Surtout les romans ‘’Tandis que j’agonise’’ et ‘’Requiem pour une nonne’’, les recueils de nouvelles ‘’Treize histoires’’ et ‘’Descends, Moïse’’








télécharger 306.59 Kb.
titreSurtout les romans ‘’Tandis que j’agonise’’ et ‘’Requiem pour une nonne’’, les recueils de nouvelles ‘’Treize histoires’’ et ‘’Descends, Moïse’’
page1/6
date de publication29.10.2016
taille306.59 Kb.
typeDocumentos
c.21-bal.com > droit > Documentos
  1   2   3   4   5   6




www.comptoirlitteraire.com
André Durand présente
William Cuthbert Falkner

dit
William FAULKNER
(États-Unis)
(1897-1962)

Au fil de sa biographie s’inscrivent ses œuvres

qui sont résumées et commentées

(surtout les romans ‘’Tandis que j’agonise’’ et ‘’Requiem pour une nonne’’, les recueils de nouvelles ‘’Treize histoires’’ et ‘’Descends, Moïse’’).

Bonne lecture !
Né à New Albany, dans l'État du Mississipi, le 25 septembre 1897, il appartenait à une vieille famille sudiste établie de longue date dans le Mississippi mais ruinée par la guerre de Sécession, les Falkner. Il grandit dans l’atmosphère du vieux Sud, agraire et féodal. Les faits d'armes de son arrière-grand-père, un colonel de souche écossaise, au cours de la guerre du Mexique et de la guerre de Sécession, son dynamisme vindicatif et, enfin son assassinat dans un wagon du chemin de fer dont il avait créé la ligne, en firent un personnage de légende pour le jeune garçon qui, s’il pratiquait des sports et faisait de l'équitation, préférait aux études la lecture des romans de cape et d'épée de la bibliothèque familiale ou les contes héroïques de sa nourrice noire.

En 1918, rêvant de gloire militaire mais méprisant les Yankees, il s’engagea au Canada dans le “Royal Flying Corps” qui le détacha à Toronto. Mais l'armistice survint avant qu’il ait eu le temps d’achever son entraînement. Bien qu'il n'ait pas été envoyé en Europe, bien des pages de son œuvre furent consacrées à la guerre.

Démobilisé en 1919, il regagna le Sud avec un sentiment de frustration. Il tâta de divers emplois et s'inscrivit à l'université d’Oxford (Mississippi), “Ole Miss”, qu’il fréquenta sans assiduité mais où sa verve et ses allures de dandy le rendirent très populaire. Son amie d'enfance, Estelle Oldham, qui était sa fiancée, venant de rompre, il se lança dans l'écriture et publia en adoptant le nom de Faulkner :

_________________________________________________________________________________
The marble faun”

(1924)

Le faune de marbre”
Recueil de poèmes.
Commentaire
Ce recueil de vers champêtres au titre mallarméen révéla la diversité des lectures de Faulkner : Shelley, Keats, les symbolistes français, T.S. Eliot.

Il fut publié à compte d’auteur, mais gagna le prix du “Mississipian.

_________________________________________________________________________________
William Faulkner renonça à poursuivre ses études, et, à l'instar de tant d'écrivains américains de sa génération, sauta d'un métier à l'autre : pilote d'avion, puis peintre en bâtiment, «bootlegger» et employé de librairie. En 1925, il partit pour l'Europe, séjourna brièvement à Paris.

_________________________________________________________________________________
‘’The kingdom of God’’

Le royaume des cieux

(1925)
Nouvelle de 2 pages
Deux trafiquants d'alcool sont accompagnés, lors d'une livraison, par le frère de l'un d'eux qui est un idiot tenant à la main un narcisse. Un policier survenant, le frère se charge de détourner son attention tandis que l'autre, s'énervant, malmène l'idiot et provoque ainsi des cris tels qu'ils ameutent une foule. La conséquence? leur arrestation qui ne se fait pourtant qu'après que leur narcisse ait été réparé !

