Littérature québécoise








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IV


Il était environ huit heures.

Le téléphone résonna à la chambre d’IXE-13.

Notre héros s’y était inscrit sous le nom de Pierre Verteuil.

Il décrocha la ligne :

– Allo ?

– Monsieur Verteuil ?

– Oui.

– Il y a deux messieurs qui désirent vous voir, dois-je les faire monter à votre chambre ?

– Oui, je les attendais justement.

– Très bien, je les envoie immédiatement.

IXE-13 raccrocha.

Quelques secondes plus tard, on frappait à la porte de sa chambre.

Il alla ouvrir.

– Entrez, messieurs, entrez.

Les deux agents du général Mackie obéirent.

L’un d’eux s’avança :

– Je suis René Dion et voilà Louis Latour.

Les deux hommes serrèrent la main de notre héros :

– Et moi, pour vous comme pour tous les autres, je me nomme Pierre Verteuil.

– Parfait.

IXE-13 leur offrit des chaises :

– Asseyez-vous, messieurs.

Ils obéirent.

– Le général Mackie doit vous avoir expliqué votre mission.

– Il s’agit de l’affaire de la nouvelle bombe, n’est-ce pas ?

– Justement.

Latour sourit :

– Nous connaissons cette affaire à fond, car Dion et moi avons déjà enquêté à l’usine Chambers.

– Vous avez découvert quelque chose ?

– Non, absolument rien.

IXE-13 reprit :

– Eh bien moi, j’ai la ferme intention de prendre le coupable et j’ai promis au général que je le lui emmènerais d’ici quatre jours.

– D’ici quatre jours ! fit Dion surpris.

– Oui. Alors, il faut se mettre à l’œuvre dès demain. J’ai chacun une mission à vous confier. Tout d’abord, y en a-t-il un parmi vous qui peut se déguiser en quêteux ?

Latour répondit :

– Tous les deux si vous voulez.

– Non, un seul suffira.

– Eh bien, je pourrai faire le quêteux, moi, fit Latour.

– Très bien. Avez-vous remarqué le quêteux qui se tient aux alentours de l’usine Chambers ?

Dion s’écria :

– Oui, moi je l’ai vu à une couple de reprises.

Latour demanda surpris :

– Vous pensez que ce quêteux a quelque chose à voir en rapport avec le plan de la bombe... le plan qui a été copié ?

– Je ne le sais pas plus que vous. Cependant, je trouve curieux qu’un quêteux se tienne constamment dans le même quartier... il pourrait y venir les jours de paie, mais changer de quartier par la suite.

– Donc, je me déguiserai en quêteux ?

– Oui, Latour, et vous essaierez de vous faire ami avec l’autre quêteux, vous comprenez ?

– Oui, oui, je trouverai bien un moyen d’entrer en communication avec le quêteux.

– Parfait.

L’autre homme questionna :

– Et moi, qu’est-ce que je fais dans tout cela ?

– Vous, Dion, vous surveillerez les alentours de l’usine. Vous devrez passer votre journée-là et noter tous les faits qui pourront s’y produire, même les faits sans importance. Demain, vous devrez suivre l’un des trois chimistes à l’emploi de l’usine.

– Le suivre ?

– C’est-à-dire à la seconde qu’il quittera l’usine, mettez-vous sur ses talons.

– Bien.

– Moi, j’en suivrai un autre. Le lendemain, vous prendrez le troisième en filature et moi, l’assistant-chimiste.

– Entendu. À quelle heure dois-je me rendre à l’usine ?

– Pour l’ouverture, tous les deux.

Les deux hommes se levèrent.

L’entrevue était terminée.

IXE-13 leur expliqua :

– Quant à moi, je vais essayer d’entrer à l’usine Chambers à titre de chimiste, comme ça, je pourrai observer tout ce qui s’y passe à l’intérieur. Je serai probablement maquillé, mais je m’arrangerai pour que vous puissiez me reconnaître.

Dion et Latour remercièrent notre héros et sortirent.

