Littérature québécoise








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VII


– Laissez tomber votre revolver, Victor.

– Qui êtes-vous ?

– Votre revolver, vous avez compris ?

Victor laissa tomber son arme.

Gisèle, tout en les surveillant, s’approcha d’IXE-13.

Elle se pencha, ramassa la paire de ciseaux qui se trouvait par terre et coupa ses liens.

Le Canadien se tourna vers son amie :

– Tu es arrivée juste à temps.

Marius reprenait connaissance.

IXE-13 alla enlever le revolver d’Olga et mit les deux Russes en joue.

Le Marseillais se leva lentement.

– Ouf, c’est toi, Gisèle ?

– Oui. Vous avez précipité les événements. J’ai eu juste le temps d’aller à la ville et de revenir, deux minutes plus tard, et ils étaient partis.

IXE-13 s’adressa à Victor.

– Nous ne sommes pas aussi cruels que vous. Nous ne sommes pas en guerre et les Russes sont peut-être nos ennemis éventuels, mais jusqu’ici, vous êtes supposés être nos alliés, nous ne vous tuerons pas, car ce serait un assassinat.

Marius demanda :

– Qu’est-ce que vous allez en faire, patron ?

– Les transporter au dehors, là, nous les assommerons et nous mettrons le feu aux laboratoires. La police et les pompiers les trouveront dans le jardin. Ils conteront l’histoire qu’ils voudront, ça nous est égal.

Il leur fit signe :

– Allons, passez devant.

Ils sortirent de la maison.

Une fois dans le jardin, Marius leur donna un violent coup de crosse de revolver sur la tête.

IXE-13 s’adressa à Gisèle :

– Tout a bien marché ?

– Oui. Il y a une voiture qui nous attend sur la route.

– Parfait, je vais aller mettre le feu aux laboratoires.

Le Canadien entra de nouveau dans la maison.

Il monta aux laboratoires de Rakouf.

Le Canadien fit couler sur le plancher des substances inflammables, puis il s’approcha de la fenêtre.

Il prit un grand morceau de papier et y mit le feu.

Il lança le papier au milieu du liquide qu’il avait fait couler sur le plancher.

Aussitôt, une flamme très vive envahit la pièce.

IXE-13 n’attendit pas une seconde de plus et sauta par la fenêtre.

Il rejoignit ses deux amis et tous les trois se mirent à courir vers la route.

Une voiture les attendait.

En montant dans la voiture, IXE-13 se retourna et aperçut la maison du professeur Rakouf.

Ce n’était plus qu’un brasier ardent.

*

Gisèle n’avait pas perdu de temps, durant la matinée.

IXE-13 était allé la réveiller à sept heures, alors que tout dormait dans la maison.

– Il s’est passé des événements, hier soir.

La jeune Française avait peine à comprendre, encore sous l’effet des narcotiques.

IXE-13 lui appliqua des serviettes d’eau froide sur la figure.

Il lui conta ensuite ce qui s’était passé.

– Maintenant, voici mon plan. Nous allons faire semblant de jouer leur jeu, jusqu’à la dernière minute.

– Pourquoi ?

– Parce qu’il faut trouver un moyen de sortir le plus rapidement possible de cette ville. C’est toi qui vas t’occuper de ça.

– Comment m’y prendre ?

IXE-13 sourit :

– Tu ne te souviens plus que nous avons des amis dans toutes les villes. J’ai une adresse où demeure un dénommé Marov. Tu vas t’y rendre et te faire connaître. Marov peut entrer en communication avec les Alliés. Il faut qu’un avion vienne nous prendre le plus tôt possible.

– Je comprends.

– Marius et moi nous gagnerons du temps, jusqu’à ton retour.

IXE-13 lui remit l’adresse de Marov.

– Maintenant, pars tout de suite, sors par la fenêtre, il faut que tu marches jusqu’à la ville. Ça va te prendre plus d’une heure, si possible, reviens en voiture.

– Entendu.

Gisèle s’habilla et sauta par la fenêtre.

À huit heures trente, elle arriva à la ville et se dirigea vers la demeure de Marov.

Elle sonna.

Un homme dans la soixantaine vint ouvrir :

– Qu’est-ce qu’il y a, mon petit bonhomme ?

– Le jour est levé, monsieur.

C’était le commencement du mot de passe.

Le vieux la regarda, surpris :

– Pourtant le soleil est caché.

– Il suffit que les nuages disparaissent pour qu’il sorte.

Le vieux ouvrit la porte :

– Entrez vite.

Il fit passer Gisèle dans son bureau :

– Qui êtes-vous ?

– Agent T-4 du deuxième bureau français. Nous avons besoin de votre aide.

– Que vous faut-il ?

– Vous pouvez vous mettre en communication avec les Alliés. Il nous faut un avion le plus tôt possible.

