Littérature québécoise








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Note F


Beaucoup de nos lecteurs ont trouvé que nous avions exagéré les fautes de langage que commettent nos habitants. Nous ne sommes point fâché de cette exagération, en admettant qu’elle existe dans notre livre, car tel qu’il y est représenté, le langage des Canadiens les moins instruits serait encore du français et du français meilleur que celui que parlent les paysans des provinces de France où l’on parle français. On ne saurait trop admirer la sottise de quelques touristes anglais et américains qui ont écrit que les Canadiens parlaient un patois. Le fait est que, sauf quelques provincialismes, quelques expressions vieillies mais charmantes en elles-mêmes, le français des Canadiens ressemble plus au meilleur français de France que la langue de l’Yankee ressemble à celle de l’Anglais pur sang. Il est arrivé au Canada absolument la même chose qu’aux États-Unis ; les habitants des diverses provinces de la mère patrie ont fondu ensemble les particularités de langage et d’accent de leur pays et il en est résulté un moyen terme qui diffère un peu de tous ces accents divers, mais qui se rapproche plus qu’aucun d’eux de la prononciation admise pour correcte par les hommes instruits des grandes villes européennes. Telle est du moins l’opinion de plusieurs voyageurs français, parmi lesquels il se trouve au moins un académicien, le célèbre M. Ampère, qui doit certainement y entendre quelque chose, autant peut-être que messieurs les touristes anglais et américains.

Parmi les expressions pittoresques que madame Sand a mises dans la bouche des paysans du Berry dans ses délicieux romans François le Champi et la Petite Fadette, il s’en trouve beaucoup qui sont familières aux Canadiens.

La classe lettrée parmi nous a peut-être, proportion gardée, plus de blâme à recevoir sous le rapport du langage que les classes inférieures. Outre qu’elle ne soigne pas toujours autant la prononciation qu’elle devrait le faire, elle se rend aussi coupable de nombreux anglicismes. La classe ouvrière des villes a adopté un bon nombre de termes anglais, dont elle paraît avoir oublié les équivalents français. Un vocabulaire de ces expressions serait une œuvre utile et vraiment nationale.

Dans les collèges, on ne soigne peut-être pas assez dans la pratique la prononciation des élèves. On y redoute tant l’affectation, que l’on tombe souvent dans l’excès contraire. Ce serait une réforme à ajouter à celles que l’on a adoptées depuis l’époque où l’abbé Holmes, que nous avons eu la douleur de perdre dernièrement, avait entreprise, la régénération de notre système d’éducation collégiale.

Au reste, l’instruction publique a pris depuis quelques années un développement incontestable. Nous avons même les rudiments d’une littérature, à laquelle on ne manquera pas de nier toute originalité et toute couleur locale, parce qu’elle sera tout bonnement française au lieu d’être iroquoise ; parce qu’elle s’avisera de parler d’autre chose que des sauvages ; parce que, enfin, elle ne sera pas un éternel pastiche comme ces fameuses traductions de poèmes qui n’ont jamais existé, et dont on a fait tant de bruit en Europe il y a quelques années.

M. Huston a recueilli, sous le titre de Répertoire national, des fragments épars dans les journaux et dont plusieurs, abstraction faite de leur mérite intrinsèque, sont d’assez curieux échantillons de ce qu’ont pu écrire des hommes qui se sont rendus remarquables sous d’autres rapports. Ce recueil forme quatre volumes fort intéressants.

Nous avons de M. Garneau une histoire du Canada en trois volumes qu’il a amenée dans sa deuxième édition jusqu’à l’union des deux provinces en 1840. Cet ouvrage, sous le rapport du style et de la portée des vues de l’écrivain, peut soutenir la comparaison avec les meilleurs livres transatlantiques.

Les Instituts canadiens de Québec et de Montréal ont donné au public, sous la forme de Lectures, une foule de dissertations intéressantes et utiles, et parmi ces œuvres que la presse périodique a enregistrées dans ses colonnes, on a remarqué les discours prononcés par M. Étienne Parent, lesquels réunis forment un volume rempli d’intérêt. Notre premier journaliste, l’homme qui, ressuscitant en 1831 le Canadien qu’avaient créé en 1809 un Bédard et un Taschereau, a adopté cette glorieuse devise : Nos institutions, notre langue et nos lois, a conservé dans ses lectures le vif sentiment national qu’il entretenait alors. Cette foi courageuse dans un avenir que tant de gens traitent de chimérique, rend surtout remarquables des écrits qui le sont déjà par la profondeur des vues et l’élégance du style.

