Littérature québécoise








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P.-J.-O. Chauveau
Charles Guérin




BeQ

Pierre J.-Olivier Chauveau

(1820-1890)


Charles Guérin
roman de mœurs canadiennes


La Bibliothèque électronique du Québec

Collection Littérature québécoise

Volume 76 : version 2.0

« Pierre-J.-O. Chauveau est né à Québec, le 30 mai 1820. Il fut avocat, député, surintendant de l’Instruction publique, premier ministre de la province de Québec, président du Sénat et shérif de Montréal. Mort à Québec, en 1890. Il a collaboré au Courrier des États-Unis, et à la plupart de nos revues et journaux importants. Son œuvre comprend de remarquables discours, des poésies, Charles Guérin, roman, Voyage du Prince de Galles en Amérique, L’Instruction publique au Canada, F.-X.X. Garneau, sa vie et ses œuvres, L’Abbé Holmes et ses conférences de Notre-Dame, etc. » [note de E.-Z. Massicotte, vers 1900.]

Charles Guérin a été publié pour la première fois en 1846 dans l’Album littéraire et musical de la Revue canadienne.

Avis de l’éditeur


La publication des œuvres littéraires dans notre pays est, comme chacun le sait, entourée des plus grandes difficultés. Déjà très peu considérable, la classe des lecteurs se divise en deux parties ; l’une ne lit guère que le français ; l’autre lit l’anglais presque exclusivement. Les publications de l’étranger, surtout les éditions belges des ouvrages français, et les réimpressions qui se font aux États-Unis des ouvrages anglais, sans compter la Semaine Littéraire fondée à New York par M. Gaillardet, inondent le Canada de tout ce qui se publie de plus intéressant à Londres et à Paris. La littérature canadienne est donc étouffée nécessairement dans son berceau, soit qu’elle s’efforce de revêtir l’idiome que la France nous a légué, soit qu’elle essaie de parler la langue de Shakespeare et de Byron.

Il ne faut pas alors s’étonner si, malgré le nombre considérable de Canadiens qui cultivent les lettres, très peu d’entre eux aient voulu risquer la publication d’un ou de plusieurs volumes. On se borne généralement à quelques œuvres éphémères jetées dans le tourbillon de la presse politique, et destinées à l’oubli, aussi prompt que durable, qui saisit sur le fait la plupart des diatribes dont nos gazettes sont remplies. Le recueil qu’a publié dernièrement M. Huston sous le nom de Répertoire National, et qui a exhumé un bon nombre de productions de ce genre, fait voir que l’inspiration et le génie n’ont pas toujours manqué à nos écrivains français. Le temps et les moyens de mettre leurs talents à profit leur ont fait défaut : mille autres occupations plus profitables, en ce qu’elles rapportaient plus d’argent et même beaucoup plus de considération, ont limité chez la plupart d’entre eux les travaux de l’imagination à une très petite partie de leur existence.

Cependant, il faut avouer que les choses ont bien changé depuis quelques années. Le discrédit qui frappait d’avance toute tentative littéraire, le mépris que des hommes affairés, ou se donnant l’air de l’être, affichaient pour ceux qu’ils appelaient de petits Littérateurs, diminue chaque jour, et, Dieu merci, ce ne sera bientôt plus une injure ni un brevet d’incapacité à lancer à un homme que de le saluer du nom de poète. En même temps qu’il s’est formé des écrivains qui n’ont pas eu honte de signer leurs écrits, (chose très rare autrefois : pendant près de vingt ans toute notre littérature a été anonyme) il s’est aussi formé un public qui commence à apprécier et à encourager leurs travaux.

La plus grande difficulté consiste dans la mise à l’œuvre de la publication. Les choses n’en sont pas encore rendues au point que nos auteurs puissent faire exclusivement leur métier d’auteur. Les affaires de leur profession (presque tous exercent une de ces profession, qu’on est convenu d’appeler libérales) les empêchent de pouvoir surveiller l’impression et faire réussir l’édition une fois lancée. Ce qui leur fait défaut, en un mot, c’est le libraire, c’est l’éditeur.