– Un avion ?

– Oui, nous devons gagner le Canada et partir ce matin même.

– Je puis envoyer un message,.

– Dites que c’est l’agent secret IXE-13 qui demande un avion.

– Très bien.

Marov la laissa seule et se mit en communication avec un poste secret de la France.

Il donna des ordres.

Vers dix heures, il reçut la réponse.

Un avion partait immédiatement et s’arrêterait à un endroit spécifique, à quelques milles de la ville.

Marov vint porter la bonne nouvelle à Gisèle.

– Vous avez une voiture ?

– Oui.

– Vous allez me mener le plus vite possible à la maison du savant Rakouf.

– Ce ne sera pas long. Vous... vous êtes une femme, n’est-ce pas ?

– Oui.

– Vous ne désirez pas changer de vêtements ? J’ai une fille qui est de votre grandeur.

Gisèle soupira :

– Rien ne me ferait plus plaisir.

Il la conduisit dans une chambre.

– Ma fille va venir. Pendant ce temps, je prépare la voiture.

– Très bien.

Une jeune fille dans les dix-huit ans, qui avait la même taille que Gisèle, entra avec une pile de vêtements.

– Mon père m’a demandé de vous apporter ces vêtements.

– Merci, mademoiselle. Vous êtes bien aimable.

Gisèle quitta ses habits de garçon.

Comme elle finissait de s’habiller, on frappa à la porte.

– Vous êtes prête, demanda la voix de Marov.

– Oui.

– Allons-y, la voiture est à la porte.

Gisèle et Marov partirent précipitamment.

En arrivant près de la maison de Rakouf, elle lui fit signe d’arrêter.

– Restez ici et attendez-moi.

Gisèle revint seule, vers la maison.

Elle s’approcha de la fenêtre et jeta un coup d’œil à l’intérieur.

– Ouf, j’arrive juste, heureusement que nous n’avons pas eu de panne de moteur en route.

Et elle entra juste à temps pour empêcher Victor et Olga de se sauver avec les plans de Rakouf.

*

IXE-13, Marius et Gisèle sautèrent dans la voiture.

Le Marseillais se frottait constamment la tête, se ressentant encore du coup qu’il avait reçu.

Marov s’écria :

– Mais, c’est la maison de Rakouf qui brûle.

– Oui.

– Et le professeur.

– Il est mort depuis plus d’une demi-heure ?

Le brave homme ouvrit de grands yeux :

– Vous l’avez tué ?

– Pas nous, ses domestiques l’ont tué. C’étaient deux espions à la solde des Russes.

– Ah !

– Vite, partons d’ici, conduisez-nous à l’endroit où doit arriver l’avion.

Marov mit le moteur en marche.

La voiture partit lentement.

– Vous ne pourriez pas aller plus vite.

– Bien, c’est que... je ne veux pas prendre de chance, je suis vieux.

– Arrêtez, laissez-moi conduire.

Marov obéit.

IXE-13 se mit à la roue.

Cette fois, la voiture faisait du soixante à l’heure.

– Tiens, voici les pompiers, remarqua Marius.

En effet, deux voitures de pompiers se dirigeaient vers la demeure de Rakouf.

IXE-13 dut ralentir pour les laisser passer.

Il traversa la ville, puis reprit la même vitesse.

– Prenez ce petit chemin à gauche, nous ne sommes pas très loin de l’endroit.

IXE-13 fit tourner la voiture.

– Allez jusqu’au bout, l’avion atterrira dans ce champ.

– Bien.

Rendu au bout du chemin, nos amis descendirent.

– Je dois vous laisser ici, remarqua Marov. Il faut que je retourne tout de suite au village pour ne pas qu’on remarque mon absence.

IXE-13 lui tendit la main :

– Nous ne savons comment vous remercier, monsieur Marov, vous nous avez rendu un fier service.

– Je n’ai fait que mon devoir.

Il remonta dans sa voiture et leur fit un dernier signe de la main.

– Bonne chance.

L’automobile fit demi-tour et disparut au tournant de la route.

– À quelle heure a-t-il reçu la réponse à son message ? demanda IXE-13.

– Vers neuf heures et demie, je crois.

– L’avion partait d’où ?

– De France.

– Elle ne devrait pas tarder, il passe onze heures.

Nos trois amis interrogeaient le ciel, mais aucun appareil n’était en vue.

IXE-13 savait qu’on devait avoir découvert Victor et Olga, et que ces derniers lanceraient la police à leur trousse.

– Bonne mère, patron, on aurait dû les tuer.

– Non, Marius, nous ne sommes pas en guerre. Ça aurait été un véritable assassinat ; nous n’avions pas le droit.

Gisèle poussa un cri :

– Regardez, là-bas, dans le ciel, c’est l’appareil, c’est l’avion.

