Littérature québécoise








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Pierre Varène

L’empoisonneuse



BeQ

Pierre Varène


Une autre aventure extraordinaire

du Domino Noir # HS-028

L’empoisonneuse

La Bibliothèque électronique du Québec

Collection Littérature québécoise

Volume 667 : version 1.0

L’empoisonneuse
Collection Domino Noir

gracieuseté de Jean Layette

http ://www.editions-police-journal.besaba.com/

Introduction technique sur un poison


Par Remi Courbin

Les détails suivants sont tirés de l’Encyclopédie Universelle Harmsworth : « Acide Hydrocyanique (HCN) – Poison liquide doué de l’odeur caractéristique d’amandes amères et connu généralement sous le nom d’acide prussique. Il fut découvert par Scheele en 1782. Scheele le mit au monde en décomposant du ferro-cyanique de potasse au moyen d’acide sulfurique. On se sert encore de cette méthode primitive pour fabriquer l’acide hydrocyanique, mais il peut se faire aussi par l’action de l’acide tartarique, sur le cyanide de potasse.

« L’acide concentré est inflammable et brûle avec une belle flamme violette. C’est l’un des plus puissants et des plus rapides poisons connus. Même généreusement dilué il produit des résultats fatals. Une demi-cuillerée à thé de la solution de 2 pour cent de l’acide avec 5 grains de cyanide de potasse sont suffisants pour causer la mort. Les symptômes d’empoisonnement se font voir immédiatement après que le poison a été pris. La victime peut avoir le temps de faire quelques pas, mais le plus souvent elle défaille tout de suite, après avoir poussé un cri perçant. La respiration se fait difficile, la peau prend une couleur pourpre, la bouche s’orne de bave mousseuse, les yeux deviennent fixes et reluisants et le pouls presque imperceptible. Il peut y avoir des vomissements et des convulsions. La respiration devient d’instant en instant plus difficile et la mort suit, foudroyante.

« Le traitement consiste dans le prompt usage de la pompe stomacale et dans l’administration d’un émétique. En attendant l’arrivée du médecin, on devrait faire prendre à la victime de la moutarde ou du sel dilué dans de l’eau. La respiration devrait être stimulée en faisant respirer de l’ammoniaque et en baignant la figure avec de l’eau froide. La respiration artificielle peut être nécessaire. Hydrocyanique est dérivé de deux mots grecs : Hy-dor, eau, et Kyanos, bleu. »

I



Sur le boulevard Pie-IX


Simon Antoine quitta ses pénates au dernier étage du gratte-ciel de la rue Saint-Jacques.

Comme il montait dans son automobile suivi de son ami intime Benoît Augé, il dit :

– Jusqu’à présent juin cette année s’est annoncé comme s’il était novembre...

Benoît rit :

– Oui, Simon, on eut dit que l’hiver insistait pour passer l’été à Montréal.

– Mais aujourd’hui c’est changé. Quelle magnifique température de printemps !

– Où allons-nous ? demanda le journaliste Augé.

Simon Antoine répondit :

– Boulevard Pie-IX. Est-ce que tu ne sais pas que je viens de m’y faire construire un cottage collé contre le jardin botanique ?

– En effet et je me demande...

Simon Antoine interrompit :

– Tu te demandes si je n’ai pas une idée derrière la tête en faisant faire ce cottage.

Le journaliste approuva :

– Tu as raison, Simon, je suis seul à bien te connaître et à apprécier à ta juste valeur ta double personnalité de joyeux luron et de Némésis du crime dans notre métropole.

– Joli et étrange nom que celui dont je m’affuble, le Domino Noir, n’est-ce pas, Benoît ?

– Oui, comme, Simon, dans ta perpétuelle lutte contre le crime, tu as besoin de l’appui généreux du peuple, tu as su prendre un surnom prenant, qui fait vibrer les foules.

Antoine alias le Domino reprit :

– Penses-tu que le chef de la Sûreté se doute de ma double personnalité ?

– Peut-être ; mais tu l’aides tant dans ton anonymat qu’il a tout intérêt à ne pas t’exposer.

– En effet.

Augé remarqua :

– Ainsi si le chef de la Sûreté est au courant nous ne sommes que deux, lui et moi, à connaître la double identité de Simon Antoine.

L’auto quitta la rue Sherbrooke et s’engagea vers le nord, sur le boulevard Pie-IX, longeant le jardin botanique.

Antoine dit admiratif :

– Le Frère Marie Victorin a accompli une belle œuvre, il a créé une véritable œuvre d’art ici. Ses lilas sont incomparables.

Le vent apporta aux deux hommes une bouffée riche de parfum.

Le Domino appliqua les freins et la voiture stoppa devant un petit cottage de pierre, trapu, style renaissance anglaise, précédé d’un petit dais, d’une charmille et d’un trottoir de béton étroit.

– C’est ici ? demanda le journaliste du Midi.

– Oui, je vais te faire faire le tour du propriétaire.

Ils entrèrent.

Une odeur mêlée de bois frais, de peinture et de vernis les prit légèrement aux narines.

Antoine expliqua :

– Ça sent le neuf, mon cottage n’a pas encore été habité.

Le salon était bien éclairé par deux vasistas larges et hautes.

Soudain le journaliste tressaillit et montra au Domino Noir un fort télescope dans l’une des grandes fenêtres.