_________________________________________________________________________________
À son retour aux États-Unis, Faulkner s’établit d’abord à la Nouvelle Orléans (624 Pirate’s Alley) où se lia d'amitié avec le romancier Sherwood Anderson qui l’incita à écrire un premier roman et le fit publier :

_________________________________________________________________________________

Soldier’s pay”

(1926)

‘’Monnaie de singe’’
Roman de 379 pages
Au lendemain de la Grande Guerre, les «héros» américains reviennent au bercail. Mais comment recommencer à vivre normalement après des années sur le front européen? Comment se reconstruire, pour tous ces personnages, pour, notamment, Donald Mahon qui, adolescent, rêvait d'héroïsme, est devenu aviateur, est maintenant défiguré par une terrible cicatrice, devient aveugle et, indifférent au monde qui l'entoure, se dirige petit à petit vers une mort inéluctable ; pour ce haut gradé, habitué à ce que tout le monde lui obéisse ; pour Gilligan qui, après avoir tremblé dans l'intensité des batailles, peine à s'enthousiasmer pour sa vie bourgeoise d'avant.
Commentaire
Le premier roman de Faulkner, qui est un fragment d’autobiographie sublimée, est généralement considéré comme un « roman anti-guerre », mais c’est plutôt un «anti-roman de guerre ». Si la guerre est présente à chaque page, ce n'est que par évocations, flashbacks, sous-entendus. Est montrée l'influence qu'elle a pu avoir sur les personnages, que ce soit ceux qui l'ont faite ou les autres, civils ou jeunes gens juste un peu trop jeunes, deux mondes qui sont opposés. Les situations sont complexes, le style accrocheur, les personnages profonds.

_________________________________________________________________________________
Ce roman étant passé presque inaperçu, Faulkner, ulcéré, s'embarqua comme matelot de pont sur un navire en partance pour la France. À Paris, presque sans argent, il vécut en solitaire, ne fréquenta personne. Délaissant ses propres hantises pour se tourner vers l’observation d’autrui, il écrivit :

_________________________________________________________________________________
Mosquitoes”

(1927)

‘’Moustiques’’
Roman
Au cours d’une croisière de luxe, un groupe d’artistes et d’intellectuels réunis par la grâce de quelque mécène dissertent à perte de vue et rivalisent de futilité.
Commentaire
Ce tableau des milieux littéraires de la «lost generation» qui est un exercice de style où Faulkner fit montre, à la manière de Huxley, de ses talents satiriques et qui n’est pas dénué d’artifices, n'eut aucune audience.

En 1948, le roman fut édité en France, avec une introduction de Raymond Queneau.

_________________________________________________________________________________
Amoureux de son Sud natal, ce «Deep South» où les Blancs, riches et pauvres, descendants, pour la plupart, de pionniers calvinistes écossais, coexistaient avec les Noirs dans un malaise d’autant plus oppressant que leurs destins étaient liés, inextricablement, par l'exploitation commune d'un sol ingrat, William Faulkner vivait, de tout son être ce drame latent. Il s’est rendu compte que «le petit timbre de poste» de son sol natal méritait qu'on en fasse un livre. Ayant trouvé sa voie et sa voix, il s’employa à immortaliser le comté d'Oxford, en en faisant le comté imaginaire, mythique, de Yoknapatawpha («le pays où l’eau coule lentement à travers ls plaines»), microcosme dont il a esquissé la topographie dans un plan annexé à “Absalom ! Absalom !”, dont il allait conter l’histoire animée et faire vivre la population richement variée, montrant, avec un profond et compatissant humanisme, la déchéance et l’angoisse, effets de la dissolution des valeurs traditionnelles et de l’autorité à tous les niveaux de la société sudiste depuis la guerre de Sécession, en particulier, les abus que subissaient les Noirs de la part des Blancs, célébrant l’énergie, l’humour et la tragédie de la vie ordinaire. Il commença en rédigeant à Paris :

