Essai IL s'agit des esquisses de personnages et de lieux que Dickens avait recueillies dans un carnet depuis son plus jeune âge








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A Christmas carol”

(1843)

‘’Un cantique de Noël’’
Nouvelle
À Londres, en 1843, à la veille de Noël, Ebenizer Scrooge, un vieux commerçant et usurier avaricieux, au coeur de pierre, qui exploite sans vergogne son employé modèle, un homme au cœur d'or qui trime dur pour son pauvre fils malade, Tiny Tim, se targue de n'être jamais touché par la magie du temps des fêtes et se déclare prêt à planter une branche de gui à travers le coeur de ceux qui oseraient lui souhaiter «Merry Christmas !» Mais il reçoit la visite de quatre spectres qui reviennent sur terre pour le tirer du lit, éveiller sa conscience et l’obliger à se rendre compte de l’inutilité de la vie solitaire et matérialiste qu’il mène. Afin de lui ouvrir les yeux, ils lui montrent sa vie passée, le présent où il méprise les malheurs d’autrui, et même l’avenir où il risque de subir un châtiment pour son égoïsme. Il en éprouve tant de peur qu’il devient un patron compréhensif et un oncle généreux.
Commentaire
L'antipathique et acariâtre Ebenizer Scrooge, digne descendant d'Harpagon, du fait de la métamorphose qui le rend soudain capable de générosité et de compassion pour ses semblables, lui fait découvrir que l’argent n’est pas la seule chose qui compte, est davantage une allégorie que le sujet d'une étude psychologique. Ce conte moraliste, qui illustre tout l’humour, le flegme, la fantaisie et l’intelligence de Dickens, est le plus populaire de ses contes et il a habité l'imaginaire de millions d’enfants, de génération en génération. Dans le monde anglo-saxon, une tradition veut qu’on le lise à voix haute après le repas de Noël.

D’autre part, de ce texte narratif sans dialogues mais plein d'images, on a souvent fait un spectacle, en l’adaptant pour le théâtre et pour le cinéma. Il en existe même une version Picsou et Donald, ainsi, bien sûr, que la version hollywoodienne, ‘’Grinch’’.

En 2002, à Montréal, le metteur en scène fantaisiste et irrévérencieux Jean-Guy Legault le transforma en psychopathe.

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Le succès obtenu avec ‘’Un cantique de Noël’’ incita Dickens à continuer sur cette voie, à écrire d’autres contes au cours des années 1840, pour entretenir ce qu’il appelait « the carol philosophy », pour « frapper un coup de marteau-pilon » en faveur des pauvres, des non-instruits et des opprimés.

En 1844, il séjourna en Italie, et ce fut à Gênes qu’il rédigea :

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The chimes : a goblin story of some bells that ran an old year out and a new year in

(1844)

‘’Le carillon’’
Nouvelle
Trotty Veck est un pauvre messager, qui a une jolie fille, Meg, qui est fiancée à un jeune et beau forgeron. Ce couple heureux prend son repas avec Trotty sur les marches de la demeure d’une riche famille quand ils font face à deux fonctionnaires, qui disent aux deux jeunes gens qu’ils ne doivent pas se marier parce qu’ils sont fondamentalement mauvais. Après cet exposé, Richard et Meg se querellent. Mais Trotty accepte ce jugement sans protester parce qu’il croit ce qui lui a été dit tout au long de sa vie : lui et ses voisins sont nés mauvais.

Il se réveille au milieu de la nuit, pensant qu’il entend le carillon des cloches d’une église du voisinage qui l’appellent. Il se hisse dans le clocher et le trouve qui grouille de fantômes. L’esprit du carillon lui montre le sombre avenir qui attend sa famille et ses amis à moins qu’il ne surmonte la piètre estime qu’il a de lui-même. Trotty est si effrayé qu’il retrouve sa foi dans l’essentielle dignité humaine. Et tous vivent heureux ensuite.
Commentaire
"Le carillon" est le pendant d’"Un cantique de Noël" mais souffre de la comparaison, en partie parce que Dickens était meilleur critique social que psychologue. Dans "Un cantique de Noël", les trois spectres corrigent Scrooge en le forçant à envisager le mal qu’il a fait et en lui assurant qu’il n’est pas trop tard pour changer. Dans "Le carillon", les maux sociaux seront surmontés quand le pauvre aura suscité l’estime de soi. Mais la transformation de Trotty est complètement incroyable. Et « l’effet domino » que Dickens développe laborieusement est ridicule. Comment la faible image de soi qu’a Trotty pourrit-elle condamner sa fille à une vie de prostituée?

