Chapitre 3 : Les mutations économiques et sociales et leurs








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HISTOIRE ET GEOPOLITIQUE DU MONDE CONTEMPORAIN




Chapitre 3 : Les mutations économiques et sociales et leurs

Conséquences sur l’intégration européenne

La politique agricole, levier de la puissance agricole européenne
I/ une réorientation du système agricole européen dont les conséquences spatiales sont énormes
A/ une agriculture puissante et intégrée

Alors que sa production n'était pas suffisante pour satisfaire les besoins de sa population dans les années 1950, l'Union européenne à 25 est devenue une grande puissance agricole et le deuxième exportateur mondial après les États-Unis. Les productions sont massives dans quelques domaines comme les céréales (290 millions de tonnes en 2004, dont 136 millions de tonnes de blé — 21,8 % de la production mondiale - et 53,5 mil­lions de tonnes de maïs), la pomme de terre, la betterave à sucre, le vin ou les production* animales (13,8 % de la production de viande bovine en 2004, 21,5 % de la viande porcine 13,7 % des volailles). En revanche, la part de l'Union européenne dans la pêche ne cesse de diminuer (6,6 % des captures mondiales en 2004) et l'aquaculture, quoique en essor, demeure peu développée.

La balance commerciale est globalement déficitaire, en raison des fortes importations de produits tropicaux, de fruits, de soja, de tabac et d'aliments pou: le bétail, notamment les produits de substitution aux céréales (PSC). Bien qu'elle ne contribue qu'à 2 % du PIB communautaire, l'agriculture joue un rôle important dans l'activité économique. En effet, elle est intégrée à un puissant complexe agroalimentaire, qui rassemble plus de 10 % des actifs de l'Union européenne. Cette intégration rend les exploitants dépendants des activités d'amont (équipements, énergie, fourni­tures - semences, engrais, produits phytosanitaires -, crédit - Crédit Agricole en France) e: d'aval (industries agroalimentaires, conditionnement, transports, centrales d'achat de> grands distributeurs, etc.).

B. Le modèle agricole européen : entre spécialisation et diversité

L'essor des productions européennes est la conséquence des mutations profondes qui ont affecté les modes de production, du développement des politiques agricoles de soutien et de l'augmentation du pouvoir d'achat des ménages, qui se traduit par l'accroissement et la.. diversification des consommations. Le modèle européen d'agriculture repose sur l'exploit-tion familiale tournée vers les marchés, mais tributaire des aides publiques (notamment & la politique agricole commune). L'agriculture est rendue compétitive par l'intensification ^ travail (il n'y a plus guère que 16,3 millions d'agriculteurs, soit 5 % de la population active contre plus de 30 % au lendemain de la Seconde Guerre mondiale), des rendements bien plus élevés qu'aux États-Unis (environ 60 quintaux à l'hectare pour le blé, 85 q/ha pour lemaïs), l'agrandissement des exploitations, la spécialisation des productions et l'intégration dans le complexe agroalimentaire. Il consacre l'agriculture productiviste, avec ses revers économiques (dépendance, endettement), sociaux (réduction du nombre des agri­culteurs ) et environnementaux .

Ce modèle a évolué vers une plus grande spécialisation dans des bassins de production à l'échelle régionale et un agrandissement des exploitations. La polyculture associée à l'éle­vage tend à disparaître au profit d'une utilisation simplifiée des surfaces agricoles, par exemple les élevages hors-sol (porcs, volaille), la spécialisation dans les cultures spéculatives (horticulture, viticulture, fruits et légumes) ou dans les grandes cultures (céréales, betterave, pomme de terre). La taille moyenne des exploitations ne cesse de grandir, gage de compétitivité accrue, On en dénombre environ 10 millions en 2004 (4 millions dans les nouveaux pays adhérents, dont plus de la moitié en Pologne).

