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TRURQUIE/BELGIQUE



La « chasse aux voix » des partis énerve la Turquie

METDEPENNINGEN,MARC

Samedi 23 mai 2009

L’ambassadeur de Turquie en Belgique, Fuat Tanlay, est en colère contre l’échevin de Saint-Gilles Carlo Luyckx (PS) et « des partis politiques » lancés « dans la chasse aux voix ». Samedi dernier, les associations alévites de Belgique avaient convié à Anderlecht un millier de personnes à l’occasion de leur 4e Festival culturel. Parmi les VIP présents se trouvaient plusieurs personnalités du PS : Fadila Laanan, la ministre de la Culture et de l’Audiovisuel de la Communauté française, le ministre bruxellois Emir Kir et quelques seconds couteaux du MR, du CDH et d’Ecolo, appelés à fêter la culture alévie, une communauté qui professe un islam moderne (25 % de la population turque dont 16.000 installés en Belgique).

Le spectacle était plaisant jusqu’à ce que l’échevin PS Carlo Luyckx se lance dans un discours diplomatiquement incorrect : « Le gouvernement turc serait bien inspiré de démontrer son ouverture vers le progrès en répondant positivement à la demande de la Confédération alévite en Europe de faire de l’hôtel Madimak (là où furent massacrés des Alévites en 1979, NDLR) un musée pour la paix et la démocratie. » Et de terminer, gaullien et en turc : « Vive la lutte démocratique des Alévites ! »

L’ambassadeur lui a lancé : « Vous êtes insolent ! » Il a rédigé un communiqué dans lequel il fustige « une intrusion dans les affaires intérieures turques » et dénonce : « La chasse aux voix de partis politiques (belges) relève de leur responsabilité ! » La presse turque s’est emparée de l’affaire. Voilà qui est plutôt malvenu pour le PS auquel ses détracteurs reprochent de ne pas assumer la reconnaissance du génocide arménien pour flatter son électorat turc de Bruxelles. La défense des Alévis, plus rentable que les réticences sur le génocide arménien ?

Carlo Luyckx, lui, assume sa liberté de parole. En matière de droits de l’homme, il en connaît un bout : il est le cofondateur du Centre d’études tibétaines…

http://archives.lesoir.be/la-%AB-chasse-aux-voix-%BB-des-partis-enerve-la-turquie_t-20090523-00N6V5.html?query=Laanan&firstHit=0&by=10&sort=datedesc&when=-1&queryor=Laanan&pos=1&all=935&nav=1
    1. UE/TURQUIE



Chypre souhaite voir la Turquie au sein de l'UE


20:17 | 26/ 05/ 2009

ATHENES, 26 mai - RIA Novosti. Chypre soutient les perspectives européennes de la Turquie et souhaite voir le pays intégrer l'UE, a déclaré mardi à Athènes George Iacovou, commissaire spécial auprès du président chypriote et ancien ministre des Affaires étrangères.

"Chypre soutient les perspectives européennes de la Turquie, en espérant son européisation", a-t-il dit lors d'un colloque organisé par la revue Economist dans la capitale grecque.

Selon lui, c'est précisément de la Turquie que dépend à présent la résolution du problème de l'île divisée.

"La balle est désormais dans le champ d'Ankara. Chypre ne quittera pas la table des négociations", a poursuivi M.Iacovou.

Quoi qu'il en soit, aucun progrès n'a été enregistré aux négociations sur le règlement chypriote, a-t-il reconnu.

Depuis septembre 2008, le président la République de Chypre Demetris Christofias mène des négociations sur la réunification de l'île avec le dirigeant chypriote-turc Mehmet Ali Talat. Chypre est divisée depuis 1974, date à laquelle l'armée turque a envahi le nord de l'île suite à un coup d'Etat de Chypriotes-grecs soutenus par Athènes qui voulaient rattacher l'île à la Grèce. Au moins 30.000 soldats turcs sont stationnés en République turque de Chypre du Nord (RTCN, uniquement reconnue par Ankara).