Dickens écrivit la nouvelle à Gênes, et il avoua que lui avait manqué l’inspiration que lui donnaient les rues de Londres.

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The cricket on the hearth

(1845)

Le grillon du foyer
Nouvelle
Le vieux John Peerybingle vit heureux avec sa jeune femme, Dot, bien que la sincérité des sentiments de celle-ci soit mise en doute par le malicieux vieillard Tackleton, qui est lui-même sur le point d'épouser une femme plus jeune que lui, May Fielding. Ces insinuations semblent être confirmées par le fait qu'un vieillard excentrique vient habiter avec les Peerybingle. John le découvre un jour transformé en un beau jeune homme, alors qu'il a ôté sa perruque, au cours d'une conversation intime avec Dot. John consulte le grillon du foyer, dont la gazouillante Dot lui a dit qu’il est le « génie du foyer domestique », qu’il apporte la chance. Le grillon lui assure que tout se finira bien. Il remercie le petit dieu domestique, décide de ne faire aucun cas des méchancetés de Tackleton et de pardonner la faute de sa femme, qu'il attribue à l'incompatibilité de leurs âges et de leurs caractères. Mais, ensuite, le malentendu est éclairci ; il se révèle qu'il n'a rien à pardonner : le jeune homme est un vieil ami, épris de May Fielding, qu'elle avait cru mort et qui survient à temps pour empêcher son mariage avec Tackleton. Le bonheur du couple est rétabli.
Commentaire
Dans cette nouvelle où l’intervention du génie du lieu empêche le mariage indu d’un vieillard et d’une jeune femme, le pathétique cher à Dickens se manifeste particulièrement dans les personnages secondaires qui sont les mieux étudiés : le vieux fabricant de jouets, Caleb Plummer, qui cache sa pauvreté à sa fille aveugle, Bertha, et lui fait croire qu’il vit dans l’aisance. Ils introduisent des épisodes émouvants : ainsi lorsque le vieux Caleb feint une démarche rapide et une allure juvénile, pour faire croire à sa fille que les choses vont magnifiquement, alors qu’ils sont à la merci de deux profiteurs, Gruff et Tackleton. Le conte, qui ne manque cependant pas de mérites, présente comme un peu trop facile le bonheur des humbles, ce qui l’empêche d’être absolument convaincant.

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En 1846, Dickens séjourna en Suisse.

La même année, il fonda un quotidien, le ‘’Daily news’’, qui dura moins d’un an.

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‘’The battle of life’’

(1846)

‘’La bataille de la vie’’

Nouvelle

Les filles du dr Jeddler sacrifient leurs amours pour lui faire abandonner sa conception cynique de la vie.

Commentaire

Dans ce conte de Noël, le changement dans le cœur se fait sans l’aide d’êtres surnaturels.

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‘’The haunted man and the ghost’s bargain’’

(1848)

‘’L’homme au spectre’’

Nouvelle

M. Redlaw est un professeur de chimie cynique et solitaire dans son bureau, un « homme de pierre » incapable de sympathie humaine, parce qu’il est hanté par le souvenir de la mort de sa sœur bien-aimée. Pendant la nuit de Noël, il fait appel à un fantôme qui accepte d’effacer en lui tous les souvenirs pénibles. Mais il se rend compte de son erreur car la suppression de tels souvenirs a aussi supprimé des souvenirs semblables chez ses proches. Au plus bas, il commence à se reprendre grâce à l’angélique Milly Swidger, une femme simple mais bienveillante parce qu’elle a perdu son enfant unique. Mais Redlaw passe son don aux membres de la famille Swidger, qui sont concierges à l’université. Philippe Swidger, un patriarche de quatre-vingt-sept ans, dont le bonheur est basé sur souvenir, est alors réduit à la sénilité par le toucher de Redlaw. Et la famille Tetterby devient insensible et querelleuse.