Les espaces agricoles occupent une grande partie du territoire de l'Union européenne

(190 millions d'hectares de SAU, soit 47,5 % de la superficie totale), notamment en Europe

du Nord-Ouest. Les paysages agraires européens tendent à s'homogénéiser quelque peu du

fait des mutations techniques et des nécessités techniques

C/Crise et devenir des agricultures et des espaces ruraux
La réduction du nombre des agriculteurs et l'exode rural ont conduit à une dévitalisation des espaces ruraux. La population agricole et rurale a vieilli, la diversité sociale des cam­pagnes, les services publics (écoles, poste) et les fonctions encadrantes et de services ont été réduits. Dans certaines régions, le recul des espaces agricoles au profit des friches et la forêt est manifeste.

D'une façon générale, la PAC consolide les disparités sociales et territoriales existantes car ses aides bénéficient principalement aux exploitations les plus grandes, installées dans les régions les plus riches de l'Union européenne. La logique productiviste favorise la concentration de la production sur un petit nombre d'exploitations : moins de 10 % des céréaliers récoltent plus de la moitié du blé, 15 % des éleveurs produi­sent la moitié du lait. Ce faisant, la PAC sanctionne sans les corriger les écarts de bien-être entre les régions de l'Europe ainsi que les écarts internes à chaque pays.
D/ la politique agricole commune : un puissant instrument de changement mais dont les réajustements témoignent d’une obligation de se conformer aux exigences internes et externes



Mise en place réellement à partir de 1962, la Politique agricole commune a connu

cinq réformes successives (1972, 1988, 1992, 1999, 2003) en plus de quarante années d'existence, témoignant par là même de l'adaptabilité de ses objectifs aux transformations des contextes internes et externes. Ces multiples réformes et ajustements de la politique agricole ont, cependant, largement remis en cause une bonne part des principes initiaux.

1Les objectifs de la PAC

Les objectifs initiaux consistaient à :

*** assurer des revenus équitables aux agriculteurs ;

*** accroître la productivité et la modernisation du secteur agricole européen ;

*** assurer l'autosuffisance alimentaire d'une Europe encore traumatisée par les pénuries de
la Seconde Guerre mondiale.

Pour ce faire, la PAC s'appuie sur trois principes : la solidarité financière entre les États membres grâce au financement par le FEOGA (Fonds européen d'orientation et de garantie agricole) ; la préférence communautaire (chaque pays s'engage à s'approvision­ner prioritairement dans la CEE) ; l'unicité du marché et des prix à l'intérieur de la CEE. Ces choix initiaux ont généré de nombreuses critiques depuis plusieurs décennies. Pour atteindre l'autosuffisance alimentaire de l'Europe, le système a favorisé l'épanouissement d'un système productiviste privilégiant les quantités produites et négligeant la qualité et les milieux naturels. L'organisation commune des marchés agricoles possédait au départ une capacité d'intervention aux frontières de l'UE afin d'éviter que des importations à bas prix viennent perturber la production agricole européenne. La PAC crée ainsi un système protectionniste avec les mécanismes de la préférence communautaire et une agriculture subventionnée, ce qui joue en défaveur des consommateurs qui pourraient s'approvisionner à meilleur prix sur les marchés mondiaux...

2/Les réformes successives

  1. Une nécessaire redéfinition de la PAC

En une génération, la PAC a fourni aux consommateurs européens des produits de qualité à des prix accessibles, modernisé les moyens de production et accru la productivité (le nombre d'agriculteurs a été divisé par 3), mais les coûts générés par celle-ci s'avère importants et même constitue un fardeau pour le budget européen. En effet, les dépenses du FEOGA pèsent lourd dans le budget communautaire. Les dépenses du FEOGA-G représentent les 2/3 du budget communautaire en 1983, soit 16 milliards d'écus et 63% en 1989 (28 milliards d'écus). De 79 à 92 les dépenses du FEOGA passe de 10.5 à 63 milliards d'écus.La seule section garantie absorbe 95 % des dépenses agricoles communes au dépens de l'orientation. Dans les années 70 et 80, des excédents apparaissent dans plusieurs secteurs : lait,. vin. céréales, viande bovine. Le coût n'est pas le seul facteur qui plaide pour la réforme, les élargissements successifs, notamment le Royaume-uni (remise en question de la solidarité financière)et dernièrement l'adhésion des PECO (avec des structures plus agraires et donc des besoins énormes) et la méfiance même des consommateurs européens quant à la qualité des produits agricoles (vu les épidémies déclarées : encéphalopathie ,fièvre aphteuse) renforcent le besoin de revoir la PAC.