M. Lenoir, qui a montré jusqu’à présent une véritable vocation poétique, annonce dans le moment même où nous écrivons, les Voix occidentales. Ce sera le premier volume de poésies sorti de la presse canadienne depuis les Épîtres et satires de M. Bibaud, lesquelles n’ont obtenu qu’un médiocre succès. M. Bibaud a été aussi éclipsé comme historien par M. Garneau, et l’on n’a pas même rendu justice aux labeurs qu’il a dû s’imposer, à une époque où il était si difficile de réunir les matériaux nécessaires et de mettre au jour une œuvre quelconque. Son fils, M. Maximilien Bibaud, a été plus heureux dans son histoire des chefs sauvages de l’Amérique, qu’il a intitulée Biographie des Sagamos, et dont il a fait un livre très intéressant.

Enfin, l’auteur des pages qu’on vient de lire a cru devoir contribuer pour sa part au mouvement littéraire, et il a essayé de peindre sur le tissu d’une simple histoire les mœurs de son pays. Il a aussi écrit son ouvrage avec la double préoccupation que doivent causer à tous ceux qui réfléchissent à l’avenir du pays, l’encombrement des carrières professionnelles où se jette notre jeunesse instruite, et le partage indéfini des terres dans les familles de nos cultivateurs. S’il peut contribuer à attirer l’attention de tous les véritables patriotes sur l’œuvre de la colonisation, il croira, sous une forme légère, avoir fait quelque chose de sérieux.

Heureusement, du reste, que cette œuvre n’est plus à l’état de roman, comme elle l’était lorsque nous concevions le plan de cet ouvrage. Plusieurs dignes missionnaires canadiens, parmi lesquels MM. Boucher, Hébert, Bédard et Mailloux, lui ont donné une impulsion pratique et réelle. Les townships de l’Est et la vallée du lac Saint-Jean et du Saguenay se peuplent rapidement par nos compatriotes1.

C’est par ce moyen et par le perfectionnement de notre agriculture que notre existence nationale sera bientôt mise à l’abri de tout danger.

Dans son excellent Abrégé de géographie moderne, M. Holmes, dont nous parlions un peu plus haut2, a inséré le passage suivant, que nous reproduisons pour le plus grand bien des Charles Guérin et des Jean Guilbault à venir.

« Agriculture : Cette grande et noble occupation, seule base de la prospérité des peuples, est suivie par la très grande majorité des habitants du Canada. Ils n’ont cessé d’y trouver, non seulement une subsistance, mais encore les moyens d’entretenir leurs importantes relations commerciales. La fertilité du sol et l’immense étendue de nos forêts promettent à la génération naissante le même bien-être matériel et moral, pourvu qu’en améliorant la culture des terres anciennes, elle se hâte de saisir et de faire valoir le riche héritage qui lui est légué par la Providence.

Nous ne pouvons nous défendre d’indiquer ici quelques-uns des principes que l’habitant devrait toujours avoir devant les yeux.

Faire toutes choses à temps et calculer toujours le prix du temps : ces deux points fidèlement observés doubleraient souvent nos richesses agricoles. Prévoir le moment de chaque semence et de chaque récolte et ne pas souffrir que rien alors détourne du travail nécessaire – couper de bonne heure le foin – le rassembler en veillotes à la fin du jour, le saler plutôt que de le laisser gâter par la pluie – mettre le grain en quintaux, etc.

Rendre à la terre autant qu’on lui enlève. L’engrais : c’est la condition essentielle. Se rappeler que non seulement tous les fumiers, mais encore toutes les substances végétales et animales, peuvent être mis à profit ; même que les diverses espèces de sols se fécondent mutuellement – tirer parti de la chaux, du plâtre, de la terre glaise pulvérisée au feu, de la boue des fossés, des débris de boucheries et des animaux morts, du varech, du caplan, etc. – Préparer les engrais et les répandre à propos : la plupart demandent à être légèrement fermentés.

3° Observer la rotation des récoltes. Prenons par exemple un champ en pacage. Première année, labours (l’automne, à moins que ce ne soit un sol léger), récolte de grains ou de pois ; 2e année, labours et récoltes au sillon : patates, choux, carottes, navets, panais, betteraves ou blé d’Inde – déposer l’engrais dans les sillons et le recouvrir le même jour – c’est surtout durant cette seconde année qu’on fait la guerre aux mauvaises herbes ; 3e année, herser et labourer le printemps, au travers des sillons ; semer blé, orge, etc, et aussitôt après graines de foin (trèfle, mil, sainfoin, etc.), puis brosser avec la herse d’épines ; 4e année, on a une prairie qu’il faut entretenir, engraisser et relever en temps convenable.