_________________________________________________________________________________
Sartoris”

(1929)
Roman
Bayard Sartoris, le fils du légendaire colonel John Sartoris, héros de la guerre de Sécession, est un homme vieillissant. Son petit-fils, aussi prénommé Bayard, revient de la guerre de 14-18 dans laquelle son frère jumeau, John, a été tué. Écrasé par la culpabilité, il multiplie les comportements suicidaires, en particulier au volant de sa voiture.
Commentaire
En un sens, cette course à la mort d’un ancien combattant de la guerre de 1914 hanté par la disparition de son frère jumeau, reprenait le propos de ‘’Monnaie de singe’’. Mais ce drame contemporain de « la génération perdue » y est vécu dans la perspective d’une antique malédiction qui frappe la famille patricienne des Sartoris, dans l’ombre de l’ancêtre presque mythique qu’est le colonel Sartoris. Apparurent aussi les «pauvres Blancs» des collines, les Noirs et les Snopes.

Tout l'univers faulknerien était donc déjà présent dans ce roman : le comté de Yopnapatawpha, les familles Sartoris, Benbow, Snopes, qui allaient revenir régulièrement dans son oeuvre, le souvenir de la guerre de Sécession, le traumatisme de la Grande Guerre, les domestiques noirs, rappel permanent de l'esclavage, les impossibles rapports entre hommes et femmes, la violence qui couve et qui peut surgir à tout moment.

Et le roman illustre parfaitement l’idée que ce n’est pas ce que l'on raconte qui est important mais la façon dont on le fait, car on y trouve déjà son langage, sa façon d'enfermer la réalité dans des mots, l'intensité et la bouleversante poésie de sa prose.

Faulkner a bien senti que la rédaction du livre était une grande étape dans sa carrière d'écrivain. Il révéla dans une lettre : «J'ai écrit LE livre, dont les autres n'étaient que les poulains.» Des années après, interrogé sur l'ordre éventuel dans lequel il faudrait lire son oeuvre, il indiqua qu'il fallait commencer par "Sartoris". Mais, malgré son enthousiasme, il eut du mal à le publier, son éditeur l'ayant d’abord refusé ; il fallut qu’il accepte de le réduire d'un tiers, réduction qui fut opérée par son ami, Ben Wasson.

_________________________________________________________________________________
‘’Sartoris’’ ne fut pas bien accueilli. Cependant, l'impulsion était donnée et Faulkner comprit qu'il ne vivrait jamais assez pour épuiser son sujet.

À son retour aux États-Unis, il épousa Estelle Oldham, qui venait de divorcer, et, en 1931, ils s'installèrent à Oxford, dans un vieux manoir datant d’avant la guerre de Sécession, “Rowenoak”, où il vécut en gentleman-farmer et qu'il ne quitta plus que pour de brefs séjours à la Nouvelle-Orléans, à New York, à Paris et à Hollywood.

Refusant la dénomination d’écrivain, il allait pourtant s'acharner, durant sept années, à l'écriture, les livres se succédant, même s’il eut beaucoup de mal à se faire publier, assurant sa subsistance en exerçant de petits métiers :

_________________________________________________________________________________

The sound and the fury”

(1929)