En effet, le bruit du moteur se faisait maintenant entendre.

IXE-13 enleva son gilet et commença à faire des signes.

L’avion tourna en rond, et bientôt s’arrêta dans le champ.

IXE-13, Marius et Gisèle coururent à l’appareil.

– Vite, montez, leur dit le pilote, il y a des voitures de la police sur toutes les routes. On va peut-être se lancer à notre poursuite.

Aussitôt que nos amis eurent pris place dans l’appareil, le pilote fit partir les moteurs et l’avion s’éleva dans le ciel.

Il volait à la vitesse de l’éclair et très haut dans les nuages.

Enfin, au bout de quelques minutes, le pilote s’épongea le front.

– Je crois que nous sommes en sûreté, maintenant.

– Où nous conduisez-vous ?

– On m’a dit que je devais vous mener directement en Canada.

– C’est ça.

– Je devrai arrêter en France pour faire remplir mes réservoirs.

Il n’arrêta que cinq minutes, puis l’appareil reprit sa route, vers le Canada.

*

IXE-13 et Gisèle se présentèrent au bureau du Colonel Boiron.

Marius, lui, avait préféré rester auprès de sa petite négresse.

Arkia fut folle de joie en apercevant le gros Marseillais.

– Tu ne t’es pas trop ennuyée ?

– Beaucoup, mais maintenant, je vois la vie en rose, déclara la négresse.

Le Canadien devait aller faire son rapport et livrer les plans au Colonel.

Il partit donc avec son ex-fiancée.

– Le Colonel est-il là ?

– De la part de qui ?

– Capitaine Jean Thibaul, et Gisèle Tubœuf-Chabot.

– Un instant.

Le secrétaire les annonça à Boiron et ce dernier les fit immédiatement entrer dans son bureau.

Déjà vous, IXE-13 ? C’est merveilleux, vous avez été à peine quelques jours absents.

– Et j’ai de bonnes nouvelles, Colonel.

– Ah !

IXE-13 tira l’enveloppe de sa poche.

– Voici les plans du nouvel appareil du savant Rakouf, mais je crois qu’ils ne sont pas terminés.

– C’est sans importance.

IXE-13 raconta ses aventures.

Le Colonel les félicita :

– Vous avez réellement fait du beau travail, IXE-13. Vous êtes vraiment l’as des espions canadiens.

– Oh, si je n’avais pas eu mes amis, je n’aurais jamais pu réussir

Boiron déclara :

– Prenez quelques heures de repos et revenez me voir demain matin, je vous donnerai des nouvelles de ces fameux plans.

– Entendu, Colonel.

IXE-13 et Gisèle retournèrent à l’hôtel où Arkia et Marius les attendaient.

– Vous savez, dit la négresse, je suis des cours.

– Des cours ? pourquoi ?

– J’ai demandé à l’officier de vous accompagner désormais, et il m’a dit que pour ça, je devrais suivre des cours, j’ai commencé.

Marius sursauta :

– Tu vas devenir espionne ?

– Oui, et d’après les premiers examens, on m’a dit que je n’aurais pas de difficulté.

IXE-13 déclara :

– En attendant, moi, je vais me reposer, je suis fatigue.

– Moi aussi, fit Gisèle. Et toi, Marius ?

– Moi, je ne suis pas fatigué du tout.

IXE-13 se mit à rire :

– Ah, ces amoureux, ils pourraient passer des jours ensemble et ne seraient jamais fatigués.

Le lendemain, l’as des espions canadiens retourna au bureau du Colonel.

Une mauvaise nouvelle l’attendait.

– IXE-13, le savant Rakouf s’est joué de vous.

– Comment ça ?

Les plans qu’il vous a donnés ne sont que des papiers sans importance, les dessins ne veulent rien dire, les chiffres non plus.

– Diable !

– Le savant a emporté son secret avec lui, dans la tombe.

Le Canadien était désappointé.

– Ne vous en faites pas, IXE-13, le principal, c’est que ces plans ne se trouvent pas entre les mains des Russes.

– Moi qui croyais avoir accompli une mission parfaite.

– Vous aurez la chance de vous reprendre cet après-midi, et je vous confierai une nouvelle mission.

IXE-13 continuera-t-il de travailler en compagnie de Gisèle et de Marius ?

Qu’adviendra-t-il de la petite négresse, Arkia Boushi ?

Entrera-t-elle dans les rangs du service secret ?

Et en quoi consistera cette nouvelle mission ?

Ne manquez pas de lire le prochain chapitre des aventures étranges de l’agent IXE-13, l’as des espions canadiens.

Cet ouvrage est le 516e publié

dans la collection Littérature québécoise

par la Bibliothèque électronique du Québec.

La Bibliothèque électronique du Québec

est la propriété exclusive de

Jean-Yves Dupuis.

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