Littérature québécoise Volume 543 : version 0 Le grand sépulcre blanc Numérisation : Wikisource, Projet Québec/Canada. Relecture : Jean-Yves Dupuis. Édition de référence : Éditions Édouard Garand, 1925. «Le roman canadien»








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Nouvelles explorations


L’infini sous mes pieds reflétait l’insondable ;

Des lueurs y flottaient comme dans un miroir.

Victor Hugo.

« Hup ! hup ! Vous êtes bien paresseux ce matin, Monsieur l’ingénieur. »

Ce fut la voix joviale et rude du bon capitaine Bertrand qui l’éveillait. Il était tout surpris du sommeil profond dans lequel était plongé Théodore.

Savez-vous qu’il est déjà dix heures ? Le bateau est au large depuis une heure. Nous avons tout fait pour attirer votre attention mais inutilement. L’écho seul nous a renvoyé les cris de la sirène. Nous ne pouvions distinguer votre tente. Votre chien n’était pas plus visible. J’ai eu quelqu’inquiétude à votre sujet. Les jeunes gens sont si imprévoyants.

« J’ai tenu à débarquer moi-même pour m’assurer que rien d’insolite ne vous était arrivé. Mais, que diable dans quelle flaque de vase vous êtes-vous roulé ? »

« Je ne me suis pas roulé dans la vase, capitaine. Je ne sais ce que vous voulez dire. »

« J’ai vu vos habits avant d’entrer. Ils sont recouverts d’une couche de glaise se détachant par galettes. Regardez, votre chien aussi est tout crotté ! »

Un bon rire s’échappa de la poitrine de l’ingénieur, son escapade de la veille lui revenait à la mémoire.

« Je suis allé visiter le grand plateau de l’île et j’ai eu un peu de difficultés à redescendre. »

« Vous êtes fou ! vous auriez pu vous tuer ! Ignorez-vous que l’escalade de l’île n’est possible que dans ses parties ouest et nord ? Vite, habillez-vous ! Et voilà ce qui va vous réconforter. Tirant de sa poche un flacon, le bon capitaine, qui lui, pourtant, ne prenait pas une goutte, versa à son jeune ami une bonne rasade de vieux rhum, tonique des marins.

Celui-ci l’avala d’un trait, grimaça un peu mais fut très reconnaissant de cette délicate attention du commandant. « Merci », dit-il.

Ravigoté, il s’habilla à la hâte. Pendant ce temps les matelots qui avaient accompagné le capitaine mirent son canot à l’eau, y placèrent tout son bagage et l’attachèrent à leur chaloupe.

Pendant le trajet de la terre ferme au bateau, le capitaine se fit raconter les détails de l’ascension des monts Croker. Théodore lui en ayant fait le récit, le capitaine reprit : « Vous autres, vous êtes tous pareils. Vous croyez tout savoir, tout pouvoir faire, et vous me causez bien des alarmes. »

La conversation dériva alors sur la possibilité de faire le fameux passage du Nord Ouest, entreprise qui a coûté la vie à bien des marins anglais et qui n’a jamais réussi.

« Croyez-vous mener à bien cette entreprise, Capitaine ? »

« J’en doute, lui répondit-il. J’ai pu approcher l’extrémité est de l’île Melville, mais le détroit McLure est rempli de banquises et de champs de glaces à perte de vue, d’une épaisseur de cinq à vingt pieds. Ce sont les glaces de la mer de Beaufort se frayant un passage vers le sud. »

« Ne pensez-vous pas qu’elles aient le temps de dériver avant les froids de l’hiver et vous permettre la navigation du détroit ? »

« Peut-être. L’avenir dira si les dieux me sont propices. Nous retournons à Ponds Inlet où nous mouillerons quelques jours dans le havre Albert. De là vous pourrez relever les baies non explorées des côtes de Baffin. Quant à moi je m’occuperai de la perception des droits de pêche des baleiniers écossais et américains. Dans un mois nous reviendrons à Melville. Si le sort nous favorise nous hivernerons aux îles Herschell, à l’embouchure du Mackenzie. »

La chaloupe accostait le bateau. Les officiers, le médecin du bord, souhaitaient la bienvenue à l’explorateur. Pyré renouait connaissance à la mode chien, avec Sport, le petit fox-terrier du bord, n’oubliant pas un magistral coup de queue aux cuisiniers, reconnaissance du ventre...