La Turquie a le statut d'Etat candidat à l'adhésion à l'Union européenne, bien que la date de son entrée éventuelle dans l'UE ne soit toujours pas fixée. L'un des problèmes est qu'Ankara ne reconnaît pas la République de Chypre qui est depuis 2004 membre à part entière de l'Union européenne.

La chancelière allemande Angela Merkel et le président français Nicolas Sarkozy se sont prononcés en mai contre l'adhésion de la Turquie à l'Union européenne, en proposant d'accorder au pays un partenariat privilégié. Mais Ankara juge "inacceptable" que des pays européens comme la France et l'Allemagne s'opposent par principe à l'entrée de la Turquie dans l'Union européenne, avant même que le pays n'ait terminé les réformes exigées en vue de l'adhésion.

http://fr.rian.ru/world/20090526/121752956.html

Les pro et anti-adhésion turque à l'UE sur Internet

P






romotion du négationnisme sur le site de l'Express

Le Collectif VAN a écrit à l'Express à propos de cet article qui fait la promotion de sites négationnistes turcs.


Par Marie Simon, publié le 26/05/2009 16:30 - mis à jour le 26/05/2009 16:55

Sur Internet, partisans et opposants à une adhésion turque à l'Union européenne affûtent leurs arguments. LEXPRESS.fr passe en revue les sites où les retrouver, s'informer et débattre.

Les sites partisans d'une Turquie européenne jouent la carte de l'information, face aux "préjugés". Turquieeuropenne.eu, par exemple, estime que les anti "affirment abusivement que les citoyens européens ne veulent pas de la Turquie dans l'Union Européenne".

Selon le site de cette association "excédée", "la méconnaissance de la Turquie en Europe est telle que ces sondages sont, dans l'état actuel des choses, sans aucune signification". La Turquie n'est, selon ses membres, que le "nouveau bouc émissaire" trouvé par les eurosceptiques "qu'ils soient souverainistes, nationalistes ou tout simplement xénophobes ". Turquie Européenne est aussi présente sur Facebook.

Tetedeturc.com est, comme son URL l'indique, sur la même longueur d'ondes... Ce site animé par un collectif d'internautes bénévoles de France, Belgique et Turquie, a pour objectif d'apporter "des informations complètes, détaillées et d'offrir un autre éclairage". L'"agence d'information européenne sur la Turquie" Info-turc.org a pour devise "j'informe donc je suis".

Moins partisan, le site Turquie News est, d'après sa charte éditoriale, un "site d'informations et de débat public" qui ne se veut le porte-parole d'aucun parti. Les opinions y sont diverses. Mais dans la rubrique "Europe", les titres des contributions mises en ligne sont cependant plus pro qu'anti-adhésion turque... Voir aussi leur groupe Facebook.

Sur Facebook, en revanche, outre les groupes déjà mentionnés, on retrouve davantage d'antis.

Ces groupes promettent de trouver 1 million de personnes dans le monde ou, encore plus ambitieux, 400 millions d'Européens (sur 500 millions d'habitants) qui soient opposés à cette intégration. Pour l'heure, ils ont respectivement 49 608 et 3025 membres.

Ils mettent en avant les arguments généralement invoqués: le dossier chypriote, le génocide arménien, la situation des droits de l'homme notamment dans le cas des femmes et des minorités, la géographie, la croissance démographique de ce pays qui deviendrait plus "lourd" que la France ou l'Italie dans l'Union européenne...

Si ces groupes refusent l'entrée de la Turquie dans l'UE tant que des réformes ou des changements ne sont pas opérés, un autre est plus radical: "la Turquie ne doit JAMAIS faire partie de l'UE". "Nous avons déjà passé mille ans à les combattre pour les garder hors d'Europe, la lutte doit continuer", prône-t-il.

Rebondissant sur le soutien du président américain Barack Obama à une adhésion turque, un autre groupe a été lancé: "pour que la Turquie rejoigne les Etats-Unis d'Amérique". Parmi ses quelque 22 membres, Frédéric Nihous, ancien candidat CPNT à l'élection présidentielle française de 2007...

