Littérature québécoise








télécharger 129.47 Kb.
titreLittérature québécoise
page4/7
date de publication21.04.2017
taille129.47 Kb.
typeLittérature
c.21-bal.com > loi > Littérature
1   2   3   4   5   6   7

IV


Quelques heures plus tard, Olga et Victor trouvaient moyen de converser à voix basse.

– Du nouveau ? demanda la Russe.

– Oui, j’ai ses empreintes digitales.

– Tu les as photographiées.

– Oui, mais il me reste maintenant à développer mon film, je vais le faire tout à l’heure dans ma chambre.

– Sur quoi as-tu relevé ses empreintes ?

– Une cigarette, elles sont très claires.

De temps à autres, ils regardaient autour d’eux, pour voir s’ils étaient bien seuls.

– Et toi ?

– Je suis allé au village.

– Et puis ?

– La réponse arrivera ce soir à dix heures. Nous pourrons vérifier les empreintes.

– Vas-tu sortir ?

– Oui, je vais le faire savoir au professeur, j’ai le droit de sortir. Quand je reviendrai, je monterai à ta chambre.

Victor l’arrêta :

– Non, on va croire que nous sommes complices, il faut être très prudents, Olga.

– Nous pouvions facilement causer dans ce salon, mais avec ce petit qui dormira là.

– J’ai une idée, nous pourrons causer ici.

– Qu’est-ce que tu vas faire ? Pas le tuer ?

– Non, mais l’endormir solidement pour quelques heures.

Olga ricana.

– Tu es merveilleux, mon cher Victor. Excuse-moi, il faut que je prépare le lit du petit.

IXE-13 parut avec le professeur.

– Comme je vous le disais, mon cher Montreuil.

– Pardon, Latreuil.

– Latreuil, c’est juste...

Il aperçut Olga :

– Vous préparerez le lit du petit.

– C’est justement ce que je fais, Professeur. Je me hâte car je veux sortir ce soir.

– Mais sortez, voyons, qui vous en empêche, franchement, est-ce que je vous ai déjà empêchée de sortir ?

– Non.

– Alors, pourquoi vous plaignez-vous ?

– Je ne me plains pas professeur.

– Vite, hâtez-vous, et laissez-nous nous reposer un peu, Montreuil et moi.

– Latreuil, professeur.

– Oui, c’est ça.

Olga finit de préparer le lit et se retira avec Victor.

Ce dernier demanda avant de sortir :

– Vous n’avez pas besoin de moi, professeur.

– Non, non...

– Très bien.

Et il ajouta dans l’oreille d’Olga :

– Je vais préparer le film.

Tous les deux disparurent, et IXE-13 resta seul avec le professeur.

– Alors, vous avez bien compris ce que vous aurez à faire ?

– Oui, professeur.

– Obéir sans poser de questions. Faire les expériences que je vous demande et m’aider quand j’aurai un problème aride à résoudre.

– Toujours sans poser de questions.

– Juste, juste... vous êtes très intelligent, Montreuil.

– Pardon, Latreuil... Dites-moi professeur, qu’est-ce que vous allez faire de cette invention ?

Il se pencha sur IXE-13 :

– Vous ne le direz à personne ?

– C’est promis.

Je fabrique un avion qui volera plus vite que le son, transportera plusieurs bombes, et pourra se conduire sans pilote.

Il se prit la tête à deux mains :

– J’ai longuement réfléchi, puis, j’ai changé d’idée.

– Ah !

– Je voulais tout d’abord m’emparer du monde et le gouverner, seul, mais j’ai pensé plus tard que c’était impossible.

– Vous avez raison, absolument impossible.

– Je ne veux pas, non plus, que mon invention serve les fins d’un autre dictateur.

IXE-13 approuvait grandement le professeur.

– Je suis Russe, monsieur. Je veux l’avancement de mon pays, mais je calcule que les guerres ne font que du tort. Nous tuons des hommes, nous démolissons, nous détruisons ce que nous avons mis des année à construire, nous somme fous.

– Allez-vous donner votre invention à votre pays ?

– Non, je donnerai mon invention au monde entier. Tous les pays du monde pourront s’en servir.

– Ça, c’est bien.

– J’ai fait savoir mes intentions aux Communistes qui sont prêts à me payer des sommes fabuleuses pour mon invention.

– Qu’ont-ils répondu ?

– Rien, mais je suis certain qu’ils vont tenter l’impossible pour s’emparer de mon invention lorsqu’elle sera terminée.

– Il vous faudra être très prudent.

– Je vais vous demander une question. Avez-vous confiance en votre ami, César Lampion ?

– Mais oui... Une grande confiance.

– Je vais lui demander de surveiller Victor et Olga.

– Croyez-vous que...

– Ce sont des Russes, on ne sait jamais ce qu’ils peuvent faire. Par contre, votre ami est Français, il travaille peut-être pour le compte de la France. Alors, je vais demander à Victor et à Olga de le surveiller.