Cependant 1 réforme est aussi imposée par le contexte international, en effet ,dans le cadre de la mondialisation et des négociations sur la libéralisation du commerce(cycle DOHA)l’union européenne est cible des USA et des pays du groupe de CAIRNS. Ces pays réclament de l'Europe qu'elle diminue les subventions et ouvre ses frontières.

2. La première réforme de la PAC de 1972

Elle avait pour objectif de moderniser l'agriculture européenne en encourageant l'amélioration des structures agraires et en continuant à stimuler les quantités produites. Ces mes_ reprennent dans leurs grandes lignes les idées contenues dans le mémorandum part 1968, baptisé « Plan Mansholt », du nom du commissaire à l'agriculture. Il s'attaquait .: fois aux structures et à l'organisation des marchés. Préconisant une modernisation par mécanisation et l'agrandissement des exploitations (une taille optimale est fixée en 80 et 120 hectares pour les céréales) ce plan encourageait la sélectivité des aides ainsi q_ la reconversion des exploitations jugées non rentables. Ce plan souhaitait également réor­ganiser les marchés en obligeant les producteurs à s'intégrer davantage dans les circuit commerciaux et à adapter leurs produits aux besoins des consommateurs.

3.Les deux réformes ultérieures 1988 et 1992 (dite « réforme Mac Sharry »)

Elles tentent de régler les effets pervers nés des mécanismes initiaux du FEOGA. L'objet: est de lutter contre une surproduction permanente de certains produits et la persistance de fortes disparités de revenus entre les agriculteurs et entre les régions agricoles..

En conservant le nom de PAC, des mécanismes radicalement inverses à ceux ayant présidé à sa naissance, furent mis en place. Les restrictions à la production prirent la forme de quotas laitiers, de quantités maximales garanties, et de gel des terres.

4.Agenda 2000 : un tournant vers un nouveau modèle agricole européen ?

La Commission considérait comme indispensable de poursuivre l'approfondissement de la réforme de 1992 ainsi que l'ajustement avec les prix mondiaux dans le domaine de-céréales (diminution du prix d'intervention de 15%) et de la viande bovine (diminution de 20 % du prix de base), et de compenser d'éventuelles pertes de revenus des agriculteurs par des aides directes. Le Conseil européen de Berlin en mars 1999 adopta le volet agricole de l'Agenda 2000, qui pour la première fois introduit des préoccupations environnementales et l'idée d'un développement rural nécessaire afin de garantir à l'agriculture une place notable dans l'économie et les espaces ruraux européens. On peut néanmoins légitimement affirmer que cette nouvelle réforme ouvrit la voie vers un nouveau modèle agricole européen, tant les objectifs énoncés paraissent radicalement différents de la PAC initiale
4. Hétérogénéité des situations régionales

Face à l'évolution de la PAC, une grande hétérogénéité des situations régionales persiste.

a) Des régions d'agricultures compétitives

Ces régions sont capables de supporter un système de concurrence mondiale et de

se passer en totalité ou en partie des aides européennes. Il s'agit de grandes exploitations avec de gros volumes de productions autorisant des rendements élevés, ainsi qu'une forte insertion dans les circuits commerciaux Entrent dans cette catégorie, les grandes zones céréalières du Bassin parisien et de l'East Anglia, les régions en bordure de la mer du Nord (Flandre, Hollande, Rhénanie du Nord, Basse Saxe, Brandebourg et Danemark), soit un grand tiers nord-ouest de l'Europe. Au sud, figurent dans ce groupe : la plaine du Pô, les huertas espagnoles et du Roussillon et la vallée du Rhône, grâce à la maî­trise de l'eau.

b) Des régions en situation intermédiaire

Les conditions agronomiques y limitent l'éventail des productions possibles, l'éloignement des grands foyers de consommation et des axes de circulation

pénalisent ces territoires. Les possibilités de diversification par l'introduction de la multifonctionnalité (tou­risme rural, etc.) s'appuient nécessairement sur des aides en faveur du développement rural émanant des Fonds structurels.