Dans l’état actuel des choses, nous croyons donc avoir fait un acte de courage et de bon exemple, en achetant les premiers une œuvre littéraire, en offrant à un de nos écrivains une rémunération assurée, si mince qu’elle soit, pour son travail, en lui épargnant les risques et les ennuis de la publication qu’il était du reste bien décidé à ne pas s’imposer. Nous avons par là assuré à notre littérature naissante un des premiers, sinon le premier roman de mœurs canadiennes, qui ait paru jusqu’à présent.

Charles Guérin n’est pas inconnu du public canadien. La première partie et plus de la moitié de la seconde ont été publiées dans l’Album de la Revue Canadienne. L’auteur forcé, par des occupations plus sérieuses, d’interrompre son travail, n’aimait pas à en reprendre la publication dans un recueil périodique, après plusieurs années de silence, et d’un autre côté ne trouvait point, pour les raisons que nous venons d’exposer, la perspective de la publication d’un livre très attrayante1. C’est donc uniquement à notre intervention que ceux qui ont pris quelqu’intérêt (et nous savons que le nombre en est très grand) à ce roman canadien, devront de pouvoir le placer dans leur bibliothèque, à côté des œuvres plus brillantes de la littérature française contemporaine.

Nous en avons assez dit pour établir nos droits à la bienveillance de nos compatriotes dans cette entreprise : nous croyons devoir maintenant ajouter quelques mots sur la nature de l’ouvrage que nous publions.

Ceux qui chercheront dans Charles Guérin un de ces drames terribles et pantelants, comme Eugène Sue et Frédéric Soulié en ont écrits, seront bien complètement désappointés. C’est simplement l’histoire d’une famille canadienne contemporaine que l’auteur s’est efforcé d’écrire, prenant pour point de départ un principe tout opposé à celui que l’on s’était mis en tête de faire prévaloir il y a quelques années : le beau, c’est le laid. C’est à peine s’il y a une intrigue d’amour dans l’ouvrage : pour bien dire le fonds du roman semblera, à bien des gens, un prétexte pour quelques peintures de mœurs et quelques dissertations politiques ou philosophiques. De cela cependant il ne faudra peut-être pas autant blâmer l’auteur que nos Canadiens, qui tuent ou empoisonnent assez rarement leur femme, ou le mari de quelqu’autre femme, qui se suicident le moins qu’ils peuvent, et qui en général mènent, depuis deux ou trois générations, une vie assez paisible et dénuée d’aventures auprès de l’église de leur paroisse, au bord du grand fleuve ou de quelqu’un de ses nombreux et pittoresques tributaires.

Les événements peu saisissants que l’écrivain raconte se sont passés à une époque où les passions politiques et les animosités nationales étaient très vives dans notre pays. Il a dû faire parler les acteurs de son petit théâtre, comme ceux qu’ils représentent auraient parlé eux-mêmes. Il faut donc espérer qu’on ne lui saura pas trop mauvais gré de quelques expressions un peu vives, même de quelques sorties un peu exagérées, que se permettent quelques-uns de ses personnages. Eux-mêmes, s’ils étaient mis en cause, entreprendraient probablement de justifier une partie de leurs avancées et pour le reste plaideraient l’erreur commune du temps.

Il est inutile d’ajouter que deux ou trois caractères odieux, qui ont été introduits sur la scène, ne sont pas les types d’une classe bien nombreuse en Canada, et se trouvent là simplement, parce qu’avec la meilleure volonté du monde, tout ne peut pas être couleur de rose dans un drame ou dans un roman.

G. H. Cherrier.

édition de 1853.

Charles Guérin

roman de mœurs canadiennes

Introduction de Ernest Gagnon

Introduction


Tout le monde au Canada connaissait le titre du roman de M. Chauveau, Charles Guérin, mais bien peu de personnes l’avaient lu parmi la jeune génération.

Il y a déjà longtemps que cet ouvrage était devenu introuvable dans le monde de la librairie. L’auteur en fit paraître la première partie en 1846-47, dans l’Album de la Revue Canadienne, publié par M. Letourneux, à Montréal. En 1852, M. Cherrier en donna une édition régulière et complète, par livraisons mensuelles. Les fascicules eurent une circulation considérable à Québec et à Montréal ; mais ils volèrent de main en main, s’éparpillèrent deçà et delà, et rares furent les collectionneurs qui les firent relier en volume.

Ce roman de mœurs canadiennes de M. Chauveau obtint un succès remarquable.