– Hum... ce semble deux bons hommes, fit IXE-13. Tant mieux, car je sens que je vais avoir besoin d’aide.

*

Le lendemain, IXE-13 se leva à bonne heure.

Il commença par se faire un maquillage savant.

Il se posa une fine moustache, se teignit les cheveux, et plaça une paire de lunette sur ses yeux.

Il était maintenant certain que même Chambers ne le reconnaîtrait pas.

Vers neuf heures, il partit pour l’usine.

Avant d’y entrer, il aperçut un homme qui semblait flâner.

IXE-13 reconnut immédiatement Dion.

Il se dirigea aussitôt vers lui.

– Bonjour.

Dion le regarda, surpris.

IXE-13 murmura vivement à son oreille :

– C’est moi, Verteuil.

L’agent demeura bouche bée :

– Vous ?

– Parfaitement. Tout va bien ?

– Tout va bien.

IXE-13 s’éloigna aussitôt, car il ne voulait pas être remarqué.

Il se dirigea vers les grandes portes de l’usine.

Aussitôt, l’un des gardes l’arrêta :

– Vous avez une passe ?

– Non, garde. Je viens pour m’engager.

– Vous engager ?

IXE-13 montra ses diplômes.

– Je vous serais bien reconnaissant d’aller montrer ces diplômes à monsieur Chambers. Je sais qu’il veut engager un chimiste.

Le garde appela le commissionnaire.

Ce dernier partit avec les papiers d’IXE-13 et il revint au bout de quelques minutes.

– Veuillez me suivre.

De nouveau, IXE-13 parcourut le même chemin qu’il avait suivi la veille.

Mais cette fois, il dut attendre à la suite des autres pour voir monsieur Chambers.

Lorqu’arriva son tour, il était près de onze heures.

Il entra dans le bureau de Chambers.

Ce dernier était en train d’examiner les diplômes.

– C’est vous, monsieur Verteuil ?

– Oui.

– Vous désirez vous engager comme chimiste ?

– S’il y a une position d’ouverte, oui.

– Il y en a une.

– Ah !

– J’ai téléphoné à un de mes chimistes tout à l’heure. Il m’a dit que vous étiez hautement diplômé et que, si je ne vous engageais pas, il est probable que je manquerais un bon homme.

IXE-13 soupira.

– Alors vous êtes satisfait ?

– Mais oui, oui.

– Je vous engage, mais comme temporaire. C’est-à-dire que vous serez un mois temporaire et si vous faites l’affaire, eh bien, je vous donnerai une augmentation et vous serez nommé chimiste permanent. Pour commencer, vous aurez $75.00 par semaine.

– J’accepte.

Chambers sonna et sa secrétaire parut :

– Vous allez conduire monsieur au bureau des identifications. Qu’on lui prépare ses papiers, etc.

– Bien, monsieur.

IXE-13 sortit après avoir remercié Chambers.

Il suivit la secrétaire dans un grand bureau.

Là, on prit ses empreintes digitales, on le photographia et on lui posa diverses questions.

Puis on lui donna une insigne sur laquelle était écrit :

– Temporaire.

Et un peu en dessous :

– Chimiste.

La secrétaire lui dit :

– Demain, vous aurez une insigne avec photographie.

– Bien, mademoiselle. Quand dois-je commencer mon travail ?

– Aujourd’hui. Rendez-vous pour deux heures au bureau de monsieur Chambers.

Elle écrivit quelques mots sur une feuille.

– Vous donnerez cela au commissionnaire, il vous conduira.

– Merci.

IXE-13 sortit de l’usine.

Il alla retrouver Dion dans un restaurant situé en face de l’usine.

Les deux hommes parlèrent à voix basse.

– Je suis engagé, fit IXE-13, je commence cet après-midi.

– Tant mieux.

– Vous n’avez rien observé d’étrange ?

– Non, pas encore.

– Connaissez-vous les chimistes ?

– Oui, je les ai déjà interrogés.

– Eh bien, nous en prendrons chacun un en filature.

– Entendu.

À midi, les employés sortirent de l’usine pour aller manger.