Sur un groupe qui, au contraire, demande que la Turquie puisse entrer dans l'UE, le "mur" de contributions n'est pas unanime... En dehors des 270 membres, des internautes opposés à cette adhésion postent leur opinion: "l'Europe doit rester blanche" ou encore "les Turcs ne sont pas Européens".

Face à eux, des partisans de la Turquie en Europe répondent que l'adhésion permettrait à la Turquie "de démontrer aux pays musulmans qu'ils peuvent devenir stables et démocratiques. Cela bénéficiera à l'Europe mais aussi au monde entier (...). L'Europe ne sera plus un 'club chrétien'".

"Tôt ou tard, la Turquie rejoindra l'Europe", annonce un internaute sur le "mur" d'un groupe qui cherche à réunir 1 million de partisans de l'adhésion. Une autre internaute turque se réjouit que "cela rapproche l'Occident et l'Orient" et qu'une Turquie membre de l'UE aurait un "rôle important à jouer au Proche et au Moyen-Orient".

Autre lieu de débats, les sites des partis politiques en campagne... Comme le forum Turquie sur le site de l'UMP où les "contre" sont majoritaires, estimant par exemple que son entrée "saboterait" l'Union européenne qui ne "peut pas s'étendre éternellement". Ou sur le site des démocrates (Modem), par exemple sur cette chronique abordant la question turque.

Enfin, last but not least, vous débattez sur notre forum associé à l'enquête "Turquie et Europe: de quoi les Européens ont-ils vraiment peur?"

http://www.lexpress.fr/actualite/monde/europe/les-pro-et-anti-adhesion-turque-a-l-ue-sur-internet_762967.html

Europe. La Turquie empoisonne le débat

2



7 mai 2009

La Turquie doit-elle ou non entrer dans l'UE? C'est l'un des enjeux des prochaines élections européennes. Alors que Nicolas Sarkozy s'y est clairement opposé, des négociations sont en cours depuis 2005. Mais Ankara a encore beaucoup d'efforts à faire.

[A_GUISNEL-Q]Personne n'a oublié la formule de Nicolas Sarkozy en janvier2005: «Si la Turquie était en Europe, cela se saurait». Le discours n'est pas davantage nuancé aujourd'hui, et le même orateur pouvait s'exclamer, le 5mai dernier: «Il faut que l'Europe cesse de se diluer dans un élargissement sans fin. Il faut que l'Europe ait des frontières. La Turquie n'a pas vocation à devenir membre de l'Union européenne». Et d'évoquer dans la foulée «l'héritage de la chrétienté».

Voisin de l'Iran et la Syrie

La Turquie en Europe, ce n'est pas une discussion sur le sexe des anges. La question mérite réflexion, concernant un pays de 71millions d'habitants, majoritairement musulmans, frontalier de l'Iran et de la Géorgie, entre autres. Nicolas Sarkozy ironisait juste avant son élection: «Il faudra se donner du mal pour m'expliquer que les frontières de l'Europe, c'est sur l'Irak et la Syrie. La Cappadoce en Europe, mais c'est inconcevable!». Sans doute, la majorité des États membres de l'Union européenne sont-ils d'accord pour l'entrée de la Turquie parmi eux. La gauche française, pour sa part, appelle de ses voeux cette adhésion, que la première secrétaire du Parti socialiste, Martine Aubry, considère comme une chance pour «une Europe XXL».

La Turquie empêtrée dans les problèmes

Mais les Turcs n'adoptent pas nécessairement des attitudes diplomatiques. Le Premier ministre, Recep Erdogan, aurait, par exemple, pu s'abstenir de s'opposer-provisoirement, mais quand même! - à la nomination du Premier ministre danois, Anders Fogh Rasmussen, au poste de secrétaire général de l'Otan au motif que les caricatures du Prophète avaient été publiées dans son pays. La Turquie serait bien inspirée d'admettre qu'elle a bien organisé un génocide contre les Arméniens en 1915-1916, et de reconnaître enfin l'indépendance de la République de Chypre, membre de l'Union européenne, alors même qu'elle occupe la partie nord de l'île depuis 1974. Elle a encore bien d'autres problèmes à régler, qui peuvent paraître insolubles. Parmi ceux-ci: la présence excessive de l'armée dans l'appareil d'État, la question kurde et la place des femmes dans la société.

