Littérature québécoise








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Pierre Saurel

La lentille qui tue




BeQ

Pierre Saurel


L’agent IXE-13 # 030

La lentille qui tue
roman


La Bibliothèque électronique du Québec

Collection Littérature québécoise

Volume 297 : version 1.0

La lentille qui tue
Numérisateur : Jean Layette.

Éditions Police Journal

Relecture : Jean-Yves Dupuis.

Illustration de couverture :

André L’Archevêque.

I


Au cours du dernier chapitre des aventures extraordinaires de l’espion canadien, Jean Thibault, qui se cache sous le pseudonyme d’IXE-13, s’engageait dans l’une des plus périlleuses missions de sa carrière.

Un savant allemand, du nom d’Henrich Kinentz avait réussi à mettre à point, une machine à rayons, qu’il avait appelée « le rayon de la mort ».

Le professeur Kinentz était un pacifiste, mais grâce à l’ingéniosité de Von Tracht et de Bouritz, les deux ennemis jurés d’IXE-13, le professeur avait enfin consenti à passer sa machine à l’armée.

Le chimiste Fritz Hamler, assistant et élève de Kinentz, vit le danger que courait l’humanité tout entière et il résolut de racheter la bêtise de son maître.

Il se rendit en Angleterre, et après avoir été fait prisonnier par les alliés, il parla à Sir Arthur des puissants rayons de la mort.

– Je puis vous aider à voler ou à détruire l’appareil, mais à la condition que vous me promettiez de ne pas en faire usage contre mon pays.

Conditions acceptées.

IXE-13 fut immédiatement nommé, pour aller en Allemagne, accomplir une triple mission, soit :

1. – Trouver un moyen d’entrer en Allemagne, se faire passer pour un chimiste et se faire engager à l’étude de perfectionnement de l’appareil : « le rayon de la mort ».

2. – S’emparer ou détruire l’appareil.

3. – S’arranger pour que le professeur Kinentz ne puisse construire d’autres appareils, et revenir en Angleterre.

Se faisant passer pour le professeur Simon Shermann, un Israélite de 62 ans, et un supposé puissant savant, IXE-13 avait réussi, grâce à l’aide de Fritz Hamler, à entrer au service de l’armée nazie.

Il était assisté de ses deux inséparables compagnons, Gisèle Tubœuf et Marius Lamouche.

Gisèle, habilement maquillée en garçon, se faisait passer pour le petit-fils d’IXE-13, et on l’appelait David Shermann.

Quant à Marius, déguisé en femme, il servait de gouvernante à David et se faisait passer pour une vieille Française, Caroline Fernaud.

Tous trois avaient été reçus à bras ouverts par le professeur Kinentz.

Ce dernier, tout comme Von Tracht et Bouritz, croyait qu’IXE-13 était un vieil oncle de Fritz.

IXE-13 revint à la maison du professeur, enchanté.

Il annonça à Gisèle :

– Mon petit David, j’ai de bonnes nouvelles pour toi.

– Qu’est-ce que c’est, grand-père ?

– J’ai obtenu la permission de t’emmener au laboratoire de l’armée nazie. Tu pourras surveiller notre travail en ce qui concerne la machine aux rayons de la mort.

– Oh, je suis bien content.

Marius dit aussitôt :

– Pardon, monsieur Shermann.

– Oui, Caroline ?

– Je vais accompagner David, n’est-ce pas ?

– Non, vous resterez ici, Caroline...

– Mais, il faut que je surveille le petit. Il peut commettre des tours pendables, là-bas.

– N’ayez crainte, j’aurai l’œil dessus.

– Bon, bon, très bien, monsieur, mais je ne serai pas responsable de ce qui arrivera.

IXE-13 avait envie de sourire.

Marius jouait son rôle à perfection.

Vers dix heures, ce soir-là, prétextant la fatigue du voyage, IXE-13 et ses deux compagnons décidèrent de monter à leur chambre.

– Je vous laisse le bonsoir, professeur, et demain, nous nous mettrons au travail.

– Parfait, bonsoir, professeur Shermann.

Une dizaine de minutes plus tard, sans faire de bruit, Marius et Gisèle allaient rejoindre IXE-13 dans sa chambre.

– Je savais que vous viendriez, vite entrez, et surtout pas de bruit.

Ils allèrent s’asseoir sur le bord du lit.

– Peuchère, patron, nous allons avoir de la difficulté.

– Comment cela ?...

– Mais vous ne serez que tous les deux, là-bas...