Font partie de cette catégorie les régions rurales de l'Irlande et du Pays de Galles, des bordures du Massif central (Limousin, Morvan, etc.) de la Lorraine et du Jura, de l'intérieur de l'Aquitaine, les plateaux intérieurde la meseta ibérique ; en Allemagne avec les régions du sud (Bavière, Bade Wurtemberg) et du centre (Hesse).

c) Des régions en situation potentiellement difficile

Ces régions souffrent de handicaps naturels (relief froid, mais aussi sécheresse) ; les structures agraire marquées par des exploitations trop petites, une forte poly activité, une faible mécanisation, sont inadaptées à une économie agricole dominée par les règles du marché. Le Règlement 2328/91 prévoit les « indemnités compensatoires »
La politique régionale de l'UE
L'Europe des Six a instauré une politique agricole commune en 1962, mais la politique régionale démarre seulement dans les années 1970. Même si le Traité de Rome prévoit de réduire l'écart entre les différentes régions de la CEE, le Bénélux et la RFA souhaitent alors laisser fonctionner librement les mécanismes du marché. Pourtant la politique régionale a pris peu à peu de l'importance.

L’objectif est triple :

  • Développer le territoire

  • Réduction des disparités régionales

  • La reconversion des régions en déclin

1/ La politique régionale commune, une nécessité.
a. Un espace hétérogène.

Le tissu économique européen est profondément déséquilibré.

• La « Banane Bleue » concentre la plus grande partie de la richesse productive de l'UE(dorsale européenne : ile de France ,Londres, pays bas, Allemagne du nord ouest)

• Les régions et pays périphériques accusent un net retard (Mezzogiorno italien, Andalousie, Grèce, Portugal).

• Les vieilles régions industrielles sont en reconversion (régions minières, ex-RDA). Ces différences ne sont pourtant pas simplement négatives : il s'agit de diversités qui peuvent être source de complémentarité. Le risque est cependant qu'elles s'aggravent au point de devenir disparités.

b. L'aggravation des disparités.

L'hétérogénéité de l'espace européen s'accroît principalement avec les élargissements.

• L'adhésion du Royaume-Uni est à l'origine de la création du FEDER (1975),

• La création des Programmes Intégrés Méditerranéens (1985) est décidée en prévision de l'adhésion de l'Espagne et du Portugal. Réclamés par la Grèce, ils visent à renforcer les régions méditerranéennes des Dix pour qu'elles affrontent l'adhésion ibérique. Ils mobilisent des financements communautaires, nationaux, régionaux et locaux et soutiennent des activités très diverses dans les régions du Sud de la France et de l'Italie ainsi que dans toute la Grèce.

• On doit aussi tenir compte des effets de :

la crise des années 1970 qui frappe certaines régions plus que d'autres ; la logique du grand marché qui peut marginaliser les régions les moins modernes au profit des plus efficaces ;

certaines politiques communes comme la pac : les subventions sont proportionnelles à la production, ce qui favorise les régions agricoles les plus productives et les plus puissantes. Les inégalités en sont renforcées.

  • Le dernier élargissement de /2004/2007 a introduit de nouveaux enjeux quant à cette politique


c. Les outils de la politique régionale.


  • Les fonds structurels :

Le FEDER

a pour objet exclusif de contribuer au développement des régions défavorisées et lutter contre les effets de la désindustrialisation


La FEOGA orientation (1962

concourt au financement de l'amélioration des structures agricoles et aide des régions agricoles spécifiques

le FSE (1960

vise à promouvoir la mobilité géographique et professionnelle des travailleurs dans l’UE


IFOP

Soutient le développement de la pêche




  • Le fonds de cohésion (1994) est destiné aux pays dont les PIB/hbts sont à 90% de la moyenne de l'UE ; ils permettent de financer des infrastructures permettant de mieux relier ces pays périphériques au cœur de l’europe(Portugal, Grèce et Irlande).depuis 2004 les bénéficiaires sont les dix plus l’Espagne et grèce et Portugal.