Commentaire

Redlaw a découvert que, privé de souvenir, il est aussi privé de toute âme. Il est réintégré dans la communauté humaine quand il reconnaît le pouvoir restaurateur du souvenir et la nécessité émotionnelle de la chaleur humaine et de l’entretien de la vie intérieure. Pour Dickens, le mal et le bien sont inextricablement liés dans le souvenir, et on ne peut pas choisir le plaisir de se rappeler uniquement le bien. Pour avoir le meilleur, il faut se souvenir du pire aussi. On peut considérer que le fantôme est, en fait, son double.

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Après ‘’L’homme au spectre’’, Dickens inclut son annuel conte de Noël dans les magazines hebdomadaires, ‘’Household words’’ (1850-1858) et ‘’All the year round’’ (1859-1867), à la publication desquels il consacrait ses « loisirs ». Ces contes de Noël, où, dans une manière qui lui était typique, il fit passer son message avec un mélange de sérieux et d’humour, allaient lier dorénavant Dickens à la célébration de cette fête, même ceux qui suivirent, s’ils se vendirent bien à leur sortie, n’eurent pas le même impact que le premier.

Lors des événements de 1848, il se trouvait en Europe.

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‘’Dombey and Son dealings with the firm of Dombey and son,

wholesale, detail and for exportation’’

(1848)

‘’Dombey et Fils ou Affaires avec la société Dombey et fils, gros, détail et exportation’’
Roman
L'orgueilleux propriétaire des Messageries maritimes Dombey & Fils a un enfant en qui il place toutes ses espérances et toute sa tendresse depuis la mort de sa femme. La santé du jeune garçon est délicate ; de plus, il manifeste une maturité d'esprit qui ne laisse pas de donner à son caractère une certaine étrangeté. Envoyé à l'école dirigée par le docteur Blimber, il ne peut supporter la sévère discipline en vigueur dans cet établissement, tombe malade et meurt. Quelques jours plus tard, le malheureux père se prend à penser à l'attachement que le jeune garçon témoigna à sa sœur, Florence, avant de mourir, n'acceptant de nourriture ou de remèdes que de sa main. Ces souvenirs changent en haine les sentiments de gêne et d'indifférence que Dombey avait toujours éprouvés à l'égard de sa propre fille. Walter Gay, sympathique garçon, employé à la firme, s'éprend de Florence, mais Dombey, qui désapprouve leurs relations, l'envoie aux Indes occidentales. Le navire sur lequel il s'est embarqué fait naufrage et tout laisse supposer qu’il a péri. Dombey convole alors en secondes noces avec une jeune veuve ambitieuse et démunie de fortune, Édith Granger. Mais, bientôt lasse de ce mari tyrannique, elle s'enfuit en France en compagnie de Carker, directeur peu scrupuleux de la firme. Dombey, qui a suivi le couple, rencontre Carker sur le quai d'une gare. Carker roule sous un train et meurt. Les Messageries font faillite. Dombey a perdu son fils, sa femme et sa fortune ; sa fille qu'il maltraitait s'est enfuie. Humilié, il mène une existence solitaire et désespérée, jusqu'au jour où Florence, revenue vers lui, parvient à toucher son cœur. On apprend alors que Walter Gay a survécu au naufrage.
Commentaire
Dans ce roman qui évoque le monde du commerce, le thème est le châtiment de l’orgueil, illustré par la ruine qui succède à l'opulence insolente de M. Dombey.