Le retour à Ponds Inlet se fit en longeant la côte nord de l’île Bylot et en la contournant à l’est, au lieu de revenir par les détroits Navy Board et Éclipse. Les membres de l’équipage purent alors contempler l’immense calotte de glace qui recouvre cette partie de l’île et ses nombreux glaciers dont quelques-uns déchargent des icebergs. Pendant ce trajet, l’idée d’une apparition poétique passait devant les yeux de notre explorateur.

Incidemment, pour amorcer la conversation il demanda un jour au capitaine :

« Vous avez déjà mouillé à Blackhead, dans le détroit de Cumberland, n’est-ce pas ? »

« Oui, répondit celui-ci, la formation géologique des côtes vous intéresserait. Nous y avons trouvé du graphite et du mica. »

« Connaissez-vous les naturels ? »

« Mais oui. »

« Y auriez-vous rencontré par hasard un Esquimau du nom de Paul Racine ? »

« Certainement j’ai même connu son père. »

Cachant sa joie intérieure, Théodore reprit :

« Est-ce que par hasard, vous n’auriez point vu chez cet Esquimau un enfant, une jeune fille... que... qui... le vieux Jim Macketoui à Ponds Inlet, me disait être une perle ? »

Le capitaine regarda son interlocuteur avec un certain intérêt et même avec une curiosité à peine dissimulée ; mais celui-ci, sous un masque impassible ne laissa rien paraître de son émotion.

« Je sais que Paul élevait une orpheline, sa nièce je crois. Elle était réellement jolie et intelligente. De plus, elle parlait assez bien le français. À la mission, c’était l’élève la plus éveillée et la plus intelligente, m’a-t-on dit. Lors de mon dernier passage à Blacklead j’ai appris qu’elle et son père en étaient repartis. Je ne me suis pas informé où, mais je serais porté a croire qu’ils demeurent à Ygloulik, dans la partie nord du Fox Channel. »

« En quoi cela peut-il bien vous intéresser ?

« Études ethnographiques, mon capitaine. Curiosité d’un civilisé pour un oiseau rare, reprit-il laconiquement. »

Même à ce vieux loup de mer, en qui il avait confiance, qu’il savait indulgent au besoin et très discret, allait-il ouvrir les arcanes de son âme ? Un instant il eut cette tentation, mais habitué à se replier sur lui-même, il se tut.

« Paul Racine, reprit le capitaine, n’est pas le seul civilisé de ces régions. À cap Kater, il y a aussi un Monsieur Georges Duval, homme très instruit, parlant couramment le français, l’anglais et l’allemand. Venu en ces parages il y a une vingtaine d’années, il s’est laissé ensorceler par les beautés et l’attrait irrésistible du Nord. Il a rencontré une jeune Esquimaude qui lui a pris son cœur. Quoique menant la vie dure et remplie de privations des naturels du pays, il n’a jamais voulu retourner à la vie civilisée. Vous êtes un peu romanesque, mon ami, prenez garde à vous ! Les fils ténus qui enserrent l’âme deviennent vite des chaînes que l’on ne peut briser. Il y a une certaine émanation dans l’atmosphère arctique, dans ce pays aux contrastes si tranchés qui domine l’homme, se l’accapare et le retient presque malgré lui, l’enrobant de sa féerie et le clouant au sol. Tenez, à l’est, voyez ces nuages papillonacés. Ils vibrent dans la lumière, imitant le battement d’ailes d’immenses libellules. Comme elles, ils sont colorés de vert pâle et de lilas, et, comme elles, éphémères, car déjà ils se fondent et disparaissent, antithèse de notre monde connu. »

