Littérature québécoise








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Funérailles agitées


La sonnerie du téléphone se fit entendre pour la septième fois. Personne ne répondait. Le Manchot raccrocha, jeta un coup d’œil sur le second numéro qu’il avait pris en note.

L’employée du service d’appel avait rejoint le Manchot alors qu’il était à manger au restaurant, ce dimanche midi. Hubert Lanthier voulait absolument entrer en communication avec lui.

Robert Dumont signala le second numéro et une voix de femme répondit :

– Résidence de monsieur Hector Brébœuf.

– Je voudrais parler à monsieur Hubert Lanthier, mademoiselle.

– Un instant, je vais voir s’il est là.

Lanthier ne tarda pas à prendre l’appel.

– Ici Robert Dumont. Vous m’avez téléphoné ?

– Oui, Dumont, c’est pour vous prévenir. Les funérailles ont lieu demain matin à neuf heures. Il y en a d’autres à dix heures et...

– Bon, je serai à Labelle dès huit heures. Le Manchot prit quelques notes sur ta route à suivre une fois arrivé au village de Labelle.

– Rien de nouveau depuis votre premier appel ? demanda le détective.

– Si. Hector Brébœuf devait rencontrer son notaire la semaine prochaine pour changer son acte de dernière volonté. Mais il avait fait un testament olographe en attendant. C’est mon épouse Ninon qui hérite de la plus grosse part. Les cousins protestent, évidemment. Je crois que le nom de Ninon n’apparaît même pas sur le premier document qui se trouve entre les mains du notaire. Ils vont essayer de contester la validité du testament olographe. Les cousins de ma femme prétendent que leur père était mentalement malade et j’avoue que certaines phrases peuvent le laisser croire.

– Attendez, ne vous énervez pas inutilement. Nous verrons un avocat en temps et lieu. Je suppose que lundi matin, vous serez au salon mortuaire ?

– Non, chez moi ou au château où monsieur Brébœuf est exposé. Hier, il était simplement sur son lit. Il y est toujours aujourd’hui, mais on l’a placé dans son cercueil.

– Comptez sur moi, je serai là demain matin. Vous avez pu obtenir des renseignements sur les allées et venues de ceux qui habitent le château ?

– Très peu. Je vous conterai ça, demain matin. Je vous attendrai chez moi, si vous arrivez à huit heures.

– Entendu.

Le Manchot raccrocha. Il se mit ensuite en communication avec Candy et lui ordonna de ne pas bouger du bureau, le lendemain, de tout l’avant-midi.

– Il se peut que j’aie besoin de toi, à Labelle. Si je ne t’ai pas téléphoné à midi, fais ton travail comme si j’étais là.

Le lundi matin, dès six heures, le Manchot partit en direction des Laurentides. Il n’était pas encore huit heures lorsqu’il arriva à la maison des Lanthier.

Il vit la porte s’ouvrir sitôt qu’il descendit de voiture. Hubert alla à sa rencontre.

Les deux hommes se serrèrent la main et Lanthier fit passer Robert Dumont dans son salon.

– Ninon vient tout juste de partir pour le château. Nous allons pouvoir causer en paix.

L’agent en placements confia au Manchot les soucis que lui causait la maladie de son épouse.

– Je me demande si elle est réellement guérie. Je ne sais plus : Richard, le plus vieux des fils de monsieur Brébœuf arrivera d’un moment à l’autre. C’est lui qui parle d’exiger une autopsie.

Le Manchot avait accepté le café que lui avait offert Lanthier. Le détective s’alluma un cigare, puis demanda :

– Et vous, quelle est votre opinion ?

– Il se peut que monsieur Brébœuf ait été empoisonné. Il est également possible qu’il se soit suicidé. C’est lui qui a demandé l’arsenic. Il souffrait peut-être énormément. Cependant, sa mort, selon le médecin de famille, est naturelle. Moi, je n’ose pas me faire d’opinion.

– Je me suis renseigné au sujet de l’arsenic, dit le détective. Si Brébœuf était gravement malade...

– Il l’était.

– Le poison, si votre hypothèse est juste, a été pris dans les deux heures qui ont précédé sa mort. Les fils de monsieur Brébœuf, s’ils ont empoisonné leur père, l’on fait pour pouvoir se partager sa fortune, vous ne croyez pas ?

Lanthier approuva.

– Ils étaient certains d’hériter de fortes sommes. Roland, celui qui habite le château, aurait eu la plus grosse part. Nous parlons d’environ un demi-million, vous savez. Trois des fils auraient probablement reçu chacun cent mille et Roland, le double. Enfin, le domaine, le château, les maisons, le lac, une partie de la montagne, tout ça appartenait à monsieur Brébœuf. J’ignore la valeur de l’ensemble mais ça vaut sûrement près de cent mille dollars, si ce n’est plus.