4° Bien faire les labours – bien égoutter – bien distribuer les cours d’eau – semer force graines d’herbes fourragères – planter des arbres – conserver les terres en bois – ne pas brûler les terres neuves – surveiller les champs, etc.

5° Cultiver beaucoup plus en grand toutes sortes de légumes (la carotte entre autres, excellente nourriture pour les vaches laitières et les chevaux), le lin, le chanvre, le blé d’Inde : ce dernier aime un sol un peu sec, exposé au soleil – on le sème aussitôt après le blé, le recouvrant d’un pouce de terre végétale – de la cendre, du compost ou du plâtre lui conviennent pour engrais – on le rechausse deux ou trois fois.

6° Élever avec soin les races d’animaux les plus utiles, – les loger sèchement, proprement, assez grandement – nourrir abondamment l’agneau, la petite génisse et la vache laitière – les chevaux de travail et les porcs demandent plus de chaleur que les vaches laitières, et celles-ci plus que les moutons : avoir de ceux-ci un grand nombre – leur donner du sel ainsi qu’aux bêtes à cornes et aux chevaux.

7° Perfectionner ses instruments et ses bâtisses, les tenir en bon état, se procurer diverses inventions qui ménagent le temps, telles que les moulins à battre, à vanner, à hacher les légumes, etc. Multiplier tous les genres d’industrie domestique – suivre les meilleurs procédés pour les étoffes, les ouvrages en paille, le beurre, le fromage, etc.

8° Être attentif au progrès de son voisin ou de l’étranger – faire en petit les essais que suggèrent les hommes versés dans l’agriculture.

9° Joindre à l’amour du travail une constante économie – mépriser le luxe des villes – se nourrir et se vêtir à même le sol, adopter et porter avec orgueil des étoffes nationales – amasser, pères et fils, les moyens d’ouvrir des terres nouvelles – s’associer en petites colonies pour s’y fixer, prendre garde qu’elles soient fertiles, que le climat soit avantageux, etc.

L’espace nous manque pour développer des sujets d’une si vitale importance. Espérons que bientôt, dans chaque école de campagne, au foyer de chaque famille, le catéchisme de l’habitant, après celui de la religion, sera la première et la plus chère étude des enfants du peuple canadien. »

Cet ouvrage est le 76e publié

dans la collection Littérature québécoise

par la Bibliothèque électronique du Québec.

La Bibliothèque électronique du Québec

est la propriété exclusive de

Jean-Yves Dupuis.

1 Nous avons déjà depuis près d’un an le manuscrit tout entier en notre possession. Des circonstances imprévues nous en ont fait retarder la publication jusqu’à ce jour.

1 L’établissement de ce nom ainsi que plusieurs autres du même nom n’est pas, comme un étranger pourrait le croire, uniquement destiné à former les jeunes gens pour l’état écclésiastique. C’est un collège, dont le plus grand nombre des élèves entrent dans les professions libérales, et deviennent, comme nous l’avons déjà dit, avocats, prêtres, notaires ou médecins; ou autre chose quand ils le veulent et le peuvent.

1 Bien, se dit dans nos campagnes, pour terre, bien immobilier. La signification ainsi restreinte de ce mot, montre l’attachement des Canadiens-français pour la propriété foncière. L’anglais dit my goods, en parlant de ses effets, de son mobilier.

1 Dans presque toutes les seigneuries du Bas-Canada, les seigneurs avaient ou prétendaient avoir un droit exclusif à toutes les places de moulins. (L’abolition de la tenure seigneuriale, en 1854, a mis fin à ces prétentions des seigneurs.)

1 Manigances – intrigues – supercheries mêlées d’hésitation – tripotage.

1 On appelle ainsi de pieux monuments qu’on élève dans nos paroisses, en commémoration des missions et des retraites paroissiales.

1 Ces idées étaient assez généralement celles de la jeunesse canadienne avant 1837. L’événement a donné raison aux prédictions d’Henri Voisin.

1 Il faudrait dire aujourd’hui une quarantaine (en 1852).

1 Historique.

1 Voyez la note A à la fin du volume.

1 Fumer - rester court.

1 D’où provient cette manière de désigner les femmes chez nos habitants? Les sermons de nos curés sur les dangers de s’attacher aux créatures n’en formeraient-ils pas l’étymologie.

1 Ne pas être indifférente : être plutôt jolie que laide.

1 Imitation, livre 3, chap. 5.

1 Traduction littérale du mot anglais Chief Justice (Président de la Cour Royale).

1 Dans le temps de la fonte des neiges, on dit naturellement que les « chemins se brisent » quand la croûte formée par la gelée de la nuit se fond à l’ardeur du soleil. À cette saison de l’année une journée chaude est une journée de mauvais temps, ou tout au moins une journée de mauvais chemins pour ceux qui voyagent.