Le bruit et la fureur”
Roman de 250 pages
Cette oeuvre est divisée en quatre parties datées. Les trois premières sont chacune le monologue intérieur d’un membre de la famille Compson. Le premier est celui de l'idiot Benjy qui mêle sans cesse le présent et des lambeaux du passé rappelés par tel ou tel détail. Le deuxième, qui se situe dix-huit ans plus tôt, est le monologue clair et tragique de la fatale descente en enfer du deuxième frère, Quentin. Le troisième est celui du troisième frère, Jason, «monstre de fourberie et de sadisme », «a typical son of a bitch », vendeur dans une quincaillerie, qui poursuit de sa haine sa nièce de dix-huit ans, qui s’appelle elle aussi Quentin. La quatrième partie fait enfin apparaître physiquement les personnages et mène logiquement à la conclusion.
Commentaire
Le bruit et la fureur”, œuvre au titre shakespearien, est un livre difficile, complexe, d'une grande originalité d'écriture du fait des monologues joyciens. Les phrases sont souvent inachevées, des ellipses se glissent entre deux idées. De plus, deux personnages portent des noms identiques. La chronologie est bouleversée : Sartre, qui a étudié “La temporalité chez Faulkner”, a noté la valeur symbolique du geste de Quentin qui brise sa montre pour instaurer un temps sans horloge. La construction est celle d'une «symphonie musicale».

Mais ces longs monologues intérieurs ont une grande puissance évocatrice, illustrent la décadence du Sud à travers la déchéance d'une famille qui a été consommée vers la fin des années vingt. Le roman nous plonge au coeur de l'âme torturée des membres de la famille Compson. Cette dynastie jadis glorieuse est alors représentée par un débile profond, une nymphomane vieillissante, un employé de quincaillerie sordide et sadique dont le plus grand fantasme est d'éventrer son père et de retourner dans le ventre de sa mère. Une atmosphère de crime, d’inceste et de suicide accompagne leur naufrage. On a le tableau de différentes sociétés : le Sud (Noirs et petits Blancs), le Nord. Une référence est faite à la guerre de Sécession. Notons en passant que la quincaillerie, activité typiquement yankee, est pour Faulkner le symbole même de l'avilissement. Dans ce drame familial qui se déroule dans le sud des États-Unis alors que le pays est au bord de la crise économique, l'écrivain parvint à traduire avec maestria l'instabilité, le désordre de l'esprit et la fureur des âmes tourmentées.
Ce livre ne rencontra d’abord qu’un succès d'estime. Puis il a fait connaître Faulkner mondialement.
En 2008, à Montréal, Luce Pelletier, pour la première fois dans la francophonie, transposa le livre au théâtre, même si on peut estimer que c’est impossible. Pour arriver à ses fins, c'est-à-dire faire une pièce avec un roman aussi substantiel, elle fit appel à l'auteur Pierre-Yves Lemieux. Pour lui, le roman, avec ses passions pures et dures, ses personnages qui s'entredéchirent et qui, quand ils sont seuls, se dévorent eux-mêmes, brûlent, a un immense potentiel dramatique. Il se concentra sur les personnages principaux : la mère névrosée (Han Masson) et ses quatre enfants : Benjy (Patrick Hivon), le simple d'esprit ; Quentin (Francis Ducharme), l'étudiant suicidaire ; Jason (Pierre-François Legendre), le frère amer et jaloux ; et Caddy (Émilie Bibeau), objet de l'affection quasi-animale de Benjy, de l'amour incestueux de Quentin et de la haine farouche de Jason.

_________________________________________________________________________________
As I lay dying”

(1930)