Le détective jeta un coup d’œil à sa montre.

– Huit heures dix. À quelle heure le cortège doit-il quitter le château ?

– Vers neuf heures moins le quart.

– Nous avons encore un peu de temps devant nous. Avez-vous pu vérifier les alibis des quatre fils de Brébœuf ?

– Richard était à Montréal, c’est sûr. Les trois autres ont assisté à la fête, au village. Hervé et Pierre disent ne pas s’être quittés de la soirée. Quant à Roland, il a passé une heure à l’hôtel avec ses amis pendant que son épouse Gertrude jouait au bingo dans la salle de l’école. Le reste du temps, ils étaient ensemble. C’est du moins ce qu’ils m’ont dit. Mais je n’ai rien pu vérifier.

– Et au château ?

Lanthier se fit hésitant. Au bout d’un moment, il répondit simplement :

– Vous questionnerez madame Aline Rivard, la gouvernante qui servait d’infirmière à monsieur Bréboeuf.

– Écoutez, Hubert, je suis ici pour vous aider. Pourquoi me cachez-vous la vérité ?

Lanthier s’écria :

– Mais, j’ignore si c’est la vérité. J’ai questionné madame Rivard. Elle m’a dit que vers onze heures, elle avait entendu du bruit dans la chambre du malade. Les deux chambres sont communicantes. La gouvernante a tendu l’oreille et a perçu un bruit de voix. Elle voulait savoir si ce n’était pas son malade qui appelait. Alors, elle a entrouvert la porte. Il n’y avait qu’une toute petite lumière dans la chambre, celle d’une veilleuse. Elle dit avoir vu une femme.

– Elle l’a reconnue ?

– Non, la femme lui tournait le dos. Elle dit que cette femme était vêtue d’une robe pâle, qu’elle avait les cheveux blonds, peut-être gris ou blancs, mais sûrement pas d’une couleur foncée. Enfin, elle était de grandeur moyenne et très mince.

Le Manchot murmura :

– Cette description correspond à celle de votre femme ?

– Oui, Ninon est blonde. Quand elle s’est promenée dans le jardin, elle portait sa robe de nuit et son déshabillé. Ils sont blancs tous les deux. Mais Gertrude, l’épouse de Roland est aussi mince que ma femme, elle aussi est blonde et elle s’est rendue au village dans une robe bleu pâle.

– La gouvernante n’est pas entrée dans la chambre ?

– Non. Elle a refermé doucement la porte. Un peu plus tard, comme elle n’entendait plus rien, avant de s’endormir, elle est allée jeter un coup d’œil sur son malade. Elle n’a fait qu’ouvrir la porte. Comme la veilleuse reste allumée toute la nuit, elle a pu voir monsieur Brébœuf. Il était seul.

– Il dormait ?

– C’est ce que madame Aline a cru. Elle ne s’est pas approchée du lit, ne voulant pas déranger son malade. Voilà, maintenant, vous savez tout.

Le Manchot se leva. Il était temps de rentrer au château.

– Allez-vous me présenter comme détective ?

– Ninon sait que vous êtes un ami et un bon client. Que vous assistiez aux funérailles de l’oncle de ma femme est tout à fait normal. Vous pouviez avoir affaire dans la région. Ninon est seule à savoir que vous devez venir.

Les deux hommes se dirigèrent vers le château. Il y avait une dizaine de personnes sur la terrasse. D’autres se trouvaient à l’intérieur.

Lanthier entra et se dirigea vers la chambre du défunt suivi du Manchot.

Des hommes, vêtus de noir, l’air très digne, la figure triste comme il sied aux employés des salons funéraires, s’occupaient à transporter les gerbes et les couronnes de fleurs qu’on avait installées dans le salon. Il y avait deux landaus à la porte. On était en train de les remplir.

Plusieurs personnes entouraient le lit. Lanthier s’approcha d’une jeune femme blonde.

– Ninon, ma femme, je te présente mon ami et un de mes meilleurs clients, Robert Dumont.

Et Hubert présenta le reste de la famille.

Hector Brébœuf reposait dans son cercueil, installé au centre du lit. Un homme âgé, vêtu de noir et portant collet romain s’approcha à son tour.

– Nous allons faire une dernière prière, dit-il.

Une fois qu’elle fut terminée, la famille sortit de la chambre. Le Manchot suivait toujours Lanthier. Roland s’excusa auprès de sa femme.

– Attends-moi une seconde, Gertrude. Je vais prendre sa montre, sa bague à diamant et son jonc. J’en ai parlé avec mes frères. Je ne veux pas faire ça devant les invités.