Des Etats membres de plus en plus frileux

Les négociations entamées avec l'Union en octobre2005 se poursuivent et ne seront pas conclues de sitôt. Sans compter que l'unanimité des pays européens, nécessaire pour que cette adhésion s'accomplisse, devra être conquise de haute lutte. Les pays les plus hostiles, la France et l'Autriche, ont été récemment rejoints par l'Allemagne. Aux Pays-Bas, cette question est l'un des enjeux des prochaines élections. Dans notre pays, le président Jacques Chirac avait décidé que la position nationale serait déterminée par un referendum. Mais dans l'état actuel de l'opinion, le «non» l'emporterait. Paris propose désormais un «partenariat privilégié». Cela dit, la progression entamée en octobre2005 ne débouchera pas, avant, au bas mot, 2014. D'ici là, la Turquie devra passer par les conditions qui lui sont fixées. Sinon...[/A_GUISNEL-Q]

http://www.letelegramme.com/ig/generales/france-monde/france/europe-la-turquie-empoisonne-le-debat-27-05-2009-396860.php

Fin du débat Cohn-Bendit/Kahn


[



26/05/09 - 18H14 - actualisé à 18:27:00 ]
Daniel Cohn-Bendit, vous êtes l'un des rares politiques à être favorable à l'adhésion de la Turquie et à l'assumer...

Daniel Cohn-Bendit : Parler de la Turquie aujourd'hui dans les élections européennes est un non-sens. Aujourd'hui, la seule décision qu'ait prise l'Europe, c'est un processus de négociation qui va durer encore dix ans. Le mensonge du président de la République, c'est de dire que l'on va arrêter ces négociations. Quand il était président de l'UE, qu'a-t-il arrêté ? Rien. Pourquoi ? Parce que c'est un processus et que la décision, savoir si la Turquie va faire partie de l'Europe, c'est la fin de ce processus. Cela dépend des changements en Turquie, de savoir si l'Europe arrive à dépasser le traité de Lisbonne L'europe peut-elle fonctionner en intégrant la Turquie, c'est un vrai débat.

Jean-François Kahn : Ah !
Daniel Cohn-Bendit, vous avez un peu évolué là dessus...

Daniel Cohn-Bendit : Non. Cela fait dix ans que je le dit : je suis pour l'entrée de la Turquie et cela passera par une Constitution européenne.

Jean-François Kahn : D'ailleurs, Philippe de Villiers dit quelque chose de très juste, même si c'est Philippe de Villiers qui le dit : "on paie ce qui est prévu pour préparer l'entrée de la Turquie dans l'Union européenne. La France contribue".

Daniel Cohn-Bendit : Tout les pays européens. C'est un processus de dix ans. Si on veut parler de partenariat privilégié, on verra dans dix ans.

Jean-François Kahn : Je respecte tout à fait ceux qui sont contre l'entrée de la Turquie dans l'Europe. J'ai des doutes sur leurs arguments mais je respecte leur point de vue. Ce qui est insupportable, c'est que l'on fasse semblant de vouloir faire entrer la Turquie en Europe et que, parce qu'on le craint en réalité, on ne cesse d'ajouter des conditions. C'est humiliant pour le peuple turc.

On leur demande de reconnaître le génocide arménien. On ne nous a pas demandé de reconnaître les crimes et la torture en Algérie. C'est absurde. Mon point de vue, c'est que soit on fait l'Europe, soit on fait entrer la Turquie. C'est contradictoire.

On ne peux pas faire les Etats-Unis d'Europe si on fait entrer la Turquie. Si on veut créer une Europe fédérale des nations, il faut créer un patriotisme européen. L'Europe a parlé latin, a eu la même histoire, la même civilisation, la même religion.