Tandis que j'agonise”
Roman de 180 pages
Nous suivons, dans une famille rurale pauvre, le «clan Bundren», les derniers moments, la mort et le dernier voyage de la Mère, la «reine Addie Bundren». Dari, le fils que l'on dit bizarre, et Jewel, son frère, reviennent des champs. Cash, l'aîné, un excellent charpentier, scie et cloue toute la journée. Il prépare le cercueil de sa mère qui, de son lit, l'observe tandis qu'il lui montre telle ou telle planche. Le père, Anse, a promis à sa femme qu'il l'emmènerait dans leur attelage loin de chez elle, au cimetière de Jefferson afin qu'elle puisse reposer auprès des siens. Le père et Vernon Tull, le voisin, sont assis sous la véranda et discutent. Jewel appelle le cheval qu'il a échangé contre des nuits et des nuits de travail, cinq mois, à défricher la terre de M. Quick. Dewey Dell pense à ce saisonnier de la ville, Fali. Elle n'a pas de chance, l'enfant qu'elle porte a déjà deux mois. Peabody, le médecin, arrive. Il a encore pu passer le pont mais les pluies menacent de le détruire tant la saison est inclémente. Dans sa chambre, Addie Bundren meurt. Elle a mis dix jours à passer. Vardaman, le plus jeune, rentre avec l'énorme poisson qu'il a pêché. Le père a ordonné de le découper. Sa sœur, Dewey Dell, le fera cuire pour le médecin et la famille. C'est le docteur qui l'a tuée, pense Vardaman. De rage, il fouette les mules du docteur qui s'enfuient sous la pluie. Dewey Dell ne sait si elle se tourmente ou non. Peabody pourrait tant pour elle. Cash s'empresse de terminer le cercueil, avec des onglets, il faut que ça soit solide ! Ensuite, il rassemble ses outils avec soin. On a mis la mère dans le cercueil, habillée de sa robe de mariée. Puis on a cloué le couvercle. Vardaman croit que sa mère est un poisson. Il a perforé le cercueil pour qu'elle puisse voir mais la vrille est passée trop loin. Alors, à la veillée funèbre, on a recouvert le visage d'Addie d'un voile de moustiquaire. Whitfield, le prêtre, arrive trop tard pour confesser sa faute, le pont s'est écroulé. Alors, à défaut d'avouer qu'il est le père de Jewel, il préside la veillée. Cora Tull et les autres femmes chantent avec le prêtre. Pour les voisins, c'est une bénédiction qu'Addie soit débarrassée de son mari. Dari prétend que la mère de Jewel est un cheval. On transporte le cercueil ; la pente qui rejoint la route est tellement raide que Jewel court, le cercueil sur son dos. L'attelage est prêt. Cash emporte ses outils, un travail à faire chez Tuli, au retour. N'était la jambe qu'il a cassée lorsqu'il est tombé du toit de l'église, il aurait bien porté... Dewey Dell emporte des gâteaux pour les vendre à la ville. Vardaman pense aux bananes qu'il recevra, Anse aux dents qu'il se fera faire. Il n'a pas voulu que Jewel prenne son cheval, par respect. Jewel n'en a cure. Arrivés à la ferme de Samson, ils apprennent que le deuxième pont s'est écroulé, lui aussi. Il faut revenir en arrière pour trouver un gué. Au fleuve, Jewel passe devant. Dari et Cash restent sur la carriole. Il faut tenir le cercueil de la mère. Il faut passer. Anse a promis à Addie... Mais le courant est trop fort. La charrette se retourne. Les mules sont perdues. Sur l'autre rive, Anse et Vardaman parviennent à attraper Cash qui dérive au gré du courant. Sa jambe est cassée. Il a de la chance, c'est la même que l'autre fois. Entre-temps, Jewel et Dari ont fait passer le cercueil. Il faut replonger, aller chercher un à un les outils de Cash. Sa jambe, ça va, mais ses outils... Ailleurs, Cora Tuli pense à Addie. Elle était orgueilleuse, elle disait que Jewel la sauverait de l'eau et du feu. La famille Bundren arrive au grand complet à la ferme d'Armstid. Anse ne veut rien devoir à personne. On échange le cheval, l'argent que Cash gardait pour une machine à musique, tout pour les mules. Le corps sent de plus en plus. Vardaman a du mal à garder les rapaces éloignés. On appelle le vétérinaire pour qu'il soigne Cash puis on coule du ciment sur sa jambe. La gangrène s'installe. Mais il n'a pas mal, il y a plus urgent. Dari met le feu à la grange qui les abritait, il pense que la mère veut partir, elle en a assez du voyage. Une fois de plus Jewel, en sort, le cercueil sur le dos. Lorsqu'ils sont arrivés à la ville, Dewey Dell va trouver un docteur ; contre dix mille dollars, peut être... Dari est confié à un institut psychiatrique, il pense trop, pas comme les autres... Anse va emprunter des bêches. On enterre Addie et on va chez le médecin qui décrète que la jambe de Cash est perdue. Vardaman mange des bananes, le père revient avec un dentier neuf et une femme qui porte un gramophone. «Je vous présente Mrs Bundren», qu'il dit comme ça.
Commentaire
Écrit en six semaines entre la première et la deuxième version de “Sanctuaire”, en suivant le même principe narratif que “Le bruit et la fureur”, ce roman, dont le sujet est fort simple, est composé de cinquante-neuf monologues de quinze narrateurs, leur confrontation aboutissant à un tableau complexe des caractères et des comportements de cette famille rurale qui est une véritable tribu, confirmant la virtuosité narrative de Faulkner qui conf`re à ces monologues une dimension poétique et symbolique tout à la fois.