Plus d’une lectrice a versé des larmes en lisant les feuillets navrants et exquis du journal de Marichette, la charmante « fille d’habitant » trop longtemps oubliée par Charles Guérin, l’étudiant en droit de Québec.

Le problème résultant de la situation de la race conquise (disons cédée pour ne déplaire à personne), en face de la race conquérante, est posé de main de maître dans ce roman dont certaines pages semblent ne dater que d’hier.

L’auteur reçut, dans le temps, de nombreuses félicitations. M. de Puibusque, qui avait connu M. Chauveau à Québec, s’intéressa particulièrement à cette œuvre, et il la fit connaître autour de lui.

Parmi les témoignages flatteurs que reçut le jeune écrivain, se trouve la lettre suivante, du comte Charles de Montalembert, que l’on a bien voulu me communiquer. Elle est datée de la Roche-en-Breny, – nom qui rappelle d’ardentes polémiques, – et remonte au temps où la poste ne transportait d’ordinaire, – et à grands frais, – que des colis de poids minime. Ceux qui ont lu les ouvrages de Madame Craven reconnaîtront, dans certains passages de cette lettre, l’homme au cœur souffrant que fut toujours l’illustre défenseur de la liberté de l’enseignement en France.

« Château de la Roche-en-Breny (Côte-d’Or),

ce 19 octobre 1854.

« Monsieur,

« La lettre que vous m’avez fait l’honneur de m’écrire le 30 mars de l’année dernière ne m’a été remise qu’au mois de mars de l’année présente par M. de Puibusque. Je n’ai pas voulu vous répondre avant d’avoir lu le livre que vous aviez la bonté de m’envoyer par la même occasion. Je viens d’achever cette lecture et c’est avec une entière sincérité que je puis joindre mes félicitations aux remerciements dont je vous prie de recevoir ici l’expression. J’ai passé l’âge où les romans intéressent beaucoup ; mais « Charles Guérin » m’a séduit et s’est fait lire d’un bout à l’autre, grâce au tableau animé qu’il présente de la société canadienne, grâce aussi et surtout à la constante élévation de la pensée de l’auteur. Le style excellent du livre démontre en outre que vous n’avez pas d’effort à faire pour demeurer fidèle aux meilleures traditions de la littérature française.

« Laissez-moi ajouter à ce suffrage purement littéraire le témoignage de la très vive reconnaissance que m’a inspirée cette marque de votre sympathie. Quand on a péniblement tracé son sillon au milieu des obstacles et des mécomptes de toute nature, et surtout quand après vingt ans de vie publique on se trouve condamné à l’inaction et à l’obscurité, parce qu’on n’a pas voulu s’associer aux palinodies de ses contemporains et à l’abaissement de son pays, il est doux de rencontrer au delà des mers l’approbation d’une âme telle que la vôtre, monsieur. Conservez-moi, je vous en prie, le bienveillant souvenir dont vous m’honorez. J’irai peut-être un jour vous en remercier de vive voix, car j’éprouve depuis longtemps le vif désir de visiter les États-Unis et le Canada. Je sais que je retrouverai dans votre pays une image fidèle de la vieille France dans ce qu’elle avait de plus recommandable. La Providence, en vous détachant, il y a un siècle, de la mère patrie, vous a préservés des honteuses alternatives d’anarchie et de despotisme où elle se débat depuis si longtemps et dont elle ne paraît guère disposée à sortir.

« Si je savais le moyen de vous faire parvenir par une voie sûre et économique quelques volumes, je m’empresserais de vous envoyer le petit nombre d’ouvrages que j’ai publiés ; mais, retiré comme je le suis à la campagne et ne séjournant que par intervalle à Paris, je ne puis m’adresser qu’à la poste et je me borne par conséquent à cette lettre qui vous portera des actions de grâces et l’assurance de la très haute considération avec laquelle j’ai l’honneur d’être, monsieur,

« Votre très humble et obligé serviteur,

« C. Cte de Montalembert. »

La dernière appréciation canadienne de Charles Guérin que je connaisse, a été écrite par monsieur Tardivel, de la Vérité. Elle est élogieuse et bien faite.

Je ne doute pas que l’œuvre charmante de M. Chauveau obtienne auprès des lecteurs de 1900 autant de succès qu’auprès de ceux de 1850.

Ernest Gagnon.
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