1 Voyez la note B à la fin du volume.

1 Pour effectivement.

1 Voir la note C à la fin du volume.

1 Mais que pour lorsque.

1 De l’anglais, fyled.

1 Un aqueduc est maintenant en construction. Le Québec que nous décrivons n’est déjà plus le Québec d’aujourd’hui. Il s’est fait depuis cinq ou six ans de nombreuses améliorations. Voyez note D à la fin du volume.

1 Il manquerait quelque chose à l’étrange chronique des nécropoles québécoises, si nous n’ajoutions qu’à quelque distance de là dans le bois du Cap rouge, les protestants des différentes sectes ont établi le cimetière du Mont Hermon, lequel fut ouvert peu de temps avant le choléra de 1849, aussi terrible et plus terrible peut-être par le choix qu’il fit de ses victimes que ceux de 1832 et de 1834. Le hasard voulut que nous fussions présents nous-même à l’inhumation du vocaliste écossais Wilson, la première victime de l’épidémie cette année-là. Ayant obtenu en notre qualité de membre de l’assemblée législative un acte d’incorporation pour les associés-propriétaires de ce cimetière, nous avions eu la curiosité d’aller visiter ce champ funèbre, divisé par emplacemens, possédé par actions et patenté par acte du parlement.

Les associés qui depuis plusieurs années s’occupaient de ce projet, ne s’étaient point douté d’avance du sinistre, à propos de leur entreprise. Voyez aussi la notre E à la fin du volume.

1 He is going to the dogs, expression anglaise qui signifie la déchéance morale.

1 Moffras. Voyages sur les côtes du Pacifique.

G. Ferry - Scènes de la vie mexicaine - Revue des deux Mondes.

Notices sur les missions du diocèse de Québec publiées à Québec tous les deux ans.

1 Dans les deux chiffres précédents, la population française du H. C. à ces époques n’est pas comprise : elle l’est dans le dernier.

1 The law of population, by M. T. Saddler, M. P. London, 1830.

Allison - Principles of population. London, 1840.

1 La Législature du Minnesota sur 16 membres contient trois Canadiens-Français, tous trois natifs des environs de Montréal. Les noms de presque toutes les rivières des lacs et des villages sont français. Il y a un district qui s’appelle le Petit-Canada. Le plus ancien et un des plus riches habitants du territoire est M. Faribault, frère de notre estimable bibliographe.

V. Seymour. - The Minnesota or the New-England of the West New-York, 1850.

1 L’addition de tous nos chiffres donnerait 1,012,000.

1 On devrait peut-être dire Montréalais; mais Montréaliste est le terme usité dans le pays. Québecquois a été reçu de tout temps et va très bien avec Iroquois et avec Canadois que l’on trouve dans les vieilles narrations.

1 D’après le recensement de cette année, Québec a 42,052 habitants et Montréal 57,715. Les Foulons et Boisseauville contiennent de 7 à 8000 âmes.

1 M. Falardeau qui étudie actuellement en Italie et qui y a obtenu des prix et une décoration, est aussi natif des environs de Québec.

2 M. A. De Puibusque, auteur de l’Histoire comparée des littératures espagnole et française, qui a passé plusieurs années à Québec et à Montréal, a contribué à obtenir du gouvernement français ces magnifiques présents dont nous devons être d’autant plus reconnaissants, que c’est le second cadeau de cette importance que nous fait notre ancienne mère-patrie. Le premier envoi avait été reçu peu de jours avant l’incendie du parlement et faisait partie de la bibliothèque détruite.

1 Il serait injuste de ne pas mentionner la part qu’a prise à cette belle œuvre, par ses discours et ses démarches, M. Bernard O’Reilly, jeune prêtre irlandais d’un grand talent et d’une grande activité, qui est maintenant jésuite aux États-Unis, et qui le premier a prêché la croisade de la colonisation, en même temps que M. Chiniquy prêchait celle de la tempérance.

2 Outre cet ouvrage qu’il a su rendre charmant malgré l’aridité du sujet, et qui est le plus complet et le plus correct qui ait été publié dans ce genre, M. Holmes nous a encore laissé ses Conférences de Notre-Dame. Si estimables qu’elles soient, elles perdent cependant à la lecture beaucoup du charme que leur donnait la parole de ce prédicateur éloquent, qui était en même temps un savant distingué et un homme du caractère le plus doux et le plus aimable.

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