  • Les programmes d’intérêt communautaire :INTEREG, LEADER ,URBAN


2. Le renforcement de la politique régionale.

Trois périodes à distinguer :

  • 1989-1993 suite à l’acte unique ,les fonds sont dotés de 61 milliards d’écus pour 5 ans

  • 1994-1999 141 milliards d’écus sur 6 ans (1/3 du budget européen

  • agenda 2000 et l’orientation pour la période 2000-2006 :concentration sur trois objectifs prioritaires

- Objectif 1 : soutien aux régions en retard de développement

il vise à soutenir les régions dont le PIB par habitant est inférieur à 75 % de la moyenne communautaire, les régions peu peuplées de Scandinavie et les régions ultrapériphériques.

Par ailleurs, l'objectif 1 s'adresse aussi, à travers le Fonds de cohésion, aux Etats membres dont le PNB/habitant est inférieur à 90 % de la moyenne communautaire. Au 1er janvier 2000, ces « pays de la cohésion » étaient au nombre de quatre : Espagne, Portugal, Irlande et Grèce. En revanche, tous les nouveaux Etats entrés dans l'Union européenne au 1er mai 2004 (Pologne, Hongrie, République tchèque, Slovaquie, Slovénie, Estonie, Lettonie, Lituanie, Malte et Chypre) en sont devenus bénéficiaires. Treize Etats membres sont donc éligibles au Fonds de cohésion entre le 1er mai 2004 et le 31 décembre 20065(*).

Objectif 2 : soutien à la reconversion économique et sociale des zones connaissant des difficultés structurelles

Il concerne les zones dont l'industrie ou les services sont en mutation, les zones rurales en déclin, les zones urbaines en difficulté et les zones dépendantes de la pêche.

Cet objectif mobilise le FEDER et le FSE.

Objectif 3 : adaptation et modernisation des politiques d'éducation, de formation et d'emploi.


3/ la programmation 2007-2013

la politique de cohésion s’articule autour de 3 objectifs :

 un objectif « convergence » (successeur de l’actuel objectif 1). Il est destiné à soutenir la croissance et la création d’emplois dans les Etats membres et les régions les moins développés (régions dont le PIB/habitant est inférieur à 75% de la moyenne communautaire). Cet objectif concerne en France les 4 départements d’outre-mer ;

 un objectif « compétitivité régionale et emploi » (qui correspond aux actuels objectifs 2 et 3). Il vise à renforcer la compétitivité et l’attractivité des régions ainsi que l’emploi. Cet objectif concernera l’ensemble de la France métropolitaine.

 un nouvel objectif « coopération européenne », qui prendra le relais du programme INTERREG III et qui sera structuré autour des trois volets actuels : la coopération transfrontalière le long des frontières terrestres et maritimes ; la coopération transnationale sur des priorités stratégiques (recherche, société de l’information et environnement...) et la coopération interrégionale permettant aux régions de continuer à coopérer en réseau à l’échelle de l’Europe.





La politique industrielle de l'union européenne



Introduction
Le Conseil européen de Lisbonne de mars 2000 s'était fixé pour objectif de faire de l'Union européenne « l'économie de la connaissance la plus compétitive et la plus dynamique du monde » à l'horizon de 2010..

L'industrie reste en effet une composante déterminante de l'économie européenne. L'industrie manufacturière assure ainsi 20% de la production totale de l'UE, 75% de ses exportations et plus de 80% des dépenses privées de R&D. La croissance de la productivité y est près de deux fois plus élevée que dans le reste de l'économie. Employant près de 50 millions de personnes dans l'UE à vingt-cinq, l'industrie a également un rôle d'entraînement en raison de son lien avec le secteur des services, lesquels sont largement utilisés par l'industrie et bénéficient des innovations industrielles pour leur développement.
Le développement d'une politique industrielle communautaire est d'autant plus notable que l'intervention publique en matière industrielle a été, jusqu'au traité de Maastricht, une compétence exclusivement nationale et reste un sujet très controversé, qui fait l'objet de traditions différentes dans les différents pays de l'Union.