« La lumière dans ces régions est vivante. J’en suis à mon dixième voyage dans les mers arctiques. Chaque printemps, lorsque je suis dans mon home dominant la falaise du vieux Québec, l’appel du nord se fait sentir : venir ici me retremper, me rajeunir. Pourtant, je sais qu’un hiver passé sous ces latitudes devrait à jamais nous dégoûter de ces horizons. »

« Trois mois de nuit boréale ! C’est affreux ! Les froids ! les tempêtes ! un affaissement moral de toute la vitalité ! Comme les plantes anémiques conservées dans les caves, l’homme devient morose, grogneux, hâle, étiolé ! Vous constaterez vous-mêmes cette antinomie. Mais, au premier rayon du soleil, lorsqu’en mars l’on voit son orbe supérieur apparaître pour la première fois, une fraction de seconde au-dessus des montagnes, toutes les angoisses sont oubliées, un philtre roboratif circule dans les veines avec des liens qui d’année en année deviennent plus intenses. »

Devisant, notant et observant, les quelques jours requis pour le trajet de North Devon à Ponds s’écoulèrent rapidement. Le huit août, le Neptune jetait l’ancre dans la rade Albert, havre formé par un élargissement du détroit Ponds, et protégé par de hautes montagnes.

Le lendemain matin, le capitaine fit appeler Théodore à sa cabine.

« Le Neptune va faire escale ici. Je connais votre besoin d’activité, de mouvements. Je vais vous faire appareiller notre petit yacht à vapeur « L’Artic Junior » pour une croisière dans les baies et les fjords découpant la côte Nord de Baffin. Choisissez quelques hommes pour vous accompagner. Vous n’aurez pas à revenir ici, vous vous rendrez au fond de Milne Inlet où nous serons dans quatre jours. »

Cette perspective enchanta l’ingénieur.

« Puis-je choisir moi-même mes hommes ? » demanda-t-il au capitaine.

« Faites votre choix. Surtout ne perdez pas de temps car la course que vous avez à fournir est assez longue et vous n’avez que quatre jours pour faire ce relevé.»

«Très bien, mon capitaine, vous serez satisfait. Dès ce midi, nous partirons.»

En quittant la cabine du capitaine, il descendit quatre à quatre l’escalier conduisant du rouf à la cabine du maître-coq. « Vite, stewart, s’il vous plaît, faites préparer des provisions pour sept hommes. Nous partons dans trois heures. »

Il s’engouffrait dans le corridor :

« Holà, monsieur le pressé, lui lança cet appréciable employé, partez-vous pour deux jours ou pour un an ?»

« Pardon, j’oubliais, quatre jours. »

De là, il s’en fut trouver le premier second qu’il savait être très bon navigateur. Celui-ci accepta avec plaisir le poste de capitaine pour l’expédition. De l’ingénieur-mécanicien il obtint un graisseur, promu mécanicien, et un chauffeur. Pour aider à la manœuvre générale, un matelot fut choisi pour prendre charge de la chaloupe remorquée par le yacht et contenant le combustible et les provisions. Il s’adjoignit aussi ses deux aides, un minéarologiste et un naturaliste.

Le repas du midi pris à bord, l’équipage au complet, l’Artic Junior quitta les flancs du Neptune, se dirigeant vers l’ouest.

Cette expédition, commencée sous d’aussi heureux augures, finit presque tragiquement. Quelque temps après le départ l’on constata que le yacht, qui n’avait que vingt pieds de longueur était surchargé par le poids de son engin. En effet, la ligne d’eau n’était qu’à six pouces du bord. Advenant une tempête, un naufrage était inévitable. Heureusement qu’il n’en fut rien, mais le danger vint d’un autre côté. Deux jours après leur départ, un brouillard épais les enveloppa. Ne voulant pas perdre de temps, l’on continua tant bien que mal la course, le compas étant tout à fait inutile dans ces régions. À un moment, l’un des hommes entendit un bruit à peu près semblable à celui que fait un torrent impétueux.