Daniel Cohn-Bendit : Pas moi. Je n'ai jamais été chrétien. J'ai le droit d'être européen sans être chrétien !

Jean-François Kahn : Moi non plus je ne suis pas chrétien. Ta réaction est ridicule. Je dis que dans l'histoire, l'Europe s'est faite à travers des choses qui _si cela te fait plaisir_ à 98% étaient communes. Et malgré cela, on n'y arrive pas. Si un pays de 65 millions d'habitants qui porte une très grande civilisation mais une autre, une très grande histoire mais une autre, une très grande culture mais une autre rentre dans l'Union européenne, alors il n'y aura plus aucune chance qu'il y ait un jour un patriotisme européen.

C'est pour ça que les Anglais ou les Etats-Unis, qui ne veulent pas que l'Europe politique se fasse, sont pour la Turquie. Si on n'est pas ou peu européen, je comprends que l'on soit pour la Turquie. Si on est pour une Europe intégrée, je ne comprends pas.

Daniel Cohn-Bendit : Le patriotisme qu'on peut développer en Europe, c'est un patriotisme constitutionnel. C'est pour cela que j'ai parlé de Constitution européenne et que je dis que le problème n'est pas facile à régler pour la Turquie.

S'est développé dans l'histoire européenne une certaine idée de constitutionnalisation de la démocratie. Or les Turcs ont une structure politico-constitutionnelle compliquée puisque c'est l'armée qui veille à la Constitution, ce qui est, pour nous, impossible et impensable. C'est sur ce point que se joue la possibilité d'une entrée de la Turquie. C'est le seul débat que je reconnais.Mais comme c'est un processus, initié il y a 40 ans par le gouvernement chrétien démocrate d'Adenauer, l'interrompre aujourd'hui serait créer un schisme.

Les débats vont être passionnants ; la question divise tous les groupes au Parlement européen. Arrêtons de dire : "partenariat privilégié". On verra dans dix ans. Je ne sais pas si François Bayrou sera alors président, mais ce ne sera pas Sarkozy, qui vendra des centrales nucléaires pour Areva, entre autres à la Turquie.

Jean-François Kahn : Ou il sera empereur.

Daniel Cohn-Bendit : Non parce qu'il faut une révolution et je la vois mal...

Si vraiment on veut parler partenariat privilégié, faisons le pour la Palestine et Israël. Proposons aujourd'hui et tout de suite à Israël et à la Palestine, et surtout à la société israélienne et à la société palestinienne, de dire oui aux frontières de 67, de reconnaître les deux Etats et l'Europe donnera toute ses possibilités politiques, économiques, scientifiques aux deux Etats via un partenariat privilégié. Avec ça, on donnerait aux Israéliens et aux Palestiniens ce qu'il y a de plus fort dans l'Europe. C'est la réconciliation franco-allemande comme exemple.

Jean-François Kahn : Je suis très dubitatif. Il serait très difficile de dire à Israël et à la Palestine : "vous allez avoir des avantages considérables", et de dire aux autres d'aller se faire voir. C'est assez illusoire et en même temps, je suis toujours sensible à l'utopie parce que la réalité d'aujourd'hui, c'est l'utopie d'hier.

Je suis habité par l'image de De Gaulle, qui dit : " nous allons gagner la guerre " quand cela semble absurde et impossible. Comme par celle de Victor Hugo en 1849, qui évoque les Etats Unis d'Europe avec une monnaie commune et qui dit, sous les rires et les huées, que l'on fera à ce moment là un tunnel sous la Manche et sous le Mont-Blanc. A ce moment là, le réaliste, c'était lui, le poète. Ne serait-ce que pour cette raison là, je dit à Daniel : Vas y ! Défend ton idée !
Vous êtes tous deux opposés à la reconduction de José Manuel Barrosso. Changer le président de la Commission suffit-il pour changer l'Europe ?