I/ l’industrie européenne

A/ historique de l’industrie : Une désindustrialisation de l'Union européenne ?

Depuis la fin des années 1970, un processus de désindustrialisation est engagé dan» les pays les plus développés de l'Union européenne. Il se manifeste par la diminution de la part relative du secteur secondaire dans l'emploi et dans le PIB. Dès la fin des années 1960, les industries du textile et de l'habillement n'ont pu résister à la concurrence exerce: par les pays en développement à bas coûts salariaux d'Asie et du bassin méditerranéen Dans les années 1980, la nouvelle division internationale du travail s'effectue aussi à l'intérieur de l'Union européenne, au bénéfice des Etats d'Europe méridionale. Mais, plus globalement, d'autres facteurs entrent en jeu dans le processus de désindustrialisation

La sidérurgie, la métallurgie de transformation et la construction navale doivent réduire leurs capacités de production face à la concurrence japonaise, coréenne ou espagnole dans les années 1980. Depuis les années 1990, les réductions d'effectifs concernent aussi l'industrie automobile, l'électroménager, la chimie et l'édition. En outre, l'Union européenne accuse des retards sur les Etats-Unis et le Japon dans les industries utilisant de nouvelles technologies. C'est notamment le cas de l'informatique, plus généralement des nouvelles technologies de l'information et de la communication (NTIC) - où 74 % des 300 premières sociétés dans le monde sont américaines -, des nanotechnologies et des biotechnologies. Cependant, force de constater que l'Union européenne demeure plus industrialisée que les Etats-Unis (34 % du PIB contre 24 %). Ses parts de marché dans le commerce mondial des produits manufacturés sont supérieures de moitié à celles des Etats-Unis. Cela reflète, sans doute, une moins grande insertion dans la mondialisation, en particulier dans la DIPP, la production délocalisée équivalant à 25 % du PIB américain contre seulement 15 % du PIB européen.

B/ Les transformations de l'appareil industriel et leurs conséquences sociales
1/Des points forts et des créneaux porteurs

L'Union européenne garde toutefois des positions solides dans certaines activités indus­trielles, comme la chimie, le caoutchouc et les matières plastiques, les machines-outils et les matériels de transports. La construction automobile demeure un des fleurons de son industrie. ). Les constructions aéronautiques et spatiales constituent des exemples de réussite de l'industrie européenne de haute technologie. Elles résultent moins de politiques communautaires que de formes de coopération entre entreprises nationales, publiques ou privées, soutenues par les organisations européennes
L’industrie automobile(pour l’oral)

Très inducteur, ce secteur emploie environ 4,5 millions de salariés en incluant les effectifs des sous-traitants et des industries d'amont (métallurgie, plasturgie, caoutchouc, verre, électronique, peinture) qui travaillent pour l'industrie automobile. La production européenne est de 18,3 millions de véhicules en 2004, contre 12 millions aux Etats-Unis, 10,5 millions au Japon et 5,1 millions en Chine. L'Allemagne vient en tête (3e rang mondial), devant la France (5e), l'Espagne (7e), puis le Royaume-Uni et l'Italie. L'Union européenne est exportatrice nette, bien que l'essentiel des exportations des pays producteurs soit dirigé vers d'autres Etats européens. Des constructeurs européens ont réuss à s'emparer d'entreprises américaines ou japonaises : le groupe allemand Daimler-Benz a réalisé la plus grande fusion-acquisition de l'histoire industrielle à ce jour en rachetant Chrysler en 1998 et a pris le contrôle de Mitsubishi en 2000 ; le français Renault est devenu le premier actionnaire de Nissan en 1998 et a racheté le coréen Samsung en 2000. Par sa supériorité technologique et sa vitalité marketing, l'industrie européenne a réussi à exporter vers les Etats-Unis. En outre, elle est bien implantée dans le reste du monde. L'élargissement de l'Union aux PECO ouvre des perspectives de développement des inves­tissements et des marchés. Cependant, les IDE américains en Europe (Ford et General Motors) se maintiennent et ceux des firmes japonaises progressent (Toyota à Valenciennes)