Dickens tenta de donner plus de réalisme à ses intrigues, mais il céda encore par trop au mélodrame (les contemporains de Dickens s'émurent profondément du cas de l’enfant de Dombey). Dans la peinture d'un milieu différent de ceux qu'il avait jusqu'alors étudiés, et surtout dans l'étude des rapports psychologiques (relations entre Dombey et sa fille), il n'arriva pas à réaliser ses desseins. Aussi ses personnages « normaux » (Dombey, Florence) ne sont pas aussi convaincants que ses personnages secondaires, grotesques, qui lui permettent de donner libre cours à son humour : le major Bagstock, véritable caricature, les deux capitaines Cuttle et Bunsby (rappelant par de nombreux traits certains personnages de Smollett), le portrait incisif et caustique de Mme Skewton, Toots et sa famille, Mme Pipchin et son asile pour enfants.

Le roman fut publié en feuilleton en 1847-1848.

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À la fin des années 1840, Dickens commença à écrire une autobiographie qu’il partagea avec son ami et futur biographre, John Forster. Mais il trouva cette tâche trop pénible tant il était traumatisé par ses humiliations enfantines. Il brûla même ce qu’il avait écrit. Il opta plutôt pour une utilisation de son histoire dans l’invention de celle de David Copperfield dont on peut remarquer que les initiales, D.C., sont les siennes inversées :

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David Copperfield”

(1849-1850)
Roman
Le narrateur, David Copperfield, raconte qu’il est né à Blunderstone au Suffolk. Son père était mort six mois auparavant. Sa jeune mère, qu'il adore, est une créature douce, mais faible, naïve et vaniteuse. Auprès d'eux, il y a sa nourrice, l'étrange Clara Peggotty, dont les manières sont brusques, mais dont le cœur est plein d'une tendre affection. La jeune veuve attire l’attention d’Edward Murdstone, que David n’aime pas ; c’est un homme cruel qui se dissimule sous le masque de la fermeté virile. Avec Clara Peggotty, David va, pour deux semaines, à Yarmouth où il rencontre M. Peggotty, Émilie, Ham et Mme Gummidge. À son retour à la maison, il constate que sa mère a épousé M. Murdstone, dont la digne soeur, Jane, vint s’établir dans la maison. La vie idyllique est finie.

David, sous l’oppression des Murdstone, prend du retard dans ses études et reçoit une correction de la part de M. Murdstone qu’il mord. L'enfant révolté est envoyé à la ‘’Salem House Academy’’ près de London, qui est dirigée par le cruel et tyrannique M. Creakle dont il subit les mauvais traitements. Il doit y porter une pancarte indiquant : « Méfiez-vous, il mord. » Cela ne l’empêche pas de se lier d’amitié avec le bon Traddles, un optimiste dont le passe-temps est de dessiner des squelettes. Et il conçoit une admiration sans bornes pour Steerforth, un jeune homme séduisant.

Il apprend que sa mère et son bébé sont morts, et il est retiré de l’école. Clara Peggotty, qui a épousé un M. Barkis, lui rend visite régulièrement. Mais Murdstone l’envoie à Londres faire des besognes serviles dans le magasin de Murdstone & Grinby. Il vit alors dans une profonde détresse matérielle et morale, mais est heureusement réconforté par l'amitié de M. Micawber et de sa famille chez lesquels il habite. M. Micawber est un commis voyageur qui dramatise toujours de façon pittoresque les circonstances de sa propre vie. Il est vrai qu’il est continuellement harcelé par les créanciers. Un jour, il est emprisonné pour dettes à ‘’King’s Bench’’. Après sa relaxe, la famille se réfugie à la campagne, espérant que « quelque chose pourrait arriver ». David, qui est malheureux chez Murdstone et Grinby, décide de se rendre à Douvres à pied pour solliciter la pitié de sa tante, Betsy Trotwood, une excentrique qui s'était désintéressée de lui à sa naissance parce qu'elle aurait voulu qu'il soit une fille. Il finit par arriver exténué à sa villa.

Elle l’adopte après avoir contacté les Murdstone et vérifié le traitement qu’il lui avait donné. Auprès de la tante vit un doux maniaque, le pauvre M. Dick, qui n'arrive plus à mener à bien un mémoire sur ses affaires parce qu'il est obsédé par le souvenir de Charles ler. David devient son ami. Mais sa tante l’envoie à l’école du Dr. Strong à Canterbury où il habite chez l’avocat de sa tante, M. Wickfield, et sa fille, la douce et intelligente Agnès. Il rencontre le factotum de l’avocat, Uriah Heep, une canaille hypocrite au visage cadavérique et aux mains gluantes.

