien n’a été touché et pourtant, les Allemands ont employé nos bombes... je me demande...

– Quoi ?

– Si les Allemands eux aussi n’auraient pas trouvé le même secret... en même temps.

IXE-13 se mit à rire :

– Je vois que vous ne vous y connaissez pas beaucoup en fait de chimie... non, cela pourrait arriver une fois en un million d’années.

– C’est peut-être cette fois-là... il a tellement de choses qui arrivent dans ce monde-là. S’il y avait un espion, je l’aurais trouvé. Il n’y a que quatre hommes dans ce département, ce n’est pas un mystère.

– Si, c’est un mystère... un mystère que je finirai par éclaircir.

– Comment vous y prendrez-vous ?

– Je ne le sais pas. Mais d’ici quelques jours, j’aurai bien pincé le coupable.

– Tant mieux, et je vous le souhaite de tout cœur. Je ne voudrais pas qu’on dise que mon usine...

– Je vous comprends, monsieur Chambers.

IXE-13 se leva :

– Et maintenant, je vous quitte.

– J’espère que j’aurai le plaisir de vous revoir ?

– Je l’espère moi aussi.

IXE-13 sortit.

Comme il franchissait la grande barrière, il se trouva face à face avec le fameux quêteux.

– La charité, mon bon monsieur.

IXE-13 fit mine de ne pas l’avoir entendu.

– Il ne lâche pas les alentours ce quêteux-là.

Soudain, IXE-13 sursauta :

– Mais c’est vrai... pourquoi ne va-t-il pas ailleurs ? Était-ce une piste ?

Ce quêteux avait-il quelque rapport avec les mystérieux événements qui se passaient à l’usine Chambers ?

IXE-13 se dirigea immédiatement vers les bureaux de l’administration de l’armée.

Il demanda à voir le général Mackie.

– De la part de qui ?

IXE-13 montra sa carte d’enquêteur officiel.

– Un instant, lui dit la secrétaire.

Quelques secondes plus tard, elle faisait passer l’espion dans le bureau du patron.

– Ah, c’est vous IXE-13.

– Oui, général.

– Je suppose que vous m’apportez de bonnes nouvelles ?

– Pas encore.

– Pourtant, vous avez dû commencer votre enquête ?

– Oui.

– Et qu’avez-vous appris ?

– Rien, absolument rien.

Le général le regarda surpris :

– Alors, vous n’êtes pas plus avancé que lorsque vous arriviez ici ?

– Non. Mais j’ai quand même dressé un plan d’attaque.

– Ah, lequel ?

– Général, j’aime mieux ne pas le dévoiler.

– Mais.

– Je puis vous promettre cependant que d’ici quatre jours, le coupable sera sous verrous.

– Quatre jours ?

– Oui, je crois que c’est assez pour mener ma mission à bien.

– Vous moquez-vous de moi ?

IXE-13 sursauta :

– Du tout, Sir. Je suis sérieux.

– Vous dites que vous n’avez rien appris et vous m’affirmez que dans quatre jours, le coupable sera arrêté ?

– Parfaitement. Cependant, je vais avoir besoin de l’aide des deux hommes que vous pouvez me confier.

– Dion et Latour ?

– Oui.

– Très bien, je vais vous les envoyer aujourd’hui même.

– Dites-leur de venir me retrouver à ma chambre d’hôtel.

– Quelle chambre ?

– Le numéro 327 à l’hôtel Capitale.

– Entendu.

IXE-13 se leva.

– C’est tout ? vous n’avez rien d’autre à m’apprendre ?

– Non, général. C’est tout... je vous reverrai dans quatre jours... et avec le coupable.

– Je souhaite que vous ne vous trompiez pas.

L’espion salua et sortit.

Il retourna immédiatement à son hôtel.

Il ouvrit sa valise et sortit de grands papiers.

C’étaient des diplômes.

IXE-13, à l’aide d’un liquide spécial, effaça son nom sur ses diplômes de chimie pour y inscrire le nom de Pierre Verteuil.

Pendant ce temps, le général avait fait demander Dion et Latour.

Il leur donna l’ordre de se rapporter à IXE-13.

Lorsque ses deux agents furent sortis, le général murmura :

– Je me demande si on n’a pas un peu surfait la réputation de cet IXE-13... je le saurai d’ici quatre jours.
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