2/ Nouvelles géographies industrielles européennes

Les mutations économiques du dernier quart du XXe siècle bouleversent la géographie de l'industrie européenne. Les vieilles régions industrielles dont le développement était fondé sur l'exploitation des minerais de charbon ou de fer, la sidérurgie et l'industrie textile ont été gravement affectées par les fermetures des unités de production et leur corollaire, le chômage (Ruhr, Sarre, Lancashire, Pays de Galles, Nord-Pas-de-Calais Borinage belge, Lorraine, Asturies, etc.). Mais certaines d'entre elles semblent réussir leur reconversion (pol régionale) vers les services et de nouvelles industries comme la construction auto­mobile, l'électronique et les biotechnologies, en s'appuyant sur l'atout que représente une main-d'œuvre nombreuse et la présence d'infrastructures de communication.

Les localisations postfordistes des activités industrielles privilégient les grandes agglo­mérations qui disposent de tous les éléments nécessaires à leur fonctionnement(main-d'œuvre très qualifiée, des cadres, une clientèle, la synergie des informations et des connexions nationales et internationales par le biais des gares de TGV, des autoroutes, des aéroports ou des téléports). Ainsi, l'industrie nou­velle participe au mouvement de métropolisation au bénéfice des grandes capitales nationales ou régionales.

La naissance des districts et de technopôles suite à la politique volontariste des Etats en matière de politique industrielle (voir plus II/C) 
II- Les fondements de l'intervention communautaire en matière industrielle
A/. Le nécessaire renforcement de la compétitivité de l'industrie européenne face à la concurrence internationale

L'action communautaire en matière industrielle s'appuie d'abord sur la conviction qu'il est nécessaire de renforcer la compétitivité des entreprises industrielles européennes. Celle-ci dépend de la disponibilité à faible coût des facteurs de production, comme le capital, les infrastructures de communication et de transport, les infrastructures scientifiques et technologiques, les matières premières et le capital humain. D'autre part, la compétitivité des entreprises dépend d'un contexte institutionnel favorable à l'investissement, à la concurrence et à l'innovation, ainsi que des conditions de demande, qui sont affectées par le dynamisme du marché local, l'évolution du taux de change et l'accès aux marchés internationaux. L'analyse des clusters(districts) a également souligné l'importance de la localisation de l'entreprise et de son interaction avec les fournisseurs, les clients, les concurrents et les institutions universitaires et de recherche, qui encourage leur rapprochement au niveau local ou régional.

Un certains nombre d'indicateurs ont nourri des craintes quant à l'évolution de la compétitivité de l'industrie européenne. Entre 1991 et 2000, la croissance de la productivité dans le secteur manufacturier a été de 3,1% en moyenne annuelle dans l'UE contre 4,3% aux Etats-Unis. Ce différentiel s'explique notamment par le développement plus faible du secteur des hautes technologies en Europe . L'UE dispose en outre d'une capacité d'innovation insuffisante. En dépit de l'objectif de 3% fixé par le Conseil européen de Barcelone en 2002, les dépenses de R&D ont stagné autour de 1,9% du PIB, alors qu'elles s'élevaient en 2003 à 2,6% aux Etats-Unis et à 3,1% au Japon. Cette stagnation est inquiétante au regard de la rapide progression des efforts de R&D dans les pays émergents comme la Chine. En outre, la part de la R&D financée par l'industrie est plus faible en Europe qu'aux Etats-Unis malgré des incitations fiscales deux fois supérieures. Enfin, la part des investissements en capital risque dans le PIB est deux fois plus élevée aux Etats-Unis que dans l'UE15.
Il convient de souligner que les moyennes européennes masquent des différences très importantes entre pays. Entre 1991 et 2000, la productivité industrielle a ainsi progressé de 1,2% en moyenne annuelle au Portugal et de 1,9% en France mais de 8% en Irlande. De même, la part du PIB consacrée à la R&D était de près de 4% en Suède en 2003 contre environ 1,1% en Espagne et en Italie. Plus généralement, les indices synthétiques de compétitivité permettent de mesurer l'ampleur des écarts entre les anciens et les nouveaux Etats membres de l'Union, mais aussi entre des Etats scandinaves très compétitifs et des pays méditerranéens (Espagne, Italie, Grèce), très en dessous de la moyenne de l'UE15.