Il rencontre de nouveau les Micawber à Canterbury, où ils sont venus chercher du travail. Il présente M. Micawber à Uriah Heep. Il termine ses études et, pour décider ce qu’il ferait de sa vie, vient à Yarmouth rendre visite à Clara Peggotty. En chemin, il s’arrête à Londres où il tombe sur Steerforth qui se joint à lui. Il le présente à Clara Peggotty et à son mari qui annoncent que Ham et Émily allaient se marier.

David décide de devenir un avoué au ‘’Collège des docteurs’’ et entre comme apprenti auprès de M. Spenlow, de l'étude Spenlow et Jorkins. M. Spenlow a un système qui consiste à attribuer à son associé et homme de paille ses actes les plus impitoyables. David prend un logement chez Mme Crupp dans le quartier Adelphi de Londres. Agnès le met en garde contre Steerforth et lui apprend que Uriah Heep avait trompé son père, M. Wickfield, dans une association avec lui, profitant de sa faiblesse. David, qui ne voit pas l'affection qu'Agnès lui porte, tombe amoureux de la fille de M. Spenlow, Dora, une gracieuse petite sotte dont il découvre qu’est sa « confidente » sa gardienne d’autrefois, Mlle Murdstone.

Il tombe par hasard sur son vieil ami, Traddles, et lui rend visite à Camdentown où il est pensionnaire chez les Micawber, qui sont encore en train d’essayer d’échapper à leurs créanciers.

Comme Barkis est mourant, David se rend à Yarmouth pour soutenir Clara pendant cette crise. Secrètement, Steerforth détourne Émilie de Ham, et ils s’enfuient ensemble, M. Peggotty partant à sa recherche. Betsy Trotwood vient voir David à Londres et lui apprend qu’elle a perdu sa fortune du fait de mauvaises transactions ; aussi elle et M. Dick emménagent-ils avec lui. Il va travailler pour le Dr. Strong, apprenant rapidement à essayer de gagner de l’argent tout en étant toujours apprenti au ‘’Collège des docteurs’’.

En secret, David et Dora se fiancent. Mlle Murdstone trouve les lettres de David à Dora, et, elle et M. Spenlow le somment de l’oublier. C’est alors que M. Spenlow est trouvé mort, sans testament. Or il était tombé entre les mains d’Uriah Heep qui administre son patrimoine et aspire à la main d'Agnès. Dora part habiter chez deux tantes célibataires.

M. Micawber est employé par Uriah Heep qui est venu habiter chez les Wickfield, ayant des desseins sur Agnès, au grand dam de M. Wickfield. David devient un reporter parlementaire, commence à écrire et à voir de ses histoires publiées. Son succès lui permet d’épouser Dora.

Son premier roman publié, il devient un auteur à succès, acquiert peu à peu la gloire littéraire. Dora n’a aucun intérêt pour le ménage, en dépit des câlineries de David. Elle commence à dépérir d’une maladie non spécifiée. Grâce à l’aide de Martha, Émilie est retrouvée, et des plans sont faits pour son émigration avec M. Peggotty en Australie.

M. Micawber, devenu le clerc d’Uriah Heep, est empêtré dans les projets de celui-ci, se brouille même avec sa famille. Finalement, il réagit et, avec l’aide de Traddles, qui réapparaît comme avocat, démasque les méfaits de ce sinistre individu, le dénonce comme escroc et fraudeur, responsable de la ruine de M. Wickfield et de Betsy Trotwood. Il est condamné pour faux et pour appropriation indue.