« Machine arrière », cria le capitaine.

L’ordre fut obéi à la minute. La chaloupe était au milieu de récifs dangereux, entraînée par un fort courant et elle toucha fond.

Quelques minutées d’angoisse et chacun se mit à l’œuvre pour l’en dégager. Le brouillard devenait de plus en plus opaque. L’ordre fut donné de jeter l’ancre. Vu qu’il n’y avait pas de guindeau sur l’avant de la chaloupe pour faire mécaniquement ce travail, Théodore en deux enjambées fut sur l’avant-pont. Saisissant le grappin, d’un poids de soixante livres, il le jeta par dessus bord. Malheureusement pour lui, un des becs de l’ancre accrocha le haut de son habit et il fut entraîné au fond de l’eau, à une profondeur de quatorze pieds.

« Sedna me veut en son paradis, pensa-t-il, et je ne tiens pas à y aller. Pourvu que l’on fasse diligence là-haut ! »

En un tour de main, il fut retiré de sa mauvaise position, et bien à temps, car il était inconscient lorsqu’on l’étendit sur le pont. Revenant à ses sens il dit au premier officier :

« Quelle idée bête ai-je eue d’aller déposer cet ancre au fond de l’eau. Quel froid baiser. Je n’ai pu ni examiner la formation géologique, ni étudier l’archéologie de l’hypogée humide où j’ai été entraîné. »

Deux heures anxieuses s’écoulèrent après cette alerte. Enfin, la brume s’éleva d’une vingtaine de pieds au-dessus de la mer, l’équipage constatant avec stupeur que l’on s’était fourvoyé, au milieu d’une cinquantaine de petits îlots formant une chaîne de brisants à marée basse. Ils avaient mouillé près d’un des plus étendus, de cent pieds de longueur par trente cinq pieds de hauteur. Sur cette éminence ils bâtirent un cairn de pierres sèches dans lequel ils placèrent une note, au cas où ne revenant pas à l’endroit désigné par le capitaine Bertrand, il eût pu les retracer.

De là ils gagnèrent la baie White, à l’est du goulet Milne. Traversant la baie, un des tubes de l’engin creva. L’eau en se répandant sur les charbons ardents causa une explosion qui heureusement n’eut pas de suite grave. À la rame l’on se rendit au fond de la baie, mouillant au pied d’une montagne de 3,530 pieds d’altitude. Heureusement qu’en explorant Oliver Sound, ils avaient trouvé un morceau de bois rond, de trois pouces de diamètre, ayant cinq pieds de longueur. Trouver du bois dans ce pays, où il n’y a pas un arbre est toujours une surprise et ils l’avaient ramassé. Il leur fut d’une grande utilité pour fermer le tube brisé.

Tandis qu’ils étaient occupés à ce travail, une avalanche de terre s’étant détachée du flanc de la montagne les ensevelit presque, et ils ne durent leur salut qu’en se jetant dans la chaloupe qu’ils poussèrent au large en grande hâte. Ces accidents n’altérèrent en rien leur joie de vivre et leur bonne humeur. Les baies qu’ils avaient explorées, encaissées dans des précipices, étaient de toute beauté. Les eaux en étaient d’un bleu opaque, indice de leurs très grandes profondeurs. De distance en distance, ces montagnes étaient coupées de vallées profondes dont le vert tendre, succédant au blanc cristallin des glaciers, tranchait sur le noir des rocs métamorphiques. Ici et là ils rencontrèrent les vestiges d’anciens campements esquimaux. Enfin, le quatorze au matin, ayant marché toute la nuit, l’Artic Junior s’amarrait au flanc du Neptune, au fond de la baie Milne, – tel que convenu.