– Pardon, Marius, tu oublies, Fritz. Lui aussi nous aidera.

– Peut-être, mais il ne fera certes pas tout ce que je pourrais faire. Supposez une bataille à coups de revolvers, Fritz se rangera-t-il de notre côté ?

– Non, j’en ai bien peur.

– Tandis que moi...

IXE-13 l’interrompit :

– Pour toi, Marius, j’ai une autre mission.

– Ah !

– Tu sais que même à Berlin, nous avons des amis ?

– Oui.

– Eh bien, dès demain, il faut commencer à trouver un moyen pour sortir de l’Allemagne en sécurité.

Gisèle protesta :

– Mais Jean, nous n’avons pas encore accompli notre mission...

– Il vaut toujours mieux prévenir, c’est plus prudent.

IXE-13 sortit un calepin de sa poche.

– Tu as du papier et un crayon, Marius ?...

– Eh bien, prends des notes. Je vais te donner des adresses et des mots de passe.

– Parfait.

IXE-13 dicta pendant quelques minutes.

– Est-ce qu’il faut que j’aille voir tous ces gens-là ?...

– Non, ce ne sera pas nécessaire. Cependant, je crois qu’il serait plus prudent d’en voir plusieurs. Ils pourraient nous trouver chacun un moyen de sortir d’Allemagne et lorsqu’arrivera le temps de nous sauver, nous prendrons celui qui sera à notre disposition.

– Très bien, patron, je vais commencer dès demain.

Gisèle demanda :

– Et nous, qu’est-ce que nous allons faire là-bas ?

IXE-13 haussa les épaules :

– Je ne le sais pas plus que toi, Gisèle... nous déciderons probablement demain, peut-être plus tard. Je suis chanceux de connaître un peu la chimie et la physique.

– Mais moi, je ne m’y comprends guère.

– C’est justement ce qu’il faut. Tu me poseras continuellement des questions. Ce sera naturel, et de plus, si Von Tracht se demande comment il se fait que nous ne travaillons pas plus vite, eh bien, je pourrai dire que c’est toi qui me retardes ?

– Mais alors, il me défendrait d’aller aux laboratoires ?

– Nous n’en sommes pas encore rendus là, ne nous en faisons pas trop à l’avance. Pour le moment, reposons-nous. C’est la meilleure solution.

Après leur avoir souhaité le bonsoir, les deux Français retournèrent à leurs chambres respectives.

*

Pendant qu’IXE-13 causait avec ses deux amis, Fritz et le maître avaient un autre genre de conversation.

Lorsqu’il fut certain de ne pas être entendu, le professeur se rapprocha de son élève.

– Fritz ?

– Oui, maître...

– Tu es bien décidé à travailler pour perfectionner mon appareil ?...

– Mais oui, pourquoi me demandez-vous cela ?...

Le professeur baissa la tête et demeura silencieux.

– Est-ce que par hasard, vous regretteriez ?

Kinentz fit signe que oui.

Puis il expliqua.

– Si tu savais ce qu’ils ont fait, Fritz...

– Qui ?...

– Nos chefs. Ils ont tué de pauvres prisonniers, des femmes, des vieillards, des enfants et des blessés.

– Avec votre machine ?

– Oui. Et dire que moi, Kinentz, je m’étais bien promis...

– Je vous avais prévenu, maître.

– J’aurais dû t’écouter, Fritz.

– Maintenant, il est trop tard, nous ne pouvons plus reculer...

Le professeur regarda curieusement son élève.

– Mais toi, tu as bien changé, aussi. Tu étais du même avis que moi, auparavant.

– Je sais, et c’est pour cela que j’ai quitté l’Allemagne. Mais j’ai senti que je ne pouvais me séparer de vous et je suis revenu en emmenant mon oncle.

Kinentz se prit la tête à deux mains...

– Et dire que maintenant, je serai obligé d’aider à perfectionner mon appareil.

– Que voulez-vous, il est trop tard pour reculer.

Et Fritz ajouta avec un curieux de sourire.

– On ne sait jamais... la Providence nous aidera peut-être.

– Que veux-tu dire ?...

– Mais rien, rien.

Fritz se leva.

– Moi aussi, je suis fatigué, maître... le voyage... je monte me coucher.

– Très bien, Fritz. Bonsoir.

Et le jeune chimiste quitta le professeur.

Le pauvre homme demeura seul, plongé dans ses pensées.

Plus que jamais, il regrettait d’avoir donné son invention à l’armée nazie.
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