Jean-François Kahn : Ce n'est pas suffisant mais nécessaire.

Daniel Cohn-Bendit : Changer de président de la République suffit-il à changer la France ? Barroso, pour moi, c'est celui a eu tout faux pendant cinq ans. Deux exemples. La Commission, par son commissaire à l'Environnement, sort un plan climat. Trois heures plus tard, le commissaire à l'industrie, allemand, dit : " c'est impossible pour l'industrie automobile allemande ". Le président de la Commission devrait dire : " tu fermes ta gueule ou tu t'en vas ". Barroso, nada.

Deux ans après, grande crise financière, au parlement européen, Monsieur Sarkozy parle régulation et moralisation, et Barroso dit la même chose. McGreevy, commissaire anglais, dit : " la seule chance de s'en sortir c'est de continuer la dérégulation ". Le président de la Commission devrait dire : " tu fermes ta gueule ou tu rentres à la maison ". Il n'a rien dit. Vue la situation actuelle, il y aura des décisions difficiles à prendre. Il faudra quelqu'un qui joue son rôle et défende l'intérêt général européen.

Jean-François Kahn : La symbolique, c'est important. Moi si je suis élu, je peux vous dire que je suis prêt à mettre un bordel terrible ! On a rarement vu un gouvernement dont le bilan a été tellement catastrophique qu'il a été viré par les électeurs. C'est pourtant ce qui est arrivé au Portugal. Et qui Bush a-t-il désigné comme agent du Bushisme pour pourvoir diviser l'Europe face à la guerre en Irak ? Barroso ! Et il est président de la commission européenne.
Seriez-vous d'accord sur un nom pour lui succéder ?

Jean-François Kahn : Au Modem, certains ont proposé Mario Monti, ce serait une très mauvaise idée. Symboliquement ce n'est pas possible. Moi je propose Mary Robinson, l'ancienne présidente irlandaise, qui est une femme formidable. Cela dit, si l'UMP propose Alain Juppé, je dis : " on prend, c'est pas mal ". Si les socialistes proposent Felipe Gonzales, on prend parce qu'il ne faut pas être sectaire. Le tout, c'est de virer Barroso.

Daniel Cohn-Bendit : Rappelons nous que c'est parce que les Anglais et les Polonais ont bloqué Guy Verhofstadt qu'a émergé Barroso, dont personne ne parlait avant. Si on parvient à créer une majorité de blocage contre Barroso, des candidats émergeront : Poul Nyrup Rasmussen _qui aurait ma préférence_, Mary Robinson ou Guy Verhofstadt. Il faudra en parler pour voir qui peut remporter la médaille.
Guy Verhofstadt est un libéral...

Jean-François Kahn : c'est l'économie sociale de marché.

Daniel Cohn-Bendit : C'est quelqu'un d'extrêmement européen, de très fédéraliste. Il a bien dirigé un gouvernement de coalition dans lequel les Verts étaient et il est " fair ", comme disent les anglo-saxons. Alors oui, c'est vrai, il est politiquement libéral. Mais lui, au moins, il se pose des questions sur ses positions précédentes.

Jean-François Kahn : De toutes façons, ne nous racontons pas d'histoire, nous ne serons pas majoritaires demain au Parlement européen.

Daniel Cohn-Bendit : Non. C'est plus compliqué. S'il y a une majorité au Parlement européen qui va jusqu'au centre gauche, Barroso ne passe pas. Si c'est une grande coalition, Barrosso passe. Si on sait faire de la politique au parlement européen, on a 40% de chances d'empêcher Barroso. Pour en finir, l'UMP s'est prononcé pour Barosso mais celui qui parle sur tout et sans arrêt, lui, n'a rien dit. Parce qu'il a une hypothèse en tête, c'est Fillon.

PROPOS RECUEILLIS PAR STEPHANE DUPONT, ELSA FREYSSENET ET PIERRE-ALAIN FURBURY (Les Echos)

http://www.lesechos.fr/info/france/300351549-fin-du-debat-cohn-bendit-kahn.htm
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