Quelques heures avant d’accoster le bateau, leur marche avait été retardée par un incident tout à fait original, et dont bien peu d’explorateurs sont témoins : l’explosion d’un iceberg. Les hommes de la science ont expliqué ce phénomène par la dilatation des bulles d’air, échauffées par les rayons solaires, bulles d’air qui furent emprisonnées dans ces monts de glace lors de leur formation dans les glaciers. Cette déduction est très logique, car ce prodige ne se produit que tard en été, après une suite ininterrompue de jours ensoleillés. Nos explorateurs approchaient le fond du golfe Milne, s’approchant d’un iceberg à bâbord, haut de cent quinze pieds et ayant de 800 à 1000 pieds de diamètre. L’imagination peut donner une idée de la masse énorme de ces îles flottantes, lorsque l’on sait que pour chaque pied hors de l’eau, il y en a neuf de submergés.

Ils n’en étaient plus qu’à un quart de mille lorsqu’un crépitement sec comme le bruit d’une mitrailleuse se fit entendre. Très étonnés, ils tournèrent leurs regards dans la direction de la canonnade. Quelle ne fut pas leur surprise de voir se détacher du flanc et du sommet de l’iceberg des morceaux de glace de toutes les dimensions, bant à l’eau, s’y enfonçant et réapparaissant à la surface. Ce travail de désagrégation était tellement rapide, se continuant avec un bruit sourd de mitraille, qu’en peu de temps ils se trouvèrent au milieu d’un immense champ de glaces flottantes, formé de millions d’unités variant en dimension depuis la grosseur du poing jusqu’à celle d’une maison. Plus de la moitié de l’iceberg avait ainsi volé en éclats. Les morceaux ainsi détachés avaient dû lui faire perdre l’équilibre, car à un moment leurs yeux horrifiés virent la masse énorme pencher insensiblement et tourner sens dessus dessous. Le déplacement d’eau entraîna presque leur chaloupe dans le maelstrom causé par cette culbute. Alors apparut à leur vue émerveillée une toute autre banquise. Au lieu de sa forme carrée, elle dessinait maintenant les contours les plus fantastiques et les plus variés, sculptés par l’action des vagues. Lorsque tout danger fut disparu, le premier second dit : « Maltais, vous êtes un chanceux. Depuis dix ans que je parcours les mers du nord, ce n’est que la deuxième fois que je suis témoin de l’explosion d’un iceberg. Vous qui êtes renseigné, dites-nous donc, où serions-nous tous si, par hasard, nous nous fussions trouvés au pied de l’iceberg lorsqu’il a commencé sa pétarade, car mon intention était de le frôler ? »

« Au diable votre demande et ma réponse, répondit Théodore en riant. Qu’importe, nous sommes ici, et c’est là le principal. »

Ils étaient tous gais de la performance unique à laquelle la nature les avait conviés, et encore plus du travail accompli.

En moins de cinq jours, l’ingénieur, si bien secondé de ses hommes, avait couvert au-delà de trois cents milles, et relevé deux cents milles de côtes inexplorées. Inutile d’ajouter que tous étaient exténués par ce travail de galérien.

À bord, on leur prépara un copieux déjeuner, arrosé d’une double ration de rhum. Tous gagnèrent leurs cabines pour prendre un repos bien mérité. Aucun d’eux n’entendit le grincement des chaînes sur l’acier de l’écubier, s’enroulant sur le cabestan et hâlant les ancres, ni le trépidement des machines lorsque le Neptune reprit sa course vers le nord et l’ouest. Les deux quarts de diane avaient sonné, la relève s’était faite deux fois, et toujours le long sommeil réparateur pesait sur eux. Huit heures s’écoulèrent ainsi. À leur réveil ils constatèrent qu’ils étaient déjà dans le détroit du Navy Board.

Monté sur le tillac, Théodore s’amusait à étudier les allées et venues des grands plongeons du Nord, des eiders, des bernaches, des phalaropes roux, des maubèches pourprées, des sanderlings et des goélands à manteaux glauques, qui ayant quitté leurs terrains de nidification, avaient conduit leurs petits sur les eaux du détroit où ils leur enseignaient la pêche. Ils formaient une république assez bruyante mais exempte de guerre.

VII



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