Un homme, droit comme un poteau de téléphone, attendait dans la porte.

– C’est Bertrand Girard, le directeur de funérailles, dit Lanthier au Manchot.

Roland sortit de la chambre.

– J’ai terminé, dit-il. Vous pouvez fermer le cercueil.

– Attendez que je vous appelle, dit Girard aux porteurs.

Il retourna dans la chambre en compagnie de Roland. Deux ou trois minutes à peine s’écoulèrent avant que Roland ouvre la porte.

– Messieurs, si vous voulez faire votre travail. Les porteurs entrèrent dans la chambre.

– C’est un cercueil de bois, leur dit Girard et la victime ne pesait pas cent livres, je crois. Il est léger.

Mais dignement, les quatre hommes soulevèrent le cercueil. On le transporta à l’extérieur et on l’installa dans le corbillard.

Le directeur de funérailles et ses hommes gagnèrent leurs véhicules respectifs : deux au volant des landaus et les trois autres, dans des voitures noires mises à la disposition de la famille.

– Ici, c’est le directeur qui fournit les voitures pour la famille. Pas question de louer des taxis, expliqua Lanthier.

Roland fit monter Gertrude dans une des voitures et retourna vers le château. Une femme se tenait dans la porte. Lanthier murmura à l’oreille de Dumont :

– C’est Aline Rivard, la gouvernante. Elle n’assiste pas aux funérailles. C’est elle qui gardera le château jusqu’au retour de la famille. Ensuite, elle partira car son travail est terminé.

Lanthier avait sa propre voiture. Il fit monter son épouse à l’arrière et Dumont s’installa sur la banquette avant, côté passager.

Le convoi se mit en route en direction du village. Personne ne parlait. Soudain, Ninon rompit le silence.

– Tout ça est d’un ridicule ! murmura-t-elle. Lanthier eut une grimace.

– Je t’en pris Ninon, fit-il d’un ton sévère. Mais le Manchot se retourna et regarda la jeune femme :

– Pourquoi dites-vous ça ?

– Mon oncle n’est pas si mort que ça... il reviendra, il me l’a promis.

Elle parlait d’une voix lente, ses yeux étaient fixes.

– Vous croyez en la réincarnation ? demanda le détective.

– Mon oncle est un mort-vivant. C’est ce qu’il a toujours dit qu’il deviendrait. Au début, je ne le croyais pas, mais la nuit dernière, je l’ai vu.

– Tu rêvais, Ninon, fit Lanthier.

– Non, non, j’étais éveillée, il était là, près de moi. Je l’ai vu.

– Allons donc, tu parlais, tu étais endormie. Moi, j’étais éveillé et je n’ai vu personne.

– Un mort-vivant n’apparaît qu’à ceux qu’il désire.

Le silence se rétablit. Les voitures approchaient de l’église. Lorsque Ninon descendit, Lanthier demanda au Manchot :

– Que pensez-vous de ma femme ?

– Elle n’est pas folle. Elle a été troublée par les propos de son oncle. Elle a rêvé à lui, c’est tout à fait normal. Ça passera. Mais si elle continue à parler de morts-vivants, si elle affirme qu’elle cause avec le défunt, appelez son spécialiste. Il ne faut pas risquer une rechute.

Lanthier rejoignit sa femme.

– Moi, je vais m’installer à l’arrière de l’église, lui dit le Manchot.

À cet instant précis, une voiture s’arrêta et un homme en descendit.

– On aurait pu me prévenir que les funérailles étaient à neuf heures. Vous vouliez tout faire sans moi, tonna-t-il.

– C’est Richard, murmura Ninon.

Richard Brébœuf portait une barbe très noire ce qui lui arrondissait la figure. Il était plus grand, mais tout aussi maigre que ses frères Roland et Hervé.

– Calme-toi, Richard. On a cherché à te joindre à Montréal mais ça ne répondait pas au numéro que tu avais laissé à Lanthier, lui dit Roland.

– Je veux voir papa une dernière fois !

– Tu es ridicule, on porte le cercueil dans l’église.

– C’est mon droit, je veux le voir.

Hervé et Pierre s’étaient approchés.

– Salut, Richard, fit le gros Pierre en tendant la main à son frère.

Richard fit mine de ne pas remarquer son geste.

– Roland, dit Hervé, tu en parleras au curé. Au cimetière, si Richard veut absolument voir papa, on peut ouvrir le cercueil. Moi, je le comprends.

– Merci, murmura le plus vieux des Brébœuf.

– Entrons, dit Gertrude, tout le monde attend. Richard, étant le plus âgé de la famille passa le premier. Gertrude suivait au bras de Roland, Hervé et Pierre marchaient à leur suite.