Plusieurs lectures sont possibles : la première, évidente, la description des mœurs rurales dans le milieu des « pauvres Blancs », n'est pas la moins riche. Nuancée des portraits psychologiques des personnages qui se dévoilent peu à peu au fil de leurs monologues ou des témoignages, elle donne une vision saisissante de l'âme humaine. Samson, un voisin, a cette réflexion étonnante de justesse au sujet des femmes de “Tandis que j'agonise” : «Mais elles se rendent la vie pénible en refusant de l'accepter telle qu'elle est, comme font les hommes.» dont aucun ne se rebiffe sans pour autant être fatalistes : Tull aide ce paresseux de Anse par habitude et, songe-t-il, «le Seigneur aussi, sans doute». Mais Anse l’a promis, il fait donc le voyage, quoi qu'il lui en coûte. Bien sûr, chacun profite de l'occasion pour accomplir de petits rêves. L'un, un dentier, l'autre, une machine à musique... Mais ces préoccupations n'entachent en rien l'accomplissement de la parole donnée. Seule Dewey Dell voudrait changer son état. Et, tout au long de leur chemin, la mère, vivante dans leur esprit, règne une dernière fois (la première, sans doute) sur sa famille. Son monologue n'intervient d'ailleurs qu'au milieu du roman alors qu'elle est décédée depuis longtemps. C'est là un aspect capital de l'écriture de Faulkner : une chronologie affective et non temporelle. Quant à la nouvelle Mrs Bundren, elle n'est que la réaffirmation du quotidien après la parenthèse de la mort.

Le roman est aussi une lente épopée, une odyssée tour à tour tragique et burlesque, construite autour du thème central et révélateur de l'intrigue qu’est ce voyage de cette tribu dont la vie est comprise entre les souvenirs distincts de ses membres et un projet commun. Peu d'actes sont d'ailleurs décrits, le monologue favorisant la description de sa gestation et, somme toute, ce sont les éternelles fascinations qui se retrouvent : la folie, l'adultère, la mort, mais exprimées avec une étonnante force.

C'est l'ouvrage dont Faulkner s'estima le plus satisfait ; mais cette appréciation fut peut-être une compensation en regard du demi-échec qu’avait rencontré son précédent roman. L’audience du roman demeura cependant confidentielle ; il fut d'abord apprécié en France, Sartre et Jean-Louis Barrault comptant parmi ses premiers défenseurs. Ce dernier adapta le roman pour la scène sous le titre “Autour d'une mère”, monté à Paris dès 1935.

_________________________________________________________________________________
Faulkner accepta, à des fins alimentaires, de donner à la presse de nombreuses nouvelles, puis, à partir de 1932, de travailler comme scénariste à Hollywood.