Il se leva en ricanant.

– Comme ça, on sera plus en sûreté.

Marius et Gisèle arrivaient dans la porte.

– Voici votre neveu, je me retire, les enfants me fatiguent.

Le professeur disparut.

– Où sont les deux autres ? demanda Marius.

– Victor est dans sa chambre et Olga est sortie.

– Qu’est-ce qu’il raconte, le professeur, fit Gisèle.

– Il est plus intelligent que tout le monde le croit. Il ne veut vendre son invention à aucun pays en particulier, il veut faire servir ses avions pour la paix.

– Peuchère !

– Il m’a presque dit qu’il redoutait Olga et Victor, il va falloir être d’une prudence extrême. Toi, Marius, je te charge de surveiller Victor, et toi, Gisèle, tu prendras soin d’Olga.

IXE-13 leur raconta toute la conversation qu’il avait eue avec le professeur.

Comme il finissait, Victor parut :

– Messieurs, si vous voulez vous faire conduire à vos chambres.

– Il est de bonne heure.

– Ce sont les ordres du professeur. Suivez-moi... Toi, le petit, tu restes ici.

– O.K.

Le Russe emmena IXE-13 et Marius à leur chambre respective.

Gisèle restée seule devant le divan, réfléchissait.

– Je ne puis tout de même pas me déshabiller, qu’est-ce que je vais faire.

Si elle couchait toute habillée, on pourrait certainement le remarquer.

Victor parut :

– Allons, petit, couche-toi, déshabille-toi. Veux-tu que je t’aide.

– Non, je ne me déshabille pas.

– Tu n’es pas pour dormir avec tes vêtements.

– Oui.

– C’est fou, voyons, viens ici.

– Non, non, je veux coucher tout habillé.

– Ne fais pas le bébé. Pourquoi veux-tu te coucher tout habillé ?

– Parce qu’ici, il peut venir quelqu’un, de bonne heure, le matin...

– Qu’est ce que ça fait ?

– Et puis, c’est pas de vos affaires à vous. Je vais le dire à mon oncle, si vous ne me laissez pas tranquille.

– Bon, bon, ne te fâche pas, couche-toi tout habillé si tu veux.

Gisèle soupira.

Elle se sentait plus à l’aise, maintenant.

– Pour te montrer que je ne t’en veux pas, je vais te chercher un grand verre de lait.

Gisèle vint pour refuser.

Mais elle décida d’accepter.

Ordinairement, tous les enfants aiment le lait, et si elle refusait, elle risquait d’éveiller les soupçons.

Victor revint avec un grand verre de lait.

– Tiens, bois ça, petit.

– Merci.

Gisèle le but jusqu’à la dernière goutte.

– Tiens, mets ce paravent devant le divan. Ca empêchera le soleil de te réveiller.

Gisèle enleva ses souliers, et se glissa sous les couvertures.

– J’ai idée que tu vas très bien dormir maintenant, très bien.

Il éteignit les lumières, n’en laissant qu’une petite.

Puis il sortit en ricanant.

– Dors, petit, dors...

Gisèle se sentait toute étourdie.

– Qu’est-ce qu’il a voulu dire ?

Soudain, elle comprit.

– Il m’a droguée, il a mis quelque chose dans mon lait.

Elle tentait de résister, mais le sommeil l’envahissait.

Soudain, il lui sembla entendre une voix qui appelait à voix basse :

– Gisèle, Gisèle...

Elle se retourna.

Marius apparut en jaquette.

– Toi ?

– Oui. Écoute, ça n’a pas de sens que tu dormes ici, on pourrait s’apercevoir que tu n’es pas un garçon.

– Mais.

– Va dans ma chambre, et laisse-moi faire, je vais coucher sur le divan, vite, sauve-toi.

Gisèle se leva péniblement.

– Qu’est-ce que tu as.

– Victor m’a droguée.

– Hein ?

– Il m’a fait boire un verre de lait, et depuis ce temps-là, je m’endors.

– Ah les peuchères, ils t’endorment pour ne pas que tu les déranges, eh bien, moi je ne suis pas drogué, et je veillerai, bonne mère.

Gisèle, avec difficulté, se dirigea vers la chambre de Marius, et toute la maison tomba dans le silence.

Seul, le Marseillais était aux aguets.

– Je ne croyais jamais si bien faire, en venant me coucher ici.
1   2   3   4   5   6   7

similaire:

Littérature québécoise iconLittérature québécoise

Littérature québécoise iconLittérature québécoise

Littérature québécoise iconLittérature québécoise

Littérature québécoise iconLittérature québécoise

Littérature québécoise iconLittérature québécoise

Littérature québécoise iconLittérature québécoise

Littérature québécoise iconLittérature québécoise

Littérature québécoise iconLittérature québécoise

Littérature québécoise iconLittérature québécoise

Littérature québécoise iconLittérature québécoise








Tous droits réservés. Copyright © 2016
contacts
c.21-bal.com