Le détective prit place tout de suite sur un banc, à l’arrière, pendant que tout le reste du groupe se dirigeait vers l’avant.

Même si Brébœuf était fort connu dans les environs, il y avait à peine une centaine de personnes qui assistaient aux funérailles. Tout se déroula rapidement. Le curé ne fit qu’une courte homélie, le chœur n’était composé que de deux hommes et la cérémonie dura une demi-heure, en tout et pour tout.

Pendant qu’on replaçait le cercueil dans le corbillard, le curé déclara à Roland :

– Il faut faire vite, j’ai d’autres funérailles à dix heures. Ne perdons pas un instant.

Richard à ce moment intervint :

– Monsieur le curé, je suis Richard Brébœuf, l’aîné de la famille. Je n’ai pas pu me présenter avant ce matin et je veux absolument voir papa.

– Il est trop tard, mon ami.

Richard semblait avoir fort mauvais caractère. Il répliqua durement :

– Il n’est jamais trop tard. Il n’est pas encore enterré, à ce que je sache. Alors, au cimetière, je demanderai qu’on ouvre le cercueil.

Le curé poussa une exclamation :

– Vous n’y pensez pas ? Ça ne se fait pas.

– Ça se fait, dit un homme âgé qui avait entendu la conversation. Rappelez-vous de ma femme morte en janvier, monsieur le curé. On avait mis le cercueil au charnier et au printemps, avant de l’enterrer, on m’a permis de la voir une dernière fois.

– Mais le temps presse, j’ai un autre service à dix heures...

Richard répliqua :

– On n’a pas besoin de vous, monsieur le curé. Une prière, on peut en faire une.

Plusieurs personnes protestèrent. Le Manchot avait rejoint Lanthier et son épouse. Ninon alors déclara :

– Il est inutile de prier pour son repos éternel, car il est toujours vivant.

Le curé se retourna.

– Qui est vivant ?

– Mon oncle, monsieur Brébœuf ! C’est un mort-vivant !

La foule se mit à murmurer. On parlait à voix basse. Les plus vieux habitants du village se souvenaient des histoires de fantômes associées au château qu’on avait dit hanté.

– Vous n’avez pas honte, madame, de parler de cette façon devant la maison du Seigneur.

Gertrude décida d’intervenir

– Monsieur le curé, notre cousine a été profondément troublée par la mort de mon beau-père. Nous allons nous rendre au cimetière. Monsieur Girard, le directeur de funérailles récitera les prières d’usage et Richard pourra voir son père.

L’homme tout en noir répondit d’une voix caverneuse :

– Moi, je veux bien, mais il faudra que vous trouviez quatre porteurs car déjà, il se fait tard. Les porteurs doivent se rendre à mon salon, mon assistant dirigera les funérailles de madame Sablon...

Richard se tourna vers ses frères.

– Nous sommes quatre, nous nous occuperons de papa.

On plaça le cercueil dans le corbillard. Les gens s’entassèrent dans les voitures de la famille car les autos du directeur de funérailles devaient s’occuper du prochain service funèbre.

La plupart de ceux qui avaient assisté à l’office funèbre ne se rendirent pas au cimetière. Il n’y eut donc que les parents et les intimes les plus proches de la famille pour suivre le cortège. Lanthier présenta un petit homme âgé, qui se tenait tout seul.

– C’est Ernest Lavigueur, domestique des Brébœuf depuis plus de vingt-cinq ans.

Les Brébœuf possédaient leur terrain au cimetière. Déjà, la fosse avait été creusée au pied d’un monument où était gravé le nom des défunts de la famille.

On sortit le cercueil du corbillard et on le plaça sur de larges courroies tendues au-dessus de la fosse.

– Ouvrez-le, ordonna Richard au directeur de funérailles.

Ce dernier hésita. Il regarda les autres membres de la famille. Roland fit oui de la tête.

Bertrand Girard s’avança et retira les deux loquets. Il souleva le couvercle !

Des exclamations jaillirent de partout. Le Manchot s’avança rapidement et jeta un coup d’œil. Le cercueil était vide ! Le mort avait disparu.

Soudain, un rire retentissant éclata. Comme une folle, Ninon criait :

– Je vous l’avais dit ! Le mort-vivant ! Il n’est plus là ! Il est ressuscité ! Qui veut d’un cercueil ! Nous avons un cercueil à louer !

Lanthier ne pouvait la faire taire. Il fit signe au Manchot et ce dernier l’aida à maîtriser Ninon qui se débattait comme un diable dans l’eau bénite. Les deux hommes réussirent à l’enfermer dans la voiture pendant que les frères Brébœuf, les parents et les amis étaient cloués sur place de stupeur.

V



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