Cependant, il n’en poursuivit pas moins son œuvre :

_________________________________________________________________________________
  1   2   3   4   5   6

similaire:

Surtout les romans ‘’Tandis que j’agonise’’ et ‘’Requiem pour une nonne’’, les recueils de nouvelles ‘’Treize histoires’’ et ‘’Descends, Moïse’’ iconSurtout ‘’La nouvelle Héloïse’’, ‘’Émile’’ et ‘’Les confessions’’
«tante Suzon» qui s’installa à la maison. Livré à lui-même, Jean-Jacques put puiser sans discernement dans les romans d'amours laissés...

Surtout les romans ‘’Tandis que j’agonise’’ et ‘’Requiem pour une nonne’’, les recueils de nouvelles ‘’Treize histoires’’ et ‘’Descends, Moïse’’ iconXxvi le prince de Ligne
«Création et rédemption» comprend les romans suivants : Le docteur mystérieux et La fille du marquis. Ces deux romans sont ici présentés...

Surtout les romans ‘’Tandis que j’agonise’’ et ‘’Requiem pour une nonne’’, les recueils de nouvelles ‘’Treize histoires’’ et ‘’Descends, Moïse’’ iconSynthèse de nouvelles molécules à viser thérapeutiques pour les maladies...
«l’Institut de Recherche Servier, Suresnes» dans l’équipe du Dr Olivier Mirguet, Sujet : Synthèse de nouvelles molécules à viser...

Surtout les romans ‘’Tandis que j’agonise’’ et ‘’Requiem pour une nonne’’, les recueils de nouvelles ‘’Treize histoires’’ et ‘’Descends, Moïse’’ iconLa biologie est une des sciences les plus importantes car elle est...
«poisson»), tandis que l’ornithologie étudie les oiseaux (du grec ornithos, «oiseau») et que l’entomologie s’intéresse aux insectes...

Surtout les romans ‘’Tandis que j’agonise’’ et ‘’Requiem pour une nonne’’, les recueils de nouvelles ‘’Treize histoires’’ et ‘’Descends, Moïse’’ iconRésumé : IL s’agit d’une activité de réinvestissement dans laquelle...

Surtout les romans ‘’Tandis que j’agonise’’ et ‘’Requiem pour une nonne’’, les recueils de nouvelles ‘’Treize histoires’’ et ‘’Descends, Moïse’’ iconMotivation : comportement affecté par un motif, une énergie et une direction
«brain reward system») sollicite ainsi des aires corticales et sous-corticales. Le cortex préfrontal (qui abrite les fonctions cognitives...

Surtout les romans ‘’Tandis que j’agonise’’ et ‘’Requiem pour une nonne’’, les recueils de nouvelles ‘’Treize histoires’’ et ‘’Descends, Moïse’’ iconMultimédiatiser l'école ?
«nouvelles», dites multimédia, dont Internet est le fer de lance. Les initiales tice sont entrées dans les textes officiels, nous...

Surtout les romans ‘’Tandis que j’agonise’’ et ‘’Requiem pour une nonne’’, les recueils de nouvelles ‘’Treize histoires’’ et ‘’Descends, Moïse’’ iconLittérature gréco-latine antique, on donne depuis le 19 e siècle le nom de «romans»
«romans» à un petit nombre d’œuvres en prose, dont la plus ancienne est de la fin du 1er s de notre ère, et la plus récente peut-être...

Surtout les romans ‘’Tandis que j’agonise’’ et ‘’Requiem pour une nonne’’, les recueils de nouvelles ‘’Treize histoires’’ et ‘’Descends, Moïse’’ icon«Analyse environnementale de matériaux critiques pour les nouvelles...

Surtout les romans ‘’Tandis que j’agonise’’ et ‘’Requiem pour une nonne’’, les recueils de nouvelles ‘’Treize histoires’’ et ‘’Descends, Moïse’’ iconManettes
«théâtre» et deux «romans». Romans divers cartonnage dos cuir rouge (décolorés) + trois vols dont «l’Artiste» deux tomes de 1864...








Tous droits réservés. Copyright © 2016
contacts
c.21-bal.com