Soudain, Dion poussa IXE-13 du coude :

– Tenez... le grand, là, c’est Jacques Lamie et celui qui est avec lui, c’est un autre chimiste, Roland Gendron.

– Suivons-les.

Ils se mêlèrent aux employés de l’usine et commencèrent leur filature.

*

Louis Latour était arrivé aux alentours de l’usine vers huit heures trente.

Personne ne pouvait le reconnaître.

Il ne s’était pas fait la barbe et comme il était très noir, elle paraissait déjà beaucoup.

Il avait installé sur son œil droit une sorte de bandage.

Un gobelet à la main, il demandait la charité.

Ses habits déchirés, un vieux chapeau sur le coin de la tête et des bottines lacées avec de la ficelle, lui donnaient vraiment un air miséreux.

En le voyant, les employés murmuraient :

– Comment ? un autre quêteux... c’est un borgne celui-là.

Vers dix heures, Louis aperçut l’autre miséreux.

Il commençait à frapper aux portes des maisons qui se trouvaient autour de l’usine.

D’un pas décidé, Louis se dirigea vers lui :

– Salut.

L’autre se retourna :

– Salut.

– Tu quêtes dans ce bout-ci ?

– J’ai toujours quêté dans ce bout-ci.

– Ah, je ne savais pas, ça doit te déranger hein, mon vieux ?

– Mais non, mais non...

L’homme semblait s’impatienter.

Mais Louis ne le laissa pas :

– Ton nom ?

– Jos Miséreux et toi ?

– Louis le Borgne.

– Excuse-moi, le Borgne, mais je veux continuer mon travail.

– Attends une minute, tu es bien pressé...

– Oui... je.

Mais Louis le retint par le bras :

– J’ai un petit marché à te proposer.

– Un marché ?

– Pourquoi qu’on travaille pas de compagnie ?

– Non, je préfère travailler seul.

– Laisse-moi donc parler, tu vas voir que mon idée n’est pas méchante.

Et Louis murmura en lui-même :

– Il a hâte de se débarrasser de moi, le bonhomme.

Puis plus fort.

– Nous allons faire les mêmes maisons l’un à la suite de l’autre...

– L’un à la suite de l’autre ?

– Oui. Il doit y avoir plusieurs personnes qui refusent de te faire la charité ?

– Ça arrive.

– Eh bien, avec moi, mon vieux miséreux, plus personne ne nous refusera.

– Je me contente de ce que j’ai.

– Non, mais tu en as une tête dure toi... tu veux faire ton frais... travailler tout seul. Eh bien, tant pis pour toi.

– Comment cela ?

– À partir de tout de suite, je ne te lâche plus.

– Hein ?

– Non, je vais passer presque derrière toi, et aux mêmes portes. Les gens qui te refusent me donneront quelques sous pour se débarrasser de nous, et à la porte de l’usine, je me mettrai en face de toi. Les ouvriers qui ne te voient pas, me verront moi.

Jos Miséreux vit bien qu’il ne pourrait se débarrasser de ce compagnon qui paraissait plutôt gênant.

– O.K. J’accepte.

Ils commencèrent leur tournée.

Louis avait un peu raison.

Les gens qui refusaient à Jos Miséreux lui donnaient quelques sous en criant :

– Allez-vous-en et ne venez plus nous tracasser.

À la fin de l’avant-midi, ils avaient ramassé quelques dollars.

– Excuse-moi, mon vieux Borgne, mais je vais dîner.

– Non, j’y vais avec toi, et mieux que ça, c’est moi qui vais payer.

– Toi ?

– Oui. Quand Louis le Borgne fait de l’argent, il le dépense, je suis bâti comme cela, moi. Allons, viens.

Jos fut bien obligé de le suivre.

Louis murmura entre ses dents :

– Si tu penses que je vais te laisser d’un pouce, tu te trompes... tu deviens de plus en plus intéressant. Tu voulais trop te débarrasser de moi.

Et Louis s’éloigna avec son nouvel ami.

L’aide d’IXE-13 a-t-il vraiment trouvé une bonne piste ?
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