Le télescope pointait vers un cottage voisin.

– Qu’est-ce que c’est que ça ? demanda-t-il.

– Tu n’as donc pas étudié l’astronomie au collège.

– Oui, je sais que les télescopes sont des instruments qui permettent l’étude des étoiles. Mais je ne savais pas qu’ils pouvaient servir à espionner les voisins.

– Espionner ! s’écria le Domino, à ta place, Benoît, je me serais servi d’un mot moins cruel, surveiller par exemple.

Le journaliste dit avec satisfaction :

– Je savais bien que tu avais une idée derrière la tête quand tu as construit cette maison.

Gravement le Domino demanda :

– Sais-tu qui habite la maison voisine sur laquelle mon télescope est braqué ?

– Non, dis.

– Sam Berri.

– Ton camarade de collège et ton ami ?

– Nul autre.

– Et pourquoi le surveilles-tu ?

– Parce que je crois que sa vie est en danger.

– Il t’en a parlé ?

– Non, pas directement. Mais il m’a demandé comment il devrait s’y prendre pour communiquer avec le Domino Noir. Je lui ai dit que je tâcherai de te rejoindre, toi, Benoît Augé, et je me suis hâté de faire construire ce cottage en vitesse. Voilà pourquoi je t’ai amené ici. Il va venir sur mon appel téléphonique et il se confiera à toi.

– Mais pourquoi crois-tu que sa vie soit en danger ?

– Parce que lui qui était sobre comme le pape s’est mis soudainement à boire comme un trou.

– Mais ce n’est pas là une raison...

– Je sais... Aussi y a-t-il autre chose...

– Autre chose ?

– Oui, Guy Lalongé...

– Le décorateur d’intérieurs ?

– Et le super-gigolo de Wesmount, oui.

– Que vient-il faire dans cette galère ?

– C’est l’ancien amoureux de la femme de Berri.

Il précisa :

– Quand il maria Hélène Sam Berri était veuf et père d’une fillette, Berthe. Hélène elle-même n’eut pas été jugée digne de faire partie de la congrégation des Enfants-de-Marie. C’était ce qu’on est convenu d’appeler une femme avec un passé ; or le principal de ce passé c’est Guy Lalongé. Sam est riche, très riche, et Guy a pour spécialité d’exploiter les richardes.

– D’où vient la richesse de Berri ?

– De sa première femme.

– Et cette première femme l’avait héritée de son propre père, ?

– Oui.

– Était-elle fille unique ?

– Oui.

– Et qui administre la fortune de Berri ?

Bert Rowling, du Rowling Trust.

Le Domino réfléchit longuement.

À la fin il dit :

– À la veille d’un drame il convient d’en bien étudier tous les personnages. Tu es journaliste. Sors ton cahier, ton crayon et écris la liste que je vais te dicter.

Il dicta ce qui suit :

Sam Berri, dont la fortune est évaluée au bas mot à cent mille piastres, la victime en perspective.

Hélène Berri, sa femme, qui autrefois prodiguait trop généreusement ses baisers.

Berthe Berri, fille d’un premier mariage de Sam, jeune fille de 17 ou 18 ans, au caractère fougueux et qui suit l’usage général en détestant cordialement sa belle-mère.

Bert Rowling, du Rowling Trust, un homme d’affaires à la plus haute réputation d’intégrité et un ami de la victime en perspective.

Alide Rowling, neveu du précédent et apparemment amoureux de la jeune Berthe Berri.

– C’est tout ? demanda Le journaliste.

Simon pensa...

Puis il dit :

– J’oubliais le chien

– Le chien ?

– Oui, on commet souvent une grave erreur en négligeant les détails qui nous semblent les plus insignifiants dans une affaire criminelle.

Augé déclara en souriant :

– Alors, Antoine, je brûle d’envie d’en connaître davantage sur ce chien.

– Il a 14 ou 15 ans ; c’est un très vieux chien qui a été donné à Berthe par son père pendant qu’elle était encore toute petite. Berthe l’adore, mais Hélène le déteste.

– Pourquoi le déteste-t-elle ?

– Parce qu’il a un sale caractère et qu’il n’est pas propre.

Augé demanda :

– Comment s’appelle-t-il ?

– Louis-Joseph Papineau.

– Je ne vois pas quelle relation il peut bien y avoir entre un chien et cet homme politique de notre pays.

Le Domino sourit :

– Tu vas voir, dit-il, Papineau, après avoir allumé la révolte de ’37 se sauva prudemment aux États-Unis. Eh bien, le chien,, dans son jeune temps, avait l’habitude de faire comme lui. Quand il voyait deux autres chiens il sautait dessus et dès que le combat était bel et bien engagé il filait comme un froussard et laissait les deux autres antagonistes se battre tout seuls.

Simon s’écria :

– J’oubliais encore un autre personnage du drame. Écris, Benoît...

Le journaliste écrivit sous la dictée du Domino :

Guy Lalonge, décorateur d’intérieurs, super-gigolo, soupçonné d’en vouloir à la vertu d’Hélène Berri.

– Et maintenant que faisons-nous ? demanda Augé.

Simon Antoine se dirigea silencieusement vers le télescope et regarda dedans.

Puis il dit :’

– Sam est arrivé. Je vais le faire venir ici.
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