B-La nouvelle politique industrielle communautaire
Les premiers travaux de la Commission sur la politique industrielle remontent à une communication d'octobre 1990 . Celle-ci a été suivie par le Livre Blanc sur la croissance, la compétitivité et l'emploi de 1993, le Livre vert sur l'innovation de 1995, et plus récemment par trois Communications de la Commission en 2002, 2003 et 2004 . Ces textes fondent la conception communautaire de la politique industrielle comme politique horizontale visant à créer un environnement favorable à l'innovation et à la compétitivité des entreprises. La « nouvelle politique industrielle » de la Commission européenne, qui se veut un pilier de la relance de la stratégie de Lisbonne, s'inscrit en réalité dans la continuité de ces textes.
1.Assurer une protection efficace de la propriété intellectuelle
2Améliorer l'environnement réglementaire
3.Renforcer le rôle des PME dans l'innovation
4.Le financement de projets communautaires
5.L'accompagnement des ajustements structurels

La Commission souhaite mieux anticiper les mouvements de restructuration et utiliser les Fonds structurels pour préserver la compétitivité industrielle et l'attractivité des régions concernées. Parmi les mesures envisagées figurent un soutien financier à la constitution de clusters et au transfert de technologie dans ces régions, ainsi que des initiatives visant à aider les travailleurs à anticiper et à s'adapter aux changements économiques.

C/les nouvelles stratégies européennes :les pôles de compétitivité européens(clusters)

face à la mondialisation de l'économie il s'agit pour l'Europe de créer et de renforcer des pôles de rayonnement international regroupant des entreprises, des réseaux technologiques s'appuyant sur des centres de recherche publique et privée, à l'Image de la Silicon Valley qui en est le prototype. Les réseaux d'entreprises prennent en compte l'importance de l'économie de la connaissance qui érige le savoir non plus comme facteur de production, mais comme une pro­duction à part entière. L'économie de la connaissance impose une division des fonctions autour de blocs de savoirs scientifiques fondés sur des champs de compétence spécialisés (bio­technologies, optronique).
- En Italie le mouvement de « déterritorialisation » qui touche les « districts d'entreprises » n'est pas toujours perçu négativement. Ainsi 1300 entreprises italiennes ont été délocalisées en Roumanie) sans que le chômage n'y augmente et en attirant même de la main d'œuvre immigrée, l'Italie conservant le commandement et les productions à forte valeur ajoutée.

- Le modèle allemand des réseaux de compétences, proche des clusters, bénéficie de l'aide conjuguée des Lander et de l'État fédéral. Les réseaux de compétence recouvrent aussi bien les secteurs traditionnels que les secteurs de haute technologie, il en existe 26, principalement implantés dans les régions urbaines ( Aix, Berlin..).

- En Espagne, le cluster des industries automobiles de Galice regroupe, autour du groupe PSA, une soixantaine d'entreprises sous-traitantes et assure 20% de la production espagnole.

- En France, la DATAR a inventorié une centaine de systèmes productifs locaux (SPL), totalisant plus de 500 000 emplois et 18 000 entreprises qui répondent aux critères de pôles de compétitivité. On peut citer la Cosmétic Valley, pôle de compétence dans les parfums et cosmétiques en Eure et Loir, le pôle d'activité de Grenoble spécialisé en micro et nanotechnologies, celui de Toulouse autour de l'aéronautique. L'Alsace Bio Valley regroupant les géants mondiaux de la pharmaco-chimie qui ont essaimé sur les deux rives du Rhin : 30 000 emplois,120 laboratoires publics, 1400 chercheurs, 300 entreprises dont 20 start-up. La politique d'aménagement du territoire cherche a promouvoir ces pôles.( à lier avec l’aménagement du territoire)

Les réseaux d'entreprises (clusters) paraissent une solution efficace en Europe pour s'insérer dans la mondialisation en favorisant la croissance et l'emploi



Mme SAMIR Page


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