Au bout de quelques années, Dora meurt, après avoir secrètement demandé à Agnès de prendre soin de David. Betsy, sa fortune rétablie, prête de l’argent aux Micawber pour leur permettre d’émigrer en Australie avec M. Peggotty et Émilie. David se rend à Yarmouth porter un message à Ham. Il voit une tempête sur la mer qui provoque un naufrage où Steerforth se noie, Ham mourant en essayant de le sauver. Peggotty et Émilie partent avec les Micawber sans rien savoir de la mort de Ham.

David, inconsolable, voyage à l’étranger pendant trois ans durant lesquels il se rend compte qu’il a toujours aimé Agnès, découvre quelle erreur il a faite en la négligeant. À son retour en Angleterre, il l’épouse. M. Peggotty et Émilie prospèrent en Australie. M. Micawber règle finalement ses dettes et obtient une place de magistrat colonial à Port Middlebay qui lui permet de mener une vie honorable. David et Agnès élèvent une famille. Il écrit son autobiographie.
Commentaire
Ce roman est très fortement autobiographique, fut le plus autobiographique de tous ceux de Dickens qui, d’ailleurs, le préférait à tous ses autres livres. Le récit est d’ailleurs fait à la première personne. Les premiers chapitres, une des meilleures réussites du romancier, furent tissés à même ses souvenirs intimes et ses traumatismes ; ils rendent magistralement les émotions ineffaçables de l'enfance, les impressions de l’enfant qui ne parvient pas à s'adapter à la nouvelle ambiance créée par le remariage de sa mère, et qui se replie sur lui-même, muet de terreur et assoiffé de tendresse. Le père de Dickens se retrouva dans deux des personnages : M. Murdstone qui représente son côté sévère, insensible, et M. Micawber, ce commis voyageur, taillé à coups de serpe, qui dramatise toujours de façon pittoresque les circonstances de sa propre vie, une des immortelles créations de Dickens, représente le côté bien intentionné mais imprévoyant de son père. Le tableau des besognes serviles dans le magasin de Murdstone & Grinby à Londres, de la profonde détresse matérielle et morale de David, est le reflet de la vie que mena Dickens quand il dut quitter l’école pour travailler à la ‘’Warren's blacking factory’’, une fabrique de cirage, pendant que son père était en prison pour dette. Les ennuis financiers des Micawber sont le miroir de ceux des parents de Dickens, John et Elizabeth : quand Mme Micawber demande à David de porter quelques-unes de ses précieuses possessions chez le prêteur sur gages pour lui permettre de faire face à ses obligations, Dickens rappelait les souvenirs douloureux des occasions où il dut, pour remédier quelque peu aux malheurs financiers de sa famille, engager les livres mêmes qu’il lisait enfant. Le chapitre 11 est nourri du fragment autobiographique qu’il avait donné à Forster.

Le roman illustre parfaitement la grande qualité de Dickens : la vivacité des personnages et des esquisses. Au chapitre 41, la visite de David chez les soeurs célibataires de Dora est un brillant exemple de son talent comique.

Le roman, pourtant l’un de ses moins moralisants de Dickens, souffre aussi de ce défaut habituel chez lui : le sentimentalisme. S’il atteignit dans les premiers chapitres une profondeur d’émotions qu’il ne devait plus retrouver par la suite, il reste que l’intrigue est trop mélodramatique. Et il en ajouta encore avec l’histoire de Steerforth qui est un roman à l’intérieur du roman dans lequel la série de malheurs que ce jeune homme sans moralité cause à une humble famille de pêcheurs par qu’est Steerforth abonde en incidents dramatiques et spectaculaires jusqu'au naufrage dans lequel le séducteur périt avec le fiancé de la petite Émilie qu'il a séduite, alors que ce dernier risque sa vie pour le sauver. Dickens évoqua aussi son amour malheureux pour Maria Beadnell à travers l'idylle de David et de cette «ravissante idiote» qu’est Dora, idylle qui est décrite avec poésie, mais non sans certains traits d'humour délicat.

Mais défauts et qualités se fondent en un admirable tableau, très complexe.
Le roman fut publié dans des livraisons mensuelles de mai 1849 à novembre 1850.

Il est considéré à juste titre comme le chef-d'œuvre de Dickens, est, en tout cas, le plus célèbre de ses romans.

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